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	<title>Sci-Fi Lullabies</title>
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	<description>Mes traductions de presse musicale et cinématographique et plus encore...</description>
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		<title>Empire &#8211; décembre 2009 : Icones de la décennie : le Joker</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 14:10:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Méchant de la décennie : du jeu de cartes à la gloire des Oscars “ET&#8230; ON&#8230; Y&#8230; VA !” Charles Roven (producteur) : Quand Chris Nolan a apporté sa vision de Batman, il est revenu au cœur du personnage de Detective Comics, quand la série a commencé pour la première fois. Batman Begins était, pour nous [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7546&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>Méchant de la décennie : du jeu de cartes à la gloire des Oscars</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong><em><span id="more-7546"></span>“ET&#8230; ON&#8230; Y&#8230; VA !”</em></strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Charles Roven (producteur) :</strong> Quand Chris Nolan a apporté sa vision de Batman, il est revenu au cœur du personnage de Detective Comics, quand la série a commencé pour la première fois. <em>Batman Begins</em> était, pour nous tous – mené par lui – une réinvention de cette franchise iconique. Alors il n&rsquo;y avait aucune raison de ne pas traiter <em>Batman Begins</em> comme le premier Batman, et l&rsquo;histoire continue. Dans notre histoire, une fois que Batman a commencé à nettoyer les rues de Gotham, la bonne nouvelle, c&rsquo;était qu&rsquo;il s&rsquo;attaquait au crime organisé. Mais la mauvaise, c&rsquo;est que le gars qui le fait en courant partout dans un costume de chauve-souris et une cape attirera certains marginaux. Et le plus marginal et le plus dangereux – mais pourtant le plus divertissant – c&rsquo;est le Joker. C&rsquo;est pourquoi le Joker devait être dans <em>The Dark Knight</em>.<br />
<strong>Emma Thomas (productrice) :</strong> Dès que Chris et (<em>le co-scénariste</em>) David Goyer ont décidé qu&rsquo;on suivrait les personnages principaux à la fin du premier film et qu&rsquo;on allait vraiment aborder le personnage du Joker, on savait que ça allait être le gros challenger : se heurter à l&rsquo;iconographie.<br />
<strong>Roven :</strong> On a eu beaucoup de chance que beaucoup de personnes avaient vraiment aimé <em>Batman Begins</em>, pas juste comme un film de Batman, mais comme un film vraiment bon. Alors on espérait qu&rsquo;on aurait beaucoup de désir de réussite avec là où on allait.<br />
<strong>Nolan :</strong> Je n&rsquo;ai aucune réserve sur marcher dans les pas du Joker de Jack Nicholson. Et c&rsquo;était très important pour nous de décider de le faire. Je savais certainement, au niveau de l&rsquo;histoire, comment le personnage allait être très différent. Notre version du Joker était très inspirée des tout premiers comics, les premières histoires dans lesquelles apparaissait le Joker.<br />
<strong>Heather Ledger, le Joker (parlant en août 2007) : </strong>J&rsquo;étais un grand fan du Joker de Jack Nicholson, mais, tu sais, ayant vu le premier film de Chris [de Batman], je savais qu&rsquo;il y avait une grande différence entre un film de Chris Nolan et un de Tim Burton. Et ainsi il y avait assez de place pour un portrait tout frais.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>“UN TOUR DE MAGIE ?</strong></em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Nolan :</strong> Évidemment, je voulais quelqu&rsquo;un avec beaucoup de talent pour le rôle, mais quand j&rsquo;ai rencontré Heath et que j&rsquo;ai parlé avec lui de la manière dont je voyais le personnage, c&rsquo;était très clair qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas peur de s&rsquo;attaquer à un tel personnage iconique, ce qui est un défi de taille ! Quand je l&rsquo;ai vu pour la première fois concernant le projet – il est monté à bord très rapidement – je lui ai parlé des éléments anarchistes que j&rsquo;ai vu comme étant le Joker plus réaliste, le gars qui ferait effectivement peur au public, et il avait déjà beaucoup d&rsquo;idées de son côté.<br />
<strong>Ledger :</strong> Chris et moi, on était d&rsquo;accord sur la manière dont le personnage devrait être joué, et il était évident lors de la rencontre qu&rsquo;on avait un projet. On avait des images identiques dans nos têtes.<br />
<strong>Nolan :</strong> On a parlé d&rsquo;Alex dans <i>Orange Mécanique</i>, des gens comme ça. Il en était venu aux mêmes choses tout seul. J&rsquo;ai regardé dans ses yeux et j&rsquo;ai juste vu&#8230; Ce gars sait qu&rsquo;il peut faire quelque chose ici, il veut venir faire ce truc. Et tout ça sans même un scénario ! J&rsquo;ai toujours pensé – parce que les gens n&rsquo;étaient pas sûrs du casting ; d&rsquo;autres ont été un peu surpris par lui, je crois – mais j&rsquo;ai toujours pensé qu&rsquo;il allait tout mettre dans sa prestation et faire quelque chose d&rsquo;extraordinaire.<br />
<strong>Roven :</strong> On a pensé à d&rsquo;autres acteurs pour le rôle, mais je ne te dirais pas qui. On peut imaginer que lorsque tu es assis à parler de qui pourrait être intéressé, ton esprit sort beaucoup de noms. Je ne vais pas dire quels autres noms ont été discutés, mais il n&rsquo;y a eu qu&rsquo;une seule personne avec qui un sérieux échange a été fait.<br />
<strong>Ledger :</strong> Je suis resté dans une chambre d&rsquo;hôtel à Londres pendant un mois environ et je me suis juste enfermé en créant un petit journal intime et en faisant des expériences avec plusieurs voix. J&rsquo;ai fini par atterrir chez un psychopathe, quelqu&rsquo;un sans empathie. Avec pratiquement aucune conscience pour ses actes. Ce qui est marrant, parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de véritable limite aux frontières de ce qu&rsquo;il dit, comment on dit quelque chose ou ce qu&rsquo;il fait. Et, je ne sais pas, c&rsquo;est toujours un processus très personnel en termes de comment tu atterris dans la vie du personnage, pour ainsi dire. C&rsquo;est une combinaison de lire toutes les BD que je pouvais dans le scénario et puis juste vraiment fermer les yeux et méditer dessus. Aussi, il y avait quelque chose sur la métaphore de travailler derrière le masque, et de l&rsquo;intérieur du masque. Ça te donne toujours le droit de faire ce que tu veux.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>“METTONS UN SOURIRE SUR CE VISAGE !</strong></em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Lindy Hemming (costumière) :</strong> Ce qu&rsquo;on recherchait, au tout début de comment faire ce Joker, c&rsquo;était des images. Je parcourais des images de personnes qui auraient pu s&rsquo;habiller comme ça dans le monde pop et celui de la mode. On peut imaginer Vivienne Westwood qui rencontre Johnny Rotten, Sid Vicious, Pete Doherty. On pense à toutes ces personnes qui s&rsquo;habillent bien et sont très intéressées parleur look – et puis on l&rsquo;a ajouté à sa vie. Alors peu importe ce qui ne va pas chez lui – l&rsquo;a rendu ainsi – ça veut dire qu&rsquo;il s&rsquo;en fiche complètement de lui, vraiment. Il transpire beaucoup et n&rsquo;a probablement pas de vrai chez lui. On essaie de le rendre un peu&#8230; je ne veux pas dire vagabond&#8230; Mais son histoire, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne s&rsquo;occupe pas vraiment de lui.<br />
<strong>Conor O&rsquo;Sullivan (superviseur des prothèses) : </strong>On ne m&rsquo;a jamais donné de concept ou raison des cicatrices avant que je ne commence à travailler sur le design des cicatrices du joker. Une fois que j&rsquo;ai eu à l&rsquo;esprit que ça allait être des cicatrices plutôt qu&rsquo;un sourire figé, j&rsquo;ai pensé immédiatement à la période punk et skinhead et aux personnages répugnants que j&rsquo;avais rencontrés durant cette époque. La terminologie pour ce type de blessure est un “Glasgow” ou “Chelsea Smile” (également nommé “Sourire kabyle” en français).<br />
<strong>Peter Robb-King (responsable du département maquillage) :</strong> On a un personnage avec une histoire, qui a été sérieusement abîmé. Dans le film, on voit des éléments de ça, où ce n&rsquo;es pas couvert et il ne se déguise pas. On voit les dommages comme ils devraient normalement apparaître, avec ces énormes cicatrices. Il était très important de créer quelque chose qui n&rsquo;est pas du tout comique.<br />
<strong>O&rsquo;Sullivan :</strong> Mes références devaient être réelles. Une livraison de machines à sous a été faite sur la propriété près de mon atelie et le livreur avait un Chelsea Smile. J&rsquo;ai trouvé le courage de lui demander une photo, et il m&rsquo;a raconté l&rsquo;histoire de comment il a eu ses cicatrices durant “un combat de chiens” ; je n&rsquo;ai pas besoin de dire que je n&rsquo;ai pas donné suite à l&rsquo;affaire, mais les photos se sont avérées être une référence utile.<br />
<strong>Ledger :</strong> Ça prend une heure à une heure et demie pour mettre le maquillage. C&rsquo;est assez rapide. Ils ont inventé une nouvelle technologie pour la bouche, comme les cicatrices sont en silicone, ce ne sont pas des prothèses. Toute ma lèvre inférieure est fausse.<br />
<strong>O&rsquo;Sullivan : </strong> Après une découverte sur <em>le dernier Samouraï</em>, je me suis rendu compte que la meilleure manière d&rsquo;appliquer des prothèses était avec un “porteur” plutôt que les mettre à la main en les sortant du moule. Ça m&rsquo;a demandé à Rob Trenton et moi trois ans et environ 25 000£ pour travailler la méthode. On a découvert que non seulement on était capable de produire des prothèses parfaites de grande qualité, sur n&rsquo;importe qui, mais ça prenait aussi la moitié du temps à appliquer – un vrai argument de vente quand on en vient à traiter avec des acteurs chers et fatigués !<br />
<strong>Ledger :</strong> Après ça demande 20 à 30 minutes pour peindre le visage&#8230;<br />
<strong>O&rsquo;Sullivan :</strong> Le jour du test, Heath a été très impliqué dans le maquillage, et entre lui, John (<em>Caglione Jr., maquilleur</em>) et Chris, ils ont gravité vers un tableau de Francis Bacon auquel Chris ne cessait de se référer. Les cicatrices ont donné la position du “sourire0 rouge et ont donné la diformité physique de toute la chose, tandis que le maquillage noir et blanc donnait le look de clown en haillons.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>“J&rsquo;AI JUSTE UN VIRAGE D&rsquo;AVANCE”</strong></em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Nolan :</strong> Notre Joker – l&rsquo;interprétation de Heath du Joker – a toujours été l&rsquo;extrême absolu de l&rsquo;anarchie et du chaos, en effet. C&rsquo;est le mal à l&rsquo;état pur via l&rsquo;anarchie pure. Et ce qui le rend terrifiant, c&rsquo;est de ne pas l&rsquo;humaniser. Heath a trouvé toutes sortes de manières fantastiques de l&rsquo;humaniser en termes de simplement être une vraie personne, mais sur le plan narratif, on ne voulait pas l&rsquo;humaniser, on ne voulait pas montrer ses origines, montrer ce qui l&rsquo;a poussé à faire les choses qu&rsquo;il fait parce qu&rsquo;à ce moment là, il devient moins menaçant.<br />
<strong>Christian Bale (Bruce Wayne/Batman) :</strong> Heath pousse totalement à fond avec le Joker. il adorait ça. C&rsquo;était comme voir une autre acteur, tu sais, devenir fou avec le rôle dans la sorte d&rsquo;immersion. Et il était juste&#8230; il <em>était</em> cette sorte de&#8230; punk, tu sais ? Un anarchiste, une sorte de chose, euh&#8230; <em>folle</em> qui s&rsquo;emparait de toi. Il a fait un boulot fantastique.<br />
<strong>Michael Caine (Alfred) :</strong> Le Joker de Heath est incroyable. Il fait très, très peur. Je venais tous les mois pour faire ma partie, puis je revenais à Londres. Je suis venu faire une partie où Batman et moi, on regarde une vidéo faite par le Joker pour nous menacer. Je ne l&rsquo;avais jamais vu, et il est apparu à la télé et j&rsquo;ai complètement oublié mon texte. J&rsquo;ai séché. Parce que c&rsquo;était si étonnant. C&rsquo;était assez époustouflant.<br />
<strong>Nolan :</strong> Le Joker est un absolu, et Heath l&rsquo;a joué ainsi. C&rsquo;est marrant : il a créé une prestation iconique, mais il y a une vulnérabilité, il y a quelque chose&#8230; il y a une profondeur dedans, c&rsquo;est juste là simplement dans la manière dont il le joue, mais pas dans la narration en soi. Il réussit à rendre ce gars réel, et bien plus effrayant, je pense, parce qu&rsquo;on peut en quelque sorte croire en lui, on peut croire qu&rsquo;il entre dans la pièce et commence juste à être aussi particulièrement désagréable.<br />
<strong>Bale :</strong> J&rsquo;aime vraiment quand quelqu&rsquo;un pousse le boulot autant qu&rsquo;il l&rsquo;a fait. On peut voir combien il a aimé ça. Et je suis comme ça moi-même, alors on peut l&rsquo;apprécier bien plus quand tu rencontres une personne de même esprit. On était très bon ensemble.<br />
<strong>Aaron Eckhart (Harvey Dent/Double-Face) :</strong> Heath était profondément aimé sur ce film. C&rsquo;est très rare quand un acteur arrivé sur le plateau chaque jour que l&rsquo;équipe soit excité. Il générait une énergie et une excitation qui est rare chez les acteurs. Les yeux de Chris étincelaient à chaque fois qu&rsquo;il parlait de Heath. J&rsquo;ai eu l&rsquo;expérience de jouer avec lui. Juste en tant qu&rsquo;acteur, regarder quelqu&rsquo;un qui fait des choix si audacieux et qui est si engagé envers son personnage. C&rsquo;est  excitant pour moi en tant qu&rsquo;acteur parce que tu peux vraiment emmener ton personnage à un autre niveau. Heath faisait certainement ça. Le film évidemment, à mon avis, dans mon cœur, est dédié à Heath à 100%. C&rsquo;est vraiment tout ce que je peux dire. Le film lui appartient.<br />
<strong>Ledger :</strong> C&rsquo;est le rôle qui m&rsquo;a donné le plus de plaisir à jouer. Je suis vraiment surpris que Chris savait que je pouvais le faire. Et je ne sais pas comment il en est arrivé à me choisir. Mais ouais, c&rsquo;est la bombe. C&rsquo;est définitivement le plus de fun que j&rsquo;ai eu, et la plus grande liberté.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>ICONOGRAPHIE<br />
</strong><strong>Joué par : </strong>Heath Ledger<br />
<strong>Créé par :</strong> Jerry Robinson, Bill Finger, Bob Kane, Jonathan Nolan, Christopher Nolan, David Goyer<br />
<strong>Apparitions :</strong> <i>The Dark Knight</i> (2008)<br />
<strong>Couvertures d’<em>Empire</em></strong> : Numéros 223, 229 et 233<br />
<strong>Valeur iconique : </strong>Le personnage le plus irrésistible d&rsquo;un film adapté d&rsquo;une BD.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Dan Jolin</strong></p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 28 avril 2013</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traducine/'>Traduciné</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/empire/'>Empire</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/heath-ledger/'>Heath Ledger</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/le-joker/'>le Joker</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/the-dark-knight/'>The Dark Knight</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7546/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7546/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7546&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>(Le Hobbit) Empire &#8211; décembre 2012 : Fier d&#8217;être Gris</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Mar 2013 16:49:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sir Ian McKellen retourne en Terre du Milieu : “J&#8217;aime assez l&#8217;idée de Gandald qui se réveille sous une haie&#8230;” Un magicien n&#8217;est jamais en retard, ni en avance d&#8217;ailleurs. Il arrive précisément à l&#8217;heure prévue. Même ainsi, lorsqu&#8217;il entre avec grands pas dans la suite de l&#8217;hôtel Knightsbridge un matin ensoleillé de septembre, Sir [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7466&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>Sir Ian McKellen retourne en Terre du Milieu : “J&rsquo;aime assez l&rsquo;idée de Gandald qui se réveille sous une haie&#8230;”</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7466"></span>Un magicien n&rsquo;est jamais en retard, ni en avance d&rsquo;ailleurs. Il arrive précisément à l&rsquo;heure prévue. Même ainsi, lorsqu&rsquo;il entre avec grands pas dans la suite de l&rsquo;hôtel Knightsbridge un matin ensoleillé de septembre, Sir Ian McKellen ressent le besoin de s&rsquo;excuser pour son retard. Comme il s&rsquo;avère, Gandalf – le Pélerin Gris, Corbeau de Tempête, le puissant Mithrandir de la Terre du Milieu – tentait de synchroniser son iPad.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je ne suis pas vraiment du XXIème siècle”, dit-il en haussant les épaules, ayant sensiblement échoué dans cette quête particulière. “Cela dit – tenir un blog – je pense que j&rsquo;ai inventé ça. J&rsquo;étais certainement l&rsquo;un des premiers à tenir un journal public régulier. Mais probablement, l&rsquo;iPad se vide parce que j&rsquo;oublie de le brancher”.</p>
