Entertainment Weekly – 24 avril 2009

X-Men Origins: Wolverine

Avec : Hugh Jackman, Liev Schreiber
Réalisé par : Gavin Hood

Imaginez que vous êtes dans la chambre de Hugh Jackman à quatre heures du matin. L’alarme du réveil hurle. Il se lève en trébuchant et se dirige vers la cuisine pour engloutir une assiette de blancs d’œuf et de toast sans accompagnement. Hier, à cette heure, il a mangé un poulet. Ce n’est pas un cas de petit creu de minuit. Et l’appel de l’acteur sur le tournage de X-Men Origins: Wolverine n’est pas avant des heures. Mais afin de transformer ses biceps en boules de bowling et le reste de son corps aussi solide que du granite, Jackman a passé des mois à suivre un dur régime pour gagner de la corpulence qui lui demande de se ravitailler toutes les trois heures. Sans exception. “Je voulais ressembler à [Robert] DeNiro quand il retire sa chemise dans les Nerfs à vid et tout le monde a fait Whoa. On se rendait compte que le mec était un monstre”, se souvient Jackman, 40 ans, qui se tenait à un régime triste d’aliments fades pauvres en matières grasses et une séance d’exercices qui le voyait faire de l’haltérophilie tous les jours jusqu’à ce qu’il tombe de fatigue. “Il y avait des moments où je me réveillais complètement endolori et que je disais à ma femme : Je pense savoir ce que c’est que donner la vie à un enfant”.

Une chose est certaine, personne ne peut accuser Jackman de rentrer dans le rôle de Wolverine en somnambulant. Et quand Jackman arrive 15 minutes en avance pour une interview au petit déjeuner près de chez lui à New York, il est clair qu’il veut toujours embrasser, de manière enthousiaste, vivre ce dont la plupart des stars souffrent à contre-cœur. Il a plein de motivation, étant donné que c’est son premier essai à la production d’un majeur montant de tente d’été, un film qui se centre sur un personnage qui a fait de lui une star et qui est toujours la seule manière dont il a fait ses preuves comme atraction au bx office pour le public américain. Bien que ses débuts comme hôte de la cérémonie des Oscars en février a contribué à booster de 13% le taux d’audience par rapport à l’année dernière, personne ne s’est rué pour le voir dans l’épopée romantique de 2008, Australia, ni dans la série comédie musicale de CBS rapidement arrêtée en 2007, Viva Laughlin. Jackman sait que la pression est de garder ses jeunes fans masculins (en tant que Homme le plus Sexy sur Terre régant de People, il a les femmes de tous âges dans la poche) et d’aider à faire de Wolverine un succès qui fait naître une franchise.

Le film, dérivé de la trilogie X-Men, sélectionne le mutant alpha-mâle de l’ensemble des X-Men pour une histoire d’origine entière, tracant comment le supersoldat tempéramental Logan (Jackman) est recruté dans un programme gouvernemental secret par le Colonel Stryker (Danny Huston) et reçoit l’injection d’adamantium qui le transforme en une machine à tuer aux griffes de coutellerie. Constamment en guerre avec sa propre nature animale, Wolverine affronte encore une fois son demi-frère anarchique, Dents-de-Sabre (Liev Schrieber), et une galerie de photographies de repris de justice (voir encadré). “Wolverine est fun et cool, dit Jackman, mais je ne le ferais pas pour la quatrième fois s’il n’y avait pas quelque chose de plus intéressant que juste trancher, couper, fumer un cigare et dire quelques répliques cools”.

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Si Wolverine comprend autant de tournants dramatiques et de moments près de la mort que l’histoire du film peut le clâmer, alors les producteurs n’ont rien à craindre. Le tournage de quatre mois à Sydney a souffert d’une série de complications et de contretemps. D’abord il y avait le soi-disant conflit entre le cinéaste et le studio (le réalisateur Gavin Hood aurait été marginalisé de manière à ce que le plus expérimenté Richard donner pouvait prendre le contrôle créatif – nous y reviendrons plus tard). Puis est venu le choc du 31 mars, quand un workprint non fini du film en entier a leaké en ligne. C’était le leak le plus rapide et entier pour un blockbuster potentiel – et le cauchemar de tout studio. “C’est un désastre”, a dit une source élevée de l’industrie le lendemain où la nouvelle a éclaté, évaluant combien la Fox pourrait perdre en revenus : “C’est dix millions de dollars”.

