Death Ray – juin/juillet 2009

X-Men Origins: Wolverine

2.5/5 Sortie : Dès maintenant Réalisateur : Gavin Hood Scénaristes : David Beniof, Skip Woods Avec : Hugh Jackman, Liev Schreiber, Danny Huston, Lynn Collins, Ryan Renolds, Taylor Kitsch, Daniel Henney, wiil.i.am, Scott Adkins, Kevin Durant, Dominic Monaghan

Après la vague honte qui caractérisait X-Men, l’affrontement final de Brett Ratner, toute l’ambition que Bryan Singer avait travaillée avec les deux premiers volets de la franchise X-Men (les films en partie responsables de l’excès de superhéros en été de cette dernière décennie) semble s’être évaporée. Il est possible d’avancer le cas pour X-Men Origins: Wolverine comme film post-Vietnam, comme le sombre début d’une icône de culture pop à la Batman Begins et Casino Royale ; même comme une autre étape d’interrogation hésitante d’Hollywood de politique étrangère américaine. Et rien de cela ne serait faux. De manière superficielles, et divertissante, Wolverine fait toutes ces choses. Mais c’est avant tout un film d’action stupide, émoussé et bête, plus John Rambo que Travis Bickle.

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S’ouvrant au Canada en 1845, le film fait une série de gestes garantis de faire bouillir le sang d’ardents gardiens du canon : Logan et Dents-de-Sabre sont maintenant de bizarres demi-frères, qui ont tué leur père, ont traversé haut la main les XIXème et XXème siècle, ont été matraqués par toutes les guerres dans lesquelles ils pouvaient être mêlés de façon concevable. Tous deux ont des corps qui guérissent instantanément, mais au moment où ils croisen le Général Stryker de Danny Huston – dans une poussée de recrutement pour son équipe d’opération noire – ils semblent être des frères dans des bras perpétuels post-traumatiques.

Unis par un fou d’arts martiaux Deadpool et une poignée d’autres mutants, l’équipe commet un acte de boucherie dans un village africain qui pousse la démission de Wolverine : de l’équipe de Stryker et de Dents-de-Sabre.

Coupez à l’intrigue approximative de Commando. Six ans plus tard, et Logan s’est installé dans une vie rustique dans les Rocheuses canadiennes, bûcheron et petit ami de l’adorable Kayla, alias Silver Fox, dont les lecteurs de Wolverine comprendront imémdiatement comme une mauvaise nouvelle pour notre héros. Nouspassons un court instant à la voir couper gaiement du bois et à rouler dans des toiles de fond impossiblement verdoyantes avant que l’idylle se désintègre duement. De lourds pas et Stryker est de retour – il a besoin à nouveau de notre homme dans l’équipe. D’anciens mutanys, dont Bolt de Dominic Monaghan, d’une tristesse suppliante, sont en train de se faire tuer, et Wolverine pourrait être une autre cible. Rejetant sensiblement l’offre de Stryker, Logan trouve rapidement sa femme dans la forêt, son sang se vidant dans le feuillage. Tous les signes pointent en direction des griffes de Dents-de-Sabre comme l’instrument de sa mort. Logan sent la coïncidence – son frère et son vieux patron arrivant en quelques heures l’un de l’autre – mais sa rage bat sa prudence, et il est rapidement attaché dans une baignoire hi-tech par Stryker, qui dépense un demi-milliard de dollars à lui injecter cet aliage de métaux impossiblement dur, l’adamantium.

En bref : quel idiot. La trame de Stryker est violemment évidente dès le début, et s’ayant inventé un ennemi dont il n’avait pas besoin, il s’est mis à transformer le dit adversaire en le bipède le plus indestructible du monde. On se sent désolé pour l’homme, et non pas parce qu’il a un fils mutant dans le frigo, mais parce que son sur-exploit chez les militaires est sivaste. C’est le principale continuité rétroactive du film ; William Stryker est un idiot.

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Les restes du film voient un Logan gonflé (désormais Wolverine) s’embarquer dans une aventure composées de cascades ridicules, de carnage peu plausible, et de railleries qui valent 2 centimes. C’est ce qui arrive à Schwarzenegger dans Commando et à Stallone dans les rambo, seulement la décence du gentleman de la personnalité de Hugh Jackman sur grand écran est un lest soit qui aide ou qui est malheureux, dépendant de votre goût, maintenant l’interdiction aux moins de 12 ans à tous moments. C’est encore un autre départ du comics – la seule rage de fou furieux de Wolverine observable dans ce film est dirigée contre une échelle en métal.

Rien de cela ne devrait se refléter en mal sur Jackman, homme pricipal exemplaire à qui un exécuteur soutenu lui demande d’avancer en hurlant et en marchant à quatre pattes. Il ne semble jamais moins que complètement dévoué, et a un grand sparring partner chez son frère de sang mutant Dents-de-Sabre. La motivation de ce personnage est franchement en lambeaux dès le moment où nous le rencontrons, mais cela compte moins quand on a Liev Schreiber, pour qui le dialogue du scénario peut-être superflu. Il offre au film la malveillance dont manquent les autres méchants, mais le fait avec un sadisme si impulsif que ses apparences semblent être celles d’un mosntre qui ne fait que passer, sa version des événements sûrement le film le plus intéressant.

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J’irais jusqu’à dire que les acteurs sont bons. Peut-être trop. Danny Huston joue Stryker avec une touche de David Brent, Ryan Reynolds fait une brève apparence en tant que l’odieux Deadpool, avec un badinage hideux qui ne souligne que sa sociopathie, et Gambit s’établit très rapidement comme un égomaniaque horrible même si l’acteur (Taylor Kitsch) et le film sont très heureux de le reconnaître. Ce sont des compagnons délibérément offensifs dans un univers Marvel jusqu’ici éreinté. C’est comme si le film admet sa décrépitude, ce qui n’est pas vraiment une critique. C’est trop drôle.

Le meilleur et pire moment du film est probablement l’effacement des Hudson (!), que les fans connaîtront, mais ici Maman et Papa Kent ne sont présnets que par le nom. S’échappant du programme Arme X, sa carrure lourde de métal étranger, Logan trouve refuge chez ce plaisant couple confiant, qui le met dans la grange. En un jour, cependant, ils sont assassinés par le sniper Agent Zéro, et leur jolie maison est détruite de fond en comble par une explosion d’artillerie de Stryker. Ceci pousse de l’action hilareusement improbable à moto de la part du héros, mais le dommage est fait. Qu’ont fait les Hudson pour mériter un sort aussi spectaculaire ? Est-ce que Wolverine n’est-il pas assez vengereux ?

Et ainsi le réalisateur Gavin Hood détache son film de toute ressemblance à l’entreprise de Bryan Singer. s’il y a un lever de soleil, Wolverine entrera dedans. S’il y a de la violence, ce sera de l’ultra-vilence commise contre de déliceux septuagénaires. Si un refroidisseur rombe, il s’écrasera de manière apocalyptique, rasant le paysage environnant. Les effets ne suivent pas : certaines scènes sont impeccablement digitalisées, d’autres impliquent des écrans verts bâclés. Il y a quelques scène situées en forêt là où pour quelques raisons obscures Hood avaient renoncé à un tournage en extérieur en faveur de l’incrustation. Pour un film aussi stupide (et amusant) que celui-ci, il est plus qu’approprié que les visuels semblent se désintégrer tandis que Wolverine avance en titubant, dévoué à sa vengeance. “Il n’y a pas de rédemption là où je vais”, dit-il à Gambit, sincèrement.

Thom Hutchinson

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LE SAVIEZ-VOUS ?

Le casting de Ryan Reynolds en tant que Deadpool a été pratiquement inévitable depuis 2003, quand lui et le scénariste/réalisateur David S. Goyer ont projeté un film à part sur le personnage pour New Line. Il est tombé à l’eau quand Goyer a signé pour réaliser Blade: Trinity, mais Reynolds a continué à parler tendrement du personnage. La prospective d’un film sur Deadpool existe toujours, avec les producteurs de Wolverine continuant à parler de développement. Aussi sur le front des news sur Ryan Reynolds/le comics, il a exprimé un intérêt à prendre le rôle de Wally West, alias la troisième incarnation de DC du Flash.

FAIT : Dent-de-Sabre et Wolverine en tant que demi-frères est l’innovation du film. Chris Claremont les prévoyait à l’origine comme père et fils.

Traduction – 19 octobre 2009

Death Ray – juin/juillet 2009

Star Trek

5/5 Sortie : Maintenant Réalisateur : J.J. Abrams Scénaristes : Roberto Roci, Alex Kurtzman Avec : Chris Pine, Zachary Quinto, Eric Bana, Simon Pegg, Karl Urban, Zoë Saldana, John Cho, Anton Yelchin, Winona Ryder, Leonard Nimoy

DANGER ! MASSIFS SPOILERS DROIT DEVANT !
Réamorcer l’une des plus grosses franchises de la SF a été une entreprise risquée, mais J.J. Abrams l’a fait, et l’a fait avec aplomb. Kirk et compagnie sont de retour. C’est aussi simple que cela. De plus, nous devons remercier le voyage dans le temps, et c’est quelque chose que nous pensions ne jamais dire.

