“Je pense que mon épitaphe inclura les mots fauteur de trouble, puéril, tout ce que cette société déteste et il a rendu la laideur belle”.
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(Malcolm McLaren) Mojo – juin 2010 : L’homme qui a vendu le monde
"Sois tout ce que cette société déteste", proclamait Malcolm McLaren durant l’un de ses meilleurs moments de création de slogans. Et pourtant, l’homme qui a fourgué les Sex Pistols aux masses et qui a fourni au punk sa plus grande résonance iconoclaste était également un traditionaliste complexe et complètement contrariant. Mark Paytress se souvient…
Q – juin 2010 : Nécrologie – Malcolm McLaren – 1946-2010
L’ancien svengali des Sex Pistols est décédé d’un cancer le 8 avril. John Niven célèbre une vie de subversion.
Guardian – 22 avril 2010
L’anarchie règne tandis que les funérailles de Malcolm McLaren attirent le beau monde punk
“Où est le cash ? Est-ce que je peux te déterrer ?” – Steve Jones
“En ce jour cruel, cruel… Faites votre vie !” – Vivienne Westwood
Alexandra Topping
Les funérailles de Malcolm McLaren n’allaient jamais être une affaire sobre. Tandis que le corbillard portant le cercueil de l’impresario punk passait devant les boutiques vendant des habits bondage et des t-shirts des Sex Pistols dans le Nord de Londres aujourd’hui, certains ont frappé des mains, la plupart ont applaudi, et une voix qui hurlait “Anarchie !” s’est élevée au-dessus du reste.
Une voiture tirée par un cheval était à la tête de la procession qui partait de l’église désaffectée de St Mary Magdalene vers le cimetière de Highgate, tandis que le cercueil de McLaren était peint à la bombe avec les mots “Too fast to live, too young to die”. Il était suivi d’un bus à impériale vert plein à craquer à destination de “Nulle Part” et décoré de l’une des citations préférées de McLaren : “Cash from chaos”.
Déterminés à l’accompagner avec style, les membres de la suite funéraire de 200 personnes traînaient aux fenêtres, chantant sur la version de sid Vicious de My Way de Frank Sinarea. Parmi le cortège funèbre du service privé se trouvait l’ancienne compagne de McLaren Dame Vivienne Westwood, portant un bandeau emblasonné du mot “chaos”. Elle a conseillé aux gens d’embrasser la créativité de McLaren et son sens de la rébellion. “Je suis très, très triste que, incroyablement, Malcolm soit mort, a-t-elle dit, et je voulais juste dire en ce jour cruel, cruel… faites votre vie, faites en quelque chose !”
Durant un service non religieux, Sir Bob Geldof et le batteur des Sex Pistols, Paul Cook, ont chanté la version de McLaren de You Need Hands de Max Bygraves. Joseph Corré, le fils de McLaren et Westowwod, a lu un mot du guitariste des Sex Pistols Steve Jones, qui a adressé directement son vieil adversaire.
“Cher Malcolm, as-tu pris l’argent avec toi ? Est-ce qu’il est dans le cercueil ? Ça te dérange pas si je reviens demain te déterrer ? a-t-il écrit. J’ai toujours eu un faible pour toi. Tu m’as montré beaucoup quand j’avais 17 ans… et je te dois beaucoup pour m’avoir montré un côté différent de la vie”.
David Johansen des New York Dolls, managés autrefois par McLaren, a rejoint le poète punk John Cooper Clarke et les artistes Dinos Chapman et Tracy Emin aux funérailles, ainsi que Adam Ant et le leader de Primal Scream, Boby Gillespie.
Un Boy George absent a envoyé un symbole anarchiste arrangé en fleurs avec une carte qui disait : “À Malcolm, reppose en paix”.
La compagne de McLaren, Young Kim, a dit à l’assemblée que McLaren avait travaillé jusqu’à sa mort, qui était survenue comme un choc.
Comme son beau-fils Ben Westwood l’a déclaré avant la cérémonie, le décès de McLaren allait tooujours être un événement publique. “Tout allait être publique avec Malcolm, a-t-il dit. Il ne devrait pas avoir des funérailles calmes. Il n’a jamais été un homme calme. Cette idée de chagrin familial privé, il détestait tout ça”.
