Empire – septembre 2009

Watchmen

Oubliez Citizen Kane, c’est le Fight Club des films adaptés des comics

2009, -18. Sortie : déjà dans les bacs

Qui nous garde de nos gardiens ? Pas assez de personnes, si vous êtes cadre chez Warner Bros.. Avec un budget d’approximativement 130 millions de $, le film de Zack Snyder n’a rapporté que 180 millions de $ en date. il n’y a pas de doute que cela a inspiré quelques conversations en salle de conférence assez sinistres, mais étant donné que c’est une adaptation de 2h30 d’un roman graphique culte interdite aux moins de 18 ans qui avance et recule sur une période de 45 ans, qui ne comporte pas de stars, qui consacre plus de temps à débattre de la nature de la moralité au lieu de donner des coups de pieds au cul et qui finit par la mort de millions de personnes, il a plutôt bien marché. Maintenant que le scandale s’est dissipé, il semble se classer entre Fight Club et le Hulk de Ang Lee dans les rangs des faux blockbusters qui réussissent d’une certaine manière à prodiguer une somme énorme d’argent de studio sur ce produit d’une grande rareté : les idées.

Snyder et ses scénaristes, David Hayter et Alex Tse, approchent le roman graphique d’Alan Moore et de Dave Gibbons (à propos d’un groupe de miliciens dispersés dont les chemins se recroisent après que l’un d’entre eux est tué) avec le respect d’érudits talmudiques. Le seul changement drastique, à la fin, est en fait plus logique que le squidus ex machina de l’original. Pour la majeure partie, les meilleures répliques sont celles de Moore et la plupart des meilleures images sont celles de Gibbons – le sang du Comédien assassiné (Jeffrey Dean Morgan) est fait pour couler juste comme il faut sur son badge smiley iconique. De manière plus importante, les cinéastes préservent les thèmes du livre.

Les innovations de Moore ont souvent été mal interprétées comme une excuse pour montrer des superhéros en train de coucher ou de battre des gens pour le plaisir, mais le contenu interdit aux moins de 18 ans est une attraction. Watchmen est une méditation sur ce que cela signifie d’être dans les affaires de superhéros quand la guerre nucléaire menace de rendre tout cela hors de propos. Le Hibou (Patrick Wilson) et le Spectre Soyeux (Malin Akerman) ont une croyance démodée dans les costumes moulants et dans ce qu’un personnage décrit d’un ton ricaneur comme “des héroïques d’écoliers”. Rorschach (Jackie Earle Haley) est un Travis Bickle plus efficace, son dégoût pour les coupables jamais égalé par sa compassion pour les innocents. Ozymandias (Matthew Goode) est un fou d’Alexandre le Grand qui croit en solutions drastiques. Le Comédien pense que les gens sont des salauds alors autant être le plus grand. Et Dr. Manhattan (Billy Crudup) est si éloigné des soucis humains qu’il n’arrive pas à décider si l’espèce est digne d’être préservée.

Tandis que le film progresse, chaque vision du monde est testée jusqu’à ce qu’elle se brise. Les deux seuls capables de liens, le Hibou et le Spectre Soyeux, sont les deux seuls qui ont foi en la nature humaine. Tous les autres se révèlent être profondément seuls, et les visions répétées amplifient le pathétique de Rorschach, hurlant pour sortir de sa mission sans fin et sans joie ; le Comédien, soûl et pleurnicheur sur le lit de son énem juré ; et Ozymandias, abandonné dans son Xanadu Antarctique, sans ami dans le monde qu’il croit avoir sauvé.

Snyder cadre ces idées avec une vigueur pop-art. Le montage générique bravoure, qui établir la chronologie de l’univers parallèle sur les accents de The Times They Are A-Changin’ de Bob Dylan, subvertit une partie des images les plus iconiques du XXème siècle, de l’assassinat de JFK à la foule devant le Studio 54, avec une accroche intuitive de leur puissance iconique – il n’est pas étonnant que Warhol fasse une apparition. Les références du film (Docteur Folamour, Apocalypse Now, l’Homme qui venait d’ailleurs) et les choix de la bande originale (Nat King Cole, Simon & Garfunkel, beaucoup de Dylan) sont tout aussi enjoués et immédiats.