Tandis que le studio entrait en mode Defcon-1 limitation des dégâts, le co-président de la Fox Tom Rothman a pris toutes ses responsabilités. “Ultimativement, c’était la responsabilité de la société d’assurer le développement de la postproduction et nous avons échoué, dit-il. Ce qui le différencie [des leaks précédents], c’est que c’est un film entier avec des fans forcenés, et c’est arrivé bien en avance. C’est l’ironie : ce n’est même pas proche d’un film fini”. Le studio note qu’il manquait à la version piratée la plupart des effets spéciaux et plus de 10 inutes d’images additionnelles cruciales qui ont été tournées plus tôt cette année.  “C’est une déformation criminelle de l’œuvre, dit Rothman. Gavin Hood travaille encore beaucoup sur le film. Ce n’est pas une expérience de cinéma de regarder une version foireuse sur son ordinateur”.

Au moment d’aller en presse, l’enquête, une collaboration entre le FBI et la Fox, doit encore déclare une coupable. Rothman insiste sur le fait que l’épreuve ne pouvait venir que de quelqu’un impliqué dans le processus de post-production, et qu’ils sont proches de trouver la source de la fuite, bien que la plupart des employés de l’industrie sont moins optimistes qu’une  arrestation sera faite. “Je ne sais s’ils vont attraper ces gars un de ces jours”, dit un producteur qui a eu un film très en vue récemment piraté. “On ne lit jamais qu’un gars est allé en prison pendant 20 ans”. Encore moins clair, c’est si oui ou non la fuite va vraiment coûté à la Fox “des dizaines de millions” au box office. Le seul précédent comparable est The Hulk de 2003, qui a été illégalement uploadé sur le web deux semaines avant sa sortie. Universal a délcaré ultimativement que l’infraction avait coûté 100 millions de dollars au film (certains disent que le studio cherchait un bouc émissaire aux pauvres critiques du film ; les cadres d’Universal n’avaient pas de commentaire). D’un autre côté, certains dans la place suggèrent que Wolverine pourrait en fait en bénéficier. L’anticipation du film du public a monté en pointe après la fuite.

Dans tous les cas, le studio et Jackman profitent beaucoup du succès de Wolverine – la dernière incarnation d’une des franchises les plus durables et les plus profitables de l’histoire du studio. X-Men a été la toute première B.D. majeure de superhéros de Marvel à être adaptée sur grand écran, et c’est l’une des plus profitables du genre. Chaque suite successive a fait plus que la précédente (157 millions de $ pour X-Men, 215 millions de $ pour X-Men 2, 234 millions de $ pour X-Men 3), une déclaration qu’aucune autre franchise de B.D. de trois films ou plus ne peut faire. Fox a au moins deux autres spin-offs X-Men en développement, dont une histoire d’origine de Magneto et X-Men: First Class, qui suit les mutants adolescents. “Il n’y a pas de propriété plus sacrée pour nous que X-Men”, dit Alex Young, co-président de la production de la Fox. Rothman ajoute : “Nous n’allons pas laisser les bâtards gagner”.

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Wolverine a un penchant pour dire des inepties et avoir des accès aléatoires de rage, qui lui confère une allure confiante et dangereuse qui l’a aidé à en faire le mutant le plus populaire de la franchise X-Men et parmi les superhéros les plus aimés de l’univers Marvel. Après que les fans aient exprimé des plaintes à propos de lui étant devenu un peu doux dans les suites de X-Men, le studio et les producteurs Lauren Shuler Donner et Jackman ont saisi l’opportunité de donner au personnage un film entier dans lequel il pourrait être plus gros et plus méchant qu’il ne l’a jamais été avant. Mettre ces idées en film s’est avéré être immensément compliqué. Young ne divulguera pas le budget du nouveau film mais admet que c’est le plus cher de la franchise (c’est à dire, plus haut que les 165 millions de $ rapportés de X-Men 3). “Il est plus grand en échelle et en taille que n’importe quel autre film X-Men. Il est aussi plus primaire et viscéral. Nous n’avons jamais été aussi proche de ce ton d’intensité et de furie”.

