Q – novembre 1998

Mansun
Attack Of The Grey Lantern

PARLOPHONE CDPCS 7387

Le premier album des conceptualistes de Chester à prix mini – c’est vraiment déjà sorti il y a 20 mois ?

C’était une victoire multiple lorsque le premier album de Mansun est allé se loger à la première place l’année dernière. Une était pour la puissances des EP (il se sont forgés des fans grâce à un petit groupe de disques comprennant quatre morceaux ou plus), une pour le concept-album (personne ne le comprend, mais il y a des personnages récurrents et pas de trous), et une pour les années 1980, la décennie dont le revival reste insulté comme une tournée dérisoire, mais dont les petits coups de synthétiseurs et le mélodrame grandiloquant sont ce que Mansun ont à proposer. Même à la lumière de son successeur plus expérimental, Six, il reste honorablement bizarre, étant donnée qu’il comprend de la majesté orchestrale (The Chad Who Loved Me) et de la pop rafraîchissante (Wide Open Space). On devrait prendre soin de Mansun, pas se moquer de leurs habits. ****°

Andrew Collins

Influencé par…

Marillion
Misplaced Childhood
EMI, 1985

Influence sur…

Stereophonics
Word Gets Around
V2, 1997

Traduction – 30 juin 2002

Q – septembre 1998

Ils Savent Si Prendre

Mansun
Woughton Centre, Milton Keynes
2 juillet 1998

“Nous avons installé une ligne téléphonique chez Stove, notre bassiste, et nous rappelons tout le monde”, révèle le chanteur de Mansun à la mèche pendante, Paul Draper. Ce contact avec leurs fans a aidé à nourrir leurs adeptes obsessifs qui ont envoyé leur premier album, Attack Of The Grey Lantern, à la place de Numéro 1 en 1997, et leur single, Legacy, au Numéro 7 avec le minimum de publicité et de passage radio.

La même semaine durant laquelle Mansun ont achevé leur deuxième album, Six (d’après le personnage de Patrick McGoohan dans la série des années 1960, Le Prisonnier), ils se sont lancé dans une brève tournée britannique, opportunité de se défouler devant un public de partisans. Cependant, en choississant des salles que leurs contemporains évitent habituellement, ils se retrouvent devant un public dont la plupart est là pour voir un groupe – n’importe lequel. Lorsque Mansun jouent leur nouveau single, seule une poignée des 400 personnes présentes le reconnaît, contribuant ainsi à renforcer l’atmosphère sérieuse.

“Ils sont venus jeter une oreille à notre musique”, s’accorde Draper, un homme dans la vingtaine, timide, consciencieux et qui évite de regarder dans les yeux. “Cela ne nous intéresse pas de jouer devant les mêmes personnes”.

On ne peut atteindre cette banlieue de Milton Keynes par les transports en commun, ainsi tout le monde est venu en voiture et ne boit pas. Pire encore, il n’y a pas de première partie pour chauffer le public.

Mansun sont impressionnants à défaut d’être passionnés, ce qui est étrange pour un groupe qui a fait quatre tournées britanniques l’année dernière et qui va recommencer cela en 1998.

Ce qui est surprenant, c’est que leur set d’une heure ne comprend que trois chansons tirées de Six : le single, Shotgun et Negative.  “Nous changeons les nouvelles chaque soir”, explique Draper. Ce soir, le mélange de conservatisme et d’ambition signifie que leur initiative à jouer devant de nouvelles personnes restreint leur set list. À part le trio féroce d’hymnes comme Wide Open Space, She Makes My Nose Bleed et Take It Easy Chicken, ces contradictions créent une camisole de force pour un groupe qui est romantique dans son approche de la pop.

* * *

Attack Of The Grey Lantern était construit autour de guitares fougueuses et de cordes épiques, complétées de la voix soutenue de Draper. Lyriquement, il a adopté le rôle d’un conteur, en créant un vague concept sur un superhéros du nord qui observe les étrangetés dans lesquelles sont impliqués les gens du coin avec un regard cynique, détaché à la Monty Python.