La foule qui s’est alignée dans les rues de Camden avaient leurs propres hommages. Greg, 52 ans, qui avait travaillé sur la King’s Road en même temps que Malcolm, a montré les boutiques dans les rues : “C’est lui qui a fait tout ça. Malcolm a inspiré les gens à penser pour eux-mêmes”.
Le promoteur musical Piers Miller, 40 ans, a dit : “Malcolm a rendu le rock dangereux à nouveau. Je ne pense pas qu’on s’est rendus compte combien il apparaissait jusqu’à ce qu’il soit parti”.
Un adolescent, cheveux roses, Doc Martens, t-shirt Sex Pistols et attitude qui va avec, a déclaré : “C’était le parrain, il a aidé tant de groupes underground… d’accord, il a aussi pris leurs sous, mais il les a aidés”.
Stephen Gill, photographe de 39 ans, a dit que l’aspect du jour qui aurait le plus plu à McLaren était la présence des médias. “Il y a autant d’objectifs que de punks, dit-il. C’est un vrai hommage à Malcolm. Il a encore réussi sans même être là”.
Bien que de nombreux clients et commerçants qui achètent et vendent les vêtements punks qui émanaient des idées de McLaren ne savaient pas qui il était, un punk vieillissant la tête rasée, un anneau dans le nez et quelques dents arrachées à main nue pour garder le cœur anarchiste du punk vivant. Quand on lui a demandé ce qu’il pensait de McLaren, il a lancé d’un ton hargneux : “Tu veux une citation, tu paies”, avant de découvrir son dos grandement tatoué aux membres de la presse assemblée.
Traduction – 2 mai 2010
Telegraph – 8 avril 2010
Malcolm McLaren : Repose en bruit
Malcolm McLaren était l’un des grands gourous louches du rock, ces personnages manipulateurs pas vraiment en coulisses, qui voyaient la culture des jeunes comme une sorte de cour de récré personnelle. Il n’a jamais été, honnêtement, motivé par l’argent (à la différence de, disons, le Colonel Tom Parker, le vendeur de choc de Elvis). McLaren était motivé par la malice, la philosophie et le style, par la croyance égoïste qu’ils pouvait implanter sa vision personnelle (et hautement idiosyncratique) sur le monde par l’intermédiaire du talent d’autres personnes. Il était, à cet égard, plus une rock star, un rêveur et un artiste que la plupart des soi-disant musiciens dont il s’est chargé de la carrière (cependant brièvement, et habituellement avec des résultats mitigés), et ce n’était pas une surprise pour les observateurs de McLaren quand il a abandonné le management pour se lancer dans sa propre carrière.
Effectivement, dans ses récentes mémoires Apathy For The Devil, le légendaire critique rock du NME des années1970, Nick Kent, révèle que McLaren a brièvement tenté de lancer sa révolution punk avec lui-même (trentenaire gourou de la mode aux cheveux frisés habillé comme un dandy victorien) comme chanteur des Sex Pistols naissants, un groupe que McLaren avait recruté avec quelques vilains garnements des HLM de l’Ouest de Londres. C’était une idée qui, heureusement, n’a pas duré plus que quelques répétitions, et à la place y a installé un môme bizarre qui traînait dans la boutique de vêtements anarchique que McLaren (et sa femme de l’époque, Vivenne Westwood) tenaient à Chelsea. Il a donné au jeune John Lydon le nom de Johnny Rotten (Jeannot le Pourri) à cause de ses vilaines dents, l’a habillé avec les t-shirts déchirés et les pantalons bondage qu’il concevait avec Westwood, et l’histoire du rock a été changée à jamais.