<p style="text-align:justify;">Toujours que l&rsquo;incapacité d&rsquo;installer Jetpack Joyride ne semble pas être un problème majeur. “J&rsquo;ai été plutôt encouragé récemment quand j&rsquo;ai fait la cérémonie d&rsquo;ouverture des Jeux Paralympiques (<em>McKellen a fait un discours en tant que Prospero, puis a dansé sur scène sur la musique de Orbital</em>). j&rsquo;ai rencontré Stephen Hawking et on n&rsquo;a pu communiquer parce que son ordinateur était tombé en panne. Il marche en clignant d&rsquo;un œil. Et si l&rsquo;ordinateur de Stephen Hawking peut tomber en panne, ça me donne de l&rsquo;espoir. Je ne me sens pas si mal”.</p>
<p style="text-align:justify;">Quand vous rencontrez McKellen, vous avez deux magiciens pour le prix d&rsquo;un. Lancez le sur la majesté nouée du plateau de la Forêt Noire ou la pure horreur des chansons punks qu&rsquo;Elijah Wood aimait écouter à plein tube dans la caravane de maquillage – “On a négocié un truc, où il pouvait avoir 15 minutes de musique et puis je pouvais avoir 15 minutes de non musique” – et il vous regardera fixement et solennellement comme Gandalf le Blanc. Plus fréquemment, tout en racontant une histoire comme celle-ci, ses yeux scintillent la chaleur espiègle de Gandalf le Gris.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette dichotomie se répercute dans sa tenue : une chemise bleue fraîche, compensée par un bout vert de jade néo-zélandaise non taillée qui pend à un collier, plus des chaussettes à rayures aux couleurs plus éclatantes qu&rsquo;on pourrait s&rsquo;attendre à voir sur un chevalier de la Reine. Après son interview avec <em>Empire</em>, il se dirige vers les Pinewood Studios pour se glisser dans une cabine de post-synchronisation, où la scénarite du <em>Seigneur des Anneaux</em> et du <em>Hobbit</em>, Philippa Boyens, apparaîtra par écran interposé de l&rsquo;hémisphère sud pour le guider dans la répétition de certaines répliques.</p>
<p style="text-align:justify;">“Honnêtement, je ne sais pas pourquoi on fait ça”, dit McKellen, pas en ronchonnant, mais avec une véritable perplexité. “On a dû le faire la dernière fois parce que tout <em>le Seigneur des Anneaux</em> était filmé à l&rsquo;intérieur d&rsquo;une usine de peinture qui n&rsquo;était pas insonorisé contre l&rsquo;aéroport voisin. Mais cette fois, on était dans un studio dernier cri, avec l&rsquo;air conditionné et le chauffage. Alors pourquoi on fait ça, je ne sais pas”.</p>
<p style="text-align:justify;">Cet acteur, qui a aujourd&rsquo;hui 73 ans, n&rsquo;en est pas un qui raconte des pelletés de balivernes sur des  tournages joyeux et des collègues qui sont aussi “la famille”. Il a clairement un grand respect pour à la fois le matériau et ses collaborateurs, mais il est heureux de faire remarquer les aspects moins agréables de son retour en Terre du Milieu aussi. Comme la toute première fois où il est arrivé sur le plateau du <em>Hobbit</em>, en mars 2011.</p>
<p style="text-align:justify;">“J&rsquo;ai passé une journée atroce. Afin de filmer les Nains et un grand Gandalf, on ne pouvait être sur le même plateau. Alors ils étaient tous sur un et moi, j&rsquo;étais tout seul sur un autre sur fond vert, avec les deux caméras reliées faisant les même mouvements. Tout ce que j&rsquo;avais pour compagnie, c&rsquo;était 13 photos des Nains, sur des pieds, avec des petites lumières – qui parlait s&rsquo;allumait. Mais les photos, c&rsquo;était les têtes des acteurs, alors que je ne les avais rencontrés qu&rsquo;avec leurs fringues de Nain, alors ça n&rsquo;était pas d&rsquo;une grande utilité. Prétendre que tu es avec 13 autres personnes quand tu es seul, ça tire ta capacité technique à ses limites absolues. Et j&rsquo;ai pleuré, vraiment. J&rsquo;ai pleuré. puis j&rsquo;ai dit tout haut, <em>Ce n&rsquo;est pas pour ça que je suis devenu acteur</em>. Malheureusement, le micro était allumé et tout le studio a entendu”.</p>
<p style="text-align:justify;">Si vous êtes désormais si outragés que vous considérez monter une association pour les droits des Magiciens, vous serez heureux d&rsquo;entendre que l&rsquo;histoire se finit sur un happy end. “Le lendemain, je suis allé dans ma petite tente et tout avait été magnifiquement décoré, raconte McKellen en souriant. Des vestiges de Fondcombe, des tapis et des coussins, des fruits frais et des fleurs, des choses qui pendaient. C&rsquo;était beau”.</p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:justify;">Seule star du <em>Seigneur des Anneaux</em> à recevoir une nomination aux Oscars pour sa prestation, McKellen est ausis le seul membre de la Communauté originale à faire partie de ce nouveau groupe d&rsquo;aventures plus grand et plus contrarié par la taille. Non pas par simple point de continuité, il est à bien des égards le cœur et l&rsquo;âme de la Terre du Milieu de Peter Jackson. Et il n&rsquo;a jamais été, dit-il, question s&rsquo;il reviendrait ou pas.</p>
<p style="text-align:justify;">“Les points négatifs étaient : j&rsquo;ai fait ce rôle et est-ce que je veux être loin de la maison longtemps pendant les deux ou trois années à venir ? Les points positifs étaient : je ne veux pas que quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre joue Gandalf, j&rsquo;aime aller en Nouvelle Zélande et je m&rsquo;amuse sur ces films. Alors ce n&rsquo;était pas une décision difficile à prendre. C&rsquo;était juste qu&rsquo;on ne savait jamais quand ça allait se faire”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il a patiemment attendu la fin des tumultes de la préproduction : pinailleries avec le studio, Guillermo der Toro qui va et qui vient, les problèmes avec les syndicats, l&rsquo;ulcère performé de Jackson, probablement un singe-rat de Sumatra enragé en liberté ou deux. Il a arrêté d&rsquo;accepter des rôles dans des films majeurs, bien qu&rsquo;il soit apparu dans un reboot éphémère de la série télé <em>le Prisonnier</em>. Et durant tout ce temps, McKellen, pas un à fouiller les appendices ou à étudier des runes au clair de lune, n&rsquo;avait pas la moindre idée de quelle forme prendrait les films du <em>Hobbit</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je ne sais même pas quelle est la forme aujourd&rsquo;hui !” s&rsquo;émerveille-t-il, ses iconiques sourcils arqués. “Personne n&rsquo;a jamais vu le scénario. Ce n&rsquo;est que la dernière semaine de tournage qu&rsquo;on nous a dit qu&rsquo;il y allait avoir trois films. Alors je ne sais pas comment Gandalf est placé”. Il suspecte, cependant, qu&rsquo;à l&rsquo;instar de la <em>Communauté</em>, le premier épisode, <em>un Voyage inattendu</em> sera le plus tourné vers le magicien. “Il part discuter avec diverses personnes, tu sais ? Et faire des choses, par souci pour l&rsquo;état de la Terre du Milieu et comment le voyage des Nains pourrait l&rsquo;ébranler, ce qui introduit un côté plus sombre à l&rsquo;histoire”.</p>
<p style="text-align:justify;">il reste bouche cousue au sujet de Dol Guldur (traduction : “la colline de la sorcellerie”), bastion fétide du mal que Gandalf ose sonder seul. Ce serait parce qu&rsquo;il n sait pas en fait quelles bêtes nauséabondes il va croiser : “Tu en sais probablement plus que moi. On ne voit les créatures qu&rsquo;à l&rsquo;avant-première”. Mais il révèle quand même qu&rsquo;à un moment il sera secouru par Radagast le Brun, seul homme de la Terre du Milieu à posséder un traîneau tiré par six lapins gigantesques.</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;ajout de l&rsquo;adorablement barjot Radagast, joué par le vieux pote de McKellen, Sylvester McCoy, transforme <em>un Voyage inattendu</em> en un produit rare : un buddy movie de magiciens. C&rsquo;est Riggs au Murtaugh de Gandalf, seulement avec des oiseaux dans les cheveux au lieu d&rsquo;une arme sous l&rsquo;oreiller.</p>
<p style="text-align:justify;">“Il est étrange et ça attire la nature curieuse de Gandalf, dit McKellen. Saroumane, qui a de mauvaises intentions mais n&rsquo;est pas aussi perturbé qu&rsquo;il l&rsquo;est dans <em>le Seigneur des Anneaux</em>, n&rsquo;a pas de temps à accorder à Radagast. Il pense qu&rsquo;il a perdu la boule. Mais c&rsquo;est juste une personne simple vraiment, en contact avec la nature, les animaux et les oiseaux, avec qui il peut communiquer. Il mène une vie solitaire et Gandalf l&rsquo;envoie faire des petits boulots”.</p>
<p style="text-align:justify;">McKellen est ravi d&rsquo;avoir de la compagnie, notamment parce qu&rsquo;elle est de la même taille. “Avec quasiment tous les autres, je suis invariablement surélevé, à regarder la ceinture de quelqu&rsquo;un pendant qu&rsquo;il regarde la pointe de mon chapeau”. Mais il lamente le fait que l&rsquo;excentrique Radagast fait de lui, par défaut, le sensé.</p>
<p style="text-align:justify;">“J&rsquo;avais espéré que dans ce film, on puisse voir Gandalf un petit peu en dehors des heures de travail”, dit-il, une lueur de sourire au coin des lèvres. “On ne le voit jamais sous la douche, hein ? Personne ne semble se laver en Terre du Milieu. Et j&rsquo;aime assez l&rsquo;idée de voir Gandalf se réveiller sous une haie, où il a passé la nuit, et enlevant la paille de ses cheveux. Peut-être que s&rsquo;il se déshabille, on découvrira qu&rsquo;il est tatoué du coup aux pieds. Puis il pissera un bon coup contre un grand arbre”.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce n&rsquo;est pas entièrement clair s&rsquo;il blague ou pas. Il y aura peut-être le temps de tourner l&rsquo;année prochaine, nous nous hasardons. “Eh bien, j&rsquo;ai laissé assez d&rsquo;indices à ce propos. Peter était en fait plutôt favorable à l&rsquo;idée&#8230;”</p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;idée de cette production en tant que bamboula infinie entre comédiens, que des pique-niques à Parekura Bay et soirées entre orques, est à un vol d&rsquo;aigle de la vérité, il semble. “C&rsquo;est un petit peu frustrant, dit McKellen. Tous ces gens merveilleux étaient là, mais je n&rsquo;ai pas pu travailler avec eux. Je me bats avec Barry Humphries, qui joue le [Roi des] Gobelins, mais il n&rsquo;était pas là. Je n&rsquo;ai pas travaillé avec Stephen Fry, ni Benedict Cumberbatch. Ian Holm et Christopher Lee ont tous les deux fait leur boulot ici. J&rsquo;ai bossé un tout petit peu avec Billy Connolly. Et le magnifique Bret McKenzie, l&rsquo;un des <em>Flying Conchords</em> (<em>sic</em>), est de retour dans le rôle de Fidget. Pas Fidget&#8230; Figwit”.</p>
<p style="text-align:justify;">McKellen a également partagé une scène avec Cate Blanchett pour la première fois. “On a un moment plutôt tendre dans lequel elle rappelle à Gandalf qu&rsquo;elle est là pour l&rsquo;aider, raconte-t-il. Et ça se développe en ce que certains pourront prendre comme un moment romantique, où elle remet mes cheveux en place et je lui touche la main”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il joue aussi avec Richard Armitage dans le rôle du leader Nain séduisant, Thorin, une sorte d&rsquo;Aragorn petite taille. “C&rsquo;est Thorin, pas Gandalf, qui mène la quête. Gandalf n&rsquo;est pas complètement certain que la quête soit la meilleure chose à faire. C&rsquo;est, après tout, juste sauver un peu d&rsquo;argent. Il a aussi des doutes que Thorin n&rsquo;est pas capable de cette tâche. Mais toutes les suggestions que Gandalf font semblent être rejetées”.</p>
<p style="text-align:justify;">Les chamailleries, les luttes et les roulées d&rsquo;herbe à pipe ont laissé des traces. Comme son iPad, McKellen s&rsquo;est retrouvé avec le besoin de se recharger. “Si je peux, je dors. Ce n&rsquo;est pas toujours facile de dormir avec tout le maquillage, mais j&rsquo;avais un excellent lit dans ma caravane et j&rsquo;ai le don d&rsquo;être capable de piquer du nez. Si je n peux pas, je lis un journal, je fais le Sudoku”.</p>
<p style="text-align:justify;">Cela ou débarquer de l&rsquo;autre côté du plateau pour dire des conneries à son réalisateur. “La relation que j&rsquo;ai avec Peter, c&rsquo;est souvent se faire rire chacun, dit-il. Il a toujours un moment pour une blague”.</p>
<p style="text-align:justify;">Se rappelant des plaisanteries récentes, McKellen se transforme du Blanc au Gris. “Il y avait une petite poupée de Gandalf que Galadriel portait – elle ne pouvait évidemment pas me porter – et on a décidé de l&rsquo;appeler Michael Gambon. Mais notre blague régulière c&rsquo;est, je rentre sur le plateau et je dis <em>Est-ce que John Hurt est arrivé pour jouer Gandalf, Peter ? non ? Eh bien&#8230; Je ferais mieux de le faire moi-même</em>”.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Nick De Semlyen</strong></p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Gandalf le pas si gris</strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong>Comment l&rsquo;équipe de maquillage a remonté le temps&#8230;</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Ce n&rsquo;est pas devenu plus facile”, confit Peter King avec un hochement philosophique de la tête. “En fait, on dit que ce film est bien plus difficile que <em>le Seigneur des Anneaux</em>”. En tant que concepteur du maquillage et des coiffures des 13 nains (dont les tignasses de poils baroques fonctionnent comme extension de leurs personnalités perturbées) plus des doublures raille et cascade, son ingéniosité a été testée à ses limites. “C&rsquo;est 90 ensembles de perruques, prothèses, masques de barbes, tout, qui doivent être beaucoup entretenus, gémit-il. Et c&rsquo;est juste le début&#8230;”</p>
<p style="text-align:justify;">Quelque chose que le <em>Seigneur</em> n&rsquo;a jamais affronté, c&rsquo;était la question sensible de faire des films situés 60 ans avant la dernière trilogie alors que de nombreux participants ont dix ans de plus. Comme King l&rsquo;explique, résoudre le problème de l&rsquo;âge était autant l&rsquo;utilisation prudente de ruban adhésif que la technologie numérique.</p>
<p style="text-align:justify;">Gandalf, déjà ancien, ne demandait que des subtiles altérations. “Avant il avait des cheveux blancs et des sourcils broussailleux, explique King, et on a laissé la couleur naturelle de son visage ressortir. On a essayé de la cacher un peu plus ici”. Ils ont aussi peigné les sourcils de Ian McKellen, et les ont rendus un peu sombres.</p>
<p style="text-align:justify;">Les plus jeunes membres de la distribution du <em>Seigneur</em> se sont révélés être un plus grand challenge. “Orlando s&rsquo;est marié et a des enfants maintenant”, note King du Legolas de Bloom, qui reviendra pour <em>la Désolation de Smaug</em>, “et quand tu regardes le premier film, la plupart des femmes étaient si jalouses – il est si lisse. Plus maintenant. Alors on a dû tout tirer en arrière. Il a aussi des poches assez prononcées aujourd&rsquo;hui”. Elles seront retirées par ordinateur.</p>
<p style="text-align:justify;">Et même s&rsquo;il a plus de 3000 ans, même Elrond n&rsquo;était pas immunisé contre une touche de chirurgie esthétique elfique. “Ils mettent ces trucs sous ta perruque, dit Hugo Weaving, et puis ils tirent ton front en arrière alors c&rsquo;est comme de la chirurgie esthétique”. Cela peut avoir des conséquences dramatiques imprévisibles – les plateaux deviennent chauds et les acteurs vont transpirer : “Tout à coup, tu sens ce <em>pincement</em> sur un côté, dit Weaving en riant, et on dirait que tu as fait un AVC”.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Ian Nathan</strong></p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 12 janvier 2013</em></p>
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		<title>Empire &#8211; décembre 2009 : Harry Potter</title>
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		<pubDate>Sun, 10 Mar 2013 17:19:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduciné]]></category>
		<category><![CDATA[Daniel Radcliffe]]></category>
		<category><![CDATA[Empire]]></category>
		<category><![CDATA[Harry Potter]]></category>