“J’avais assez peur d’écrire à la première personne, alors j’ai inventé ce réseau d’idées bizarre qui est probablement assez compliqué à comprendre”, explique-t-il, révélant sa tendance British vers l’introspection et un intérêt pour des alter-egos plus grands que nature. “Nous avons essayé de faire une histoire, parce que personne d’autre ne le faisait, et tout le monde a dit que c’était de la merde”, ajoute-t-il, tombant dans la sensibilité isolationniste qui bloque Mansun à l’extérieur de la mode, mais – à part les fans, dont certains ont été invités au studio durant l’enregistrement de Six – à l’intérieur de leur paranoïa.

Les passades en dents de scie de l’année dernière avec le vernis à ongles noir écaillé, le fond de teint Max Factor et les chemises à fanfreluches Durannie faisaient partie de la vision que Draper avait de la pop classique, tout comme le mélange des baggyismes à boîte à rythmes des premiers jours de Mansun était inspiré par l’ambition contrariée de l’indie-dance. Les extrêmes s’infectent toujours : le guitariste Dominic Chad ne se montre plus sous son apparence à la Brian Jones au bord de l’alcoolisme, et est devenu un Taoiste qui ne boit pas. Draper a réalisé ses fantasmes d’adolescent en sortant une vieille idole de sa retraite – le fondateur de Magazine, Howard Devoto – et ils ont imité KLF en balançant 25 000£ de leur propre argent à Waterloo Station afin de filmer la réaction des gens pour le clip de Taxloss.

Malgré leurs fans et leurs places dans les charts (tous leurs huit EP ont atteint le Top 40), ils sont en transition depuis leur formation en 1992, en passant par trois batteurs, une boîte à rythmes et un gars de 16 ans aux ”platines et samplers”.

Les paroles personnelles de l’album Six qui est basé sur les guitares est décrit par Draper comme “un disque rock par un groupe rock – c’est tout ce que nous sommes vraiment”. Cependant, dans le sillage de Radiohead et de The Verve, ce groupe solidaire et insulaire a tourné le dos aux structures de chanson traditionnelles. Ils ont même enrôlé le Dr Who des années 1970, Tom Baker, sur Witness To A Murder.

Les changements fous d’image peuvent faire partie du passé, mais les nouvelles chansons sonnent comme s’ils avaient des doubles personnalités. Shotgun est une suite de changements de tempo, de jeux de guitare fracturés et de plus d’airs qu’aucune tentative sur un album entier. C’est à tour de rôle excitant et fatiguant, et un élément perturbateur répond en criant : “Jouez de la pop, espèces de connards”, mais cela va de pair avec les jeunes obstinés qui sont arrivés à Londres de leur Chester natal il y a trois ans en se proclamant Meilleur Groupe de Grande-Bretagne. ***

Steve Malins

Traduction – 26 juin 2002

Q – janvier 2002

Haven
Between The Senses
Radiate rdtcd1 | 55:49 min

Premier opus pour ce groupe des Cornouailles aujourd’hui basé à Manchester et produit par Johnny Marr.

Autre année, autre moisson de jeunes groupes de rock “sensibles” prêts à sauver la musique à guitare britannique. Premiers à se présenter en 2002, Haven ont certainement l’ambition pour aller jusqu’au bout. Ce premier album impressionnant met en valeur l’étandue vocale montante du leader Gary Briggs dans une succession de ballades majestueuses, de guitare épique et d’hymnes puissants qui rappellent les perdants de la fin des années 1990, Puressence – ou peut-être Embrace avec un bien meilleur chanteur. Un peu trop de ces chansons suivent une formule bien trop familère – une introduction qui se consumme et qui se développe en un final écrasant – mais sur Still Tonight, Lately et le single de l’année dernière, Let It Live, la fanfaronnade tombe pour révéler un coeur qui bat. ***°°

Sarah Cohen

Traduction – 12 février 2002

Q – juin 2003

Du cash pour des questions : Dave Gahan

Est-ce que se faire percer la bite est vraiment douloureux ? Comment tue-t-on le temps passé autrefois à prendre de l’héroïne ? Et que fabrique en fait Andy Fletcher derrière les claviers de Depeche Mode ? Dave Gahan révèle tout cela et bien encore d’autres choses…

Courir, à en croire Dave Gahan de Depeche Mode, est une très bonne manière de remplir le vide laissé par l’héroïne. “Quand je me suis remis, j’allais courir tous les jours”, dit-il avec un accent qui mélange le Greenwich Village de New York et le centre ville de Basildon et qui, bizarrement, sonne sud africain. Il semble un peu penaud. “Même si ces derniers temps, je n’y vais pas aussi souvent”.