Le punk aurait pu arriver sans McLaren (en effet, les punks artistiques de New York avanceraient que cela arrivait déjà) mais il n’aurait jamais eu la bile et le style, la pure énergie venimeuse et le désir espiègle de contrarier la convention qui attrapait le monde par le cou et a fait de 1976 l’année zéro pour toute une génération. McLaren était vraiment un visionnaire mais c’était aussi un égoïste régnant et un m’as-tu-vu, dont le désir de contrôler les gens et de former les événements (et être récompensé lui seul) avait tendance à lui exploser au visage. c’était l’homme qui a créé les Sex Pistols et l’homme qui les a détruits, déchirant le cœur musical du groupe quand il a renvoyé le bassiste (et compositeur clé) Glen Matlock et l’a remplacé par Sid Vicious, jeune sociopathe héroïnomane qui ne savait pas jouer.
Les réussites de McLaren avec d’autres musiciens étaient décidément mitigées. Avant les Pistols, il a brièvement dirigé les New York Dolls vers le désastre. Après les Pistols, il a lâché Adam Ant puis a chipé son milieu musical pour le groupe au tube unique Bow Wow wow, tandis que la Fourmi a fini par devenir une sensation pop mondiale. Sa propre carrière musicale, de manière peut-être surprenante (surtout étant donné sa déclaration de manque de talent musical), a eu du succès à la fois sur le plan artistique et commercial, du moins dans son premier flash d’enthousiasme. Sa première adoption des principes copier-coller du hop hop sur le révolutionnaire Buffalo Gals et le clash d’opéra Fans a permis à McLaren de donner libre cours à toute son exubérance et son intelligence naturelle.
Mais si McLaren n’a jamais vraiment construit après ce premier succès avec les Sex Pistols, c’est parce qu’il avait trop d’idées, et possiblement trop peu de discipline et de toute manière, ce qui l’intéressait vraiment, c’était sa propre conception poétique de la culture pop, pas les choses sérieuses de tenir un business rock. C’était un grand excentrique anglais, et on ne peut nier qu’il a laissé son empreinte dans le monde, dans la mode et la musique et la pure force de personnalité. Où qu’il soit parti maintenant, je doute qu’il (ou quiconque à ses côtés) reposera en paix.
Neil McCormick
Traduction – 12 avril 2010
Irish Times – 10 avril 2010
L’homme qui a lancé les Pistols – et qui s’est débarrassé des pattes d’éléphants
Malcolm McLaren, qui est décédé cette semaine, a déclaré trop de crédit comme Gourou du punk, mais il était néanmoins une figure culturelle clé des temps modernes, écrit Hugh Linehan
Regardez la photo ci-dessus, prise sur la King’s Road de Londres en été 1976, quand le punk était une expression qui n’était pas encore apparue dans les journaux. C’est une belle journée. Tout le monde semble très heureux. La réaction des gens “normaux” à gauche et à droite, avec leurs pattes d’éléphants et leurs coupes de cheveux à la Purdy, est indulgente, amusée, étonnée. Qui sont ces étranges créatures ? Et pourquoi portent-elles ces vêtements ridicules ? Les jeunes qui sourient au milieu de la photo pensent probablement : “Nous venons du futur, et nous sommes là pour vous tuer, merde”.
Si le seul exploit de Malcolm McLaren avait été l’élimination des pattes d’éléphants, alors il mériterait les remerciements d’une génération mais aurait eu qu’une toute petite mention dans l’histoire de la culture populaire. Si son exploit était mesuré par les ventes des Sex Pistols (un single numéro un, un album au sommet des charts pendant douze mois), alors il ne serait pas jugé beaucoup plus haut.
Alors pourquoi ce personnage plutôt absurde, avec son auto-glorification incessante, sa voix jasante et grinçante et son incapacité à se la fermer, mérite d’être considéré comme l’un des figures culturelles les plus importantes de la fin du XXème siècle ? Parce que, d’une manière ridicule et fortuite qui était la sienne, il a fait autant que quiconque pour inventer le monde dans lequel, pour le meilleur et le pire, vous et moi vivons encore.
Cela fait 35 ans que McLaren s’est accroché à un groupe de péquenauds qui traînaient dans la boutique que lui et sa copine Vivienne Westwood tenaient sur la King’s Road, s’est décidé à les appeler les Sex Pistols, les a habillés en costumes de Teddy Boys, pantalons de bondage et de t-shirts à slogans, et les a lancés dans une Grande Bretagne aussi lointaine de nous aujourd’hui qu’était le Blitz à l’époque.