Pour créer ce genre d’âpreté, Jackman a poussé le studio à employer Hood, vétéran fraîchement récompensé en 2005 de l’Oscar du meilleur film étranger pour son drame sur les gangs, mon Nom est Tsotsi – et qui avait montré un flair pour le conflit grumeleux et l’intensité émotionnelle. Mais le cinéaste sud afraicain, dont le film suivant, Détention secrète, en 2007, fera un fiasco, n’avait aucune expérience en résolution des logistiques emmêlées d’un spectacle d’été poussé par les effets spéciaux comme celui-là. De plus, Hood, qui avait été militaire, a vu Wolverine comme la version superhéros d’un vétérinaire de l’armée souffrant de névrose traumatique – quelqu’un profondément ambivalent sur sa capacité à donner des coups de pied au cul. Cette prise sombre sur le personnage a déclanché un débat intense au sein du studio si oui ou non les adolescents qui vont au cinéma voudront être accablés de thèmes aussi lourds. “Une partie du défi est de garder toutes ces idées dans un environnement 13 ans et plus, dit Hood, 45 ans. Je ne suis pas un réalisateur testé de grands films, et ça a été un processus de comprendre les différents postes des personnes qui ont un intérêt majeur dans le film”.

Tandis que les parties discutaient, un tas d’histoires ont surgi sur internet et ont attisé la contreverse en supposant que Rothman de la Fox avait ordonné à ce qu’un décor soit repeint d’une palette moins lugubre sans l’approbation de Hood – et que Hood avait été remplacé par le mari de Lauren Shuler Donner, le réalisateur Richard Donner (l’Arme fatale). “C’était exagéré”, dit Jackman du degré de conflit, ajoutant que Donner a été amené sur le tournage pour offrir des conseils sur certaines séquences d’actions complexes, rien de plus. “Dick était là dans une sorte de rôle de procédure, juste pour s’assurer qu’on était sur les bons rails”. En deux mots : le môme est resté sur le film. “Est-ce que [le tournage] a été facile ? Non, se souvient Hood. Mais si Tom et moi n’avions pas un respect sain pour chacun, il m’aurait viré, ou je serais parti”. Pour sa part, Rothman insiste qu’il a toujours soutenu la vision de Hood ; sinon, il ne l’aurait pas employé en premier lieu. “Nous savions dans quoi nous nous lançions et l’embrassions, dit Rothman. Ce film est très méchant, et nous savions qu’il pousserait loin la limite de l’interdiction des moins de 13 ans. Mais une fois que Dark Knight est sorti, nous avons vu qu’il n’y avait pas de niveau d’intensité où nous ne pouvions pas aller. Nous pouvions tous les deux avoir ce que nous voulions”. Traduction : Ceux à la tête du studio des quatre coins de la ville cherchaient le prochain Dark Knight, et les cadres de la Fox se sont retrouvés dans la position enviable d’être assis sur un autre film de superhéros avec un personnage central qui ne peut à peine vivre avec lui-même.

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Le 31 mars, le jour où cette fuite fatale est arrivée sur internet, Jackman ne pleurait pas au-dessus de sa bière et ne s’est pas non plus embarqué dans une chasse à l’homme. Au lieu de cela, il menait un concours sur le web invitant les fans à écrire et faire pression pour que l’avant-première de Wolverine ait lieu dans leur ville (le gagnant sera annoncé le 20 avril). Aux dires de tous, Jackman est resté impitoyablement optimiste sur les perspectives du film. Certains attribueraient sa réponse à la panique ou au démenti, mais la positivité de Jackman semble inhabituellement sincère. À la différence de la plupart des hypes créatives, dont la meilleure œuvre est souvent nourrie par l’angoisse, le désespoir et le doute de soi, Jackman semble être poussé par une vraie force de volonté.  “Cette nature affable qu’il a dissimule une concentration professionnelle insensible”, dit le réalisateur Baz Luhrmann, qui a travaillé avec Jackman sur Australia et un montage de comédies musicales aux Oscars. “Qu’il soit sur la scène du Kodak Theatre ou au milieu du vaste désert australien… Je n’ai jamais vu quelqu’un d’une consistence aussi plaisante dans des circonstances difficiles ou extraordinaires que Hugh”.

Exemple typique : trente minutes avant que Jackman devait interpréter son numéro d’ouverture aux Oscars en direct à la télé, le producteur de l’émission Bill Condon a trouvé l’acteur dans sa loge avec la porte ouverte, blaguant avec quiconque qui passait. Même maintenant, Jackman insiste sur le fait qu’il ne s’est jamais inquiété qu’il présidait une bombe à la Letterman qui ternit une carrière. “C’est juste relax, dit-il. La première chose que j’ai faite quand je suis monté sur scène, c’était de regarder ma femme, et je savais que même si je me plantais complètement, elle n’allait pas dire : Il n’est plus attirant”.