Aujourd’hui n’est définitivement pas une journée où l’on court. Gahan embrasse du regard le club Home House réservé au membres de Londres avant de retourner son attention sur la discussion : à quels vices s’adonne un homme qui est mort pendant six minutes après une overdose en 1996 ?

“Fumer”, annonce Gahahn qui, bien qu’il soit mince au point d’en paraître fragile et qu’il porte d’anciennes traces légèrement visibles au milieu de ses tatouages, dégage un aura de bien-être. “Mais je travaille dessus. Je ne dis pas : Je ne vais jamais refaire quelque chose. Mais je suis bon à dire que je ne vais pas le faire aujourd’hui, alors je prévois d’arrêter de fumer quand je reviendrai chez moi à New York”.

Il a de bonnes motivations. Son premier album solo, Paper Monsters, est sur le point de sortir et, avec la tournée qui le suivra, Gahan explique que cela fera du bien à ses cordes vocales. Alors quelles seront ses petites faiblesses ?

“J’achète des tas de magazines, dit-il. Il y a cette boutique dans laquelle je vais à New York qui a tous les trucs britanniques, alors je sais à quoi m’attendre de du Cash pour des questions – je parie qu’il y a des trucs de dingue là-dedans, hein ?”

Si tu savais, Dave…

Quand tu es mort pendant quelques minutes après avoir fait une overdose en 1996, étais-tu destiné au ciel ou à l’enfer ?
Julie Latchford, par e-mail
Tout ce que j’ai vu et ressenti était tout d’abord une obscurité complète. Je n’ai jamais été dans un endroit de plus noir, et je me souviens d’avoir senti que peu importe ce que je faisais, c’était vraiment mauvais. Puis tout ce que je me souviens, c’était de me voir allongé par terre, sur les marches de la salle de bain de mon hôtel, et il y avait beaucoup d’activité autour de moi. J’ai essayé de crier “Je suis là-haut !” car je flottais mais personne ne pouvait m’entendre. À certains égards, c’était très libérateur. Puis j’ai repris connaissance et un flic me menottait. Ce n’est sûrement pas un endroit que j’aimerais revisiter.

As-tu gagné à des concours dans les magazines récemment ?
Bernie O’Hagan, Ripley, Derbyshire
Non, mais j’étais en Allemagne et on m’a donné une récompense par un magazine. C’est un lapin de Pâques doré avec une petite cloche dessus et c’est pour le meilleur album de l’année jusqu’à présent, alors j’étais vachement content, même si c’est un lapin en chocolat.

As-tu un abonnement gratuit à Dépêche Mode, le magazine français auquel tu as volé le nom ?
Michael Jones, Birmingham
Non, mais ils ont voulu faire une session photo à un moment. Des années avant, il y a eu une période où on nous matraquait de procès parce qu’on avait copié le nom. Une fois qu’on a eu plus de succès, ils ont laissé tomber parce qu’on les a probablement aidé à vendre plus d’exemplaires. Je le vois toujours dans la boutique où j’achète mes magazines à New York et ça me fait rire parce qu’il ressemble à House and Garden.

Est-ce que le fait que tu écrives tes propres trucs sur Paper Monsters veut dire que tu vas reprendre les fonctions de compositeur de Martin Gore sur le prochain album de Depeche Mode ?
Lee Walmsley, par e-mail
Je ne reprendrai pas les fonctions de Martin, mais j’aime à penser que, comme j’avance dans cette direction, je contribuerais mes propres chansons et j’échangerais des idées. Je ne pense pas que je pourrais faire autrement maintenant. Est-ce que Martin a écouté Paper Monsters ? Il m’a appelé et a dit [prend une voix de mauviette] : “Je reviens de vacances et j’ai un message comme quoi il y a un album au bureau de poste que j’irai prendre, mais je t’appelle pour savoir si t’as le numéro d’un chiropracteur ?”