Le voyage dans le temps a toujours fait partie de Trek, que nous possédons librement, mais une partie. Durant les récentes années, il est venu à dominer, au point que le terne Enterprise n’était que cela. (Cela nous irrite : ils auraient dû l’appeler Time Trek.) Ici nous sommes forcés à admettre que se mêler des courants temporels était probablement la seule manière dont ce film aurait pu fonctionner, et c’est le cas. Via le voyage temporel, Star Trek réussit à être fidèle à son aïeul, incluant et reconnaissant deux siècles de continuité Trek, pourtant il réussit quand même;à faire sa propre chose entièrement. Si nous étions dans les années 1950, nous lèverons notre chapeau avec respect.

Voici l’intrigue : J.J Abrams menace l’univers post-Nouvelle génération par la destruction d’une supernova (pourquoi cette supernova est aussi dévastatrice, nous ne le savons pas). Spock et les Vulcains trament un plan pour aspirer ses énergies en créant un trou noir artificiel avec une mystérieuse “substance rouge”. Mais ils arrivent trop tard, et même si Spock sauve la galaxie, Romulus est détruite. Spock et un vaisseau minier romulien sont renvoyés dans le passé en effet secondaire du trou noir. Rendu fou par le chagrin, le capitaine Nero du vaisseau décide de détruire les planètes fondatrices de la Fédération afin de sauver son foyer, en commençant par Vulcain. La présence de Nero dans la passé modifie l’espace temps. À son arrivée, il détruit l’USS Kelvin, causant la mort prématurée du père de Kirk, déclenchant ainsi une cascade de changements et établissant un tout nouvel espace temps. Mais ne vous inquiètez-pas : certains événements semblent fixés, et nos célèbres équipiers sont destinés à servir ensemble…

Une grande partie de cette information nécessaire est pauvrement livrée dans une fusion mentale lourde en exposés entre le vieux Spock et le jeune Kirk. C’est plutôt vide, mais c’est l’un des rares défauts du film.

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Cette machination aurait pu avoir été abordée par le front, mais Abrams et son équipe sont adeptes du mystère et du suspense, et ils réservent le moment pré-titre pour la destruction de l’USS Kelvin dans une séquence qui est la plus puissante ouverture d’un film SF depuis ces récentes années, une remplie d’action tandis que le Kelvin désespérément dépassé s’attaque à un vaisseau de 150 ans d’avance. Avec Jim Kirk né au milieu des flammes, son brave père allant noblement à sa mort tandis qu’il discute avec sa femme à la radio de combien leur fils est beau, il n’y a pas un seul œil sec dans la salle le jour où je l’ai vu. Ce n’est qu’à peine suprenant, vraiment, avec toute cette émotion au-dessus de la pure joie de voir Trek à nouveau sur grand écran.

Et la vitesse n’est pas perdue. Si vous vous attendez à un film sur les farces de fraternité de Kirk & Co., laissez tomber – ce n’est pas un film de la Starfleet Academy. Il y a la scène de tricherie au Kobayashi Maru qui plaira aux geeks, mais les scénaristes sont toujours assez malins pour ne pas s’attarder sur l’école, et les acteurs ne sont même pas à l’académie en même temps – Spock est déjà diplômé, Bones est un home plus âgé poussé vers Starfleet par un divorce écrasant, Scotty n’est même pas sur Terre. On a la jeunnesse de Kirk et Spock par bouts, puis Pike persuadant Kirk de s’engager, puis c’est “Trois Ans Plus Tard” et retour à l’action.

Les acteurs clouent absolument leurs performances. Karl Urban et Zachary Quinto sont presque troublants dans leurs représentations respectives de McCoy et Spock (ce ne sont pas de simples imitations, cependant). Chris Pine va plus loin que la performance de Shatner, mais livre un Kirk attachant. Simon Pegg, qui n’a jamais semblé aussi à l’aise au cinéma que maintenant, va tout simplement bien. De plus, le scénario fait quelque chose avec chacun des personnages. C’est un film d’ensemble, amorcé par la télé. Scott est plus effronté et plus non-conformiste, Chekhov est un jeune génie, Sulu est un pilote et un home d’action excellent qui a ses défauts, Uhura est une experte en xeno-linguistique.

L’esthétique originale est merveilleusement mise à jour : c’est une tournure future sur les modes classiques, un revival des années 1960, style XXIIème siècle. C’est un magnifique monde Mathmos et iPod, même si la passerelle de l’Enterprise ressemble un petit peu à l’intérieur d’un frigo hi-tech, et peut-être un poil impratique pour un vaisseau en utilisation.

Jeter 40 ans de continuité par la fenêtre a aussi d’autres bénéfices. La science est moins magique, plus réelle : le parebrise est une fenêtre, la télétransportation est compliquée, il n’y a pas de traducteur universel (l’un des appareils les plus pratiques de la série originale), et les aliens sont plus aliens. La relation entre les Vulcains et les Romuliens est plus logique aussi. Le film n’a pas à faire cela – il est assez excitant pour encaisser du succès sans ranger ni reconnaître sa source – mais nous sommes contents que nous, les fans, ayons été respectés.

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Nimoy brille aussi, son grand rôle et sa présence continuent dans ce nouvel univers tandis que le film finit d’établir que c’est du vrai Trek , pas de bâclage, mêm si cela soulève quelques questions. (Il pourrait avancer la technologie de la Fédération d’un siècle, il pourrait les avertir de Borg, de Pominion ou de Khan… Bien qu’ils peuvent ne pas être de menaces dans ce nouvel espace-temps.) Les acteurs discutent de la nature fraîche de leur réalité, en disant que c’est un tout nouveau jeu, que tout a été changé. Ils s’y réferrent comme un univers parrallèle. À cet égard, Abrams a été très rusé avec Star Trek. Il nous donne une séparation de l’original sans l’invalider. Il y a un récit froid derrière ceci, mais on y trouve aussi le don de faire par hasard des découvertes heureuses.

Aussi, il y a un nouvel univers audacieux à explorer, un plein de différences subtiles qui met la création de Gene Roddenberry à jour. Star Trek est insolent, charmant et plein d’amour. Il plaira aux fans avec ses citations, ses uniformes de l’Enterprise et sa mention du chien de l’amiral Archer, mais il divertissera ceux pour qui Star Trek n’est pas un objet d’obsession, juste une série télé dont on se souvient tendrement. Et c’est le grand truc de Star Trek – il enlève toutes les choses à la surface du vieux Trek, les choses qui le rendent amusant et important sur le plan culturel et quittent la passerelle. De manière étonnante, Abrams a fait plaisir à tout le monde, au moins pendant deux heures.

Guy Haley

LE SAVIEZ-VOUS ?
Il y a un trou facheux dans l’intrigue du film. Après sa rencontre avec Kirk dans une caverne de glace, le vieux Spock lui dit qu’il ne peut informer le jeune Spock que le vieux Spock est ici dans leur espace temps. Pourtant plus tard, Spock semble avoir beaucoup d’informations sur le vaisseau du futur, et sa mission. Il dit même qu’il va “revoler [la matière rouge]”, tout cela sans qu’on lui ait dit. Nous suspectons une scène coupée quelque part. D’autres choses qui énervent sont que Vulcain ne semble pas être une planète de six milliards d’habitants et que la distortion est quasi instantanée. Mais nous cherchons vraiment des poux ici (!).

FAIT : De nombreuses choses arrivent dans le nouvel univers qui reflètent l’ancien – pas exemple, le capitaine Pike finit en chaise roulante, mais pour des raisons complètement différentes…

Traduction – 18 octobre 2009

Death Ray – juin/juillet 2009

Voici les voyages

Star Trek est l’une des grandes vaches sacrées de la science fiction. Mais ses propriétaires ont décrété que le temps de la réinvention était venu. Death Ray parle aux acteurs et à l’équipe, dont J.J. Abrams, l’homme chargé de cette audace là où tant sont déjà passés…

“On m’a dit de ravigorer l’histoire. Pour Paramount, Star Trek est une propriété, une opportunité de faire un contrat d’affaires”, révèle J.J. Abrams, réalisateur du nouveau Star Trek brillant et réimaginé – simplement intitulé Star Trek. Il est sincère, sincère sur des choses qui pourraient bien vexer beaucoup de fans. “Puisque je n’étais pas vraiment un fan de la série, il continue, le défi pour moi était de prendre quelque chose qui ne m’attirait pas et d’en faire quelque chose qui m’attirerait”.

Une préquelle long-métrage à la série Star Trek était suggérée depuis 1968, quand, à la 26ème convention annuelle mondiale de la science fiction, Gene Roddenberry a annoncé son intention de tourner un film qui s’intéresse aux origines de l’équipe de l’Enterprise. Au moment où un scénario de type Starfleet Academy était sérieusement considéré durant l’écriture de à la fois Retour sur terre (1986) et Terre inconnue (1991), le vieillissement des acteurs originaux écartait la possibilité de premiers rôles dans une histoire basée sur leurs premiers exploits ; les fans et les acteurs eux-mêmes étaient férocement opposés à la notion de remplacer William Shatner, Leonard Nimoy et DeForest Kelley par des acteurs plus jeunes. Pour les vrais Trekkies, les acteurs originaux étaient les personnages, des icônes vivantes et respirantes qui étaient aimées et reconnues de part le monde.

C’est l’une des plus grosses franchises de science fiction ; ses fans sont légions, férocement loyaux et francs. Elle a eu un impact culturel significatif et même technologique sur le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Et J.J. Abrams a décidé de la reforger. Est-il devenu fou ? Probablement pas, mais c’est un homme à la mission difficile.