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		<description><![CDATA[Dix ans du sorcier. Dix ans de Dan Radcliffe Comme illustration des dix dernières années qui ont passé, il n&#8217;y a pas d&#8217;autre sujet que Harry Potter. La saga de films s&#8217;est épanoui de la bonne humeur aux joues brillantes des efforts de Chris Columbus aux suites plus pieds à terre et plus intéressantes d&#8217;Alfonso Cuarón [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7532&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><b>Dix ans du sorcier. Dix ans de Dan Radcliffe</b></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7532"></span>Comme illustration des dix dernières années qui ont passé, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre sujet que <em>Harry Potter</em>. La saga de films s&rsquo;est épanoui de la bonne humeur aux joues brillantes des efforts de Chris Columbus aux suites plus pieds à terre et plus intéressantes d&rsquo;Alfonso Cuarón et David Yates, tout en incarnant parfaitement la ferveur des franchises qui a saisi les studios durant les années 2000 (la saga a rapporté plus de 5 milliards $ juste au cinéma). Mais le personnage, joué par Daniel Radcliffe, a grandi d&rsquo;un petit garçon effrayé en un homme poilu un peu plus grand qui fait se sentir incroyablement vieux tous ceux qui se souviennent de lui gamin. Daniel Radcliffe donne sa vision sur la  saga, comme il l&rsquo;a donné à <em>Empire</em> durant ces dix années.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter à l&rsquo;École des Sorciers</strong></em><strong> (2001)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“J&rsquo;étais au bain [quand j'ai découvert que j'avais le rôle] et j&rsquo;ai juste pleuré, j&rsquo;étais si heureux. On ne pouvait demander un meilleur sentiment – c&rsquo;est fantastique&#8230; C&rsquo;est assez intimidant, cependant. J&rsquo;ai reçu la feuille de service du premier jour, j&rsquo;ai regardé sous distribution et ça disait <em>Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint</em>. Alors j&rsquo;ai pensé <em>Okay, je suis habitué à ça</em>. Puis j&rsquo;ai retourné la page et ça disait : <em>Figurants, 150</em>. À ce moment, j&rsquo;ai eu un peu la frousse&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">“J&rsquo;aimerais jouer Potter [pour tous les films], mais je pense que c&rsquo;est peu probable. Ils ne voudront peut-être pas parce que je grandirais trop, ou je commencerais à fuir. J&rsquo;aurais trop de boutons, ou je me ferais un tatouage sur le front. Je pense que ce serait cool si Harry meurt et que ce soit la seule manière de tuer Voldemort”.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter et la Chambre des Secrets</strong></em><strong> (2002)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Harry change beaucoup dans le second film. Dans le premier film, Harry apprend la haine. Dans le deuxième film, il apprend à contrôler la haine et doit explorer ses propres émotions. Il apprend qu&rsquo;il a quelque chose en commun avec Lord Voldemort, et il doit gérer ça&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">“Personnellement ? Il y a une différence majeure entre avant et après Harry. Avant je n&rsquo;avais pas mon visage imprimé sur des bus”.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter et le Prisonnier d&rsquo;Azkaban</strong></em><strong> (2004)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Comme je le vois, Chris Columbus a fait deux films étonnants et on les connaîtra toujours comme des films excellents. Le premier était en gros une introduction au monde d&rsquo;Harry. Le second s&rsquo;assombrit un peu et est plus effrayant avec le Basilic – et le troisième est juste un film sombre très flippant. Il est bien plus adulte. Je pense que les gens présument que ce sont des films pour gosses parce que les principaux personnages sont des gamins, mais ils ont la capacité de plaire à tout le monde. Les deux premiers étaient probablement des films plus pour gosses, mais le troisième est un film très adulte par moments, et très sophistiqué dans ses idées. Je ne veux pas sembler condescendant ou peu importe, mais certaines des choses que traverse Harry, un môme de sept ans ne va rien capter&#8230; Alfonso Cuarón a pris une direction très différente – avec le style, l&rsquo;ambiance, les vêtements. Je pense qu&rsquo;on a beaucoup de chance d&rsquo;avoir tous ces grands réalisateurs différents”.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter et la Coupe de Feu</strong></em><strong> (2005)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Le quatrième film est, comme le dit Mike Newell, <em>le thriller parfait</em>. Je sais qu&rsquo;on le dit que chaque film qui sort est plus sombre, mais c&rsquo;est vrai. Il est bien plus sombre et il fait bien plus peur. Et il parle plus d&rsquo;être adolescent. Je veux dire, <em>il doit inviter une fille au bal de Noël</em> ! Il est aussi incroyablement émotionnel pour Harry parce qu&rsquo;il rencontre la personne qui a tué ses parents, et qui veut le tuer&#8230; C&rsquo;est ce à quoi les quatre films mènent. Harry est torturé [dans la confrontation dans le cimetière]. C&rsquo;est étonnant. Je neveux pas dire que c&rsquo;est perturbant, mais c&rsquo;est une perspective vraiment horrible d&rsquo;avoir un môme de 13 ans dans cette situation”.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter et l&rsquo;Ordre du Phénix</strong></em><strong> (2007)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Ah oui, le premier baiser&#8230; [Le baiser de Harry avec Cho Chang] était bien moins sexy que je ne l&rsquo;imaginais. J&rsquo;ai caressé l&rsquo;idée de mettre la langue mais je pense que Katie (<em>Leung</em>) m&rsquo;en aurait voulu si je l&rsquo;avais surprise avec ça. Heureusement il paraît tendre et naturel, plus <em>oh</em> que <em>oooh</em>. Plus, <em>Merci beaucoup</em>&#8230; Je savais que j&rsquo;allais être nu sur scène six mois plus tard dans <em>Equus</em>, alors ce baiser ne semblait pas être grand chose comparé à ça. La mort de Sirius à la fin est le moment le plus sombre d&rsquo;Harry de la saga, je pense. C&rsquo;est comme si il peut enfin voir un avenir heureux, et puis on lui enlève”.</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé</strong></em><strong> (2009)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Harry est le bourru dans le livre 5, mais la friction dans ce film a bien plus à voir avec Ron et Hermione qu&rsquo;elle n&rsquo;a à voir avec Harry. Harry est mécontent de beaucoup de choses dans ce film, principalement parce que les gens essayent de le tuer. et sa vie amoureuse est horrible, aussi. C&rsquo;est ce que Jo [Rowling] fait si bien : combiner les problèmes banaux du quotidien avec cette autre monde incroyable&#8230; La mort de Dumbledore à la fin est un truc <em>énorme</em> pour les fans. J&rsquo;ai toujours vu la mort de Sirius comme plus importante pour Harry. Les modèles masculins d&rsquo;Harry se portent mal !”</p>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>Harry Potter et les Reliques de la Mort</strong></em><strong> (2010)</strong></p>
<p style="text-align:justify;">“Celui-là est un voyage sur la route, en particulier dans la 1ère partie. Les gens sont tellement habitués à Harry Potter à Poudlard, et on n&rsquo;y est tout simplement pas dans la 1ère partie de ce film et ça semble avoir vraiment rafraîchi les choses&#8230; On a fait ça  dix ans et ça a été fantastique, et on doit partir sur un grande truc parce qu&rsquo;autrement, je regarderais toujours en arrière et je ne serais capable de vivre avec ça si on le fait pas bien. Mais on verra&#8230;</p>
<p style="text-align:justify;">“Sur un niveau personnel, ces films sont le récit de mes 11 ans jusqu&rsquo;à, probablement au moment où on aurait fini, 20 ou 21 ans, et alors pour moi, ça sera vraiment très, très bizarre d&rsquo;avoir finalement fini”.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>ICONOGRAPHIE<br />
</strong><strong>Joué par : </strong>Daniel Radcliffe<br />
<strong>Créé par :</strong> J.K. Rowling, Steve Kloves, Michael Goldenberg<br />
<strong>Apparitions :</strong> <i>Harry Potter à l&rsquo;École des Sorciers</i> (2001), <em>&#8230; et la Chambre des Secrets</em> (2002), <em>&#8230; et le Prisonnier d&rsquo;Azkaban</em> (2004), <em>&#8230; et la Coupe de Feu</em> (2005), <em>&#8230; et l&rsquo;Ordre du Phénix</em> (2007), <em>&#8230; et le Prince de Sang Mêlé</em> (2009).<br />
<strong>Couvertures d&rsquo;<em>Empire</em></strong> : Numéros 150, 198, 230.<br />
<strong>Valeur iconique : </strong>Apparemment le personnage le plus populaire au monde.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Olly Richards</strong></p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 12 janvier 2013</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traducine/'>Traduciné</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/daniel-radcliffe/'>Daniel Radcliffe</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/empire/'>Empire</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/harry-potter/'>Harry Potter</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7532/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7532/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7532&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>(Blur) NME (Original Britpop) &#8211; 10 avril 1993 : Une voiture de sports de merde et une réincarnation punk</title>
		<link>http://melancholyflower.wordpress.com/2013/03/09/blur-nme-original-britpop-10-avril-1993-une-voiture-de-sports-de-merde-et-une-reincarnation-punk/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 15:24:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
		<category><![CDATA[Blur]]></category>

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		<description><![CDATA[Ayant exterminé le Baggy, BLUR se prépare à lutter dans la guerre du punk à nouveau pour damier le pion au grunge et tout ce qui est américain – ou plutôt tout ce qui n&#8217;est pas anglais. John Harris s&#8217;arrête sur l&#8217;accotement stabilisé pour parler à Damon, celui qui peut. Bienvenue à Quatre garçons dans le [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7520&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>Ayant exterminé le Baggy, BLUR se prépare à lutter dans la guerre du punk à nouveau pour damier le pion au grunge et tout ce qui est américain – ou plutôt tout ce qui n&rsquo;est pas anglais. John Harris s&rsquo;arrête sur l&rsquo;accotement stabilisé pour parler à Damon, celui qui peut.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7520"></span>Bienvenue à <em>Quatre garçons dans le vent : la prochaine génération</em>. Les quatre membres de Blur se tiennent au bord de l&rsquo;A12, regardant fixement avec incrédulité la fumée qui s&rsquo;élève en volutes d&rsquo;une Jaguar de 1966 de location qui s&rsquo;est arrêtée en toussant.</p>
<p style="text-align:justify;">La jaguar est rapidement répéarée temporairement, mais au moment où le groupe arrive dans une station service du coin, la Rover rouge qui transporte Dave Rowntree, Alex James et Graham Coxon a également décidé d&rsquo;expirer. Les membres de Blur sont désormais en rade à 32 kilomètres au Nord de Chelmsford, entourés du paysage étrange qui met des collines onduleuses et des champs fraîchement labourés à côté de restaurants Happy Eater et de cinémas multiplexes. Et ils ont 50£ pour atteindre leur destination finale.</p>
<p style="text-align:justify;">Après des coups de téléphone répétés vient un minibus doré, conduit par un personnage génial auquel le groupe se referra comme “le gros”. Il dit qu&rsquo;il leur permet de finir leur odysée pour 45£. Ils sont d&rsquo;accord, et rapidement Blur descend en trombe une route à quatre voies, s&rsquo;offrant mutuellement le contenu luxueux de quatre paniers Fortnum &amp; Mason et attendant avec impatience leur arrivée imminente à Clacton dans un mélange de joie puérile et d&rsquo;agitation.</p>
<p style="text-align:justify;">Avant l&rsquo;heure du thé, ils auront taggué le slogan “Modern Life Is Rubbish” dans les toilettes d&rsquo;un pub et sur la digue fraîchement repeinte. Ils auront fait remorquer leurs deux voitures de location au bout de la jetée et se seront livrés à une célébration pittoresque du style de la Grande Bretagne des années 1960. Et avant la tombée de la nuit, Blur aura sauté la barrière de la gare de Clacton, riant comme des enfants alors qu&rsquo;ils viennent d&rsquo;embarquer clandestinement à bord du dernier train pour Londres.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce que vous venez de lire n&rsquo;est pas le projet du prochain clip de Blur, le texte de quatrième de couverture d&rsquo;un livre de poche néo-surréaliste ni même le résumé d&rsquo;un film. Tout s&rsquo;est réellement passé : parfois, la vie est comme cela.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce voyage au bord de mer plus étrange que la fiction était destiné à servir d&rsquo;explication folle à certaines idées qui se cachent derrière <em>Modern Life Is Rubbish</em>, le nouvel album à venir de Blur, et <em>For Tomorrow</em>, single étonnant qui est certain d&rsquo;acquérir une importance pivotale dans la carrière du groupe.</p>
<p style="text-align:justify;">Leur minutage est fortuitement parfait. Pourquoi ? Parce que, comme avec les baggies, et les shoegazers, les Américains au son fort et aux cheveux longs se sont retrouvés condamnés à rester dans le coin honteux nommé “truc d&rsquo;hier”. Nous sommes désormais dans tous nos états devant Suede et les Auteurs, les deux groupes rentrant parfaitement dans une ligné d&rsquo;Anglo-pop taillée et vive. Et maintenant Blur – qui aimait autrefois un son de guitare influencé par Dinosaur Jr – a donné naissance à un album qui est sans honte enraciné dans son territoire natal avec un single qui mélange les influence comme Syd Barett, David Bowie et The Move, et qui finit par sonner comme un disque anglais classique.</p>
<p style="text-align:justify;">Pourtant, les gens vont crier “OPPORTUNISTES !” et traiter Blur d&rsquo;arnaqueurs qui se sont embarqués clandestinement dans le dernier train en marche lucratif de la pop pour sauver leur carrière en souffrance. Ils ont tort. Les idées anglocentriques qui infusent <em>Modern Life Is Rubbish</em> étaient clairement évidentes sur de grandes parties de <em>Leisure</em>, leur premier album qui s&rsquo;est bien vendu. Elles sont devenues plus concentrées sur le punkifié <em>Popscene</em> et ont été révélées quand Blur est apparu au festival de Glastonbury de l&rsquo;année dernière, durant lequel Damon est monté sur scène dans un costume des années 1960 et a dévoilé une chanson à la Kinks intitulée <em>Sunday Sunday</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;histoire de la période de Blur loin des objectifs et des dictaphones et de la genèse de leur (assez) nouvelle identité est racontée avec dicilité par un Damon solitaire, enfoncé dans la banquette arrière de la pauvre Jaguar tandis qu&rsquo;elle avance au pas dans le centre de Londres.</p>
<p style="text-align:justify;">“On pensait que <em>Popscene</em> était une nouvelle voie ; un disque très, très anglais”, explique-t-il avec un accent des Home Counties peu compréhensible. “Mais ça a ennuyé beaucoup de personnes. Parce que la mode était complètement myope à propos des États-Unis à l&rsquo;époque, on pensait qu&rsquo;on était maltraités. On s&rsquo;est isolés pour poursuire l&rsquo;idéal anglais et personne n&rsquo;était intéressé”.</p>
<p style="text-align:justify;">Pour rendre les choses plus problématiques, les membres de Blur étaient alors détournés vers les États-Unis pour vivre la vie tortueuse du groupe britannique de deuxième catégorie dont la maison de disques veut qu&rsquo;il perce en Amérique. L&rsquo;expérience, se souvient Damon, était quasiment écœurante.</p>
<p style="text-align:justify;">“On a dû aller là-bas pendant deux mois sur lesquels on a eu trois jours de repos. On a fait 44 dates, et chacune était sur le même modèle : descendre du bus, se faire accueillir par un représentant de la maison de disques qui nous mettait dans une grosse voiture noire et nous conduisait dans un centre commercial où on devait faire des séances d&rsquo;autographes, manger de la merde dans un fast food et puis aller dans une station de radio où ils pensaient qu&rsquo;on venait de Manchester. Jouer était le seul exutoire qu&rsquo;on avait de toute cette irritation et on était complètement morts de fatigue”.</p>
<p style="text-align:justify;">Au milieu de telles expériences cauchemardesques, cependant, des idées pour les nouvelles chansons ont commencé à prendre racines. À des milliers de kilomètres de chez lui, Damon s&rsquo;est arrêté petit à petit à cogiter de vagues idées de la culture anglaise (et désolé pour les lecteurs gallois et écossais, mais c&rsquo;est le terme employé par Damon) et a commencé à mieux comprendre le milieu culturel qui les avait produit lui et son groupe.</p>
<p style="text-align:justify;">“Des choses vraiment simples ont commencé à me manquer, explique-t-il, avec regret. Les gens qui font la queue dans les magasins me manquaient. Les gens qui disent <em>bonne nuit</em> sur la BBC me manquaient. Avoir au moins 15 minutes entre les pubs me manquait. Et ce qui me manquait, c&rsquo;était des gens qui respectaient mes racines géographiques, parce que les Américains ne s&rsquo;intéressent pas si tu viens de Inverness ou Land&rsquo;s End. Tout l&rsquo;Angleterre me manquait alors j&rsquo;ai commencé à écrire des chansons qui créaient une atmosphère anglaise”.</p>
<p style="text-align:justify;">À ce moment, il semblait que Blur avançait à tâtons vers l&rsquo;âge adulte et gagnait un sens accru de l&rsquo;identité et de la cohésion. Et puis quelque chose d&rsquo;horrible est arrivé.</p>
<p style="text-align:justify;">“Pendant qu&rsquo;on était aux États-Unis, se souvient Damon, on a découvert que tout l&rsquo;argent qu&rsquo;on s&rsquo;était fait sur <em>Leisure</em> avait disparu. On avait littéralement pas d&rsquo;argent, on était à deux doigts de faire faillite”.</p>
<p style="text-align:justify;">Face à l&rsquo;adversité, ils ont commencé à boire beaucoup.</p>