Est-il vrai qu’il y a quelques années, un mec s’est approché de toi en demandant un autographe aux toilettes pendant que tu pissais et que tu t’es retourné et lui a pissé dessus ?
Christoff Platts, Sheffield
Ouais, c’est vrai. Je ne sais plus où par contre. Ça ne me dérange pas de signer des autographes mais quand tu es à l’urinoir et que quelqu’un est là à côté de toi en tremblant un stylo à la main, c’est un peu bizarre. J’ai donné un autographe au gars, mais je pissais encore alors j’ai éclaboussé sur ses pieds et il n’a rien remarqué parce qu’il voulait absolument que je signe son bout de papier. Je pense qu’aujourd’hui je dirais simplement : “Vas te faire foutre”.

Si se les rompe algo en las casa, o hay que arreglar algo, lo hacen ustedes o piden ayuda al primero que se els cruce ?
Jesica Cichero, par e-mail
Aucune idée ! Attends une minute, il y a un bout que je comprends… Ton nouvel album est la meilleure chose que je n’ai jamais entendue, es-tu d’accord ? Oui.
[Véritable traduction : Quand tu casses des choses dans la maison, les répares-tu toi-même ou les fais-tu réparer par quelqu'un d'autre ?]

Est-ce que tu te rends compte que ta “danse” est complètement désynchronisée ?
Ana Jeremic, Ottawa, Canada
[Rit]
Ouais ! Quand je monte sur scène, je suis dans mon monde, mais ça n’a rien à voir avec moi : c’est parce que la technologie est trop synchro.

Dave, la fille de six ans de ma compagne a grandi convaincue que je suis toi. Des conseils pour lui dire la vérité sans lui briser le cœur ?
Ian Cook, par e-mail
La chose la plus importante est d’être toi-même. Ce que j’ai appris de mes gamins, c’est qu’il n’y a pas de règles pour être père. Je ne leur apprends pas qu’ils doivent faire ça ou ça, ils me l’apprennent. Alors j’espère qu’il apprendra de sa fille que c’est bien d’être soi-même. Ne compte pas sur moi.

Regrettes-tu toute la phase blond décoloré et sourcils épilés par laquelle tu es passé ?
Caroline Khachatoorian, Glendale, California
[Rit]
Oui. Je pense que j’essayais pendant un long moment de me trouver un look parce qu’à cette époque, mon groupe ne suivait jamais vraiment de tendance. On était un mélange alors j’étais ravi quand [le photographe] Anton Corbijn est arrivé et nous a stylés parce que ça nous a enlevé l’aspect visuel. J’ai arrêté de m’épiler les sourcils il y a longtemps.

Est-il ennuyant que les gens prononcent mal le nom de ton groupe depuis 20 ans ?
Elaine Carr, Glasgow
J’ai un peu laissé tomber. J’ai pensé pendant un moment sortir ce nouvel album sous le nom de Ga-Han et de l’appeler Essex.

Étant un peu un mec, un vrai, as-tu déja essayé de cacher les jupes de Martin ?
Zoe Andrews, Reading
Non, mais Andy [Fletcher] et moi – et je le confesse maintenant – on cachait souvent ses chapeaux. Il achetait ces trucs diablement affreux, genre ce que portaient les bouffons à la cour. En fait, on lui en a parlé, mais si tu dis à Martin de ne pas faire quelque chose, il ira à l’extrême juste pour te faire chier.

Est-ce que l’héroïne te manque ?
Mario Herrera, Mexique
Non. Ce qui me manque parfois, c’est m’échapper de moi-même – mes sentiments ou ce qui se passe dans ma vie – mais je trouve des manières plus positives de diriger cette énergie aujourd’hui. L’héroïne est une drogue à laquelle on ne touche pas. Au début, il y a une euphorie instantanée et un sentiment d’invincibilité mais ça t’excite assez rapidement et la dépendance physique ne me manque certainement pas.