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Abrams est assis à une table avec une demi-douzaine de journalistes durant le voyage de presse international pour Star Trek au Four Seasons Hotel de Los Angeles qui en met plein la vue. Fou de SF avec le succès de Lost (peut-être la plus grande série de science fiction des années 2000) et du thriller spy-fi Alias derrière lui, ce créateur très louangé va certainement bien avec cette affiche fan pour un homme qui pourrait sauver Trek. Pourtant il y a une certaine quantité de balade hollywood dans l’air aujourd’hui, avec les acteurs et le réalisateur super enthousiaste pour maximiser le potentiel du box office en soulignant combien ce remake (car c’est ce qu’il est) est vraiment accessible à la fois pour ceux qui vont souvent au cinéma et les fans hardcore.

La campagne de marketing de Star Trek a certainement été d’énormes proportions ; un événement marathon qui a commencé avec un teaser dans les cinémas bien un an avant la sortie du film. Abrams lui-même a tourné 25 minutes d’images, remplies d’un équilibre soigneusement mesuré d’action cinétique impressionnante et de présentations auto-référencantes des principaux personnages, dans une demi-douzaine de villes en Europe et aux États-Unis. Quand la moitié des journalistes sont plus intéressés par les goûts musicaux des personnes interviewées durant la gym que le film lui-même, on peut voir sur quelle taille le filet de relations publiques de la Paramount a été jeté. Mais, explique Abrams, ST honore son passé.

“L’idée était de prendre l’esprit de ce qui avait été écrit il y a plus de 40 ans et de le raconter au travers un prisme de ce qui est vital et à propos pour maintenant, que ce soit un accessoire, un personnage ou du chef décorateur – et certainement l’histoire, dit Abrams. Je comptais sur notre scénariste Roberto Orci [ami et collaborateur de longue date de Abrams], qui est un énorme fan de Star Trek, et il s’est assuré que tous les détails obscurs étaient honorés. On devait juste s’assurer que le bon et le mal d’hériter ce qu’est Star Trek était consistent, de manière à ce que les fans ne seraient pas offensés par quoi que ce soit qu’on aurait fait. C’est, en fait, célébratoire parce que beaucoup de choses sont référencées, ce que les fans apprécieront. Ce n’est pas des choixi littéraux, comme reproduire le décor exact de la série originale. Si on avait fait ça, on aurait été ridicules. Ce n’est pas le même contexte que 1966”.

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Il a raison. Après la performance critique et financière lugubre de Star Trek : Nemesis et la fin pleurnicheuse de Star Trek : Enterprise, l’héritage autrefois brillant de la franchise brillait faiblement. À aujourd’hui 40 ans et les faisant (tellement que les effets ont récemment été “remasterisés” – comprendre refaits – pour projeter les sensibilités post-numériques des spectateurs plus jeunes), la série originale retient un cachet culturel moindre que ce n’était le cas durant son passé glorieux. Star Trek à son meilleur était de la science fiction sérieuse qui abordait des problèmes contemporains et des concepts réfléchis ; à son pire, c’était des sottises terribles. Ce que ce n’était pas, c’était un paquet d’actions comme l’est la liste actuelle de blockbusters sur les écrans de cinéma.

Ainsi c’est une vision de Star Trek vue au travers les yeux de la génération de la prélogie Star Wars, son monde modifié pour embrasser notre réalité d’iPods et de Blackberrys. Bien qu’évoquant le design visuel de la série des années 1960, il a été mis à jour avec astuce ; des détails tordus et rajoutés avec tous les côtés bruts polis.

“Ça doit être Star Trek, cependant, dit Abrams. Il y a certaines choses avec lesquelles on ne veut pas jouer. On savait qu’on devait faire des changements et notre histoire donnait une certaine liberté d’action pour faire ça, mais jetez un œil à l’Enterprise et vous direz : Oh, mais c’est l’Enterprise. Regardez mieux et vous verrez beaucoup de différences. Le département artistiques a fait un boulot étonnant à reconcevoir le vaisseau, gardant la psserelle arrondie, le gros parebrise et faisant des changements subtils. On a beaucoup fait pour le mettre à jour, mais il est beau”.

L’un des travaux d’Hercule de Abrams dans le remaniement de la série impliquait la recherche d’un nouveau Kirk, un personnage dont la personnalité, plus que les autres acteurs, était intrinséquement liée à la performance idisyncratique de l’acteur. Abrams confesse de la terreur que, même si tout le reste jouait à la perfection, où si le personnage de Kirk n’atteignait pas le regard scrutateur du public, le film suivrait de même.

“Javais la frousse, admet Abrams. On a trouvé tous nos acteurs et on n’a toujours pas de capitaine. Je savais qu’on n’allait pas prendre une star grandement établie et on n’arrêtait pas de voir des acteurs mais on était là : Oh non, c’est vraiment difficile. Puis Chris Pine est arrivée. Il était suffisant mais adorable. Il était marrant et pourtant il pouvait être vraiment dramatique. Il pouvait jouer la terreur et le petit dur. Le personnage de Kirk a tellement d echoses à faire dans ce film, il a tant d’extrêmes. Mais tout ce que je lançais à Chris comme improvisation, il le faisait”.

Caster M. Spock, aussi, était un sujet de grande terreur pour Abrams. “Je pensais que Spock allait être le plus dur à trouver mais on l’a casté en premier. Zachary Quinto est arrivé et je me suis juste emballé. La femme de Leonard Nimoy a trouvé que ça faisait froid dans le dos. Elle a littéralement dit ça”.

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Nimoy lui-même apparaît en tant que Spock l’ancien dans le film. L’implication de l’original M. Spock dans le projet a été reçu avec un énorme enthousiasme des fans, et non simplement parce que c’était un bon augure que les producteurs projetaient de faire un film qui rentrait dans leur canon.

“Sur le tournage, Leonard était le Star Trek dont on avait hérité, et il a grandement encouragé tout le monde, et surtout Zachary, dit Abrams, le visage rayonnant de joie. C’était un gars qui ne voulait jamais remettre les oreilles et ça lui a demandé beaucoup de revenir et de faire le personnage mais il avait toujours dit non. On l’a rencontré, on lui a fait le pitch et il a dit que ça sonnait intéressant mais qu’il ne voulait pas s’engager. Alors on a fini le scénario, en espérant juste qu’il dirait oui, parce que si Leonard Nimoy disait non, on était foutus. C’était étonnant de voir ce gars qui ne voulait plus faire Spock revenir bénir le film. Peux-tu imaginer jouer un personnage pendant plus de 40 ans et il y a ce môme qui arrive qui reprend tout ça d’un coup ? Le voir passer le manteau et de le faire d’une manière aussi grâcieuse était une chose merveilleuse à voir”.

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Malgré ses divers défauts, la représentation de Roddenberry du futur était, au plus profond, toujours liée à l’espoir en l’humanité. C’est, sans aucun doute, une époque plus cynique dans laquelle nous vivons, mais Star Trek sans optimisme ne serait tout simplement pas Star Trek. On peut toujours le trouver dans cette dernière sortie, et c’est quelque chose sur laquelle Abrams s’accorde est vitale à la franchise.

“L’optimisme de Star Trek, c’est quelque chose que Star Wars ne peut pas faire, simplement parce que c’est il y a longtemps dans une galaxie très, très éloignée, note Abrams. Il avance une version fictive du futur que non seulement si on est toujours là, on travaillera ensemble, non pas pour conquérir et détruire, mais pour explorer et découvrir. Il y a quelque chose d’intrinsèquement optimiste dedans”.

À part son optimisme, le film d’Abrams abonde en conflits interpersonnels et internes – Kirk, le mauvais garçon, Spock, le garçon perdu, se rentrant dedans en mode distortion. Ce n’est pas le côté familial confortable auquel on était habitués, mais paradoxalement, il pourrait être très intéressant pour les dissidents de Trek, comme Abrams l’était autrefois.

“Je ne me suis jamais lié à la série originale, surtout parce que je ne me sentais pas comme l’un des personnages, explique-t-il. Cette histoire – la raison pour laquelle je m’y suis accroché – est irrésistible parce que le personnage principal est perdu et sans but, et finit par être poussé à faire quelque chose de sa vie qui lui donnera un but. Durant le cours de l’histoire, il a cette grande aventure. Comme toutes les histoires, on commence avec un personnage auquel on s’identifie, et à la fin, il y a ce tournant inattendu jamais ne n’aurais pensé que ça arriverait – il a changé. Et on a cette histoire deux fois, à la fois avec le Capitaine Kirk et avec M. Spock. J’ai adoré le fait que quand ils se sont rencontrés, ils se détestaient. C’est un conflit étonnant que Star Trek n’a jamais vraiment montré auparavant”.

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“ANALYSE, M. SPOCK !”
CHRIS PINE RENTRE DANS LES ÉNORMES CHAUSSURES DE SHATNER. COMMENT A-T-IL CRÉÉ SON PROPRE KIRK ?

Le capitaine tient toujours le rôle le plus difficile à bord d’un vaisseau, mais Chris Pine fait également face à la tâche peu enviable de suivre les talents uniques et parfois irréels de la légende vivante William Shatner, un homme qui vient entouré de sa propre mythologie. Abrams a sagement choisi de caster un relatif inconnu, bien que la performance tapageuse de Pine dans le drame viticole de la Napa Valley de 2008, Bottle Shock, a prouvé qu’il n’est pas qu’une belle gueule, et il apporte certainement un charme qui convient à notre interview. Toujours est-il que, si le public refuse d’accepter le Kirk de Chris Pine, la montée du revenu du box office du film n’excèdera pas la vitesse minimale…

DEATH RAY : Comment as-tu été découragé d’habiter le fauteuil du Capitaine ?
CHRIS PINE :
Les fans sont très protecteurs de la série, ce qui é été une pente raide que je n’étais pas sûr de vouloir monter, mais plus grand est le défi, plus grande, potentiellement, est la récompense. J’avais une opportunité avec un autre film qui n’était pas un personnage fort, et à l’époque, je pensais que c’était le vrai défi d’acteur. En fait, le meilleur défi d’acteur était de faire Kirk. Ça a marché sur différents niveaux ; le défi de trouver le personnage et le défi de reprendre une série qui était aussi scrutée publiquement. À bien des égards, c’est une situation “je perds ou je perds”, puisque peu importe combien je réussis ou on réussit, l’internet est tel que les gens qui aiment écrire de la merde cinglante le peuvent. Ça va simplement arriver.