Jackman applique la philosophie “Quoi, moi inquiet ?” à tout ce qu’il fait. Par exemple, il y a six ans, il savait qu’il risquerait sa carrière naissante d’héros d’action en acceptant le premier rôle dans the Boy From Oz sur Broadway, en tant qu’Australien gay chanteur et danseur Peter Allen. “Je n’oublierai jamais embrasser un mec sur scène et quelqu’un dans le public a crié Ne le fais pas, Wolverine !” se souvient Jackman, qui a deux enfants, Oscar, 8 ans, et Ava, 3 ans, avec sa femme avec qui il est marié depuis 13 ans, l’actrice de télé australienne Deborra-lee Furness. “Je ne perd pas du temps ou de l’énergie avec ça. Je pense qu’on met bien trop d’importance sur la sexualité des gens de toute manière. J’aime le sexe, c’est génial, mais ce n’est pas la mesure de l’amour ou d’une relation. Et que vous aimiez les filles ou les garçons, que vous aimez la lumière allumée ou éteinte : On s’en fout ! J’ai toujours trouvé la sexualité être l’une des choses les moins intéressantes chez quelqu’un”.

Un repas avec Jackman est plein du type d’aperçu à cœur ouvert qui vous font penser qu’il est en avance de quelques chapitres dans la lecture du manuel de comment être un meilleur humain. Mais encore, peut-être que c’est juste qu’il aime divertir les gens autant qu’il le semble, et qu’il n’est pas contrarié par l’attention qui va avec la célébrité. À la fois à l’écran et à la ville, il a plus peur de manquer une opportunité que perdre pied dans la liste A. “Si tout était fini, je le trouverais un peu difficile, sans doute”, dit Jackman, qui a vidé son agenda post-Wolverine pour passer du temps avec sa famille et doit encore aligner sa prochaine gigue. Cependant, il ajoute avec un gros gloussement, “il y aura un moment où je serai sur la liste Oh mon Dieu, regardez ce qui lui est arrivé, ou la liste Il était l’homme le plus sexy sur Terre ?. On ne peut se prendre trop au sérieux”. Même Wolverine doit être d’accord.

Christine Spines

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MUTANT ET MANIAQUES

Wolverine ne travaille pas seul. Il y a d’autres personnes qui avancent dans le film en cassant tout sur leur passage – CS

Dents-de-Sabre / Victor Creed
LIEV SCHREIBER
(les Insurgés)
Doté de sens superhumains et des griffes et des crocs d’un prédateur préhistorique, l’assassin féroce est consommé par une rivalité de toute une vie avec son demi-frère, Wolverine.

William Stryker
DANNY HUSTON
(les Fils de l’homme)
Le colonel de l’armée archi-méchant préside sur le programme d’opérantions sous couverture qui transforme les mutants en machines à tuer. Pourquoi sa vendetta ? Il pense que son fils mutant a poussé sa femme au suicide.

Kayla Silver Fox
LYNN COLLINS
(True Blood)
Le mystérieux véritable amour de Wolverine est une institutrice qui calme ses démons, mais quand elle devient la proie de Dents-de-Sabre, un Wolverine vengereux rejoint le programme Arme X top secret.

Deadpool / Wade Wilson
RYAN REYNOLDS
(un Jour, peut-être)
Initié du programme Arme X avec Wolverine, ce mercenaire qui sort des vannes et qui manie les épées possède aussi la capacité de guérir.

Gambit / Remy LeBeau
TAYLOR KITSCH
(Friday Night Lights)
Le charismatique criminel cajun, favori des fans dans les B.D., peut manipuler l’énergie cinétique pour transformer tout objet en arme fatale – d’un jeu de cartes à son propre poing.

Bradley
DOMINIC MONAGHAN
(Lost)
Ancien membre de la Team X qui peut conduire et générer de l’électricité, ce mutant solitaire reprendre une vie normale comme artiste de cirque après avoir participé à des missions déchirantes.