Est-ce que j’utilise quelque chose maintenant ? Rien. Pour moi, si je devais réouvrir cette porte, je ne sais pas où j’irais. Ça a pris un long moment pour être capable d’entrer dans un bar avec mes potes sans penser même à boire. Je ne recommanderais pas l’héroïne. Tu te réveilles avec une horrible gueule de bois le lendemain matin et crois-moi, c’est une joie aujourd’hui d’être capable de se réveiller au lieu de reprendre connaissance.

Est-il vrai que Primal Scream est un groupe de poids plume écossais qui n’arrivaient pas à suivre la puissante Mode ?
Stephen Brown, par e-mail
Ils suivaient assez bien. C’était une longue tournée bizarre [en 1994] et Primal Scream n’a joué avec nous que pendant les trois derniers mois, alors à ce moment-là, tout était parti en vrille. Plutôt : ils frappaient beaucoup à la porte de ma loge avant de monter sur scène quand ils avaient besoin de quelque chose pour les aider. C’était [prend l'accent écossais] “Hey, M’sieur G, t’aurais pas un p’tit que’chose ?” [rit] On s’entendait vraiment bien, je traînais plus avec eux que je ne traînais avec mon propre groupe à l’époque, mais je ne pense pas que j’étais dans les petits papiers de Depeche Mode. Au niveau des drogues, on n’utilisait certainement pas les mêmes substances.

Est-ce que le clavier de Andrew Fletcher dit “Fletch” est branché ?
Gary Sullivan, Dartford, Kent
Oui, il est branché, mais je ne pourrais honnêtement pas dire ce qu’il en sort. Il joue avec nous sur scène, mais il semble passer plus de temps devant, à agiter les bras en l’air qu’à jouer du clavier. Tout ce que je sais, c’est que lorsqu’il revient à son synthé, je me retourne et je sais qu’il n’y a rien qui s’y passe.

Quelle est la chose la plus folle que tu n’aies jamais fait en tournée ?
Terry Hancock, Stoke-on-Trent
Des trucs vraiment stupides comme se torcher la gueule et passer par la fenêtre des hôtels pour marcher le long du rebord pour voir ce qui se passe dans les chambres d’à côté. On a fait des trucs de fou, dangereux aussi, que je n’arrive pas à croire aujourd’hui. On a aussi jeté des trucs par les fenêtres sur d’autres groupes, ce qui n’a pas ravi le personnel des hôtels.

Des regrets qu’Alan Wilder ait quitté le groupe ?
Frank, par e-mail
Oui, parce que je n’ai pas répondu à son départ autant que je me rends aujourd’hui compte que j’aurais voulu. La participation d’Alan dans tout ce qu’on fait musicalement me manque, mais il me manque en ami. C’était probablement la personne dans le groupe dont je me sentais le plus soutenu et j’aurais souhaité m’être battu plus pour qu’il reste.

Ce qu’Alan voulait vraiment, c’était que Martin se retourne et dise : “Tu as vraiment contribué quelque chose de génial”, mais Martin n’est pas quelqu’un qui distribue des compliments très souvent. Je pense que Martin a dit qu’il se rend compte aujourd’hui combien Alan a contribué, alors il sera intéressant de voir ce qui arrivera dans l’avenir. Je ne lui ai pas parlé depuis quelques années, même si j’ai entendu qu’il pensait déménager en Espagne.

Comment t’es-tu débarrassé de tes valises sous les yeux après ton épisode drogué ?
Ciarán Savage, Dublin
Je n’étais pas conscient que j’avais des valises sous les yeux. Ça m’a pris un long moment pour me rétablir physiquement, honnêtement, et je ne me rendais pas compte combien j’étais délabré. Mon foie, mes reins, tout était abîmé. Je me sentais comme un vieillard et je m’occupe encore de ça aujourd’hui, mais tout va tellement mieux. Les valises sous les yeux étaient probablement les cadets de mes soucis.