<p style="text-align:justify;">“On s&rsquo;est vraiment bourrés la gueule et on ne jouait pas bien du tout. On s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;on devenait légèrement schizophrène ; on ne pensait pas droit. En plus de ça, beaucoup de personnes autour de nous disaient : <em>Pourquoi vous essayez de sonner comme ça, pourquoi vous utilisez des cuivres, pourquoi vous n&rsquo;êtes pas plus rock ?</em> Tout le monde s&rsquo;énervait vraiment, parce que les maisons de disques suivent la mode : ça ne leur est jamais venu à l&rsquo;esprit qu&rsquo;ils devaient créer un précédent.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je me souviens d&rsquo;être aller leur parler en disant : <em>Dans six mois, vous signerez des groupes qui sonnent anglais, parce que ça va être ce que tout le monde voudra</em>. Ils étaient très sceptiques, mais on a persévéré. Et ça semble avoir marché”.</p>
<p style="text-align:justify;">Vous êtes devenus un groupe anti-grunge, par essence.</p>
<p style="text-align:justify;">“Eh bien, c&rsquo;est bon. Si le punk se débarrassait des hippies, alors je me débarrasse du grunge. C&rsquo;est la même sorte de sentiment : les gens devraient devenir plus élégants, être un peu plus énergiques. Ils marchent comme des hippies à nouveau – ils ont le dos voûté, ils ont les cheveux gras, il n&rsquo;y a pas de différence. Qu&rsquo;ils aiment ou non, ils réécoutent Black Sabbath. Ça m&rsquo;agace.</p>
<p style="text-align:justify;">“La vie moderne est la poubelle du passé, déclare-t-il. On vit tous sur de la merde : elle dicte nos pensées. Et parce qu&rsquo;elle s&rsquo;est accumulé depuis si longtemps, il n&rsquo;y a plus de nécessité pour l&rsquo;originalité. Je pense que cette expression est le commentaire signifiant de la culture populaire depuis <em>Anarchy In The UK</em>. C&rsquo;est pourquoi je veux la tagguer partout. Elle exprime tout”.</p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est à ce moment que votre correspondant commence à avoir l&rsquo;impression d&rsquo;avoir été parachuté sur le plateau d&rsquo;un film pop des années 1960. Les voitures tombent en panne, le minibus apparaît, et, à 16h, nous déboulons sur les trottoirs de Clacton.</p>
<p style="text-align:justify;">Autour de pintes de bière trouble, nous parlons de l&rsquo;amour de Blur pour les vêtements à la skinhead (qui réflètent un amour pour le vaste mouvement 2 Tone plutôt q&rsquo;un flirt avec l&rsquo;image de droite) ; de combien Graham et Damon sentent que leurs nouvelles chansons sont bien plus en accord avec les goûts qu&rsquo;ils ont cultivés durant leurs adolescences.</p>
<p style="text-align:justify;">Vingt minutes plus tard, l&rsquo;interview tombe pratiquement à l&rsquo;eau. Damon pense qu&rsquo;il a imposé la ligne du parti définitive, et ne tiens pas à être contredit. De plus, le bouton “stop” est pressé pour la dernière fois quand il revient à notre table un large sourire espiègle aux lèvres, après avoir taggué “Modern Life Is Rubbish” sur tous les murs des toilettes des hommes.</p>
<p style="text-align:justify;">La plaisanterie continue. La digue est tagguée de même, nous sommes forcés à quitter un pub pratiquement vide quand un groupe de voyous commençent à marmonner à propos de “ces branleurs là-bas dans le coin”, et au moment où nous sautons à bord du dernier train pour rentrer à la maison, la perspective de hordes de gens du coin qui nous poursuivent jusqu&rsquo;à Londres pour nous donner une violente récompense devient de plus en plus probable.</p>
<p style="text-align:justify;">Cela n&rsquo;arrive pas, bien sûr. Nous quittons le train à Liverpool Street les bras pleins de souvenirs et magnifiquement déconcertés. Cela a été surréel, tourmenté par le désastre, et teinté de petit crime et de menace de violence : Blur nous a emmenés dans la parfaite excursion anglaise d&rsquo;un jour.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Singles</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>BLUR<br />
<em>For Tomorrow</em> Food</strong><br />
Eh bien, essayez de trouver votre taille de “Blur reconnait sa dette envers ELO”. Il est vrai, autant que le premier groupe de Jeff Lynne était Idle Race, un Small Faces de substitution, autant l&rsquo;œuvre subséquente de Lynne impliquait des pastiches des Beatles désespérément maniérés – et, euh, Blur sonne désormais comme les Small Faces. Menés par Syd Barrett. Avec des chansons écrites par Jeff Lynne.</p>
<p style="text-align:justify;">Soit, cela peut ne pas sembler très prometteur. Et certainement, l&rsquo;actuelle liaison de Blur avec une mythologique Angleterre du bon vieux temps dans laquelle le père fume des Woodbines à la chaîne, la mère laisse le thé se gâter et le fils rêve de Diana Dors et comment se débarrasser du service national sonne un peu creux. Ils ont tué le baggy et maintenant ils sont après le grunge, nos propres flemmards nous disent de rendre nos idées plus élégantes et de sortir le bulldog. Bon Dieu, dans deux ans ils défendront de manière démodée la pleine exécution du traité de Maastricht.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais&#8230; <em>For Tomorrow</em> est un outrage pop du genre auquel Blur n&rsquo;a jamais fait allusion. Ceux qui aiment les inflexions vocales Lahndan et les allusion lyriques vaguement apocalyptiques (<em>“Londres est si belle dans tes rimes fluides, mais nous sommes perdus dans le Westway / Alors nous nous tenons fort les uns aux autres et tenons bon pour demain”</em>) adoreront cette création des plus rusées. Et désolé, fan de noise, mais le refrain en <em>“la-la-la-la-la”</em> va rester des semaines dans vos têtes, détestez-le même si vous le ferez assurément. Moi ? Mon cœur balance, en fait. Mais aussi j&rsquo;aimais ELO.<br />
<strong>Keith Cameron</strong><em> NME</em>, 17 avril 1993, page 16</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>BLUR<br />
<em>Chemical World</em></strong> <strong>Food</strong><br />
Des visages de la ville, des poivrots, des popstars, des bouledogs anglais baveux qui rêvent de la campagne bizarre tout en hésitant à propos de l&rsquo;extension urbaine, Blur s&rsquo;est “délaissé” des rythmes dances qui les liaient au baggy – ils ont toujours été rock, de toute manière – et ont décidé de vivre dans les années 1970.</p>
<p style="text-align:justify;">La manière dont chacun a affecté l&rsquo;expression vocale semble répondre au précédent témoignage d&rsquo;une ingénuité qui se retrouve également dans les guitares grincheuses et ronchonnantes mais absente de la chanson dans son ensemble (trop rétro d&rsquo;un demi cheveu, trop maligne).</p>
<p style="text-align:justify;">Il est probable que ce soit un grand tube – mais qu&rsquo;est-ce que cela veut dire aujourd&rsquo;hui ? Pourtant, plutôt ces dandies que certains autres groupes à guitare que vous pourriez mentionner.<br />
<strong>Dele Fadele</strong><em><strong> </strong>NME</em>, 3 juillet 1993, page 18</p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 15 juillet 2007</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traduczic/'>Traduczic</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/blur/'>Blur</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7520/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7520/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7520&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>NNME (Originals) &#8211; 8 mai 1993 : Blur &#8211; Modern Life Is Rubbish</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 15:06:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
		<category><![CDATA[Blur]]></category>
		<category><![CDATA[Modern Life Is Rubbish]]></category>

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		<description><![CDATA[Et ce sont les fous qui rient le plus fort. La montée et le déclin de Blur ont les nuances comiques de Reginald Perrin. Il y a deux ans, c&#8217;était les Charlots pétillants de la pop. There&#8217;s No Other Way et Bang étaient des tubes du Top 20 et Smash Hits était tombé raide dingue de leur bizzareté des Beaux Arts [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7516&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Et ce sont les fous qui rient le plus fort. La montée et le déclin de Blur ont les nuances comiques de Reginald Perrin. Il y a deux ans, c&rsquo;était les Charlots pétillants de la pop. <em>There&rsquo;s No Other Way</em> et <em>Bang</em> étaient des tubes du Top 20 et <em>Smash Hits</em> était tombé raide dingue de leur bizzareté des Beaux Arts et leur charme aux yeux bleus de la classe moyenne. Graham portait des lunettes et un t-shirt de la fac d&rsquo;Oxford. Damon a passé tout le temps d&rsquo;une performance à <em>Top Of The Pops</em> à sourire comme un taré tout en s&rsquo;agrippant à un jeune coq en carton de Kellogg&rsquo;s. C&rsquo;était bien trop beau.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7516"></span>Mais le meilleur, c&rsquo;était qu&rsquo;ils avaient trois membres cool. Alors que la plupart des groupes en avaient un (The Jam) et que certains en avaient parfois deux (les Kinks, les Smiths), Blur en avaient trois : Damon, Graham et le louche et allongé étudiant des Beaux Arts, Alex. Non seulement Alex était cool, mais encore mieux, il était énervant comme pas possible ; il a en fait dit une fois : “Le meilleur quand on est célèbre, c&rsquo;est de ne jamais à avoir à lever la voix”. Eurk !</p>
<p style="text-align:justify;">Comme ils ont rit quand Blur a été détourné sur une tournée avec The Jesus And Mary Chain, sorti un single brouillon et froid en <em>Popscene</em> et a commencé à traîner dans les clubs soûls et mal rasés. Ils ne pouvaient même pas user de leurs charmes pour entrer dans Syndrome. Et tout juste à temps pour la crise du deuxième album. Alors imaginez l&rsquo;horreur quand <em>For Tomorrow</em> est arrivé, en mettant le bon côté de la vie en avant, tel un précurseur bêcheur d&rsquo;une chose nommée <em>Modern Life Is Rubbish</em>. Ah ! Blur était de retour et l&rsquo;énervant à la basse était aussi suffisant que jamais !</p>
<p style="text-align:justify;">Premières impressions : cela paraît génial. Un train à vapeur passe en trombe sur la pochette, et à l&rsquo;intérieur il y a un tableau (ouais, huile sur toile) des quatres dans leur dernière incarnation de skinheads au bols, écroulés sur les sièges d&rsquo;un métro. Sur son intérieur en teck poli se trouvent les paroles. Mon Dieu. Blur n&rsquo;est pas célèbre pour ses paroles. Dans le passé, Damon s&rsquo;est vanté de ses, euh, talents de composer des paroles sur le champ; les résultats faisaient immanquablement passer les chansons de l&rsquo;Eurovision pour de grandes œuvres de poésie.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais peu importe, cette fois elles sont principalement géniales et (gloups !) font toutes partie d&rsquo;un concept album à peine voilé ! Car <em>Modern Life Is Rubbish</em> (à part la fin de la face 2) est un odyssée londonien bourré d&rsquo;étranges banlieusards, de voyeurs et de rêves perdus ; d&rsquo;ouvrir la fenêtre et de respirer l&rsquo;essence. Et vous pouvez remballer vos idiotes comparaisons avec Suede. Les membres de Blur se sont réinventés dans l&rsquo;image de leur jeunesse, maussade et suburbaine, tels des fantômes d&rsquo;un temps quand on pouvait encore se faire battre avant le rassemblement scolaire pour avoir porté le mauvais badge. C&rsquo;est <em>The Village Green Preservation Society </em>qui rentre chez lui pour trouver un parking à sa place.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous connaissons <em>For Tomorrow</em>. <em>Driving In My Car</em> de Madness avec une meilleure mélodie peut-être, mais il reste de la quintessence de Blur. Damon, éternellement ennuyé, ne s&rsquo;arrête jamais de chanter et Graham fournit son accompagnement habituel de guitare immaculée. C&rsquo;est un classique.<em> Advert</em> est un éclat d&rsquo;ennui qui ronronne sûrement inspiré de leur période noire de tracas de maison de disques : <em>“Un état nerveux ne s&rsquo;accorde pas avec ça”</em>. <em>Colin Zeal</em> et <em>Starshaped</em>, pendant ce temps, sont des coups de patte hérissés aux effets abrutissants de la vie à l&rsquo;air conditionné, de devenir un <em>homme inconscient</em>, installé au milieu de <em>Everybodu&rsquo;s Happy Nowadays</em> des Buzzcocks. <em>Blue Jeans</em>, cependant, est sensass. Promenade acoustique au travers de l&rsquo;Ouest londonien, elle capture Blur entre Portobello Road et les Smiths, et Damon, la garde baissée, qui confesse son rêve d&rsquo;éternelle enfance pop star. <em>“Ne penses pas que je m&rsquo;en sors, je veux rester comme cela pour toujours”</em>. Hommes adultes : vous allez pleurer. La face se termine de façon particulière avec <em>Intermission</em>, pince-fesses de piano-pub qui avance de façon déglinguée puis se fatigue dans les guitares et les batteries accélérées. Commentaire sur la vie anglaise qui perd sa fénéantise aux roues abrutissantes du commerce ? Ou des conneries de studio ? C&rsquo;est vous qui décidez.</p>
<p style="text-align:justify;">La face 2 commence bien. <em>Sunday Sunday</em>, c&rsquo;est du Madness période <em>Grey Day</em> avec des guitares de mauvaise humeur, ronchon et aigres. <em>Oily Water</em> est à cran et soûle (“<em>J&rsquo;ai avalé trop d&rsquo;eau graisseusse !”</em>). À part <em>Miss America</em> (bécotage flou), les choses se terminent dramatiquement en queue de poisson. <em>Villa Rosie</em> est infesté par le côté dingue “s&rsquo;il y a un trou, remplissons le” de Damon, alors que <em>Turn It Up</em> est tout simplement insensée. Gros et post-baggy, elle patauge grâce aux paroles (sans aucun doute) spontanées de Damon. <em>“Kazoo, kazoo, tu m&rsquo;appartiens !”</em> Euh, ouais. Et quant à <em>Resigned</em> ? Croyez-moi, vous ne voulez pas savoir.</p>
<p style="text-align:justify;">Pas de vraies surprises alors. <em>Modern Life Is Rubbish</em> a assez de défauts pour donner des cauchemars à un expert. Ce qui est génial dans cela, cependant, c&rsquo;est que, à la différence de Ride et des Charlatans, dont les seconds albums rentrent à peine en boîtant dans la brèche, les membres de Blur ont enfilé à la hâte leurs vieux vêtements et sont entrés en trombe dans un No Man&rsquo;s Land avec tous leurs armes flamboyantes. Qu&rsquo;ils aient choisi d&rsquo;embrasser un Londres adolescent si cher à leurs yeux est doublement bien. Blur énervent désormais énormément de gens : ils sont venus, ils ont vu, ils ont joué aux osselets. Blur sont des excentriques de la pop dans la même veine que Syd Barrett et Julian Cope, et s&rsquo;ils ont fait une erreur, alors faites la fête – parfois elle est excellente. <strong>(7)</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Paul Moody</strong></p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 10 décembre 2006</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traduczic/'>Traduczic</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/blur/'>Blur</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/modern-life-is-rubbish/'>Modern Life Is Rubbish</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7516/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7516&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>(Suede) NME (Originals) &#8211; 27 mars 1993 : Un coup très Brettish</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 14:52:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
		<category><![CDATA[Suede]]></category>

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		<description><![CDATA[SUEDE Suede (Nude / tous formats) À ce moment, bien sûr, vous vous êtes déjà fait votre opinion. La présence de Suede dans ce petit monde derrière le miroir de la pop depuis un an a été si impitoyable et englobant que même les spectateurs concernés au hasard ont marqué leur jeu d&#8217;une manière ou d&#8217;une [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7512&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>SUEDE</strong><br />
<strong><em>Suede</em> (Nude / tous formats)</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7512"></span>À ce moment, bien sûr, vous vous êtes déjà fait votre opinion. La présence de Suede dans ce petit monde derrière le miroir de la pop depuis un an a été si impitoyable et englobant que même les spectateurs concernés au hasard ont marqué leur jeu d&rsquo;une manière ou d&rsquo;une autre. Ou plutôt, on leur a dit. L&rsquo;une des réussites de Suede a été d&rsquo;inspirer une partie des exemples les plus scandaleux d&rsquo;âneries autoglorifiantes que la presse musicale britannique n&rsquo;a jamais voulu imprimer, et dès le départ, c&rsquo;était un groupe destiné à provoquer l&rsquo;amour ou le mépris. Rosbif ou Yankee, sueur ou suave, pop ou punk. Les conneries, l&rsquo;élément principal du débat culturel classique, sont de retour en ville et elles ont la même odeur que jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors pourquoi ? Pourquoi Suede ? Pourquoi est-ce que c&rsquo;est à quatre mecs racoleurs qui semblent être un petit peu plus qu&rsquo;un résumé rénové du meilleur de la Brit-pop qu&rsquo;a échu le devoir de porter de tels niveaux d&rsquo;attente potentiellement ruineux ?</p>