Traduction – 25 octobre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

Un mariage de rêve

Avec Jessica Biel, Colin Firth, Kristin Scott Thomas, Ben Barnes
Réalisé par Stephan Elliott

Pour son rôle d’Américaine effrontée dans la société britannique des années 1920 vieux jeu, Biel n’a pas vraiment eu besoin de s’engouffrer dans trop de recherches. “J’étais littéralement la seule Américaine sur le tournage”, dit l’actrice de son travail sur un Mariage de rêve, tourné l’année dernière dans la campagne anglaise. “Je me sens définitivement comme un poisson hors de l’eau. Ça aidait”. Dans l’histoire, adaptée d’une poèce de Noël Coward, la Larita impertinente de Biel courtise un gentleman anglais plus jeune (Barnes) pour l’épouser sous une impulsion, au grand chagrin de sa mère austère (Scott Thomas), dont la déprobation constante fait de la jeune mariée ne pas se sentir la bienvenue. Pourtant Larita jure de garder son sang froid malgré l’offensive anti-charme de sa belle-mère. “Elle ne va pas jouer à ces jeux débiles et essayer de se changer pour que la famille l’aime, dit Biel. Elle est un peu agressive”.

Traduction – 6 novembre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

Inglorious Basterds

Avec Brad Pitt, Mike Myers, Diane Krüger, B.J. Novak, Cloris Leachman
Réalisé par Quentin Tarantino

Une unité spéciale de soldats juivo-américains est envoyée derrière les lignes ennemies pour répandre le choc et le respect dans les troupes allemandes dans la France occupée par les Nazis. Pensez aux douze Salopards. “C’est un fantasme de revanche. C’est la grosse accroche qui m’a mis dans la salle – et je ne suis même pas juif”, dit Tarantino. Une autre accroche, c’est Pitt, qui s’est immersé si profondément dans le rôle du lieutenant Aldo Raine, chef de l’escouade sémite, qu’il restait dans le personnage sur le plateau pratiquement tout le temps. “Aldo a ce gros accent épais péquenaud – il est du Tennessee – alors si je posais une question à Brad, il répondait avec l’inflexion d’Aldo, se souvient Tarantino. C’était génial. Je pouvais passer toute la journée à me balader avec le personnage que j’avais créé”.

Pitt n’était pas le seul à parler bizarrement sur le plateau de Basterds. Krüger l’Allemande (Benjamin Gates) parlait afek l’akzent allemand même quand elle ne tournait pas de scènes en tant que Bridget von Hammersmark, star de cinéma à la Marlène Dietrich qui s’avère aussi être une espionne. “C’est venu assez naturellement pour moi, dit Krüger. La clé du personnage, c’est qu’elle parle toujours un peu trop fort”. Novak, qui joue l’un des soldats d’Aldo, le caporal Utivich, récitait ses répliques avec le même accent américain qu’il a dans The Office, mais était si transporté par sa première expérience sur un film majeur, que c’est un miracle qu’il ait pu les bredouiller. “Il y avait un soir de tournage à Potsdam sur cette belle vieille rue au milieu de l’hiver, dit-il. Brad Pitt était là en smoking. Quentin Tarantino cadrait un plan. et j’ai pensé, je ne sais toujours pas ce qu’est de faire un film. C’est ce que faire un film est dans les films sur la réalisation de films”.

BS

QUENTIN TARANTINO

EW Tu as fait des films de gangster, de kung fu… Et maintenant la seconde guerre mondiale ?
QUENTIN TARANTINO J’ai toujours aimé ce sous-genre : un groupe de gars en mission. Dans les années 1940, ils faisaient des films de guerre avec ce mélange merveilleux d’aventure et d’action. Et la comédie, aussi. C’est ma came, tu sais ?
EW Tu as travaillé avec des stars avant, mais jamais une de cette échelle…
QT Bruce Willis, il me faisait une faveur. Robert DeNiro me faisait une faveur. Brad, c’est la première fois que j’ai travaillé avec une énorme star à l’apogée de sa célébrité. Et il ne me faisait pas nécessairement une faveur.
EW Tu es bientôt prêt pour Cannes ?
QT On, on monte.
EW Que préfères-tu, tourner ou monter ?
QT Monter. Ça revient au processus d’écriture. J’ai toujours considéré le dernier brouillon du scénario être le premier plan du film.