DR : Il y avait beaucoup de buzz sur internet dès la bande annonce sur ton portrait du grand Capitaine, même avant que le film ne sorte…
CP :
J’ai lu sur certains blogs que les gens étaient en colère parce que ce n’est pas leur Kirk ; Kirk est toujours contrôlé. Mais si Kirk est toujours Kirk, alors où est le drame ? Kirk n’est pas un héros. Kirk est, avant tout, le héros peu enthousiaste. Il y a une rage, une colère et un esprit acerbe, un rebelle sans cause ; il y a tout ça qui doit être moulés dans ce que devient le Capitaine. C’est toutes ces choses qui font de lui un humain intéressant étant celui qui choisit d’affronter le défi la tête la première, même s’il se fait battre de temps en temps.

DR : Comment ton Capitaine Kirk est différent de tout ce qui s’est passé avant ?
CP :
Ce n’est pas comme si j’ai fait une liste des caractéristiques du Kirk de William Shatner que j’essayais de personnifier. J’ai juste pris le scénario qu’on m’a donné et j’ai essayé de donner vie au personnage que je lisais sur la page. J’ai regardé la série originale, et tandis qu’il y a certaines choses que j’ai prises par vertue d’osmose, je n’essayais pas spécifiquement de capturer quelque chose en particulier, parce que ce que je pense rend Kirk si génial et magnifique, c’est ce que William Shatner lui a apporté et heureusement – je touche du bois – ce que je lui apporte. Je ne représente pas. Je trouvais juste que si je devais faire un  “Shatnerisme”, alors ce moment deviendrait Chris Pine l’acteur incarnant William Shatner l’acteur, et il ne pourrait avoir d’aventure plus égoïste à conclure.

DR : Tu n’as pas obtenu le rôle de Kirk la première fois que tu as auditionné. Alors pourquoi penses-tu que J.J. Abrams t’as donné le job à la fin ?
CP :
Parce que j’ai flirté avec lui ! J’ai auditionné au printemps 2007, au début du casting, et je ne l’ai pas eu, je n’ai pas bien bossé et j’ai fini par revenir plus tard, durant l’automne de cette année. J’avais juste un pressentiment que c’était une confluence d’événements parfaits. À ce moment-là, le studio voulait vraiment faire le film ; ils avaient le feu vert et devaient trouver les acteurs, alors j’ai récolté le bénéfice de ce sens de l’urgence. Ils ont vu beaucoup de personnes et j’étais le meilleur au bon moment. Comme de nombreuses choses arrivent, c’est la chance et les circonstance qui sont rentrées en collision.

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“ILLOGIQUE, CAPITAINE”
ZACHARY QUINTO, LE SYLAR DE HEROES, ENFILE LES VIEILLES OREILLES POINTUES DE LEONARD NIMOY.

Durant la chaleur d’été blanche étincellante du Comic-Con 2007 à San Diego, Zachary Quinto a été dévoilé comme la nouvelle personnification de M. Spock. Aux côtés d’un Leonard Nimoy de 76 ans, c’était le premier acteur officiel à être annoncé pour la préquelle de J.J Abrams. L’acteur stoïque semblait être un choix parfait pour un rôle difficile à tenir, non seulement pour le studio, qui compterait sur un attrait crossover des fans de Heroes, mais à cause d’une ressemblance parfaite avec le jeune Nimoy, surtout évidente si vous revisitez The Cage, le pilote de Star Trek.

DEATH RAY : Combien Star Trek faisait partie de ta vie, petit ?
ZACHARY QUINTO :
Je l’ai vue de manière intermittente enfant, mais je l’ai certainement comprise et je l’estime plus profondément maintenant. Je n’étais pas un gros fan de BD ou de télé. J’étais plus  “inventons des histoires dans les bois et construisons des forts !”

DR : Est-ce que Nimoy t’as pris sous son aile ?
ZQ :
Leonard et moi, on est devenus assez proches. On a passé beaucoup de temps ensemble lors d’événements mais aussi en tête à tête. Il a contribué à qui jouait le rôle et il m’a soutenu dès le début. En conséquence, je l’appelerais définitivement un ami dans la vie et je suis fier de le dire.

DR : As-tu fait un marathon Trek avant de tourner ?
ZQ :
Je n’ai rien regardé en préparation, à part deux épisodes centrés sur Spock chez Leonard. On a parlé du processus de les tourner et c’était une entrée dans la discution de son expérience en moindres détails. Puisque j’avais Leonard comme ressource, je n’ai pas vraiment pensé que c’était nécessaire de regarder toute la série, surtout depuis qu’il était clairement déclaré dès le début que personne n’était intéressé par recrééer ce qui avait déjà été fait. J’ai, cependant, regardé la série originale dans ma caravane quand on tournait, juste pour me souvenir de combien c’était marrant et m’immerser dans ce monde.

DR : Répugnes-tu à comparer la dualité de Sylar avec celle de Spock ?
ZQ :
Je pense que la similitude est là parce que ces deux personnages sont profondément enracinés dans le conflit interne. Le conflit est énormément différent, mais je trouve ça vraiment intéressant que j’ai été attiré de manière significative vers ces deux personnages. Je pense que cette dualité, certainement entre une expérience émotionnelle et une perspective analytique ou logique, c’est quelque chose à laquelle je peux m’identifier en tant que personne.

DR : Qui est Spock pour toi ?
ZQ :
On le voit dans cette version de la franchise à un moment complètement différent de sa vie, et je pense qu’il est moins bien dans ses baskets que quand Leonard l’a vécu. Ce Spock est assez en contrôle, et dans une relation constante avec les forces disparates qu’il incarne. Mon Spock est moins stable. Il vient d’un endroit de vouloir honorer les deux côtés de qui il est et ces deux côtés sont très différents, ce qui est déstabilisant pour lui.

DR : As-tu dû travailler dur sur le lever perplexe de sourcil ?
ZQ :
Pas vraiment ! Mes sourcils sont une grande partie de mon visage alors ils font ce que je veux qu’ils fassent habituellement. Ils ont dû les raser, puis ils ont ajouté des poils individuels – c’était un processus. Ça leur prenait trois heures et ce n’était pas sans douleur.

DR : Crois-tu dans l’existence d’extra-terrestres ?
ZQ :
Je pense que, dans un univers aussi énorme et insondable, de présumer qu’on est la seule vie intelligente serait un peu arrogant. Si on est la seule forme de vie intelligente, alors on devrait trouver un moyen de vivre avec moins de cordons électriques. Je suis sûr qu’il y a un monde là-bas sans eux et c’est là que je veux vivre. C’est vers quoi je travaille !

*

“OUVERTURE DES FRÉQUENCES”
UHURA ÉTAIT UNE ICÔNE DE RELATIONS DES RACES UNE CHOSE DIFFICILE À SUIVRE POUR ZOË SALDANA.

Servant dans la station de communication de l’Enterprise, c’est Zoë Saldana. En tant que Nyota Uhura, elle occupe un rôle dans la série que Martin Luther King trouvait si important durant le mouvement des droits civils qu’il a persuadé l’actrice de la série originale, Nichelle Nicholls, de rester à bord quand elle voulait raccrocher l’ancre après la première saison. En obtenant aussi un premier rôle dans l’expérience de capture de mouvements attendue depuis longtemps de James Cameron, Avatar (qui doit sortir en décembre), Zoë Saldana est la reine SF de l’année.

DEATH RAY : Comment ressens-tu l’attention que tu reçois des fans du genre ?
ZOË SALDANA :
Je l’aime. Uhura est comme une rock star. C’était ma mère qui m’a fait remarquer que j’allais passer de Avatar à Star Trek et j’étais là : “Oh mon Dieu, comme c’est commode”. J’ai grandi dans une maison où ma mère était une grosse geek SF et Star Trek était très familier. Alors j’ai définitivement eu beaucoup d’indices de sa part ; trop, en fait ! Elle me laissait tous ces messages qui disaient : “Alors souviens-toi, pour cette scène, Uhura est stoïque, élégante !” Je suis là : “Oui, maman”. Et c’était toujours : “Elle est sexy – sois sexy !” Eh, madame ?

DR : Comment as-tu défini ton interprétation du personnage ?
ZS :
Il y avait des éléments de Uhura qui étaient universels. Pour finir là où elle est et survivre dans un océan d’hommes pour devenir l’experte en linguistique toutes fréquences, ça veut dire qu’elle avait besoin d’être stoïque et sévère. Uhura se prend parfois trop au sérieux, et elle me donnait cette impression qu’elle était la chouchoue à l’école. Elle avait toujours besoin d’être la meilleure parce qu’elle sentait qu’elle était plus regardée. Même si c’est une vision du futur et qu’on pense que l’époque est différente, nos capacités contemporaines de comprendre le sexisme nous rendent incapables d’accepter ça, peut-être dans le futur, ça n’existera pas. Puis, bien sûr, elle porte cette robe sexy, mais je pense que ce côté sexy est un bonus. J’ai essayé de ne pas bien me faire voir, mais je n’arrivais pas à éternuer dans cette robe. Oh Dieu !