Les Sex Pistols étaient un engin incendiaire jeté au visage d’une culture collective qui était sur le point de s’effondrer. Ils ont parfaitement accéléré et articulé ce processus. Tout ce qui a suivi, dans la musique, le design, la mode, l’art, les idées, serait différent à cause de ce moment. (Mieux ? Qui sait ? Mais définitivement différent.) McLaren n’a pas réellement inventé ou créé beaucoup lui-même, mais il a été essentiel dans la réalisation de tout cela.
Ses idées étaient souvent affreuses ; avant que le punk ne démarre, il avait précipiter la mort des New York Dolls en les habillant de cuir rouge et en mettant un marteau et une faucille derrière eux sur scène.
Mais il a volé des idées considérablement plus intéressantes (et le mot “punk”) d’une sous-culture new yorkaise underground peu connue, les a mariées à son propre milieu de farce des beaux arts des années 1960, a travaillé avec Westwood pour écraser le style de rue britanniques des années 1950 avec des habits S&M bondage – et voilà ! Cela peut ne pas s’élever à beaucoup, un chapitre mineur dans les annales obscures de la longue gueule de bois de la contre culture des années 1960, si l’époque n’avait pas été aussi vieillotte pour un tel changement.
McLaren déclarant être un Gourou était clairement ridicule. Il n’était ni un Colonel Tom Parker ou un Simon Cowell ; ses “marionnettes” rentraient toujours hors scène en titubant et hors de son contrôle. Ses manipulations médiatiques soi-disant brillantes étaient grandement accidentelles.
Peut-être le plus grand accident de tous, comme il l’a reconnu plus tard, a été que les Sex Pistols étaient en fait bons. Cela ne faisait pas vraiment partie du plan, et il a rapidement réussi à le saboter en virant Glen Matlock, qui avait écrit les chansons, le remplaçant avec un jeune dégingandé photogénique nommé John Beverly, qui est devenu Sid Vicioous. En tant que manager, c’était un désastre ; une tornade de violence et d’excès qu’il a envoyée autour des Sex Pistols a endommagé certaines personnes irrémédiablement et a contribué aux morts sordides de Vicious et de Nancy Spungen. D’une certaine manière, cependant, les talents des autres ne cessaient de s’unir autour de McLaren, les illustrations de Jamie Reid, le style de jeu de John Lydon.
“Westwood et lui avaient projeté une hype qui était devenue une vraie culture, grâce à l’effort colelctif des gens avec qui ils travaillaient”, a écrit Jon Savage dans England’s Dreaming, le meilleur récit de toute la chose. “L’éclatement de liberté qui s’en est ensuit n’aurait jamais pu être prédit. En déclarant que ce n’était pas un accident, mais juste le calcul d’un auteur, McLaren a inconsciemment remplacé la liberté par un cynisme programmateur, qui infectera la culture populaire anglaise tout au long des années 1980”.
Alors à quoi tout cela s’élevait ? Le mouvement en lui-même n’a duré à peine deux ans ; l’auto-destruction, le conflit interne et l’effondrement peu ordonné étaient construits dans son ADN, après tout. McLaren a finit par avoir quelques moments pop à succès modéré au début des années 1980, puis a accepté le poste de Trésor National Britannique, avec ses sinécures médiatiques et expertises qui l’accompagnaient (on croit rêver quand on apprend qu’il a été employé par Steven Spielberg comme conseiller sur la Couleur pourpre).
Le punk n’a jamais vendu beaucoup de disques, même s’il a engendré des milliers de rejetons qui en ont vendus beaucoup. L’esthétique imaginée sur la King’s Road s’est rapidement calcifiée en un banal uniforme tribal et une philosophie de médiocrité nihiliste. Mais il a envoyé un choc électrique de part le monde dont les effets qui subsistent, que ce soit un bien ou un mal, peuvent être aperçus à ce jour, dans les médias, l’art et la culture pop et le comportement. Malcolm McLaren a appuyé sur cet interrupteur.