Traduction – 8 novembre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé

Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson
Réalisé par David Yates

Résumons le en un mot : enfin. L’adaptation par Warner Bros. de l’avant-dernier roman Potter de J.K. Rowling devait à l’origine sortir l’automne dernier, mais le studio a bougé le film à cet été pour des raisons financières stratégiques. Les fans furieux ont protesté avec des pétitions – et des farceurs se sont moqués de leur outrage avec des vidéos virales, dont un qui présente Hitler, dans sa scène du bunker dans la Chute qui devient apoplectique à propos du délai de Potter. Mais enfin, l’attente sera rapidement finie.

“Vous savez le titre de celui-là, bien sûr”, dit Robbie Coltrane, alias Hagrid, du sixième volet de la franchise. SPOILER ! “C’est celui où Dumbledore [Michael Gambon] sort ses griffes”. (Si vous n’êtes pas au courant du baragouin de Coltrane, eh bien… mystère préservée.) FIN DU SPOILER ! C’est aussi celui où nous apprenons les origines de Voldemort – bien qu’il y a bien moins de cela dans le film que dans le livre, où Harry et Dumbledore sautent dans des flaques de mémoire liquide pour observer l’évolution du méchant. Citant le besoin d’économie narrative et de drame dynamique, le scénariste Steve Kloves dit qu’il a choisi “quelques souvenirs clés au lieu de tenter de tous les inclure”.

Le Prince de sang mêlé souligne aussi la relation d’Harry avec le professeur Slughorn (Jim Broadbent), le professeur de potions qui retient un secret sur le passé de Voldemort, plus une intrigue de romance adolescence qui implique Harry (Radcliffe) et Ginny (Bonnie Wright), ainsi que Ron (Grint), Hermione (watson) et la nouvelle arrivée Lavandre Brown (Jessie Cave). “Le dernier film était assez intense avec toute cette bataille, dit Grint. Celui-là est beaucoup plus léger et marrant”. Non pas que le film manque de sensations. “J’ai travaillé avec une araignée géante, dit Broadbent. C’était merveilleux”.

Jeff Jensen

Traduction – 8 novembre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

Public Enemies

Avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard, Billy Crudup
Réalisé par Michael Mann

Tous ceux qui ont vu le Solitaire de 1981 ou Heat de 1995 savant que Michael Mann sait réussir un film de hold-up. Ainsi il n’est pas surprennant que le scénariste-réalisateur dur soit attiré par l’histoire du dévaliseur de banque sur lequel on a raconté le plus d’histoires, John Dillinger. Dans les années 1930, époque où la plupart des Américains étaient martelés par la Dépression, Dillinger a lancé l’une des séries de crimes la plus vertigineuses de tous els temps. Elle l’a transformé en héros du folklore national. Après tout, il osait faire ce que le reste du pays attaché à l’argent ne pouvait que rêver : braquer des banques, qui étaient passées d’institutions de confiance à enemies richardes de l’ouvrier.

Opportun, non ?

Mann a grandi à Chicago, décor de l’un des hold-up de Dillinger, et il a tourné autour de l’idée d’un film sur Dillinger sur la pointe des pieds depuis des décennies. “Le Biograph Theater, où Dillinger a finalement été abattu, était un endroit où je sortais en amoureux avec ma femme, il y a 30 ans”, dit-il en riant. En fait, dans les années 1970, Mann a écrit un scénario sur les débuts du FBI quand il pourchassait des gangsters comme Dillinger. “Rien n’en est sorti, dit Mann, mais je suppose qu’il a toujours été dans ma tête toutes ces années”.

Le nom de ce scénario ? Public Enemy.

Johnny Depp flirtait aussi avec l’idée de jouer le voleur légendaire depuis un moment. Depp, dont le grand-père faisait passer de l’alcool de contrebande sur le marché noir du Kentucky durant la Prohibition, a grandi en idolatrant des hors-la-loi comme Dillinger. “Certains pourraient ne pas être d’accord, mais je pense qu’il était un vrai Robin des Bois”, dit Depp du braqueur de banques, qui au moins a réussi la partie “voler au riches” du crédo de Robin des Bois. “Il savait que la compte à rebours avait commencé, et mec, si ce n’était pas le moment de s’amuser, alors je ne sais pas quand ce le sera !” Il est inutile de dire que lorsque Mann s’est approché de Depp pour qu’il joue Dillinger, l’acteur n’a pas dû être mencé d’une arme.