<p style="text-align:justify;">D&rsquo;abord, parce que quelqu&rsquo;un le doit toujours. C&rsquo;est un petit pays, tourmenté par la folie des grandeurs – surtout celle du fait que ce soit nous qui ayons inventé la pop. Ainsi, dès que les Beatles ont été vendus avec succès comme le plus grand phénomène du monde – avant de décider inopportunément que ce n&rsquo;était pas quelque chose qu&rsquo;ils voulaient particulièrement – notre cirque médiatique jetable est toujours à la recherche des prochaines stars/vaches à lait. Il y a également la demande récurrente d&rsquo;une icône de meublé, quelqu&rsquo;un à qui nos hordes d&rsquo;adolescents suburbains déprimés pourraient exprimer leurs appels à l&rsquo;aide.</p>
<p style="text-align:justify;">Quand on les jumelle, ces tendances ont produit quelques stars prodigieuses, mais le dernier groupe qui faisait réellement l&rsquo;affaire, c&rsquo;était les Stone Roses, qui, malheureusement pour les vautours charognards, sont descendus des montagnes russes et prennent autant de temps pour faire leur deuxième album qu&rsquo;il leur en a pris pour faire le premier. L&rsquo;industrie musicale britannique recherche un Suede toutes les semaines, et fréquemment essaye d&rsquo;en inventer un. Imaginez, alors, combien tout le monde était vachement content quand ce groupe est entré en ville d&rsquo;un air fanfaron. Suede, vous voyez, a la grâce d&rsquo;être très bon – un bonus dans cette époque plongée dans l&rsquo;ignorance.</p>
<p style="text-align:justify;">À ce moment, veuillez excuser une légère diversion dans le souvenir personnel ennuyeux. Ma première rencontre avec Suede a été faite par inadvertance, assis en avril dernier dans le bureau de leur agent quand quatre jeunes hommes entrent. Chacun portait un sac plastique rempli de ce qui semblait être le butin d&rsquo;une visite fructueuse chez le marchand de chemises le plus proche. C&rsquo;était Suede, clairement, mais pas les dandies bichonnés dont on discutait fébrilement dans les, euh, pubs et clubs de part et d&rsquo;autre de la nation.</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;arrivée d&rsquo;un photographe du <em>NME</em> a tout fait déclencher – voici Brett et Bernard, Mat et Simon, nos stars en attente les plus brillantes portant leurs nouveaux vêtements impériaux dans des sacs plastiques ! S&rsquo;étant parés des dits atouts, ils sont “devenus” aussi sec Suede.</p>
<p style="text-align:justify;">Tricheurs ! Monstres ! Imposteurs ! Oui, oui, mais il faut bien noter que ce n&rsquo;est que du fantasme. Brett Anderson met au supplice les mômes pop de toute une nation non pas avec ce qui est manifeste (un jeune homme beau et libertin) mais avec ce qu&rsquo;il pourrait être – une dilettante hédoniste de persuasion sexuelle indéterminée. De quoi cela parle ? Cela parle de choses qui ne sont peut-être pas ce qu&rsquo;elles semblent. Suede fait partie de cette longue tradition chérie au moyen de laquelle nos outsiders exploités sortent avec bluff de leur corvée quotidienne de neuf heures à dix-sept heures en accrochant un peu d&rsquo;artifice au talent qu&rsquo;ils pourraient avoir dans leurs gênes.</p>
<p style="text-align:justify;">En agissant ainsi, ils se lient à un public tout aussi frustré et aliéné. Ce groupe a été accusé d&rsquo;être entre deux chaises, cool et assez calculateur, mais aussi, d&rsquo;une certaine manière, c&rsquo;est inévitable, car qu&rsquo;ont-ils eu à affronter à part leurs propres manies existentielles, le poison d&rsquo;une tradition édulcorée détestable – un peu d&rsquo;introspection ne peut vous faire de mal – mais Suede, ils réussissent parce que, comme leurs prédécesseurs spirituels, ils ont trouvé quelques chansons irrésistibles à chanter.</p>
<p style="text-align:justify;">Les chansons. Vous vous en souvenez ? <em>Suede</em> en possède 11 de ce type, doublant presque le canon de mots du groupe précédemment sortis. D&rsquo;accord, alors les trois singles sont tous présents et il n&rsquo;y aura pas beaucoup de surprises pour tous ceux qui possèdent une compréhension basique du set live du l&rsquo;année dernière, mais le sentiment écrasant envers le premier album de Suede est un soulagement qui existe finalement. Dans le sillage des futilités des médias, la retombée flotte lourdement dans l&rsquo;air, un peu comme quand, il y a environ dix ans, le premier album des Smiths est paru.</p>
<p style="text-align:justify;">Ne faisons pas les effarouchés à ce propos. Suede partage les points de référence aux yeux brillants des Smiths et trahit un amour manifestement profond pour le don impérieux de ce groupe de la fausse idée parfaite. <em>The Smiths</em>, aussi, avait été précédé, avec de plus en plus d&rsquo;hystérie, par trois singles, et une fois arrivé, partait des disquaires avant que les fans ne s&rsquo;assoient, écoutent et commencent à se rendre compte que c&rsquo;était bon, mais peut-être pas aussi bon qu&rsquo;ils l&rsquo;espéraient. <em>Suede</em> fait face aux mêmes problèmes et échoue tout autant sur quelques points, il faut l&rsquo;admettre, insignifiants.</p>
<p style="text-align:justify;">Il commence, en faisant assez grincer des dents, parce qu&rsquo;il ressemble au roulement de tambour de <em>Reel Around The Fountain</em> – arrêtez, s&rsquo;il vous plaît ! – avant que Brett ne jappe quelque chose de vaguement intelligible avec son fausset le plus volontaire. Ce n&rsquo;est pas transcrit dans les paroles gentiment fournies, mais ce pourrait être <em>“Seek a star”</em>, ce qui pourrait correspondre à ce qui suit.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>So Young</em> est aussi définitif que les salves d&rsquo;ouverture d&rsquo;un premier album se doivent être, se mettant doucement en route le long des lignes de guitare bourdonnantes dures comme le diamant de Bernard Butler à venir, et avec Anderson qui implore ses instructions : <em>“Let&rsquo;s chase the dragon, oh!”</em> (“Chassons le dragon, oh !”), dans un interlude piano nette qui confirme le palais de texture en expansion du groupe, il confit que : <em>“From our home high in the city where the skyline stained the snow / Il fell for a servant that kept me on the boil”</em> (“De notre maison, haut dans la ville, où l&rsquo;horizon tache la neige / Je suis tombé amoureux d&rsquo;une servante qui me gardait en ébullition”).</p>
<p style="text-align:justify;">À la fois languissant et pourtant finalement chaste, il possède tous les éléments Suede essentiels : le sexe (de la plus haute température, sans aucun doute de variété illicite), les drogues (prenez-en, même si le message est finalement un avertissement et de vagues homélies à la grandeur d&rsquo;être, euh, si jeunes. Combien les membres de Suede eux-mêmes le sont effectivement, jeunes, c&rsquo;est, bien sûr, sujet à débat – et on peut parier que leur publiciste fait déjà le timide à propos de l&rsquo;âge de Brett – mais hors de propos. C&rsquo;est une autre tranche d&rsquo;artifice, essentiel au processus auto-mytho dans lequel ce groupe s&rsquo;est engagé avec véhémence. C&rsquo;est un acte, mais peuvent-ils le réaliser ?</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Animal Nitrate</em> suit de manière brusque et confuse, et un classique pop préfabriqué. <em>“What does it take to turn you on/Now you&rsquo;re over 21”</em> (“De quoi as-tu besoin pour t&rsquo;exciter/Maintenant que tu as plus de 21 ans”) n&rsquo;est pas encore du même niveau que <em>“A boy in the bush is worth two in the hand”</em> (“Un garçon dans le buisson en vaut deux dans la main”) mais on s&rsquo;y approche. Anderson révèle clairement, dans son rôle schizophrénique populaire de suppliant et dominateur, un joueur de flûte d&rsquo;Hameln tordu pour une génération perdue de façon permanente. Votre mère pourrait l&rsquo;aimer, mais il pourrait aimer votre mère aussi, quant à votre père… <em>She&rsquo;s Not Dead</em> est un théâtre naturaliste relaté à la troisième personne construit autour de faits douteux dans la voiture miteuse d&rsquo;un gars : <em>“What&rsquo;s she called? I dunno / She&rsquo;s f—ing with a slip of a man while the engine ran”</em> (“Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;elle a appelé ? Chais pas / Elle baise un homme pendant que le moteur tourne”) roucoule Ando sur le délicat motif acoustique de Butler.</p>
<p style="text-align:justify;">Le modèle turbo de Suede dévoilé à l&rsquo;origine sur le single <em>The Drowners</em> fait un bref, mais que modérément spectaculaire retour avec <em>Moving</em>, chanson peut-être plus notable pour un refrain apaisant qui rappelle bizarrement le méli-mélo pop vintage de XTC, <em>Generals And Majors</em> – mais attendez, ce n&rsquo;est peut-être pas si étrange : XTC = Ecstasy, d&rsquo;accord ? Et Brett n&rsquo;a jamais eu peur de parler de la proéminence de narcotiques dans son agenda “défonçons la tête de la jeunesse de notre nation”. <em>The Drowners</em> lui-même apparaît assez rapidement pour nous rappeler le frisson instantané le plus parfait de Suede, pépite de rythme si splendide qu&rsquo;elle éblouit sans faille à chaque fois.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais avant cela, il y a <em>Pantomime Horse</em>, peut-être la meilleure tentative du groupe à la grandeur épique. C&rsquo;est un fragment de la vie d&rsquo;un gamin gauche – <em>“Ugly as the sun when he falls to the floor”</em> (“Laid comme le soleil qui tombe à terre”) – avec le rythme et le comble de la ligne répétée créé par Moz dans <em>That Joke Isn&rsquo;t Funny Anymore</em>. Sur un mur de guitare de Butler qui spirale et qui devienne de plus en plus théâtrale, Brett réfléchit sur, je vous donne dans le mille : <em>“Have you ever tried it that way, tried it that way, tried it that way”</em> (“L&rsquo;as-tu déjà essayé ainsi?”).</p>
<p style="text-align:justify;">Post-<em>Drowners</em>, <em>Suede</em> tombe dans un air inévitablement encalminé, mais qui témoigne de la confiance de plus en plus grande du groupe à s&rsquo;attaquer à toute préconception que les gens insistent à brandir. <em>Sleeping Pills</em> est un vaste mouvement orchestral en partir langoureux, avec Brett encore une fois simultanément séduit et dégoûté par la boîte de Pandore d&rsquo;abus de substances illicites. <em>“Sweet FA to do today”</em> (“Rien à foutre aujourd&rsquo;hui”) chante notre flemmard d&rsquo;autrefois.</p>
<p style="text-align:justify;">Pas très loin d&rsquo;un tel égocentrisme, bien sûr, se trouve un collapsus mental et c&rsquo;est là où réside l&rsquo;apparente clef de voûte de l&rsquo;album, <em>Breakdown</em>. Apparemment, la dernière chanson écrite pour l&rsquo;album et clairement un point de vue clairement brouillon. <em>“Oh, if you were the one”</em> (“Oh, si tu étais l&rsquo;élue”), déclame Brett sur le plus joli des motifs, <em>“would I even notice now my mind has gone”</em> (“aurais-je remarqué maintenant que j&rsquo;ai perdu la tête”). Elle dérive puis revient tel un manque de drogue avec une coda guitare et saxo parsemée d&rsquo;étoiles. Cette beauté démontrable salit alors sa culotte avec le ridicule final en fausset de Brett : <em>“Does your love only come… does he only come in a Volvo?”</em> (“Est-ce que ton amour ne vient… est-ce qu&rsquo;il ne vient qu&rsquo;en Volvo?”). Surveillez votre langage, jeune homme.</p>
<p style="text-align:justify;">À ce point, tous les habitants de la ville des studios meublés doivent sangloter dans leur Bolino collectif, alors l&rsquo;apparition subséquente de <em>Metal Mickey</em> est aussi bienvenue que le pet proverbial dans le scaphandre d&rsquo;un cosmonaute. Explosion clairement ridicule d&rsquo;auto-parodie, elle ne réussit qu&rsquo;à détoner d&rsquo;autant plus au sein de ces compagnons de chambrée exaltés. Le frêle <em>Animal Lover</em> suit et renforce le sentiment plutôt désolant d&rsquo;ennui, étant pas moins que du Suede robotique.</p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement, il y a une rédemption finale au génie, la réellement touchante (et non plus affectée) <em>The Next Life</em>. Avec juste les touches poignantes de Butler au piano pour se réconforter, Brett réussit à éviter les jeux de mots quelque peu ampoulés (admettons-le) qu&rsquo;il ne nous offrira pas comme aperçu lyrique : <em>“See you in your next life when we&rsquo;ll fly away for good”</em> (“À bientôt dans une vie prochaine quand nous partirons pour toujours dans le ciel”). La destination, c&rsquo;est Worthing en fait. <em>“We&rsquo;ll go far way and flog ice creams &rsquo;til the company&rsquo;s on its knees”</em> (“Nous irons loin et vendrons des glaces jusqu&rsquo;à la ruine de la compagnie”).</p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est, paraît-il, une histoire vraie. Est-ce que la maison de disques pourrait être ruinée, implorant Suede de ne pas faire tout capoter ?! Eh bien, Nude/Sony n&rsquo;ont rien à craindre ici. C&rsquo;est le premier album solide et de qualité qu&rsquo;ils ont rêvé que le groupe produise.</p>
<p style="text-align:justify;">Peut-être que les membres de Suede sont aussi soulagés que n&rsquo;importe qui que ce disque soit enfin là, du moins avec l&rsquo;opportunité de le sortir de leur système, de mettre derrière eux tous les trucs et les inepties des douze derniers moins et de passer à ce que l&rsquo;avenir nous réserve. C&rsquo;est là où ces grands roublards devront montrer de quoi ils sont capables. Pour le moment, nous avons <em>Suede</em>. Rêvez. <strong>(7)</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Keith Cameron</strong></p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 8 octobre 2006</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traduczic/'>Traduczic</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/suede/'>Suede</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7512/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7512/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7512&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>(Suede) NME (Originals) &#8211; 20 février 1993 : Fièvre nitrique</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 14:41:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
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		<description><![CDATA[Pourquoi nous intéressons-nous à SUEDE ? Eh bien, si vous pensiez que ce groupe était bon l&#8217;année dernière (et même si ce n&#8217;est pas le cas) attendez de l&#8217;entendre aujourd&#8217;hui, dans toute sa gloire saturée chimiquement et confuse sexuellement sur son nouveau single Animal Nitrate. Pendant ce temps, rêvez des révélations d&#8217;excès, de jalousie et d&#8217;orientation [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7508&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>Pourquoi nous intéressons-nous à SUEDE ? Eh bien, si vous pensiez que ce groupe était bon l&rsquo;année dernière (et même si ce n&rsquo;est pas le cas) attendez de l&rsquo;entendre aujourd&rsquo;hui, dans toute sa gloire saturée chimiquement et confuse sexuellement sur son nouveau single <em>Animal Nitrate</em>. Pendant ce temps, rêvez des révélations d&rsquo;excès, de jalousie et d&rsquo;orientation sexuelle qui couvent depuis l&rsquo;année dernière. John Mulvey peint sa perruque et se met de la partie.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7508"></span>Brett Anderson tient la pose parfaite depuis des heures maintenant. Aucun muscle ne bouge, aucune impatience ne monte alors que la maquilleuse applique lentement une chemise en fard gras sur sa peau. Des plis bleus profonds sont froissés sur ses épaules, une pâle cravate traverse nonchalamment son torse, un parfait bouton perle se tient dans son nombril. Il ne faut jamais dire que l&rsquo;Élu ne souffre pas pour son art…</p>
<p style="text-align:justify;">Pendant ce temps, les autres membres de Suede souffrent pour son art à lui aussi. Alors que Brett est exotiquement doré en hommage à Veruschka – le mannequin au corps peint qui ornait la pochette de <em>The Drowners</em> – Bernard, Mat et Simon sont poussés au delà de l&rsquo;ennui. Bernard Butler, en particulier, est malheureux de devoir attendre qu&rsquo;on prenne sa photo, malheureux de se faire prendre en photo avec Brett décoré plutôt qu&rsquo;habillé, malheureux de devoir être pris en photo tout court. Malheureux, vraiment. Dans ces circonstances, ce n&rsquo;est pas inhabituel.</p>
<p style="text-align:justify;">Plus tard, Brett, Mat et Simon parleront de manière plus franche et retentissante que jamais de sexe, de drogues et de célébrité, alors que Bernard ne dira rien, déterminé à éviter toute interview pendant un an, à garder sa vie privée et à accroître son mystique. Suede aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est une émeute des irrépressibles et des impénétrables, des flagrants et des distants, des imaginatifs, des érotiques, des pervers, des désespérément prétentieux. Tout ce dont nous attendons d&rsquo;eux, en d&rsquo;autres termes.</p>
<p style="text-align:justify;">N&rsquo;est-ce pas le moment du choc en retour pour Suede ? N&rsquo;avons-nous pas eu notre aventure avec la nouvelle décadence pour quelques années ? Et ne devions-nous pas mettre les romantiques torturés en veilleuse pendant un moment le temps que nous puissions nous attacher à un autre gang d&rsquo;américains soi-disant frustres ?</p>