Traduction – 11 avril 2010
Irish Times – 9 avril 2010
Le manager et créateur des Sex Pistols, Malcom McLaren meurt
Malcolm McLaren, qui est décédé des suites d’un cancer à l’âge de 64 ans en Suisse hier, était un flamboyant entrepreneur et impresario a s’est fait un nom durant les années punk de la fin des années 1970.
De manière typiquement vantarde, il déclarait avoir inventé le punk, mais on se souviendra peut-être plus de lui comme manager des Sex Pistols et constructeur de façon artistique de leur statut notoire.
Sorte d’homme de la Renaissance dernière époque, McLaren – qui n’avait jamais peur d’estimer son influence culturelle – était également propriétaire d’une boutique de vêtements, artiste à succès et parfois pierre angulaire culturelle dans la musique et la mode.
Né dans le Nord de Londres, il avait abandonné ses études aux Beaux Arts pour attirer l’attention sur lui au début des années 1970 quand il a persuadé le groupe américain les New York Dolls de l’engager comme manager. Imbibé de la scène punk contre-culturelle naissante de New York, il est retourné en Grande Bretagne avec des projets de lancer une “révolution punk”.
Avec sa petite amie de l’époque, la couturière Vivienne Westwood, il a monté la célèbre boutique fétichiste “Sex” dans la King’s Road de Londres et a assemblé les Sex Pistols à partir d’une collection de clients/habitués de la boutique. Imprégné de philosophie situationniste et toujours à l’affut d’un tour de force publicitaire qui se retrouve à la une, il a fait des Sex Pistols le groupe le plus infâme de leur génération.
Les Pistols ont eu une brève carrière à succès (un album numéro un et des singles controversés) et demeurent une grosse influence sur la scène d’aujourd’hui.
Des tensions avec le chanteur du groupe, John Lydon, a causé l’implosion du groupe en 1978 et il y a eu un horrible jugement entre le manager et le groupe à propos de problèmes de royalties et de copyright. Dans les années 1980, McLaren a sorti l’un des premier disques de hip-hop (Dutch Rock en 1983) et a également été le manager du groupe brièvement célèbre Bow Wow Wow.
Il est resté un très bon commentateur de la culture du divertissement et en 2000, il a dit qu’il allait se présenter comme Maire de Londres, poste qui venait d’être créé – bien que sa campagne n’ait jamais décollé. Il y a trois ans, il était censé apparaître dans la version anglaise de Je suis une célébrité, sortez moi de là, mais il s’est désisté la veille, disant qu’il n’avait jamais entendu parler des autres candidats. Il a aussi coproduit le documentaire Fast Food Nation (diffusé au festival de Cannes) et une série de ses “tableaux sonores” a été exposée sur un écran géant sur Times Square à New York. Son fils avec Vivienne Westwood, Joe Corre, est le fondateur de la chaîne de lingerie à succès, Agent Provocateur. Hier Westwood a décrit McLaren comme “très charismatique, spécial et talentueux”.
Parlant à votre serviteur quelques jours avant la mort de McLaren, le leader des Sex Pistols, John Lydon, a dit qu’il n’avait jamais vraiment, comme le veut la sagesse conventionnelle, détesté son ex-manager et adversaire à la cour. “On était un groupe génial, mais on avait ses affreux problèmes de management avec Malcolm”, a déclaré Lydon.
“Après le tout dernier concert des Sex Pistols à San Francisco (en 1978), il m’a laissé en plan sans argent ou ticket d’avion de retour. Toute l’affaire est devenue une blague et il ne me parlait même pas à l’époque. Puis on a eu ce jugement de malade et ce qui m’a vraiment énervé, c’est qu’il déclarait qu’il possédait mon surnom Johnny Rotten. C’était une époque très frustrante. Avec les Pistols éclatés, le punk est juste devenu un cintre pour les gens aux vestes de cuir à clous et aux cheveux en pointes”.
Le principal chroniqueur de la scène punk britannique, l’écrivain Jon Savage, a dit hier de McLaren : “Sans Malcolm, il n’y aurait pas eu de punk britannique. C’est l’un de ces rares individus qui ont eu un énorme impact sur la vie culturelle et sociale de leur nation. Ce qu’il a fait avec la mode et la musique était extraordinaire”.