Ce n’est pas exactement Bergman, mais Watchmen évite le vacarme incessant de la convetion des blockbusters, déployant des effets spéciaux pour évoquer la beauté et le respect plutôt que la pure guerre éclair sensorielle. Il y a une somptueuse attention au détail dans la manière dont les flocons de neige dansent dans la lueur azure de Dr. Manhattan, et la séquence centrale dans laquelle l’histoire de Dr. Manhattan glisse entre le passé, le présent et le futur aux sons de Philip Glass est simplement extraordinaire. Malgré jouer l’homme le plus puissant sur Terre et être pratiquement méconnaissable dans son halo d’infographie, Crudup, avec sa tendre voix ironique, est la présence la plus fragile de manière touchante de tout le film.

C’est juste dommage que Snyder perde foi dans la nuance à chaque fois que la bagarre commence. La violence est sadistiquement atroce même quand, dans le cas de la bagarre sanglante du Hibou et du Spectre Soyeux contre des voyoux de la rue, cela va complètement à l’encontre de la nature des personnages. Et la blague sympa du vaisseau du Hibou éjaculant des flammes dans le ciel de la nuit est coulé par la scène de sexe soft étendue qui le précède. On pourrait suspecter des cadres du studio interferrant qui demandent plus de sexe pour leur argent, mais 300 montrait que Snyder ne réchigne pas devant quelques sensations bon marché lui-même.

Ce qui reste dans les mémoires, cependant, ce n’est pas la vue des cuisses de Akerman, ni quelqu’un à qui on a scié les avant-bras, mais les moments plus petits et calmes : Rorschach disant doucement au Hibou qu’il a été un bon ami, ou l’ombre finale de doute qui passe furtivement sur le visage d’Ozymandias. Watchmen, malgré ses défauts, est un film de 130 millions de $ sur la vulnérabilité humaine et les dilemnes moraux insolubles, et il se pourrait qu’il se passe un long moment avant qu’un autre comme cela sorte.

BONUS DU DVD La version un disque comprend un court documentaire qui explique la science du film. La version deux disques comprend une pléthore de documentaires sur tout de la scénogrpahie au masque de Rorschach, plus des vidéos virales, des rapports de journaux et des clips de My Chemical Romance – aucun n’était disponible au moment d’aller à l’imprimerie. Une version Director’s Cut de 186 minutes sera chroniquée dans le prochain numéro.

Dorian Lynskey

Film 4/5

POUR ALLER PLUS LOIN
-> Miracleman La première tentative d’Alan Moore à subvertir la mythologie des superhéros.
-> Desolation Row Le classique dystopien de 1965 de Bob Dylan, repris pour le flm.
-> Nixonland Le récit passionnant de Rick Perlstein sur comment le méchant du vrai monde de Watchmen a changé l’Amérique.
-> Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe La satire définitive sur la bombe A de Stanley Kubrick.

Traduction – 11 octobre 2009

Empire – septembre 2009

Twilight, chapitre II : Tentation

Réalisateur : Chris Weitz
Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Nikki Reed

Au moment où Tentation arrivera au cinéma, le tournage de sa suite, Hésitation, sera fini. cela montre la confiance musculaire dans le potentiel de la franchise, à qui on a donné une forme littérale dans Tentation chez le meilleur pote de Bella (Kristen Stewart), Jacob (Taylor Lautner). Cette fois, il développe brusquement des muscles, des abdos d’enfer et se transforme parfois en loup – bien qu’à en juger de la bande annonce, il y a toujours du travail à faire sur les effets du loup entre maintenant et le 20 novembre. Le nouveau réalisateur Chris Weitz a été recruté (d’après les producteurs Summit) pour ses “résultats prouvés à travailler avec… des personnages orientés jeunesse, la fantasy et l’action”, et il en aura besoin, étant donné que c’est celui avec les ados qui font les casse-cous sur des motos, des loup-garous qui rôdent dans les bois et des gens qui sautent du haut des falaises. Attendez vous à considérablement plus d’action que nous avons vue dans Fascination et, avec le héros romantique Edward (Robert Pattinson) n’apparaissant seulement dans des rêves pendant une grande partie du film, un peu moins de rumination.