Tandis que le film de Mann est ostensiblement un biopic du criminel dont les traits de star de cinéma et le toour de main pour une mitraillette Thompson ont fait de lui l’ennemi publique numéro 1 aux débuts du FBI, il ne serait pas vraiment une histoire sans adversaire coloré qui le suit de près. Heureusement, l’histoire en a fourni un, aussi. Entre Christian Bale dans le rôle de Melvin Purvis, l’agent enfant chéri de J. Edgar Hoover. “Il était connu comme le Clark Gable du Bureau, dit Bale. Bien qu’il était de l’autre côté de la loi que Dillinger, ils étaient similaires à certains égards. Purvis avait la meilleure voiture de l’époque, une Pierce-Arrow, et un chauffeur le conduisait au travail chaque matin. À ce jour, il est responsable d’avoir attrapé plus d’ennemis publiques que n’importe quel agent de l’histoire”.

Pour un film d’été qui ne comprend nu de superhéros ni de cyborgs, cela aide certainement d’avoir des acteurs menés par Depp et Bale – peut-être les deux seuls acteurs de Hollywood capables de porter un film franchisé et de rester fidèles à leur crédo artistique des rues. D’une manière, on pourrait dire que Depp et Bale sont les effets spéciaux du film. Ce pourrait aussi être le seul film qui sort durant les mois d’air conditionné dont on pourrait toujours parler à l’époque des Oscars.

Durant sa carrière, que ce soit avec Révélations ou le Dernier des Mohicans, Mann a encouragé ses acteurs à entrer profondément dans leurs personnages autant qu’ils le souhaitaient. Et dans Depp et Bale, il a trouvé des interprètes qui voulaient aller très profond. Quand on a présenté à Depp une valise que Dillinger avait laissé après l’avoir échappé belle, Mann a dit que l’acteur a réagi comme un môme dans un magasin de bonbons (ou, plus vraisemblablement, un môme braquant un magasin de bonbons). Il a même été jusqu’à caresser les chemises pliées de Dillinger et sa trousse de toilette. Pendant ce temps, Bale, un acteur dont Mann dit qu’il était dans son personnage “24 heures sur 24, 7 jours sur 7”, a étudié des volumes de coupures de presse jaunies et des anciennes actualités filmées. Il a même rendu visite au fils de Purvis en Caroline du Sud. Bale : “Je ne sais pas que c’est essentiel, mais si c’est là, je ne voudrais pas le faire sans”.

Pourtant, les cinéphiles ne devraient pas s’attendre à deux heures de feux d’artifice de la Méthode entre les stars. “On a eu très peu de scènes ensemble, admet Bale. En fait, il y en a qu’une. Autrement, Johnny était juste une silhouette sur laquelle je tirais”. Juste une scène ? Comme Robert DeNiro et Al Pacino dans Heat de Mann ? “Eh bien, ne vous méprenez pas. Ce film parle de Dillinger. Je suis le second rôle. Alors ce n’est pas le genre de moment dont tu parles”.

S’ils ne partagent pas beaucoup de temps à l’écran, une chose que Depp et Bale ont partagé était leur scène préférée du film : une re-création de l’infâme raid du FBI en 1934 au Little Bohemia Lodge dans le nord du Wisconsin. Mann et son équipe ont fait un pélerinage à l’endroit réel où Dillinger l’a échappé belle à Purvis et ses hommes. Même aujourd’hui, des mois après, Bale semble toujours quasi étourdi en s’en souvenant. “J’ai tiré tant de balles dans ces bois au milieu de la nuit, que je sentais littéralement le goût du métal pendant une semaine après”. Pouvons-nous suggérer du popcorn comme détergent de palais ?