DR : Combien de poids de responsabilité ressens-tu pour Uhura, étant donné qu’elle a été impliquée dans le "premier" baiser interracial à la télévision ?
ZS :
J’ai parlé à Nichelle de ça et elle m’a dit comment le studio voulait faire la scène d’une certaine manière, mais ils ont finalement pu le faire comme ils le voulaient, ce qui évidemment était assez massif. C’était un défi politique à cette époque de faire quelque chose comme ça. Les temps sont différents aujourd’hui grâce aux séries comme Star Trek, et les mouvements de droits civils qui se sont passés dans notre pays. Toutes ces choses qu’on peut faire librement, c’est grâce à ça. C’est cool. Savoir qu’on fait partie de quelque chose qui a été une chose aussi révolutionnaire dans les années 1960, de la vision de Roddenberry aux acteurs qui ont été castés, c’était assez étonnant. On a parlé de ça quasiment tous les jours.

DR : Peux-tu nous parler de moments romantiques pour Uhura dans ce film ?
ZS :
Tout le monde veut Uhura dans ce film, alors vous savez !

DR : Sais-tu parler le Klingon ?
ZS :
Non, mais je pense qu’ils vont m’envoyer à l’école. Je suis allée sur YouTube et j’ai trouvé du karaoké Klingon, alors je suis devenue très jalouse de ne pas en parler assez. J’ai toujours été fan de Star Wars, mais en faisant ce film, je crois maintenant qu’il y a un petit Trekkie en chacun de nous.

Traduction – 18 octobre 2009

Death Ray – avril/mai 2009

Aller avec audace

J.J. Abrams est en mission – faire de Star Trek quelque chose de cool à nouveau. À ses côtés : un jeune élève officier de l’espace aux traits frais nommé James T. Kirk, son pote extra-terrestre à la coupe au bol, 150 millions de $ de la Paramount et le vaisseau le plus cool du cosmos. La résistance est futile…

Star Trek est cette étrange chose, une grande chose de tous les temps qui réussit néanmoins à énerver une portion de taille des fans de science fiction. Pour une armée de populace qui se réunit autour de la bannière du très différent Doctor Who – série plus excentrique et débraillée – c’est un symbole méprisé de tout ce qui est américain, impérialiste et militariste. Pour d’autres, élevés par le plus bruyant et énervé Star Wars, c’est pondéré et sainte nitouche. Pour les deux groupes, c’est une histoire conformiste. Le futur de Star Trek est brillant et clair, un monde Jonathan Ive Apple Mac où les mômes américains nets sortent et foutent une râclée aux sournois Romuliens et basanés Klingons, doutant peu de la vertu de leur cause.

Mais ces lectures sont dures, et fausses. Ils ignorent la vraie nature pionnière de Star Trek, surtout dans sa sélection internationale de héros – le nouveau futur audacieux de l’humanité inclut des Russes mignons, des Asiatiques qui manient l’épée, des Africains aguichants, et des Écossais grincheux – et son histoire de premières fois, dont le premier baiser inter-racial à la télé américaine en prime time. La série originale Star Trek était la première série de science fiction dirigée vers un public général (c’est à dire, non-juvénile), la première à raconter des histoires complexes, souvent écrites par des auteurs notables de science fiction, de Norman Spinrad à Theodore Sturgeon, Robert Bloch à Harlan Ellison. Dans un vrai sens, nous devons une grande partie de la richesse et de la variété de l’actuel genre SF au succès de la série révolutionnaire.

Aujourd’hui, après six séries différentes, onze films et quatre années de repos bienvenues depuis la dernière excursion de cette icône culturelle, la préquelle faible Enterprise, Star Trek est de retour. Le moment semble bon, car le monde a rarement été en plus grand besoin de représentations positives du futur en son cœur, Trek contient le message simple mais réjouissant que peu importe les problèmes que nous avons, peu importe les forces qui sont déployées contre nous, l’humanité s’en sortira ensemble. Et cela fait assez longtemps – juste assez – depuis la dernière incarnation lassante de la série pour venir avec une autre. Le fait désolée que durant ces récentes années, ce récit le plus audacieux est tombé au niveau du manque d’à-propos au mieux, et de blague culturelle ringarde au pire : quelque chose qui inspire les gros éclats de rire plutôt que le respect. Cela demanderait juste un autre film de qualité B+ pour proprement sauver l’univers Trek.

D’où ce nouveau film Star Trek radical, racontant à nouveau l’histoire depuis le début – en fait, juste avant le début que nous connaissons – avec des acteurs complètement nouveau, et une sensibilité complètement nouvelle. De manière rassurrante, il comprend (encore une autre) interprétation fraîche de la familière iconographie Trek, de l’USS Enterprise – sûrement le design de vaisseau le plus géant de tous les temps – à ces célèbres t-shirts à manches longues aux couleurs codées ; d’une manière déroutante, il semble être équipé d’un gang de versions doubles de l’univers alternatif des principes de la série originale. Si oui ou non Chris Pine (le nouveau capitaine James T. Kirk), Zachary Quinto (le Sylar de Heroes, faisant maintenant la masquarade en tant que adjoint à moitié vulcain de Kirk, M. Spock) et le reste du nouveau gang – dont notre Simon Pegg en tant que Scotty, l’ingénieur en chef – réussissent à habiter leurs rôles de manière assez convaincante pour nous faire oublier William Shatner & co. est, bien sûr, l’un des principaux défis auxquels fait face le nouveau film. alors, aussi l’est la malédiction mythique des films Star Trek aux numéros impairs (c’est le numéro onze), que certains croient généralement inférieurs à leurs frères “aux numéros pairs”.

Réalisé par J.J. Abrams, célèbre pour Alias, Lost et Cloverfield, le nouveau film raconte la première aventure de l’équipe ensemble – c’est une histoire d’origines, plus ou moins – et est conçu pour avoir une touche “famille” du meilleur de Star Trek, ainsi que de l’action hautement chargée en octane et une astucieuse intrigue de science fiction. Le fait que l’excellent épisode de Star Trek : la nouvelle génération, l’Enterprise viendra d’hier a été cité comme influence sur le film est certainement de bonne augure.

Star Trek sort au cinéma le 8 mai.

FAIT : Quand le nouveau Trek a été annoncé, Matt Damon a essayé de se sécuriser le rôle de Kirk, juste pour se faire accueillir par un “non” poli.

Traduction – 15 novembre 2009

Death Ray – avril/mai 2009

Sous leurs masques

Watchmen: The Film Companion
Peter Aperlo/Titan Books/17.99£/Sortie maintenant/2/5

Watchmen: The Art Of The Film
Peter Aperlo/Titan Books/29.99£/Sortie maintenant/2.5/5

Watchmen Portraits
Clay Enos/Titan Books/34.99£/Sortie maintenant/3.5/5

Si le roman graphique et le film ne suffisaient pas et que vous avez toujours soif de plus d’Ozymandias & Co., ne cherchez pas plus loin…

Si votre roman graphique noir et jaune écorné de Watchmen semble un peu seul sur votre étagère en ce moment, laissez nous vous diriger vers toutes sortes de livres dérivés du film Watchmen aux couleurs assorties, tous remplis de photos en coulisses intéressantes mais naturellement peu de références au créateur Alan Moore. Wtachmen: The Film Companion est un makig of de format paysage assez standard, léger en texte, visuellement fort, et qui manque d’explications sur certains changements que le film a fait par rapport à la B.D. : il fait allusion à comment est la nouvelle fin, par exemple,  mais ne nous l’explique pas.

De taille similaire, mais broché et plus cher, Watchmen: The Art of the Film est plein d’images de production des lumières de B.D. comme John Cassaday et David Finch, et les schémas du labo du Dr. Manhattan et la base de Karnak de Ozymandias. L’art du co-créateur de Watchmen, Dave Gibbons, de la nouvelle fin est un plaisir aussi, mais nous n’achèterons pas rapidement d’articles de toilettes de Veidt : bien trop de violet.

Le plus étonnant, et le plus ridicule, c’est Watchmen Portraits, un gros livre de photo sur papier glacé rempli de magnifiques clichés en noir et blanc de Watchmen par le pratiquement inconnu Clay Enos. Il est bon cependant, et Portraits mélange la photo au hasard d’un technicien avec les acteurs en costume d’une telle manière qu’il efface la frontière entre le vrai monde et l’univers fictif de Watchmen d’une manière déroutante. 90% est comme un document d’une réalité parallèle, avec Moloch et Mothman qui vous regardent comme s’ils étaient des mécaniciens ou des motards. On peut compter chaque poil, chaque pore sur le nez, et on se demande pourquoi tous les grands films ne font pas quelque chose de similaire.