<p style="text-align:justify;">Catégoriquement, fièrement, follement, NON ! Un an après que la hype la plus légitime de l&rsquo;histoire de la pop ait commencé et Suede dépasse déjà nos attentes les plus folles. Cela a été une année durant laquelle tous les adjectifs parfumés de la langue anglaise ont été jetés au groupe. Douze mois qui ont été démarrés par une première partie pour Sweet Jesus devant un troupeau indifférent de traînards à The Venue à New Cross et qui se sont terminés en un tourbillon de couvertures, de sondages des lecteurs et une apparition peu plausible dans les environnements sanctifiés des Brits.</p>
<p style="text-align:justify;">Une année durant laquelle le profil de Suede est devenu si important qu&rsquo;une de leurs idoles, Mark E Smith, a écrit une chanson sur eux intitulée <em>Glam Rocket</em>. Une année durant laquelle ils ont fait plaisir et se sont faits plaisir, les deux à parfois d&rsquo;extrêmes grossiers. Et une année durant laquelle ils ont revitalisé quasiment tous seuls notre foi dans la pop à guitares anglaise sexy et provocante. Quelle année, en gros, et une que, alors que la deuxième année de célébrité de Suede commence, nous allons peut-être finir par la considérer comme une simple ouverture. Bientôt, il y aura <em>Suede</em>, l&rsquo;album que Simon Gilbert décrit, de manière extravagante mais exacte, comme “un classique absolu”.</p>
<p style="text-align:justify;">Et, d&rsquo;abord, il y a <em>Animal Nitrate</em>, le deuxième plus grand single de tous les temps. Un autre drame tapageur avec des guitares sales, où une histoire tour à tour tapageuse et touchante de domination sexuelle et l&rsquo;impuissance émotionnelle est habillée d&rsquo;une couche d&rsquo;allusions aux drogues et au sexe gay et abrite le riff à la ténacité la plus insidieuse en date. Son écho musical le plus proche, comme le groupe le déclarera, n&rsquo;est ni Bowie, ni les Smiths, mais le thème de <em>Dixon Of Dock Green</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">“L&rsquo;idée de <em>Animal Nitrate</em> est venue quand je traversais une période où les drogues prenaient la place des gens, vraiment”, dit Brett, aussi habillement, apparemment facilement troublé et paraissant légèrement aussi débauché que jamais.</p>
<p style="text-align:justify;">“Au lieu des gens que j&rsquo;aimais et avec qui j&rsquo;avais des relations, j&rsquo;ai juste pris des tas de drogues et je les ai utilisées pour déformer mon opinion envers les gens que je voyais effectivement à l&rsquo;époque. Et ainsi le sexe n&rsquo;était qu&rsquo;une chose creuse et vide qui a été remplie en trois dimensions par le fait que je prenais d&rsquo;énormes quantités de drogues. Ça n&rsquo;avait en fait rien à voir avec du nitrate amylique, c&rsquo;était d&rsquo;autres sortes de drogues ; beaucoup de cocaïne, d&rsquo;ecstasy et d&rsquo;autres trucs”.</p>
<p style="text-align:justify;">Brett n&rsquo;a jamais caché sa prédilection pour les drogues, mais c&rsquo;est depuis que Suede est sorti subitement du sévère regard de la publicité pour enregistrer l&rsquo;album, juste avant Noël, que les rumeurs d&rsquo;usage copieux ont gagné l&rsquo;industrie musicale.</p>
<p style="text-align:justify;">“J&rsquo;ai toujours vu les drogues comme utiles pour la composition. Je les utilise de pleins de manières, parce que je ne considère rien de plus important que la composition. Tout vraiment doit être arrangé autour de ça”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il presse le milieu de son front entre ses doigts. “Et je me mets dans n&rsquo;importe quelle situation, n&rsquo;importe quel changement dans ma vie, je vois ça comme une opportunité de l&rsquo;utiliser pour développer ma composition. Les gens disent : <em>Sur quoi vas-tu écrire quand tu auras le succès, beaucoup d&rsquo;argent et que tu vivras bien ?</em> Mais peu importe sa position, on ressent toujours le même degré de douleur”.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais n&rsquo;est-ce pas juste une excuse prétentieuse pour être capable de se permettre des tas de cocaïne et de bien s&rsquo;amuser ?</p>
<p style="text-align:justify;">“Ce n&rsquo;est pas une excuse, c&rsquo;est une justification. Il y a beaucoup de bon travail qui sort de la période depuis qu&rsquo;on a du succès et depuis que nos vies ont changé. Mes trois chansons préférées qui existent aujourd&rsquo;hui ont été écrites l&rsquo;année dernière – <em>The Big Time</em>, <em>So Young</em> et <em>The Next Life</em>”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il a probablement raison. <em>The Big Time</em> est une ballade au calme tapageur et réfléchi qui avance doucement vers sa fin avec un solo de trompette en sourdine typiquement bouleversant qui fait apparaître le fantôme de Miles Davies. <em>The Next Life</em> n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que Brett, Bernard au piano et une chanson magique de dévotion. Et <em>So Young</em> en fait, de manière éblouissante, surpasse <em>The Drowners</em> en tant que chanson de Suede la plus palpitante. Il y a une vraie euphorie galopante ici, un break de piano douloureusement beau, un sentiment global de réclamation de la pop à hymne à des rockers pompeux et pomponnés et beaucoup de références cachées aux drogues.</p>
<p style="text-align:justify;">“<em>So Young</em> vient d&rsquo;une époque où mes amis proches et moi, on a été pris dans une sorte de situation droguée désespérée et il y a eu un soir en particulier où une personne a failli mourir”.</p>
<p style="text-align:justify;">Après avoir chassé le dragon ?</p>
<p style="text-align:justify;">“Eh bien, non, après avoir fait divers autres trucs. Je n&rsquo;ai pas vraiment envie de rentrer dans les détails. C&rsquo;était en fait un moment assez horrible et ça nous a rappelés à tous que ça avait dépassé la ligne où c&rsquo;était encore une poursuite récréationnelle, et on a dû y mettre un terme. C&rsquo;était un soir assez riche en émotions, tout le monde pleurait, c&rsquo;était une scène ridicule”.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je connais beaucoup de choses de, euh, la vie de famille de Brett, mais tous ceux qui pensent qu&rsquo;on était défoncés en faisant cet album ont complètement tort, dit prudemment Mat plus tard. Quand on en vient à la performance ou l&rsquo;enregistrement, on est incroyablement sérieux. Aucun d&rsquo;entre nous ne boit avant de monter sur scène, ce qui est pratiquement l&rsquo;antithèse de l&rsquo;attitude rock&rsquo;n'roll. Il y a cette tendance parmi les gens à construire la carrière de leurs groupes autour de celle d&rsquo;autres. Je n&rsquo;aimerais pas donner l&rsquo;impression qu&rsquo;on s&rsquo;est amourachés des Stones et qu&rsquo;on est devenus des drogués”.</p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est clairement vrai, mais il semble aussi probable que Brett – rêveur idéaliste depuis si longtemps, superstar vivant dans la peau d&rsquo;un loser depuis des années – embrasse la chance de transformer sa vie entière en une déclaration romantique et artistique, une qui émerveillera beaucoup, beaucoup plus de personnes que ses connaissances immédiates. Car autant qu&rsquo;on s&rsquo;en souvienne, il est plutôt extrême. Aujourd&rsquo;hui, nourri de célébrité et de fanfreluches, c&rsquo;est évidemment intensifié.</p>
<p style="text-align:justify;">“Quand j&rsquo;ai écrit <em>Animal Nitrate</em> et <em>The Next Life</em>, mon esprit était dans une période assez houleuse, dit Brett. Je devenais assez fou. Je ne me sentais pas malheureux, mais je ressentais un énorme besoin maladif d&rsquo;autre chose. C&rsquo;était très étrange. Tout avait à voir avec cette réalisation soudaine que j&rsquo;avais une nouvelle famille qui était très liée avec mon succès dans la musique… mais peut-être une toute nouvelle famille qui ne comptait pas autant pour moi que mon ancienne”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il regarde à mi-distance, vers rien en particulier. “Je suis parfois comme un invalide qu&rsquo;on pousse à droite et à gauche dans un fauteuil roulant, juste un cerveau et des cordes vocales. Quand on va à l&rsquo;étranger, on est promené comme un gang de malades mentaux…”</p>
<p style="text-align:justify;">Es-tu frustré par le fait que ta capacité à prendre des décisions te quitte ?</p>
<p style="text-align:justify;">“En partie, mais je pense que c&rsquo;est une bonne chose. Il y a eu un moment où je me demandais ce qui se passait, mais aujourd&rsquo;hui, je me rends compte que la chose la plus importante pour moi, c&rsquo;est l&rsquo;écriture et la musique – ce qui doit, je pense. Et je suis assez satisfait de ça, je suis assez satisfait de ma vie privée”.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors <em>Animal Nitrate</em>…</p>
<p style="text-align:justify;">“Je suis juste parti dans une sorte de digression, hein ?”</p>
<p style="text-align:justify;">Une digression désespérément prétentieuse.</p>
<p style="text-align:justify;">“<em>Désespérément prétentieuse</em> ? Voilà le titre, John”.</p>
<p style="text-align:justify;">C&rsquo;est tout le temps le titre, Brett.</p>
<p style="text-align:justify;">“Ha ha ha. MON DIEU !”</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, <em>Animal Nitrate</em>…</p>
<p style="text-align:justify;">“Je voulais que toute l&rsquo;ambiance de la chanson soit très classe ouvrière, affirme Brett, qu&rsquo;elle soit mise en scène dans la vie de mes parents, dans cette état reculé de l&rsquo;esprit où ils ont été élevés avec tous ces préjugés, tout est très domestique, il y a du lino et… pas grand chose à faire. Les années 1960 étaient considérées comme une période de beauté, officiellement – Carnaby Street et tout ça – et pour mes parents, les années 1960, c&rsquo;était en fait le loyer, les tests de grossesse, le lino et le corned beef”.</p>
<p style="text-align:justify;">Au delà de cette apparence qui évoque le miteux, avec son décor significatif d&rsquo;un <em>“HLM”</em>, <em>Animal Nitrate</em> est de façon plus manifeste une autre chanson qui s&rsquo;étend sur le sexe gay – l&rsquo;illusion du titre au nitrite amylique, un refrain où Brett vérifie si son sujet a <em>“plus de 21 ans”</em> – et du sexe gay assez violent, en fait.</p>
<p style="text-align:justify;">“Elle possède définitivement cette apparence. Mais il y a une grande tristesse sous-jacente à l&rsquo;impétuosité. Les gens pensent au sexe gay et n&rsquo;y pensent pas vraiment de manière romantique. Ils voient le rôle du chevalier dans sa belle armure, ainsi que la tristesse, la romance, la perte, comme une chose purement hétérosexuelle. Il y a un côté violent défini sur <em>Animal Nitrate</em>. Mais derrière ça, il y a une véritable tristesse et un vrai sentiment que je voulais toujours exprimer”.</p>
<p style="text-align:justify;">Étant donné la déclamation régulière de Brett d&rsquo;être un bisexuel qui n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;expérience homosexuelle, on dirait que Suede joue encore une fois avec l&rsquo;imagerie gay pour être titillant, pour générer un frisson plutôt exploiteur de mystique sexuelle. Ce dont on n&rsquo;a jamais tenu compte auparavant – parce qu&rsquo;on ne l&rsquo;a jamais su avant – quand les gens critiquent sa soi-disant attitude “faux pédé” c&rsquo;est que l&rsquo;un de ses membres est gay :</p>
<p style="text-align:justify;">“Une citation de Brett comme <em>Je suis un bisexuel qui n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;expérience homosexuelle</em>, je peux assez la comprendre. Je dirais probablement la même chose : Je suis un bisexuel qui n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;expérience hétérosexuelle… c&rsquo;est une déclaration, hein ?”</p>
<p style="text-align:justify;">Simon Gilbert, l&rsquo;imperturbable batteur de Suede, ne dit d&rsquo;habitude rien en interviews. Aujourd&rsquo;hui, cependant, pour marquer sa première confrontation enregistrée seul à seul et sa première opportunité d&rsquo;émerger derrière ces trois satanés égos, il a courageusement choisi de sortir du placard et d&rsquo;affirmer sa sexualité.</p>
<p style="text-align:justify;">“Toute les lettres de fan qu&rsquo;on reçoit présument que je suis l&rsquo;hétéro – parce que je n&rsquo;ai pas les cheveux longs, peut-être. C&rsquo;est très étrange. Et en fin de compte, peu importe si Brett est gay ou pas. Il chante pour tout le monde – ce pourrait être à propos d&rsquo;un gay, d&rsquo;une femme, n&rsquo;importe – et je pense que ça en fait tellement plus pour la communauté gay que des personnes comme Jimmy Sommerville, qui se tiennent à l&rsquo;écart du monde hétérosexuel. Ce que Brett dit est bien plus positif que dire : <em>Je suis gay, je suis hétéro, il y a une ligne de séparation et je suis de ce côté et tu es de ce côté</em>. On l&rsquo;emmerde cette ligne ! Je pourrais baiser maintenant !”</p>
<p style="text-align:justify;">Pourquoi est-ce que Suede a autant de succès ? Qu&rsquo;avez-vous de si spécial, Simon ?</p>
<p style="text-align:justify;">“Dieu seul sait. Je ne sais vraiment pas…”</p>
<p style="text-align:justify;">Pause… Il est temps d&rsquo;arrêter de disséquer Suede pendant un moment, et nous nous demandons pourquoi nous prenons la peine de les disséquer en long, en large et en travers. Pourquoi nous intéressons-nous tant à un groupe qui est vaguement connu depuis un an ?</p>
<p style="text-align:justify;">“On est un groupe pour lequel je peux imaginer que des gens soient blessés en essayant de le défendre, dit Brett. Cette sorte de groupe a toujours été la raison pour laquelle la pop m&rsquo;a été vitale.</p>
<p style="text-align:justify;">“Quand je grandissais, tous les groupes pour lesquels on se faisait casser la gueule étaient ceux qu&rsquo;il était important que j&rsquo;aime. Et en même temps, je ne suis pas sûr combien de temps on va pouvoir continuer comme ça, parce que pour être le plus grand groupe du monde, on doit avoir un côté terne. Peut-être que ce serait une mauvaise idée si on essayait ça”.</p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a des signes distincts que le stress d&rsquo;être en permanence sous les feux de la rampe attaque Suede – même un acteur toqué par excellence comme Brett. Il y a quelques mois, le groupe faisait partie du mobilier du circuit alternatif de Londres, squattant les échos musicaux et détruisant ce sens du mystère.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je peux imaginer un moment où on se retirera en fait, dit Brett. Mes albums préférés de Bowie sont <em>Heroes</em> et <em>Low</em>, les morceaux instrumentaux. Il y a un énorme instinct en nous d&rsquo;être purement musicaux, de se retirer de toutes sortes d&rsquo;engagement avec le public”.</p>
<p style="text-align:justify;">Bernard, bien sûr, s&rsquo;est déjà retiré. Il ne veut plus s&rsquo;approcher d&rsquo;un dictaphone pour être interviewé. Aujourd&rsquo;hui, tandis que Brett passe des heures à se préparer pour les photos, laissant Bernard inoccupé dans l&rsquo;ombre, de la vraie amertume évidente se couve. Il est ouvertement contrarié par la manière dont Brett est l&rsquo;aimant à attention du groupe, ce qui le laisse – le partenaire de composition prodigieusement talentueux – languissant.</p>
<p style="text-align:justify;">Si le raisonnement de Brett, c&rsquo;est l&rsquo;honnêteté totale, alors celui de Bernard, c&rsquo;est l&rsquo;intimité totale. À bien des égards, ce sont de parfaits opposés.</p>
<p style="text-align:justify;">“On devient de plus en plus différentes parties de la même personne, dit Brett de Bernard. On est des jumeaux siamois qui luttent l&rsquo;un contre l&rsquo;autre. Il a une vie privée très satisfaisante et ne veut rien qui la ronge. Je pense qu&rsquo;il est venu le temps où les rôles sont plus clairement définis et il voit que c&rsquo;est plus mon rôle d&rsquo;être le visage public du groupe… ce qui me va”.</p>
<p style="text-align:justify;">Alors, un an plus tard, Suede est un meilleur groupe que jamais : ils écrivent de meilleures chansons, ils donnent de meilleures citations, et peut-être ce qui est le plus important, ils font de meilleures pop stars… Détraqués et secrets, détraqués et exposés de manière sensationnelle, affables et gauches, ils exposent toute la panoplie des attitudes artistiques. C&rsquo;est le succès de la forme sur le fond et du fond sur la forme.</p>
<p style="text-align:center;">*</p>
<p style="text-align:center;"><strong>Singles</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>SUEDE – Single de la semaine</strong><br />
<em><strong>Animal Nitrate</strong></em> <strong>– Nude</strong><br />
Pour un bureau du <em>NME</em> frappé de respect, le nouveau Suede est arrivé en compagnie de gardes en uniformes qui se blottissent sur un coussin de soie dans un coffre-fort.</p>
<p style="text-align:justify;">Plusieurs membres de l&rsquo;équipe moins vigoureux se sont évanouis sur le champ tandis que cet éclat d&rsquo;argent à nu exquis se fracassait en cette galette fraichement nettoyée dans le lecteur CD royal et commençait à déployer élégamment ses délices mystérieux…</p>