L’ex-bassiste des Stone Roses, aujourd’hui dans Primal Scream, “Mani” Mountfield, a dit hier : “Ce que Malcolm et les Sex Pistols ont commencé a été une génération de musiciens qui avaient les couilles d’avoir leur propre avis et de défier les pratiques de travail normales de l’industrie du disque.
“Moi-même et beaucoup d’autres de ma génération lui sommes redevables pour nous avoir montrer le chemin. RIP Malcolm McLaren, un vrai innovateur, visionnaire, instigateur et agent provocateur”.
Brian Boyd
Traduction – 10 avril 2010
The Guardian – 9 avril 2010
Malcolm McLaren, impresario punk, meurt des suites d’un cancer à l’âge de 64 ans.
Le manager des Sex Pistols qui a révolutionné la culture populaire et a apporté l’anarchie au Royaume Uni meurt en Suisse
Malcolm McLaren, l’homme qui a changé de manière irréversible le visage de la musique britannique en tant que manager des Sex Pistols, est décédé hier, à l’âge de 64 ans.
Il souffrait d’un cancer depuis quelques temps et, malgré une récente période de rémission, son état s’était rapidement détérioré ces derniers jours, selon son porte-parole. Il est mort en Suisse hier matin et son corps doit être rapatrié pour être enterré au cimetière Highgate, au Nord de Londres.
Ceux qui lui ont rendu hommage hier incluaient John Lydon, qui a signé de manière poignante sa déclaration au nom de Johnny Rotten, le nom de guerre que l’ancien enfant terrible utilisait durant sa période Sex Pistols.
“Pour moi, Malc était toujours un amuseur et j’espère que vous vous souviendrez de cela, dit-il. Avant tout, c’était un amuseur et il va me manquer comme à vous aussi”.
Young Kim, 38 ans, compagne de McLaren durant ces 12 dernières années, a dit qu’un mésothéliome lui a été diagnostiqué – une rare forme de cancer, en octobre dernier. Elle a expliqué : “Il est mort à l’hôpital en Suisse aujourd’hui, il allait bien jusqu’à récemment, il était lucide, je lui ai parlé hier”.
Le décrivant comme “l’ultime artiste postmoderne”, elle a ajouté : “Je pense que Malcolm a reconnu qu’il avait changé la culture, il a vu qu’il avait changé le monde”.
“Tout le monde demande : Qui était Malcolm McLaren ? Tout ce qu’il a fait a été révolutionnaire, en tant qu’artiste, il a suivi le fil rouge d’Andy Warhol”.
Né dans le Nord de Londres en 1946, McLaren est allé aux Beaux-Arts en centre ville avant d’ouvrir une boutique de vêtements sur la King’s Road de Chelsea à Londres, avec sa compagne de l’époque, Vivienne Westwood.
McLaren a dit plus tard qu’il a ouvert la boutique, nommée à l’origine Let It Rock, pour “le seul but d’éclater la culture anglaise de la tromperie”. Le duo a commencé à se spécialiser dans les vêtements fétichistes en caoutchouc et cuir, rebaptisant notoirement la boutique “Sex” et définissant la mode punk pour une nouvelle génération.
La couturière, aujourd’hui Dame Vivienne, a dit hier soir qu’ils ne s’étaient pas parlés pendant longtemps mais a ajouté : “Quand nous étions jeunes et que je suis tombée amoureuse de Malcolm, je le trouvais beau et c’est toujours le cas. Je le trouvais très charismatique, spécial et talentueux. La pensée qu’il soit mort est quelque chose de vraiment très triste”.
Dame Vivienne a dit que le fils du couple, Joe Corre, co-fondateur de la marque de lingerie Agent Provocateur, et Ben Westwood, le fils qu’elle a eu de son premier mariage, étaient avec McLaren quand il est mort.
Corre a dit hier soir : “C’était le punk original et il a révolutionné le monde. C’est quelqu’un dont je suis incroyablement fier. C’est une vraie source d’inspiration pour les gens”.