HOH

Sortie : 20 novembre

Traduction – 28 septembre 2009

Empire – septembre 2009

Harry Potter et le Prince de sang mêlé

Celui avec le sexe, les potions et le rock’n'roll

SORTIE le 15 juillet
CLASSIFICATION Interdit aux moins de 12 ans
RÉALISATEUR David Yates
DISTRIBUTION Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Jim Broadbent, Michael Gambon, Alan Rickman, Tom Fenton
SCÉNARISTE Steve Kloves
DURÉE 153 min
RÉSUMÉ Les Mangemorts se déchaînent, Dumbledore (Gambon) a une tâche pour Harry (Radcliffe), Drago Malefoy (Fenton) a une mission secrète pour Voldemort, les hormones adolescentes font rage et Harry hérite d’un vieux manuel scolaire du Pince de sang mêlé.

Mais où est donc Basil Exposition quand on a besoin de lui ? Cela semble être si longtemps – exactement deux ans, en fait – depuis le moment où on a quitté Harry Potter et ses amis, et on peut pardonner à ceux qui ne connaissent pas bien le monde de Potter de ne pas être bien sûr de là où nous allons. La décision de Warner Bros. de renoncer à sa sortie pré-Noël est compréhensible d’un point de vue financier pour leurs comptes de 2009, et les millions de fans iront sans aucune doute le voir. Mais même une introduction prolongée résumée dans un dialogue entre le petit sorcier de Daniel Radcliffe et son mentor, le Professeur Dumbledore de Michael Gambon, ne rafraîchit pas la mémoire de simples Moldus.

Alors, pour ceux qui ont un Poudlard Express de retard… Précédemment dans Harry Potter : Sirius est mort, Lucius Malefoy a été expédié à Azkaban et un Voldemort revitalisé continue à se cacher (mais pas dans ce film). Aujourd’hui, Dumbledore est décidé à donner des leçons particulières en plus à Harry, dont l’aide est requise pour découvrir en fouinant un secret clé de la jeunesse de Voldemort, quand le maléfique était connu sous le nom de Tom Jédusor. Comme il convient à la tradition de Poudlard d’instructeurs louches, un autre professeur excentrique est engagé : Horace Slughorn, joué par Jim Broadbent. Son domaine d’expertise sont les potions, ce qui crée des opportunités de plusieurs fiascos – d’amusants à potentiellement fatals – impliquant des concoctions pour l’amour, la chance et la mort douloureuse. Sinistrement, le maître de la défense contre les forces du mal (poste qui ne présage rien de bon chaque années scolaire) est désormais le professeur Severus Rogue d’Alan Rickman, dont la manière profondément méprisante de sortir des plaisanteries express et d’être tout simplement terrifiant continue à être le clou de toute l’affaire.

Le défi artistique a toujours été de raconter une histoire qui tient le coup, qu’elle soit ou pas au fait de l’œuvre de J.K. Rowling. C’est à peine le cas cette fois. Les premiers films s’étalaient sur chaque chapitre des romans sources, ayant peur d’oublier quelque chose et enthousiaste dans la réalisation de chaque fantaisie du monde des sorciers de Poudlard. Les films plus récents avaient repris de la vitesse avec des adaptations plus libres tandis que les développements s’assombrissaient. Le Prince de sang mêlé revient à la longueur (le scénariste Stve Kloves est revenu à son poste), mais se bat toujours pour mélanger le côté ruine à venir des choses avec l’humour, les cœurs brisés et l’angoisse des amours adolescentes essentielles à ce qui est, après tout, une chronique de passage à l’âge adulte.

L’exploit qui ressort dans le film, c’est son spectacle sensationnel, grâc au cinématogaph Bruno Delbonnel et le chef décorateur Stuart Craig, avec une séquence climatique au milieu des flammes qui done Dumbledor un glorieux moment “Moïse séparant la Mer Rouge”. C’est l’image que nous nous souviedrons le mieux jusqu’à ce que HP 7 Partie 1 arrive, en novembre 2010.

Angie Errigo

*

VERDIT
Nous faisons du sur place avant la dernière bataille entre le Bien et le Mal, avec l’obscurité promise qui se tient un peu maladroitement entre la romance adolescente et l’humour.

3/5

OUVREZ L’ŒIL
Hero Fiennes-Tiffin (le neveu de Ralph) et Frank Dillane (le fils de Stephen) apparaissent dans le rôle de Tom Jédusor aux âges respectifs de 11 et 16 ans.
L’attaque du Millenium Bridge est un rajout. Dans le livre, c’est un pont commun.
Remus Lupin et Nymphodora Tonks sont aperçus ensemble – c’est important pour les Reliques de la mort.

Traduction – 15 août 2009