<p style="text-align:justify;">Il est trop facile, trop ennuyant de récompenser Brett Anderson et ses sbires d&rsquo;un autre Single de la Semaine, d&rsquo;accord ? De plus, les raisons contre sont multiples : nous les aidons à leur faire tellement enfler leurs chevilles qu&rsquo;ils s&rsquo;arrêteront bientôt de donner des interviews et qu&rsquo;ils commenceront à faire des disques de merde.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais en un coup de précipices pirouettants de guitare de Bernard Butler, une bouffé d&rsquo;allusions criantes de Brett dans ce martelant péan de champ de foire au sexe gay brut et répétitif et nous retombons dans l&rsquo;addiction désespérée.<br />
<strong>Stephen Dalton<em><br />
</em></strong><em>NME</em>, 20 février 1993, page 18</p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 26 mai 2006</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traduczic/'>Traduczic</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/suede/'>Suede</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7508/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7508/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7508&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
		<item>
		<title>(Pulp) NME (Originals) &#8211; 9 janvier 1993 : Le Dandy Cocker</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2013 17:26:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
		<category><![CDATA[Jarvis Cocker]]></category>
		<category><![CDATA[Pulp]]></category>

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		<description><![CDATA[PULP : Uniques réinventeurs du revival 1970, derniers chéris de Siobhan et Dave, les “Suede cinglés” que tout le monde doit encore aimer. Mais sont-ils, et plus particulièrement leur chanteur “farfelu” JARVIS COCKER, vraiment fous ? Ou ont-ils eu tout simplement mauvaise presse ? SIAN PATTENDEN entre dans leur monde en crêpe polyester à paillettes. [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7501&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>PULP : Uniques réinventeurs du revival 1970, derniers chéris de Siobhan et Dave, les “Suede cinglés” que tout le monde doit encore aimer. Mais sont-ils, et plus particulièrement leur chanteur “farfelu” JARVIS COCKER, vraiment fous ? Ou ont-ils eu tout simplement mauvaise presse ? SIAN PATTENDEN entre dans leur monde en crêpe polyester à paillettes.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7501"></span>Mythe : Jarvis Cocker des esthètes pop Pulp est fou, le type qui aime se balancer des melons à la tête à ses heures perdues.</p>
<p style="text-align:justify;">La foule glamour au chatoyant quizz de Noël du <em>NME</em> l&rsquo;a pensé. Il a des rouflaquettes, des talonnettes et a une fois fait une tournée en fauteuil roulant. Il vit dans une maison sans téléphone et écoute Radio 2. C&rsquo;est le chanteur du meilleur quintet de synthpop de Sheffield. Il a incarné une nouvelle scène “je m&rsquo;habille en crêpe polyester” constituée d&rsquo;individus comme lui. Il n&rsquo;est pas habituel.</p>
<p style="text-align:justify;">Au cours de ce quizz désormais légendaire, il a prononcé la phrase immortelle : “Serait-ce Scunthorpe ?” et puis a paru grognon pour le reste de la soirée.</p>
<p style="text-align:justify;">“Tout le monde sait combien j&rsquo;étais ennuyant, admet-il. Je ne suis pas grognon, mais je ne me considère pas comme une personne joviale. Je déteste qu&rsquo;on me considère comme <em>farfelu</em>. Je suis sérieux à propos de mon art”.</p>
<p style="text-align:justify;">Jarvis Cocker a 29 ans et est toujours dans un groupe pop. Il est né à Sheffield (c&rsquo;est un Vierge “pointilleux” pour les fans d&rsquo;astrologie) d&rsquo;un couple beatnik qui aimait jouer du trombone ainsi que l&rsquo;art. Sa mère l&rsquo;a envoyé à l&rsquo;école vêtu pantalon en cuir noir avec un “cerf” sur son bavoir (cadeau d&rsquo;un parent allemand) enfant ; elle a vacillé quand il a pissé dans une boîte à chaussures (”Pour voir si ça coulait par les coins. Ça l&rsquo;a fait”.) et elle ne lui coupait pas les cheveux (“J&rsquo;étais le seul garçon à l&rsquo;école qui ressemblait à une petite godiche”).</p>
<p style="text-align:justify;">Le jeune Cocker avait sept ans quand son père a quitté la maison et quatorze quand il a commencé à piquer ses vieux costumes pour être punk. Entre-temps  il a été l&rsquo;idiot de l&rsquo;école. Il a une fois prétendu être mort dans la cour de l&rsquo;école après avoir joué aux soldats de manière si convaincante que l&rsquo;école a décidé d&rsquo;appeler une ambulance.</p>
<p style="text-align:justify;">“Ça a dû durer une vingtaine de minutes. J&rsquo;ai pensé que ça allait un peu trop loin, alors j&rsquo;ai fait un miraculeux <em>réveil du coma</em> et voilà”, se souvient-il.</p>
<p style="text-align:justify;">Jusqu&rsquo;à l&rsquo;âge de douze ans, il voulait être astronaute. “Je pensais que tout le monde établirait des bases sur Mars et des trucs comme ça en 1985, se rappelle-t-il. J&rsquo;avais des livres, des trucs et un télescope, mais c&rsquo;était un pas cher alors quand on regardait la lune, on ne voyait pas plus de détails, on la voyait juste plus grosse”.</p>
<p style="text-align:justify;">Puis il a voulu être célèbre.</p>
<p style="text-align:justify;">“C&rsquo;était le principal, juste le fait que les gens penseraient que vous être génial et tous ces trucs. Je pensais que ce serait bien, parce que je n&rsquo;aurais pas à m&rsquo;occuper des petites choses banales de la vie. Je n&rsquo;aurais plus besoin de faire les courses, je me ferais livrer. Je pourrais me concentrer sur l&rsquo;essence la plus élevée de la vie”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il a cultivé une image “Je suis Jarvis et je suis taré”. Il portait des hauts talons pour accentuer sa grandeur et a fait des numéros comiques (sa typique philosophie de clown : “Je ne pouvais aucunement être cool pour tout le monde à cause du football ou parce que les filles m&rsquo;aimaient bien”.) Il a fondé Pulp dans un cours d&rsquo;économie et a fait son premier concert à l&rsquo;école avec le département de chimie qui a fournit des “effets” spéciaux en mettant le feu à des rubans de magnésium.</p>
<p style="text-align:justify;">Après l&rsquo;école, il est devenu poissonnier, à frotter des crabes (“Ma mère m&rsquo;a déniché ce boulot pour me rendre plus extraverti”) ; c&rsquo;était un leader de garderie ; puis il est tombé d&rsquo;une fenêtre en essayant d&rsquo;impressionner une petite amie.</p>
<p style="text-align:justify;">“C&rsquo;était assez bien, parce que ce n&rsquo;est pas souvent qu&rsquo;on a l&rsquo;opportunité de se détacher de la vie quotidienne. Ça m&rsquo;a fait me rendre compte que je devais faire quelque chose de différent au lieu des choses merdiques que je me retrouvais à faire. Je n&rsquo;allais pas avoir de grands souvenirs. Comme se réveiller à 14h et tout ce grand sommeil que j&rsquo;ai eu”.</p>
<p style="text-align:justify;">Jarvis a déménagé à Londres pour étudier le cinéma à la St Martin&rsquo;s School Of Art. Puis il a découvert la rave. Il avait 25 ans.</p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:justify;">Vérité : Jarvis a une fois pensé être Paul Nicholas.</p>
<p style="text-align:justify;">“On est allés à cette rave et quelqu&rsquo;un a dû me vendre ce très mauvais E. Je suis rentré chez moi et j&rsquo;ai eu un peu de fièvre. Deux choses me sont arrivées. D&rsquo;abord, j&rsquo;avais la chanson de Milli Vanilli, <em>Girl I&rsquo;m Gonna Miss You</em>, en boucle dans la tête, alors ça me rendait fou. Puis, quand ma fièvre a été au plus haut, j&rsquo;ai brusquement pensé que j&rsquo;étais Paul Nicholas. Tu sais, comme quand tu es à moitié réveillé et à moitié endormi, je pensais juste être Paul Nicholas, mais ça n&rsquo;a duré qu&rsquo;une dizaine de minutes.</p>
<p style="text-align:justify;">“Puis la semaine suivante, j&rsquo;avais le nom de Mike Lipbarski à l&rsquo;esprit. Je n&rsquo;ai jamais rencontré Mike Lipbarski alors j&rsquo;avais peur parce que je pensais : <em>Il va peut-être me tuer !</em> Quand des choses comme ça arrivent, je pense qu&rsquo;il faut arrêter”.</p>
<p style="text-align:justify;">Heureusement pour lui, Pulp marche bien. Ils n&rsquo;ont pas eu de tubes, mais ils ont sortis des singles space et beaucoup de gens vêtus de bas nylon discutables ont commencé à venir à leurs concerts. Ils ont eu des “problèmes contractuels” avec leur maison de disques, Fire ; ont sorti deux chansons fringantes sur le nouveau label de Sheffield, Gift Records (<em>OU</em> sur les gares et <em>Babies</em> sur les armoires) et ont désormais signé sur Island Records.</p>
<p style="text-align:justify;">Les spécialistes de la pop ont aussi commencé à s&rsquo;imposer. Siobhan et son mari Dave des Shakespeare Sister étaient sur la guest list de leur concert à l&rsquo;ULU de Londres plus tôt cette année. Le contingent aux visages frais du label hasardeux de St Etienne, Ice Rink, assiste religieusement à chaque concert. Miki de Lush, Mat de Suede, Denim, ce mec aux cheveux bizarres de Revolver, tous viennent. Voilà les graines d&rsquo;une scène ici – elle s&rsquo;appelle la Scène “Je m&rsquo;habille en crêpe polyester”…</p>
<p style="text-align:justify;">“Euh…”</p>
<p style="text-align:justify;">Jarvis est en train de découvrir de nouvelles manières excitantes de secouer la cendre d&rsquo;une cigarette, communément connue sous le nom de “habitude nerveuse”.</p>
<p style="text-align:justify;">“Oui. On est amis avec St Etienne. Ça a plus à voir avec qui ils sont qu&rsquo;avec le fait qu&rsquo;ils soient connus. Ça serait un peu merdique”.</p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:justify;">Il se peut que Pulp aime St Etienne. Cependant, ils n&rsquo;aiment pas le grunge.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je m&rsquo;en fous de Nirvana, mais je n&rsquo;ai jamais aimé une telle musique. C&rsquo;est de la musique de gars. Quand j&rsquo;allais en club, c&rsquo;était The Cult et tout le monde faisait la danse de guerre des poulets et se rentrait dedans. C&rsquo;est facile de se cacher derrière le bruit. Si on fait beaucoup de bruit et qu&rsquo;on crie derrière, personne ne peur dire ce que tu chantes. C&rsquo;est le showbiz après tout. Je pense qu&rsquo;on a le devoir de jouer sur scène, de divertir les gens. Mais le fait qu&rsquo;un gars porte une veste à paillettes sur scène ne veut pas dire qu&rsquo;il est intéressant à regarder”.</p>
<p style="text-align:justify;">Ah, les vestes pailletées. Puisqu&rsquo;on est sur le sujet du style, parlons du “revival” 1970. Même si beaucoup tiennent Denim responsable, Jarvis, avec son penchant pour les cols tombants et les tissus brillants, est un homme qui pourrait être cité comme avoir redéfini à lui seul le concept du “style” vestimentaire.</p>
<p style="text-align:justify;">Jarvis, ta défense s&rsquo;il te plaît.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je suppose que je suis le principal délinquant dans le groupe. Mais la raison pour laquelle j&rsquo;aime les années 1970 devient plus obscure maintenant. Notre guitariste Russel est allé dans une boîte années 1970 à Sheffield l&rsquo;autre jour, et il a dit que ces genres de trucs sont meilleurs maintenant qu&rsquo;avant. Toute la merde dégage.</p>
<p style="text-align:justify;">“J&rsquo;aime les années 1970 parce que c&rsquo;était aussi un peu ringard ; les gens portaient des vestes en vinyle et transpiraient. Je ne sais pas si c&rsquo;est une nouvelle scène ou pas, mais au moins les années 1970 étaient sexy. Dans les années 1980, tout le monde regardait <em>Antiques Roadshow</em>”.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais aujourd&rsquo;hui, tout le monde peut regarder les merveilleux clips de Pulp que Jarvis réalise. Autant que c&rsquo;est un rajout bienvenu au média visuel, la rumeur dit qu&rsquo;en étendant son côté de sa carrière, Jarvis a pris sous son aile des projets moins que crédibles. Par exemple, le clip de <em>We Are Raving</em> de Slipstream! Es-tu vraiment responsable de cet atroce moment de goût moral ?</p>
<p style="text-align:justify;">“Je ne sais pas si je devrais te parler de celui-là, il est si nul, hésite-t-il. Je le considère être le dernier clou du cercueil de la rave. Je suis le coupable, ouais. Island m&rsquo;a demandé de faire le clip et j&rsquo;ai dit oui parce que je voulais des sous pour Noël. J&rsquo;ai eu une longue lutte avec ma conscience à ce propos, mais on a fait quelque chose de très amusant à la fin alors ça va. Je ne le referais jamais, cependant, à moins que ce soit pour quelqu&rsquo;un qu&rsquo;on aime.</p>
<p style="text-align:justify;">“Mais c&rsquo;est flatteur d&rsquo;une manière, qu&rsquo;on te demande de faire des choses. Comme être dans un groupe. Savoir que d&rsquo;une certaine manière quelqu&rsquo;un peut être intéressé de savoir si tu préfères les Twix ou les Mars. Normalement, tu ne ferais pas d&rsquo;entretien où on te dirait : <em>Juste une dernière chose M. Cocker, vous préférez les Twix ou les Mars ?</em>”</p>
<p style="text-align:justify;">Tu manges les deux ?</p>
<p style="text-align:justify;">“Ouais, des tonnes même. Je ne sais pas pourquoi je suis si mince. Je n&rsquo;ai jamais été gros. J&rsquo;aime manger aussi”.</p>
<p style="text-align:justify;">Tu n&rsquo;es pas vraiment fou alors ? Tu manges, tu dors et tu as tes propres clés ?</p>
<p style="text-align:justify;">“Ça a toujours été une de mes aspirations de devenir plus physique, déclare-t-il avec sérieux. J&rsquo;ai un vélo maintenant. Je peux jouer au flipper. Je sais conduire, toutes ces choses pratiques journalières. Quand j&rsquo;étais jeune, comme je l&rsquo;ai dit, j&rsquo;avais cette attitude que j&rsquo;allais jamais n&rsquo;avoir besoin de ces choses ; que quelqu&rsquo;un allait me conduire partout et tout ça.</p>
<p style="text-align:justify;">“Maintenant, je peux faire ces choses. Tu ne peux pas t&rsquo;attendre à ce que quelqu&rsquo;un vive son art tout le temps”.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 2 mai 2006</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traduczic/'>Traduczic</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/jarvis-cocker/'>Jarvis Cocker</a>, <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/pulp/'>Pulp</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7501/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7501/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7501&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>NME (Originals) &#8211; 16 mai 1992 : Suede &#8211; The Africa Centre, Londres</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Mar 2013 16:01:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
		<category><![CDATA[Suede]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur le poster photocopié collé sur les portes du Africa Centre, Brett Anderson regarde avec les yeux cernés de noir d&#8217;un homme pas si jeune qui semble avoir passé ses années formatrices dans des bordels, des fumeries d&#8217;opium, des casinos et des clubs fétichistes. Il ne ressemble pas à un skateboarder, ni à un raver [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7496&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Sur le poster photocopié collé sur les portes du Africa Centre, Brett Anderson regarde avec les yeux cernés de noir d&rsquo;un homme pas si jeune qui semble avoir passé ses années formatrices dans des bordels, des fumeries d&rsquo;opium, des casinos et des clubs fétichistes. Il ne ressemble pas à un skateboarder, ni à un raver aux cheveux ébouriffés, ni à un étudiant débraillé. Il semble élégamment débauché, chérie.</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7496"></span>Si les shoegazers étaient des valeurs artistiques bourgeoises qui se vengeaient du baggy, alors Suede est le triomphe du dandysme aristo décadent sur la pop prolo. Il y a une foule de fans et de types de l&rsquo;industrie la bave aux lèvres qui sont enfermés devant la salle, avec rien d&rsquo;autre à regarder que le poster et ils sont là, blottis les uns contre les autres sous la pluie non glam, non pas parce que Suede est le meilleur groupe de Grande Bretagne, mais parce que c&rsquo;est le premier à réussir à aller maniérisme et pop blanche anglaise à guitare depuis les Smiths. Mignon.</p>
<p style="text-align:justify;">Deux pas à l&rsquo;intérieur de la salle moite de sueur d&rsquo;un Africa Centre rembourré et on est frappé par un mur de simulation. <em>Pantomime Horse</em> gémit avec un riff visqueux hoquetant, un solo très orné et les maniérismes vocaux d&rsquo;une dame du rock&rsquo;n'roll. Les yeux fermés et la frange tombante, Brett respire l&rsquo;hystérie éméchée dans le micro tel un poète bohême soûl au sweet sherry ou trop de Bryan Ferry. Les bouts de boa de la discothèque de votre frère aîné sur scène. Mais le plus intelligent chez Suede, c&rsquo;est la manière dont cela rappelle le rock narcissique des années 1970 sans donner l&rsquo;impression d&rsquo;un groupe de cabaret revivaliste. C&rsquo;est exagéré, mais avec goût. Adorable.</p>