Matt Bielby

Traduction – 29 novembre 2009

Death Ray – avril/mai 2009

Watchmen

5/5 Sortie : Dès maintenant Réalisateur : Zack Snyder Scénaristes : David Hayter & Alex Tse (adapté du roman graphique d’Alan Moore & Dave Gibbons) Avec : Billy Crudup, Matthew Goode, Jackie Earle Haley, Jeffrey Dean Morgan, Patrick Wilson

Au bout de ce qui semble être trente minutes de Watchmen – une incroyable entreprise ambitieuse et épuisante pour laquelle les comparaisons utiles ne viennent pas facilement – nous avons une scène de funérailles. Elle commence avec le gros plan d’une statue du cimetière sous la pluie, et vous pensez deux choses : 1) qu’une image similaire était le premier panneau du deuxième numéro de Watchmen, et que ce film continue à franchir une bonne ligne (mais bien avisée) entre la dévotion servile au matériel original et faire sa propre chose ; et 2) que c’était à l’origine une mini série de comics en 12 numéros. Il y a onze gros morceaux à venir, et si vous ne vous tortillez pas de manière inconfortable dans votre siège à ce moment, vous êtes plus fort que moi.

Deux heures et quart plus tard, Watchmen vous rejette dans le vrai monde légèrement sonné et bourré d’information et d’incident. Durant 163 minutes hypnotisantes et densément remplies, c’est un long voyage – peut-être trop long, mais nous nous plaindrions s’il était plus court. Et oui, c’est une histoire pour adultes, et non pas pour des raisons de complexité. Il est également violent : pas tout du long, mais sous forme de courts chocs vifs – comme dans les Parrain – avec de nombreuses scènes qui semblent être plus brutales que dans les comics. Des membres sont arrachés, des bras découpés, des visages éclatés sur des plans de travail en granite. Des chiens mangent la jambe d’une petite fille tuée. Couplez cela avec le personnage du Dr. Manhattan – le seul héros avec des superpouvoirs véritables – qui passe la plupart du temps nu, sa queue bleue se balançant dans le vent, et vous obtenez un film qui gagne son interdiction aux moins de 18 ans, autant Taxi Driver que c’est Spiderman 2. Il n’y a jamais eu de film de superhéros comme celui-ci.

* * *

Watchmen, le roman graphique, était une chose contrôlée à la vitesse confiante, remplie de ruse de racontage d’histoires. La version de Zack Snyder sur grand écran est à la fois plus réaliste et moins, avec son style – plein d’épisodes comme ceux qu’il a offert dans 300, où l’action entrait et sortait du ralenti en un simple plan – lui donnant une atmosphère onirique. Mais bien que des écrans verts ont été utilisés tout le long, ce n’est pas une de ces choses Sin City où rien ne semble réel, et l’utilisation de véritables lieux et de décors solides fondent l’action de manière utile.

Ce qui fait également retomber les événements à un niveau que l’on peut identifier comme humain, c’est les excellents acteurs de Watchmen, des acteurs qu’on reconnaîtra vaguement, tous travaillant comme des forcenés. Patrick Wilson (un peu costaud, mais pas gros) et Malin Åkerman (aguichante mais endommagée), en tant que personnages que l’on reconnaîtra comme les plus normaux – le superhéros à la Batman à la retraite, le Hibou et le Spectre Soyeux à la Black Canary – tiennent bien le centre. Le film semble à première vue comme un tour de force technique conçu à être admiré plutôt qu’à vous attirer sur le plan émotionnel, mais c’est grâce à eux que ce monde et ses problèmes nous affectent véritablement à environ la moitié.

Autre part, Matthew Goode brille assez dans le rôle difficile du multimillionnaire Adrian Veidt/Ozymandias, l’auto-stylé “homme le plus intelligent du monde”, tandis que le Dr. Manhattan de Billy Crudup – scientifique transformé en super-être bleu aux capacités pratiquement infinies par une expérimentation qui a mal tourné – est encore mieux, un “homme” qui perd rapidement tout intérêt pour la Terre et ses petits problèmes. Dans l’une des séquences les plus impressionnantes de Watchmen, il voyage vers Mars, et y crée un vaste palais de verre flottant. son histoire – son “origine” comics – avance et recule en oscillant dans le temps, comme il convient à un être qui dépasse tout niveau humain de compréhension.

Et puis il y a les deux rôles les plus tapageurs : le Comédien et Rorschach. Les deux sont un délice à chaque fois qu’ils sont à l’écran – l’opérateur du gouvernement au sourire narquois et qui engloutit les décors de Jeffrey Dean Morgan pourrait être un violeur, un tueur, un homme qui commet des horreurs, mais on aime sa compagnie. Le Comédien, malgré le fait qu’il meurt dans les quatre premières pages du roman graphique, était une présence tout le long grâce aux flashbacks, et ainsi il est là. Et Rorschach, le milicien clodo obsédé, avec ses manières violentes et sa vision du monde en noir et blanc choquant – l’ultime héros de Steve Ditko inflexible – est juste autant la star qui perce ici qu’il était dans l’original. Le visuel est génial, bien sûr (un imperméable sale à la Philip MArlowe mis en valeur par ce masque blanc vide et ses taches qui ne cessent de bouger), mais c’est ce qui le pousse, et l’imprévisibilité de ses actions, qui rend le personnage si vital. Nous le voyons rarement sans son masque, mais quand c’est le cas – principalement dans les séquences de la prison, où il démontre de manière décisive à une population de gangsters qui est enfermée avec lui – Jackie Earle Haley se révèle avoir un visage tout aussi irrésistible.

* * *

Est-ce que Watchmen reste trop fidèle au roman graphique original pour vraiment décoller ? On le pense occasionnellement, mais alors Snyder sort quelque chose de son sac et on décide que non, ce traitement est parfait. Le premier vol d’“Archie”, le vaisseau du Hibou ; l’évasion de la prison ; Mars : ces choses sont du pur cinéma. La séquence d’ouverture, nouvelle pour le film, établit ce monde de manière élégante aussi : une Terre alternative en 1985, où les superhéros sont réels (mais aujourd’hui interdits), les voitures électriques sont là, et les États-Unis ont “gagné” la guerre du Vietnam grâce à l’intervention du Dr. Manhattan, mais qui est désormais perché de manière précaire au bord de la guerre nucléaire avec l’URSS. C’est une belle séquence, remplie de détails, avec des caméos que l’on risque de manquer si on cligne des yeux de tout le monde de Mick Jagger à Truman Capote.

Certaines choses manquent, bien sûr. On a moins d’investigation de Rorschach (et d’où le fait que la grande révélation de l’intrigue semble venir trop facilement). Le comics-dans-le-comics du Vaisseau Noir est complètement parti, comme l’est l’interaction entre le vendeur de journaux et le môme. On n’a peu de l’obsession de Adrian Veidt pour Alexandre le Grand, et rien des scientifiques sur une île. Et la fin a, bien sûr, changé – pas vraiment en termes de ce qui arrive, mais dans la spécificité du projet, rendu ici plus croyable (pas de calmar de l’espace !) et légèrement plus déroutant.

Cela importe à peine. Watchmen est un exploit remarquable, étonnant à regarder et à écouter, faisant grand usage des chansons de l’époque de The Times They Are A-Changin de Bob Dylan à 99 Luftballons de Nena. C’est un travail fait par plaisir – fascinant, fétichiste, maniéré et intelligent. Ce que ce n’est pas, c’est un film d’aventure irrésistible, dans la manière d’un Die Hard. Ce n’est pas non plus, ultimativement, aussi stylé ou impliqué que The Dark Knight. Et ce que les non-geeks feront de cela est vraiment la devinette de n’importe qui…

Mais malgré tout cela, c’est excellent. Quand allons-nous voir un autre film de superhéros à 100 millions de $ qui dure trois heures, avec peu d’éclats de rire, aucune star et des tonnes de la vieille ultraviolence ? Le fait que Watchmen existe même est une chose étonnante.

Matt Bielby

LE SAVIEZ-VOUS ?

Alors, pensez-vous que le Hibou et Ozymandias diffèrent trop des versions comics ? C’est délibéré : le réalisateur Zack Snyder a pensé, probablement à raison, que sa version du Hibou avait besoin d’être plus intimidante qu’il le semble dans le roman graphique, et le costume du film fait écho aux costumes de Batman des films des années 1980 de Tim Burton, ainsi que ceux des films récents. Pendant ce temps, l’uniforme Ozy fait apparemment allusion aux costumes du Batman & Robin de 1977 de Joel Schumacher souvent moqué. (Dans d’autres termes, c’est délibérément lisse mais un peu merdique.)

FAIT : Une grand partie du look et du caractère de Rorschach vient des “héros” de Steve Ditko comme The Question et l’effrayant Mr. A.

Traduction – 22 novembre 2009

Death Ray – avril/mai 2009

La fuite de Logan

Wolverine (alias Logan, alias James Howlett) réprésente la franchise solo sur les X-Men de la Fox dans le nouveau film de Gavin Hood, le premier d’une série possible explorant la genèse de nos mutants préférés qui aiment le spandex. Death Ray a parlé à la femme qui mène vraiment la barque de toutes les choses X, la productrice Lauren Shuler Donner…

Les premières choses d’abord : c’est vraiment un titre geek. X-Men Origins: Wolverine joue si directment sur nos besoins de geek pour une franchise actuelle, c’est comme trois titres en un. S’il y a une suite, où mettront-ils le “2” ?

Préquelle de la trilogie de 2000-2006 de la 20th Century Fox, Wolverine est une expérimentation qui, si elle rencontre du succès, pourrait donner vie à d’autres récits OriginMagneto (“Le Pianiste croisé avec X-Men, selon le scénariste Sheldon Turner) est en première ligne, ainsi que X-Men: First Class, qui doit être écrit par Zak Penn et Josh Schwartz. Il y a aussi l’idée de suivre Wolverine au Japon, et une autre de tourner quelques X-personnages mineurs dans leurs propres films, le Deadpool de Ryan Reynolds étant un candidat possible. Comme avec toute bande dessinée qui dure longtemps, il y a beaucoup de récits dont s’inspirer, pourtant ce n’est pas une surprise que la Fox, pour sa première excursion au-delà des héroïques de X-Men, X2 et X-Men: L’affrontement final, s’est décidé pour Logan.