Chris Nashawaty

Traduction – 7 novembre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

Là-Haut

Voix de Ed Asner, Jordan Nagai, Christopher Plummer
Réalisé par Pete Docter

Même à Disney-Pixar, la vie peut être accablante. “Il y a beaucoup de jours où je veux juste ramper sous mon bureau”, dit le réalisateur Docter (Monstres et compagnie), qui était évidemment dans une humeur tout aussi misanthrope quand il s’est réuni avec le scénariste du Monde de Némo, Bob Peterson, pour imaginer leur prochain film. “On a dessiné cette idée d’une maison qui s’en allait en flottant accrochée à des ballons, dit Docter. Ça semblait très paisible. On a aussi pensé aux anciens. [Un vieil homme] a gagné la capacité à ronchonner contre les gens”. De ces dicutions a émergé Là-Haut, l’histoire d’un veuf ancien marchant de ballons (Asner) qui, avec les moyens du bord, fait envoler sa maison vers un voyage longtemps reporté pour l’Amérique du Sud. Mais est-ce qu’un film d’animation sur un senior grincheux peut réussir à charmer des mômes qui aiment s’amuser avec des jouets ? Malgré l’enviable série de Pixar de neuf films à succès à la suite, Docter insiste sur le fait qu’il n’est pas inquiet. “À un moment où un autre [du processus de réalisation], presque tous ces films étaient moches, dit-il. C’est comme mettre un enfant au monde : tu cries de douleur, mais une fois que le môme est né, tu sors : On en fait un autre ?”.

ABV

Traduction – 27 octobre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

Anges & Démons

Avec Tom Hanks, Ewan McGregor, Ayelet Zurer, Stellan Skarsgård
Réalisé par Ron Howard

L’adaptation en 2006 d’Howard du Da Vinci Code a été accueillie par des protestations des chrétiens, qui étaient furieux de sa théorie conspirative de Jésus à la Marié, 2 enfants. La conséquence : un record de 758 millions de $ de part le monde. Mais le réalisateur oscarisé croit que Anges & Démons – adapté du roman précédent de Brown (bien que le film est positionné en suite) – ne provoquera pas une colère similaire. “Il parle certainement de gros thèmes comme la religion et la science… mais il ne porte pas la même charge outrageuse”, dit Howard. Pourtant, dit la costar Zurer (Angles d’attaque) : “On a quelqu’un qui se fait tuer dans le Vatican ! Bien sûr que les gens ne vont pas être contents !”

Anges est un offenseur d’opportunité tout à fait égale : l’histoire est mise en mouvement par le meurtre horrible dans l’un des sanctuaires les plus secrets de la science, le Centre Européen de la Recherche Nucléaire, alias le CERN. L’universitaire qui déchiffre les codes, Robert Langdon (Hanks) et une scientifique du CERN (Zurer) avancent avec des problèmes pour arrêter une société sécrète de libre penseurs qui haïssent l’Église connue sous le nom de Illuminati d’incinérer le Vatican avec une boîte d’anitmatière. “Le film est un thriller avec un compte à rebourd d’une bombe”, explique Howard.

Les ressentiments du Da Vinci Code semblaient persister d’une certaine manière. Quelques jours avant le début du tournage à Rome l’année dernière, Howard a appris que les autorités locales étaient devenues hésitantes par rapport à la production, cependant ils ont retiré brusquement, dit-il, “leur permission formelement révoquante” de tourner dans des lieux clés. Puis, le second soir d’un tournage de deux soirs dans un mausolée connu sous le nom de St. Angelo, l’électricité a été coupée. “Quelqu’un a littéralement éteint les lumières”, dit Zurer. “De gré ou de force, dit Howard, on a eu ce qu’on avait besoin”. Et l promet une amélioration en plus par rapport au Da Vinci : la coupe de cheveux hippie de Hanks est partie. “Apparemment, il y a eu beaucoup de discussions sur les longs cheveux, alors on a donné à Langdon une bonne coupe”.

JJ

Traduction – 1er novembre 2009

Entertainment Weekly – 24 avril 2009

L’Âge de glace

Avec les voix de Ray Romano, John Leguizamo, Denis Leary, Queen Latifah
Réalisé par Carlos Saldanha

Ne vous inquiétez pas de la manière dont les dinosaures peuvent apparaître dans le troisième volet de l’Âge de glace, qui a lieu des millions d’années après qu’ils aient tous été éteints. “Ouais, on a pris un peu de liberté créative”, glousse Saldanha (l’Âge de glace 2). Sid le paresseux (Leguizamo) tombe dans un “monde souterrain de dinosaures qui a toujours été là mais dont personne n’en connaissais l’existence”, explique-t-il. Quand Manny le mammouth laineux (Romano) et le reste du gang partent à sa recherche, ils rencontrent une belette nommée Buck (Simon Pegg), le seul mammifère qui a vécu au sein des dinos reptiliens, bien que du style au Cœur des ténèbres. Le réalisateur : “C’est une sorte de Indiana Jones qui rencontre le Colonel Kurtz”.

Traduction – 8 novembre 2009