<p style="text-align:justify;">Le jeu de guitare électrique vieillot las et lié fait l&rsquo;étalage d&rsquo;une connaissance intime de la collection des pédales d&rsquo;effet du copain de Bowie, Mick Ronson, mais ce sont des indices indés traditionnels au sein du bruit de fond et sur le plan vestimentaire, le glam est loin d&rsquo;être exagéré. La vieille chemise à fanfreluches et pas une once de paillette en vue. Pastiche, ce n&rsquo;est point. C&rsquo;est plus découvrir ce qui reste quand on retire les américanismes de la Britpop. Ils ont retiré les Velvets, les Byrds, Big Star et les punks new yorkais ainsi que certainement le funk et ont inspecté le reste. Et ce qui reste à plus à voir avec la grâce que le bruit.</p>
<p style="text-align:justify;">Suede n&rsquo;écrira jamais de chanson intitulée <em>One Love</em>. Ses membres sont trop excités par leur propre perversité. Délicieusement égoïstes, ils ne font pas de rappel. Mais l&rsquo;important a été dit. Ils vous laissent avec un sentiment qui n&rsquo;a pas été satisfait. Que leur seul intérêt est d&rsquo;afficher leurs défauts. C&rsquo;est le retournement de la situation maître-serviteur, qui sert qui?, et c&rsquo;est un petit exploit. Allez ressentez la grâce.</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>Roger Morton</strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong>*</strong></p>
<p style="text-align:center;"><strong>Singles</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>SUEDE &#8211; SINGLE DE LA SEMAINE<br />
<em>The Drowners</em></strong> <strong>Nude</strong><br />
Je déteste qu&rsquo;on me dise quoi aimer. Alors toute cette blague de “Meilleur Nouveau groupe de Grande Bretagne”… Peu importe, j&rsquo;ai trouvé un exemplaire, alors je reviens chez moi, cacao, crackers et pantoufles, je le flanque sur ma chaîne et je vois si ce groupe a ce qu&rsquo;il faut.</p>
<p style="text-align:justify;">Euh, c&rsquo;est excellent. Je suspecte qu&rsquo;après quelques disques/couvertures de magazine, je voudrais m&rsquo;asseoir sur les petits visages suffisants de Suede jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;ils suffoquent, mais là maintenant, je veux gémir en chœur ces trois morceaux “j&rsquo;ai rien à faire de ma vie” grotesques, mais excellents jusqu&rsquo;à en être malade.<br />
<strong>Jim Arundel</strong> MM, 2 mai 1992, page 31</p>
<p style="text-align:justify;"><strong>SUEDE &#8211; SINGLE DE LA SEMAINE<br />
</strong><em><strong>Metal Mickey</strong></em> <strong>Nude</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Brett aux membres extra-longs produit un deuxième classique en série. Quel est le charme ? Ce n&rsquo;est pas tant la voix sifflante et visionnaire garantie à donner des cauchemars aux ingénieurs du son, ni les guitares fouettantes, ce sont les refrains. On a l&rsquo;impression de les avoir entendus 100 fois quand c&rsquo;est juste deux fois. Un jour, vous vous rappellerez quand vous les aurez vus pour la première fois, et vous jubilerez sur vos exemplaires usés des singles de Nude. Ou vous ferez quelque chose d&rsquo;utile de votre vie.</p>
<p style="text-align:justify;">Fait : à chaque fois que l&rsquo;équipe du <em>NME</em> se tombe en pâmoison devant un groupe, j&rsquo;ai des doutes parce que cela arrive toutes les semaines. Mais même moi, j&rsquo;aime Suede.</p>
<p style="text-align:justify;">Impossibles d&rsquo;arrêter et créés sur mesure pour le succès, c&rsquo;est comme s&rsquo;ils étaient là, les jambes écartées, à attendre que les majors viennent leur péter le cul. Intéressez-vous à eux avant que cela n&rsquo;arrive.<br />
<strong>Ian McCann</strong> NME, 12 septembre 1992, page 18</p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 24 avril 2006</em></p>
<br />Classé dans:<a href='http://melancholyflower.wordpress.com/category/traduczic/'>Traduczic</a> Tagged: <a href='http://melancholyflower.wordpress.com/tag/suede/'>Suede</a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/melancholyflower.wordpress.com/7496/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/melancholyflower.wordpress.com/7496/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7496&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Melody Maker (NME Original) &#8211; 25 avril 1992 : Suede &#8211; Le Meilleur Nouveau Groupe de Grande Bretagne</title>
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		<pubDate>Sun, 03 Feb 2013 17:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Melancholy Flower</dc:creator>
				<category><![CDATA[Traduczic]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Butler]]></category>
		<category><![CDATA[Brett Anderson]]></category>
		<category><![CDATA[Mat Osman]]></category>
		<category><![CDATA[Melody Maker]]></category>
		<category><![CDATA[Suede]]></category>

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		<description><![CDATA[Sexy comme pas possible, glam comme pas possible, géniaux comme pas possible, SUEDE fait tourner la tête et brise le cœur à chaque fois que le groupe joue. Steve Sutherland rencontre un groupe qui est déjà acclamé comme les dignes successeurs des Smiths, un groupe enfin déterminé à réinjecter de l&#8217;adulation et de la subversion [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=melancholyflower.wordpress.com&#038;blog=12879587&#038;post=7491&#038;subd=melancholyflower&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:center;"><strong>Sexy comme pas possible, glam comme pas possible, géniaux comme pas possible, SUEDE fait tourner la tête et brise le cœur à chaque fois que le groupe joue. Steve Sutherland rencontre un groupe qui est déjà acclamé comme les dignes successeurs des Smiths, un groupe enfin déterminé à réinjecter de l&rsquo;adulation et de la subversion dans les charts.</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-7491"></span>“Mon fantasme a toujours été d&rsquo;avoir une chanson sur une expérience sexuelle bizarre dans le Top 10”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a une petite paillette argentée échouée en dessous des lèvres de Brett Anderson. Elle reçoit le soleil et brille.</p>
<p style="text-align:justify;">“Tu sais, une chanson que les gens n&rsquo;arrêteraient pas de chanter avant qu&rsquo;il ne leur vienne à l&rsquo;esprit de quoi elle parle”.</p>
<p style="text-align:justify;">Je suis tenté de parler de la paillette à Brett, mais je ne le fais pas. Je la regarde simplement clignoter au soleil tandis qu&rsquo;il parle et je me demande comment elle a bien pu arriver là. C&rsquo;est un moment très Suede, au fait.</p>
<p style="text-align:justify;">“Quelle chose puissante et excellente ce serait, dit-il. Avoir un single comme ça dans le Top 10”.</p>
<p style="text-align:justify;">Je lui demande pourquoi, je n&rsquo;arrive pas à me détacher les yeux de cette paillette.</p>
<p style="text-align:justify;">“Ah”, il sourit, et de petites ridules apparaissent sous ses yeux. “Voilà une question difficile. Pourquoi ? Dois-je répondre à ça ?”</p>
<p style="text-align:justify;">Je lui dis que c&rsquo;est absolument impératif.</p>
<p style="text-align:justify;">“Oh. D&rsquo;accord. Eh bien, ça n&rsquo;a rien à voir avec le pouvoir. Ça n&rsquo;a rien à voir avec la grivoiserie, non plus”, dit-il en riant d&rsquo;une manière confidentielle. “Ça a probablement quelque chose à voir avec une touche personnelle de perversité. J&rsquo;ai toujours été fasciné par l&rsquo;idée de corrompre les masses parce que, euh, y arriver, c&rsquo;est vraiment quelque chose de spécial, non ? Je veux dire, si chaque chanson du Top 40 faisait ça, il n&rsquo;y aurait plus aucun intérêt, hein ? Ça compterait pour du beurre. C&rsquo;est juste une question d&rsquo;être un peu différent. Ouais, je pense que c&rsquo;est ça – être différent”.</p>
<p style="text-align:justify;">Il sirote son Schweppes citron et passe la langue sur ses fines lèvres pâles. La paillette l&rsquo;évite. Le soleil luit encore sur cette paillette.</p>
<p style="text-align:justify;">D&rsquo;accord, d&rsquo;accord. Alors qui est Suede, et qu&rsquo;est-ce que fout ce groupe en couverture du <em>Maker</em> ? Bonnes questions. Suede est le groupe le plus audacieux, androgyne, mystérieux, sexy, ironique, absurde, pervers, glamour, hilarant, honnête, suffisant, mélodramatique et fascinant dont vous ne soyez jamais probablement tombés amoureux. C&rsquo;est pourquoi on le voit partout à damier le pion à des groupes comme Carter et les Cure. Suede est un groupe pop, ce qui signifie que le 11 mai, quand <em>The Drowners</em>, son premier single, sortira, il sera sans aucun doute, à ce moment particulier de votre vie, le groupe le meilleur, le plus génial et le plus beau, en fait le seul groupe de toute la planète qui compte. Dans un monde idéal, les groupes pop seraient comme ça. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal, c&rsquo;est juste que Suede est le groupe idéal pour ratisser les gravats de vos rêves brisés.</p>
<p style="text-align:justify;">Écoutez et réjouissez vous : “Les gens disent que plus rien ne peut être dit. Les gens disent que tout a été dit. Comme c&rsquo;est défaitiste ! L&rsquo;art est une expression de l&rsquo;humanité et juste parce que les gens disent la même chose depuis 2000 ans ne prive pas ces choses de leur puissance. On ne peut pas y renoncer. Il existe toujours différentes manières de dire la même chose. Il y a toujours l&rsquo;émotion. L&rsquo;intensité est toujours là.</p>
<p style="text-align:justify;">“C&rsquo;est une vraie excuse facile quand ceux qui s&rsquo;ennuient deviennent musiciens et s&rsquo;inventent des excuses pour expliquer le fait qu&rsquo;ils ne disent rien. C&rsquo;est comme s&rsquo;ils pensaient que la musique devait dire quelque chose, se rendent compte qu&rsquo;ils n&rsquo;ont rien à dire et puis créent un point de vue intellectuel autour de ça”.</p>
<p style="text-align:justify;">Je devine qu&rsquo;on peut en déduire, alors que Brett écarte sa frange à la Bryan Ferry de ses yeux, que les membres de Suede ne sont pas des shoegazers.</p>
<p style="text-align:justify;">“Il y a un choix, dit l&rsquo;imposant bassiste Mat Osman. Soit tu dis : <em>Eh bien, le monde qui m&rsquo;entoure est vide, alors je vais suivre sa logique</em> – tu sais, théoriquement la vie est vide alors laissons la comme ça – ce que tout le monde semble faire, juste y renoncer. Ou tu peux faire un gigantesque saut dans la foi et dire : <em>Je n&rsquo;y crois pas. Je crois que la vie peut être fascinante, extraordinaire et absurde</em>. Et, si tu fais ce saut dans la foi et y crois, tu peux changer ta vie. Tu ne devrais pas en avoir peur. Prends ce risque. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on fait d&rsquo;une certaine manière, prendre ce risque”.</p>
<p style="text-align:justify;">“Voilà”, dit Bernard Butler, le guitariste à la peau de porcelaine et au nez crochu. “Être dans Suede, c&rsquo;est être vivant de la manière la plus vivante possible”.</p>
<p style="text-align:center;">* * *</p>
<p style="text-align:justify;">Suede est en couverture du <em>Maker</em> parce que ce groupe sort de 1992 comme un cul auquel on a flanqué une bonne fessée sur la banquette arrière en cuir avant de le pousser par la fenêtre d&rsquo;une Rolls Royce qui passait. Ses membres méritent leur soudaine proéminence parce qu&rsquo;ils ne parlent pas d&rsquo;arbres ni de nuages dans leurs chansons, ils ne veulent pas être américains et ils ne tentent pas de faire passer l&rsquo;apathie pour de la psychédélie. Au contraire (et, oh, ils sont <em>très</em> contrariants), au lieu de proposer que le divertissement devrait être un soulagement, une fuite de la corvée et des déceptions de la réalité, ils sont superbement super réels d&rsquo;une manière obsédante.</p>
<p style="text-align:justify;">“C&rsquo;est la différence entre fuir ta vie dans un pays imaginaire comme tous ces groupes font et s&rsquo;échapper vers ta propre vie, vers le vrai monde, dit Mat. La réalité est bizarre, étrange, romantique et si tu vas fuir, il y a 1000 endroits à 50 mètres d&rsquo;ici qui seraient bien plus bizarres que prendre une tonne de LSD”.</p>
<p style="text-align:justify;">“C&rsquo;est comme explorer votre propre cuisine au lieu de devenir astronaute”, rit Brett, fournisseur d&rsquo;une voix Cockney d&rsquo;une hystérie suspecte et reptilienne. “C&rsquo;est trouver de la moisissure intéressante au lieu d&rsquo;un nouveau système solaire”.</p>
<p style="text-align:justify;">Mais Suede offre bien plus que le fait que ses membres sont des étrangers dans un monde étrange. Ils sont aussi délibérément, effrontément et stoïquement sexuels. À une époque où la baise – sûrement encore la métaphore la plus puissante de la capitulation impuissante de l&rsquo;instinct de notre intellect (c&rsquo;est à dire une brève et intense libération) a été usurpée par l&rsquo;harmonie du troupeau de la dance music, ou expurgée par le cliché pop romantique, ou forcée au viol comique par des hommes de Neandertal metalleux qui grognent, Suede a brutalisé le sexe et l&rsquo;a forcé à agir comme un stimulant de chanson.</p>
<p style="text-align:justify;">“On aborde les vraies questions de la sexualité. On parle de la capote usagée au lieu du beau lit. En ce moment, j&rsquo;ai l&rsquo;impression qu&rsquo;on est cette grosse bête à rayures, cet animal sexuel brusque. Sur scène, la musique est martelant, vraiment intense et macabre d&rsquo;une certaine manière. La sexualité est très sombre. Une grande partie des situations de nos chansons sont officiellement des situations perverses, mais ce n&rsquo;est pas censé être pervers ou être un truc. C&rsquo;est censé être très humain, très réel.</p>
<p style="text-align:justify;">“Prends <em>The Drowners</em>. Cette chanson parle de la beauté de l&rsquo;échec d&rsquo;une certaine manière. Ces deux personnes dans une… relation quasi-droguée, tu sais, droguée de sexe, de passion, d&rsquo;intenses émotions humaines. C&rsquo;est l&rsquo;intensité qu&rsquo;on a quand on est obsédé par les gens. C&rsquo;est une relation imparfaite mais, à l&rsquo;intérieur, c&rsquo;est beau en fait. Ces deux personnes ne s&rsquo;aiment pas vraiment, mais il y a ces liens sexuels”.</p>
<p style="text-align:justify;">Suede est un vrai phénomène pop, confiant et à l&rsquo;aise dans sa sexualité confuse et sa nationalité ravagée.</p>
<p style="text-align:justify;">“On se voit vraiment seuls, dit Bernard. On est ce qu&rsquo;on est. La musique vient de la vie et non pas des autres groupes. Tant de disques sont du rock sur le rock”.</p>
<p style="text-align:justify;">“Exactement, dit Brett. Il y a eu toute une progression de groupes sur la scène alternative qui sont juste une interprétation anglaise du cool américain. Je trouve que ça manque tellement d&rsquo;imagination. Ça ne me fait rien. Absolument rien”.</p>
<p style="text-align:justify;">“La raison pour laquelle notre musique est anglaise, tordue et sexuelle, dit Bernard, c&rsquo;est juste parce que nos vies sont anglaises, tordues et sexuelles”.</p>
<p style="text-align:justify;">Pourtant, il y a deux points de référence chez Suede. Le premier, c&rsquo;est les Smiths, ce qui est compréhensible si on considère que le nom du groupe est une troncation du <em>Suedehead</em> de Morrissey. Le second, c&rsquo;est le glam rock des années 1970. Et Suede n&rsquo;en a pas peur non plus.</p>
<p style="text-align:justify;">“Je pense qu&rsquo;on est probablement le premier groupe depuis les Smiths qui ait une prise sur l&rsquo;humanité, au lieu de juste porter des badges musicaux, dit Brett. C&rsquo;est pourquoi les gens disent qu&rsquo;on est comme eux”.</p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;autre référence flanquée à Suede, c&rsquo;est le glam.</p>
<p style="text-align:justify;">“C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on prend beaucoup des années 1970, mais seulement à cause de l&rsquo;extrémité sexuelle, dit Brett. Comme je pense David Bowie était un génie parce qu&rsquo;il explorait les perspectives qui n&rsquo;ont jamais intéressé les années 1960, surtout dans sa performance”.</p>
<p style="text-align:justify;">“Les années 1970 résonnent bien mieux avec les années 1990 que les années 1950, dit Bernard. Les années 1990 sont vraiment tordues et compliquées et la musique des années 1970 sonnent bien parce que tout le monde a en quelque sorte perdu le fil de ce qu&rsquo;il faisait et les choses sont devenues vraiment bizarres”.</p>
<p style="text-align:justify;">“Quand les gens nous critiquent, dit Brett, ils disent souvent : <em>Oh, vous sonnez assez démodés</em>, mais il y a différentes manières d&rsquo;être inventif. On n&rsquo;a pas nécessairement besoin d&rsquo;être expérimental de manière bizarre. Tout ce qu&rsquo;on fait est destiné à affecter les gens et à se lier avec les gens. C&rsquo;est pourquoi avoir du succès fait fondamentalement partie de ce groupe – ça n&rsquo;a rien à voir avec les apparats du succès, c&rsquo;est parce que c&rsquo;est la manière dont on fonctionne, faire de la vraie pop pour, ouais, de vraies personnes”.</p>
<p style="text-align:justify;">De retour au studio, je décide de parler de la paillette à Brett. Il sourit, mais ne fait aucun effort pour l&rsquo;enlever. Je lui demande comment elle est arrivée là. Il sourit à nouveau et dit : “Oh, un de mes amis a un short à paillettes. Il y en a partout”.</p>
<p style="text-align:right;"><em>Traduction &#8211; 24 avril 2006</em></p>
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