Tandis que le partenariat d’affaire de McLaren avec Westwood allait influencer la culture populaire, c’est son immersion dans le monde de la musique qui a sécurisé sa place dans les annales de l’histoire rock. Durant une visite à New York, où il voulait monter une boutique, il a brièvement été le manager des New York Dolls.
Hier soir, Sylvain Sylvain, l’un des membres originaux, a décrit McLaren comme un “visionnaire”.
“Malcolm était le mec le plus cool que je connaissais. Je suis si triste qu’il soit parti”, a-t-il déclaré.
“Il a donné au monde de la musique incroyable, un style incroyable. On peut aller à Pékin aujourd’hui et voir des boutiques punks, et cela n’aurait pas arrivé sans Malcolm et Vivienne”.
De retour à Londres, McLaren était déterminé à fonder son propre groupe et en 1976, c’était le manager des Sex Pistols, l’entité punk qui a révolutionné la culture populaire et a présenté l’anarchie au grand public.
Le journaliste musical Jon Savage, qui a écrit England’s Dreaming, une histoire du punk et des Sex Pistols, a dit que le mouvement n’aurait pu exister sans McLaren.
“J’espère qu’on se souviendra de lui avec tendresse. C’était un personnage complexe, un personnage contradictoire. Il pouvait être très charmant, il pouvait être très cruel, mais il comptait et il a assemblé quelque chose qui était extraordinaire”.
Bien que les Sex Pistols n’ont pas réussi à obtenir la première place avec God Save The Queen, qui a atteint la seconde place durant le Jubilée d’argent de la Reine Elizabeth II, des paroles comme “God save the queen/She ain’t no human being/And there’s no future/In England’s dreaming” ont assuré que l’outrage soit répandu. Et les cascades de McLaren – comme faire jouer le groupe ses tubes anarchistes sur un bateau qui passait devant le parlement – lui ont assuré d’être toujours sous le feu des projecteurs.
À propos de tourner avec les Sex Pistols, McLaren avait dit : “J’avais créé un sentiment qui était à la fois euphorique et hystérique. Dans ce bus de tournée, on ne pouvait s’empêcher d’avoir conscience d’un énorme éventail de possibilités – que peu importe ce qu’il se passait, cela ne pouvait être prédit, que c’était un mouvement vers un lieu inconnu. Nous avions les moyens désormais de déclencher une révolution du quotidien”.
McLaren, qui a fait signer au groupe son contrat d’enregistrement devant Buckingham Palace, avait “le spectacle dans le sang”, selon le gourou RP Mark Borkowski, qui a travaillé l’impresario depuis la fin des années 1980.
“C’est la fin d’une époque, a-t-il dit hier soir. Malcolm était un fantastique raconteur, à l’esprit créatif brillant et agile. C’était le plus grand demi-agent, demi-comique. Sans lui, ce changement sismique dans la musique n’aurait jamais arrivé”.
Après la séparation des Sex Pistols, McLaren a continué à sortir des morceaux du groupe. Après une guerre à propos des royalties en 1986, le groupe a finalement reçu 1 millions de £ lors d’un accord à l’amiable.
Mais les gens se souviendront de ses exploits, pas de ses éclats publics, déclare Borkowski. “Une très grande partie de ce qu’il a fait était révolutionnaire dans l’art et la mode. Ce que les gens se souviendront, c’est que c’était le dernier grand révolutionnaire de notre époque”.
Ces dernières années, McLaren ne pouvait toujours pas résister à se mettre et se retirer des feux de la rampe, menaçant en 1999 de se porter candidat à la mairie de Londres avec une politique qui incluait la vente de l’alcool dans les bibliothèques publiques.
“Mon effet sur Londres était de créer la meilleure déclaration la plus profonde de protestation utilise qui n’ait existé depuis la fin de la dernière guerre, quelque chose que les médias ont étiqueté punk”, a-t-il déclaré à l’époque. Le porte-parole de McLaren, Les Molloy, a dit que la famille de l’artiste était “dévastée” et “choquée”. Il allait très bien, c’est une triste journée. J’ai parlé à sa compagne”.
Alexandra Topping
Traduction – 9 avril 2010