Il est si central à notre amour de cette équipe particulière de superhéros qu’il est difficile d’imaginer l’action X sans lui. Depuis qu’il est apparu dans les années 1970, la vitalité, le statut d’outsider et le pur mystère de Wolverine ont fait de lui l’un des quatre personnages de comics les plus aimés et sur lesquels on a le plus écrit, pas mal pour un courtaud vêtu de spandex jaune qui partage la majeure partie de ses aventures avec une demi-douzaine d’autres mutants aux super pouvoirs.

C’est la quête de Death Ray sur les prochaines pages de découvrir exactement pourquoi, c’est le gars qui a son film, alors on a contacté la femme qui a pris la décision en premier lieu, Lauren Shuler Donner. L’une des producteurs qui travaillent le plus à Hollywood, Donner a été en charge de quatre films durant les douze derniers mois, X-Men Origins: Wolverine parmi eux (elle a aussi la trilogie X, Constantine, St. Elmo’s Fire et les trois Sauvez Willy dans sa filmographie). Mais quant aux raisons derrière l’écrasante popularité de Wolverine, qui dépasse largement celle de ses comparses mutants, elle est loin d’être certaine.

“Il est affreux à bien des niveaux, dit Donner. En partie, c’est ce qui rend tout leader affreux. C’est ce qui distingue certains acteurs. Mel Gibson ou Russell Crowe. C’est l’imprévisibilité. Il est capable de violence brutale, d’avoir une rage de fou. Mais d’un autre côté, il peut être très marrant, et on sait qu’il ne veut pas le montrer mais quelque part à l’intérieur, il y a un cœur. Et je pense que ça attire les hommes et les femmes”.

Death Ray va encore plus loin, et suggère à Donner qu’il y a un aspect sexuel chez Wolverine qui manque aux capés les plus sérieux du monde des comics. Il y a quelque chose d’évidemment charnel dans ce soudain changement en pure rage, n’est-ce pas ? Donner rit. “Et ça veut dire qu’on veut toujours le regarder ! On ne sait pas ce qu’il va faire”.

Et penser de lui comme l’opprimé du monde Marvel – petit, trapu, pas vraiment en contrôle de lui ? “On est très désolés pour lui, acquiesce Donner. L’homme n’a pas de souvenirs, donc il n’a pas de vie. Si on ne se rappelle pas de l’endroit où on est né, de sa mère, de son père, c’est très triste. Il a toujours été un héros tragique ; il a toujours été amoureux de femmes qui soit ne lui retournaient pas l’amour, comme Jean Grey, ou qui se font tuer comme Mariko…”

À la mention de Mariko Yashida, il y a une triste cadence dans la voix de Donner. Soi-disant le véritable amour de Wolverine, notre mutant perturbé a mémorablement tué sa fiançée d’un temps pour la sauver d’une mort douloureuse par empoisonnement de fugu. C’est, je pense, une histoire que donner aimerait raconter…

“Assez honnêtement, Hugh et moi, on voulait faire l’histoire japonaise, mais on ne pouvait pas la faire sans commencer par l’origine”.

* * *

Et ainsi, nous avons X-Men Origins: Wolverine, l’histoire de son époque avec l’unité d’opération spéciale Équipe X et le terrible jour formateur où son squelette a été lié avec l’invulnérable métal adamantium. Danny Huston joue le plus jeune William Stryker (c’était Brian Cox dans X2) et Liev Schreiber se glisse dans les pas de l’ennemi de Wolverine (et dans cette version des événements, demi-frère) Dents-de-Sabre, alias Victor Creed. Le reste de l’affiche grouille de mutants – nous rencontrons Silver Fox (Lynn Collins), Deadpool (Ryan Reynolds), Gambit (Taylor Kitsch), Kestrel (Will.i.am), Barnell Bohusk (Dominic Monaghan), Emma Frost (Tahyna Tozzi) et Le Blob (Kevin Durand). Wolverine n’est pas un solitaire après tout, alors ? Combien de temps dans le film voyons-nous l’esprit d’équipe, dans l’esprit de ses prédécesseurs ? “C’est un hybride, clarifie Donner. Il y a une équipe. tous ces mutants qu’on présente ont certainement une présence très réelle, et pourtant c’est un film sur Wolverine”.

Reprenant son rôle de l’homme aux griffes, bien sûr, c’est Hugh Jackman. Grand exemple de mauvais casting qui se  révèle bon, l’image saine de Jackman, ses traits de leader, et sa carrure de 1m90 (30 cm de plus que Logan) n’ont pas réussi à diminuer l’image éternellement populaire de Wolverine de brute trapue et en colère (bien qu’intelligent et avec un grand cœur). La chose étonnate est que le casting, une décision de dernière minute en 2000 après que Mission: Impossible II ait gardé Dougray Scott en dehors du projet, a fonctionné à merveille.

“On a essayé de le cacher dans X-Men, admet Donner. On a essayé de mettre tous les autres personnages sur des boîtes pour qu’ils soient plus grands que lui, mais finalement tout le monde l’a juste accepté. À un certain moment, il y a un monde de B.D. et on le visualise. Mais on est un autre monde, et on a besoin de cette liberté dramatique, et c’était le meilleur acteur pour le rôle”.

Bien sûr, le plus jeune Wolverine que nous rencontrons dans le nouveau film est, avant tout, encore plus perturbé et impitoyable que celui que nous connaissons… “Si on doit faire l’histoire correctement, alors elle devrait être sombre, parce que Logan est sombre. C’est plus sérieux, et il est plus tragique, plus sauvage”.

Est-ce que cette vision d’un film qui a du cran et éclairé à la lumière de la lune fait partie du package ? Ou est-ce quelque chose que le réalisateur Gavin Hood (Tsotsi, Rendition) a apporté avec lui quand il a été employé ? c’est un nouveau venu dans les films d’action lourds en effets spéciaux, après tout. “Tout a été donné  à Gavin, dit Donner, et Gavin l’a bien aimé”.

* * *

Cela aurait pu avoir échappé à votre attention, mais pour ceux scotchés à l’internet à la recherche de la simple mention d’adamantium et de l’Arme X, les désaccords créatifs derrière le film ont été publiques de manière inquiétante. Quand deux semaines de retournage à Vancouver ont été annoncées durant l’année, les fans étaient convaincus que la fin du monde était arrivée, ou du moins que Wolverine était devenu une lutte acharnée entre Hood et le studio…

“Il n’y a pas eu de retournages”, dit Donner, essayant d’éclaircir la confusion. “C’était un tournage supplémentaire, que je fais sur chaque film. On avait toujours prévu d’aller à Vancouver – on a aimé tourner en Australie mais le pays ne nous donnait pas le paysage dont on avait besoin dans trois scènes. L’autre raison pour laquelle on a fait ça, c’est que malheureusement avec le planning de Ryan Reynolds, on ne l’avait eu jouant Deadpool pendant une très brève période. On avait un double pour ses cascades, mais on voulait plus l’utiliser et moins le double”.

Des sourcils récriminateurs ont également été levés quand le mari de Donner, Richard – réalisateur du premier film “moderne” de superhéros, Superman, en 1978 – a pris un avion pour le plateau de Wolverine à Sydney. Selon Variety, c’était pour “arranger les choses”.

“Son implication venait en fait de moi, dit donner, parce que je produisais quatre films en même temps. Un était en Caroline du Nord, un à la nouvelle Orléans, un à LA et un à Sydney. Je suis arrivé à un moment où je ne pouvais le faire sur le plan physique. Qui de mieux pour m’aide que Richard ? Il a tant d’expérience dans ce monde, et c’est probablement un meilleur producteur que moi pour cette raison. Alors il a pris ma place de producteur, et comme mentor de Gavin. Il était là pour aider. Mais si vous connaissiez mon mari, vous saurez que c’est un gars extrêmement sensible autour d’autres réalisateurs. Il n’a jamais marché sur les pieds de Gavin”.

Ce qui soulève une question très évidemment (et pardonnez-nous, chers lecteurs, si Death Ray sonne un peu crétin ici). que faites-vous, exactement, vous les producteurs ? Les crédits de l’IMDb donnent pas moins de huit d’entre vous produisant Wolverine, dont un certain Stan Lee…

“Vraiment, il y a Ralph Winter, moi-même, Hugh [Jackman] et John Palermo. Ralph est plus le producteur des détails techniques. Il est là jour après jour, s’assurant qu’il n’y a pas trop d’empoignes…  C’est aussi un magicien des effets visuels. Il est plus porté sur le budget. Je suis plus le producteur créatif. Je développe le scénario, et travaille avec le studio, décide du réalisateur et travaille avec lui en termes de casting et tout”.

Une partie du travail de Donner est de contenter à la fois le réalisateur et la 20th Century Fox. À moins d’être le cinématographe sur un film de Christian Bale, c’est l’un des films les plus durs de l’industrie, non ?

“Ce sont nos partenaires, dit Donner. On est une équipe. C’est la Fox, nous et et le réalisateur. On n’est pas toujours une équipe unifiée – on a des désaccords créatifs, comme tous les films. Malheureusement, ils sont publics ! Mais on approche le film comme équipe et on en sort comme équipe”.

* * *

Une chose qu’a Wolverine, c’est le côté “sombre” du personnage auquel Donner a fait allusion auparavant. De Bond à Batman, il semble que la meilleure recette du succès ces jours-ci soit de remonter son héros à ses racines traumatisantes, et de le dépeindre sociopathe, voire ignoble. Il y a peu de superhéros plus adéquats pour ce traitement de Wolverine. C’est, par exemple, l’un des tueurs qui rechignent le moins dans les comics américains. Bruce Wayne reculerait devant une partie des choses que fait Logan. D’un autre côté, les X-Men est plus une franchise pour mômes que le meilleur du M16 ou le chevalier de Gotham. Combien avez-vous pu être violents sur ce film ?

“Eh bien, il ne tue que d’autres mutants, dit Donner. Alors c’est un monde rehaussé. On ne va pas voir Wolverine tuer un enfant ou tuer un vrai homme ou n’importe. Et parce qu’on est interdits aux moins de 12 ans, on ne voit pas beaucoup de sang rouge qui gicle. On n’exploiterait jamais la violence. C’est tonal, c’est l’intensité, et c’est aussi des gens avec des superpouvoirs qui se battent contre d’autres gens qui ont des superpouvoirs”.

“Je pense que comme les nouveaux cinéastes ont examiné ces personnages, ils ont dit : On peut traiter ceux-là de manière plus réaliste, et les fans seront avec nous. Les temps sont plus sombres aujourd’hui qu’il y a 20 ans. Certains créateurs à l’époque où on a grandi quand les choses allaient bien, et maintenant ces gens grandissent avec la guerre en Irak. Le monde est différent…”

Si oui ou non le monde est vraiment un endroit plus sombre – ou si les États-Unis deviennent, en fait, simplement moins puissants et généralement plus inquiets sur le monde – est un débat pour partout ailleurs, nous pensons. Le temps de Death Ray s’écoule, et nous n’avons toujours pas demandé à propos de l’avenir. Comme, quand le film de Gambit doit sortir ?

“On sait que les fans aiment Gambit, et j’ai toujours aimé Gambit”, dit Donner – houra ! “On l’a tenu à distance dans la trilogie parce que son attitude est rusée comme celle de Logan. Il est beau, et son pouvoir est cool. On l’a toujours aimé parce que c’est un personnage si effronté. On est contents de l’avoir”.

Bien sûr, l’univers Marvel est un endroit compliqué – la continuité des comics est notorieusement un champ de mines, mais que sommes-nous pour faire un territoire cinématographique Marvel ? Dans beaucoup de têtes de fans, les X-Men, Spiderman et les Vengeurs occupent la même planète. Mais en termes légaux, ils ne se rencontreront jamais. Sony a l’accès exclusive à Peter Parker, Fox a Wolverine et compagnie, tandis que les studios Marvel sont occupé par le S.H.I.E.L.D. et les Vengeurs. Ce qui signifie qu’on ne verra jamais Logan traîner avec Iron Man, ou Spiderman suivre Hulk dans les escaliers de secours. Ou oui ?

Donner : “Je ne sais pas. Le monde de Spiderman et le monde des X-Men ne se rencontreront probablement pas, bien qu’on ne sait pas ! Seulement dans les comics, pas dans les films…”

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Alors, quel est le prochain ? Wolverine 2 : Les années Tokyo ? “L’histoire d’amour japonaise…” commence Donner, avec nostalgie, avant de se corriger. “L’histoire japonaise, pas l’histoire d’amour ; c’est rempli d’action…”

Votre cœur y est, on peut dire.

“Eh bien, on va s’asseoir – on, c’est à dire le studio et Marvel – et on va réfléchir sur quel film va suivre. On va faire un projet”.

X-Men Origins: Wolverine arrive sur les écrans britanniques le 1er mai, et sera chroniqué dans un futur numéro.

Traduction – 20 novembre 2009

Death Ray – juin/juillet 2009

Coraline

4/5 Sortie : Dès maintenant Réalisateur : Henry Selick Scénaristes : Henry Selick (adapté du roman de Neil Gaiman) Avec : Dakota Fanning, Teri Hatcher, John Hodgman, Ian McShane, Keith David, Robert Bailey Jr., Jennifer Saunders, Dawn French

Coraline de Neil Gaiman est l’argument parfait de pourquoi c’est une bonne idée de faire peur aux mômes. Habitant le même espace littéraire qu’Alice au pays des merveilles, son héroïne pleine de cran et de courage est le parfait exemple de la braverie contre plus fort que soi, et le roman nous montre, comme le dit G.K. Chesterton (et comme Gaiman le cite dans le frontispice de son livre), que “les contes de fées sont plus que réels ; non pas parce qu’ils nous disent que les dragons existent, mais parce qu’ils nous disent que les dragons peuvent être battus”. Coraline apprend aux mômes – et aux adultes – que le pire qu’on puise imaginer peut ne pas être du tout aussi terrible que cela ; qu’avec la bonne attitude et un peu d’aide, tout peut être, si non surmonté, alors au moins regardé droit dans les yeux et qu’on peut lui tenir tête.

Il parle, bien sûr, de la jeune Coraline Jones, une fille de 11 ans qui, venant de s’installer dans une nouvelle maison étrange où habitent des voisins excentriques, s’ennuie et est négligée par ses parents distraits. Elle trouve une porte murée qui mène à un appartement alternatif dans lequel réside son Autre Mère, qui est tout ce que Coraline recherche chez une mère – excepté qu’elle a des boutons à la place des yeux. Naturellement, ses intentions sont bien plus sinistres que Coraline l’imagine au début.

C’est un livre de merveille et de terreur, et la merveille et la terreur est que votre propre imagination fait tout le travail. Nous évoquons toutes nos propres vision de ce que nous lisons, et pour moi, le roman original de Gaiman est une chose poussièreuse, gothique et avec des toiles d’araignées. En comparaison, la splendide adaptation de P. Craig Russell trouve la terreur dans une vision plus banale – son image de l’Autre Mère est terrifiante simplement parce qu’elle semble être une femme normale qui s’avère avoir juste des boutons à la place des yeux. À bien des égards, Russell capture parfaitement ce que Gauman fait si bien – la présence du fantastique dans le quotidien. Mais Henry Selick, qui a réalisé cette adaptation du roman… eh bien, il voit une version entièrement différente de Coraline, et c’est étonnant. C’est aussi possiblement le meilleur argument depuis le Seigneur des anneaux pour adapter une œuvre littéraire en film, étant, telles que sont les choses, aussi incroyablement fidèle et pourtant presque entièrement changé pour s’adapter au médium du film.

La Coraline de Selick est une émeute de couleur et d’invention, qui est parfaitement sensée en termes de film familial – le monde de l’Autre Mère devrait sembler être une merveille de conte de fées dans lequel l’Autre Père de Coraline jardine sur une géante mante religieuse mécanique et un public de scotch-terriers regardent miss Spink et Miss Forcible réciter du Shakespeare tandis qu’elles se balancent sur le trapèze. C’est peut-être fantastique au point de la surcharge, mais l’ampleur et la profondeur surprenantes de l’imagination exposée ici, couplée à la prise franchement miraculeuse de Selick et de son équipe de l’animation image par image en fait un spectacle visuel sans comparaisons. Et en 3D, il devient une chose entièrement différente. C’est une histoire de conte de fées dans laquelle on se perd complètement, inondée de décors et de scènes étonnants. C’est une cascade de merveille.

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Et pourtant, il y a de la lumière et de la nuance à la psychédélie rampante. Le vrai monde, bien que stylisé et fascinant, est sourd et soumis comparé à l’Autre Monde, et c’est, avant tout, les personnages qui transparaissent, et une mention spéciale doit aller à la voix de John Hodgman en tant que père de Coraline. Dans un film dans lequel les voix et les modèles concordent de manière spectaculaire, c’est un clou particulier.

S’il y a quelque chose de mauvais chez Coraline le film, ce n’est pas l’ajout qui tourmente les puristes du copain de Coraline, Wybie, qui, au moins, arrête le film d’en être un dans lequel une petite fille se balade en se parlant beaucoup. Ni l’ajout du happy ending (enfin, plus heureux), qui ajoute un doux cado délicieux aux événements qui le précèdent. Non, c’est que, malgré toutes les envolées vertigineuses et qui font tressaillir de fantaisie et de peur, Coraline ne semble jamais vraiment se remettre en question. Nous la voyons pleurer, brièvement, à deux occasions, mais sinon elle semble marcher à grands pas audacieux au travers du film. D’un côté, c’est un exemple entièrement salutaire de mettre une fille de 11 ans partout, mais de l’autre, nous perdons un peu en route de menace, de risque et de conséquence. Mais c’est une plainte petite et pédantique, parce que sinon Coraline est l’un des films familiaux les plus impressionnants, les plus imaginateurs et les plus divertissants que nous n’avions pas vu depuis longtemps.

Jes Bickham

LE SAVIEZ-VOUS ?
Neil Gaiman a commencé à écrire Coraline comme histoire pour sa fille Holly, quand elle avait cinq ans. Le livre a pris plus de dix ans à se finir, cependant, et a été fini pour la cadette de Gaiman, Maddy – Gaiman a fini le livre en écrivant 50-100 mots avant de dormir chaque soir. À l’origine, Coraline allait être une histoire qui devait faire cinq à dix pages de long, selon Gaiman.

FAIT : Il y a 248 scotch-terriers dans le public quand Coraline et Wybie regardent la performance de Miss Spink et Miss Forcible.

Traduction – 23 octobre 2009