Est-ce que tu penses que Depeche Mode aurait été aussi massif si Vince Clarke n’était pas parti former Erasure ?
John Sutting, par e-mail
C’est une bonne question. Je pense qu’en fait non, parce que lorsque Vince est parti, on n’a jamais pensé une seconde ne pas faire un autre disque. On devait juste aller en studio et commencer à travailler sur des trucs qui étaient assez expérimentaux, on n’avait pas le choix. Vince était assez poussé dans une direction, il savait exactement ce qu’il voulait et je pense qu’il n’aurait pas pu faire ça en jouant avec trois autres personnes qui avaient toutes une opinion.

Il a eu beaucoup de succès seul. Mais je suis content que ce soit arrivé parce qu’à chaque fois que le groupe a changé – quand Alan nous a rejoint or quand il est parti, par exemple – ça nous a forcés à repenser. On a besoin de refaire ça, de se réorganiser de fond en comble, si on doit faire un autre disque.

Est-ce qu’il y a eu un moment où, quand tu regardais Martin sur scène au milieu des années 1980, tu pensais : “Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?”
Brian Webb, par e-mail
Je le pense toujours. Parfois, je me demande comment on lui laissait passer ça.

Mais qu’est-ce qui t’a pris de te faire percer la bite ?
Mike Blaney, Ontario, Canada
Ce n’était pas en fait ma bite. C’était cette partie de peau que les hommes ont entre les couilles et le cul – cette toute petite peau. Soi-disant on gagne plus d’énergie sexuelle après ça, mais c’était la chose la plus douloureuse que je n’ai jamais faite. Au moment où ça s’est fait, je suis resté sur des étriers pendant une demi-heure avec cette fille qui me regardait le cul, en alignant l’aiguille. Je ne pense pas que j’ai touché ma bite pendant des siècles après ça, je ne pouvais même pas m’asseoir sur une chaise dure pendant six mois, même si je l’ai montré à tout le monde. J’ai enlevé l’anneau il y a quelques années, mais j’ai toujours les trous – tu peux regarder si tu veux vraiment [rit].

Est-ce que Depeche Mode peut durer plus longtemps que Status Quo ?
Ian Fox, Norwich
On s’y approche, non ?

Paul Stokes

Traduction – selon le scan et la transcription de SacredDM.net – 23 avril 2006

Q – janvier 2002

Les 50 chansons les plus saisissantes de tous les temps

22 – BLUR Song 2
La question si les porte-paroles de la Britpop avaient projeté Song 2, inspiré par Nirvana, comme éloge ou pastiche reste sans réponse. Peu importe les motivations, les deux minutes et des poussières de Blur délivrent la même poussée d’adrénaline que les montagnes russes. Simples, voire, teintés d’orientalisme, les couplets vibraient, tandis que le refrain explosif cinglait comme le vent que la basse surpassait toutes les formations de cuivre qu’avait employé Blur sur ses précédents albums. Les paroles embrouillées d’Albarn sont moins claires – exemples des coupes de cheveux par des jumbo jets – mais elle renforcent la fantastique sensation de rentre-dedans de Song 2.

Yesss! 0:07 – lorsque la guitare bancale démarre et l’anticipation est électrique.

Où le trouver : Blur, Blur, Food, 1997

Traduction – 11 février 2002

Q – mai 2001

Safari Park Life

Est-ce que Damon Albarn se paie nos têtes ?

Gorillaz
Gorillaz

PARLOPHONE 5320930

Au premier regard, Gorillaz porte tous les sceaux des nouveaux habits de l’empereur : le faux nom à la Wu-Tang Clan, le personnel style "j’aime les magazines" (le hip hopper Nan Nakamura, le gribouilleur de CD:UK Jamie Hewlett), leur ridicule, si par bonheur de courte durée, l’insistance à faire les interviews sous la forme de personnages.

C’est surprenant alors qu’il y ait bien plus de viande que pour un seul album. Tous les honneurs doivent aller à Nakamura, plus connu pour le superbe album Handsome Boy Modelling School de 1999. Un producteur hip hop de l’école non-conformiste DJ Shadow, c’est la personne parfaite pour mettre en valeur le gémissement languissant de Damon Albarn, orchestrant une folle chevauchée de fête foraine sur Clint Eastwood, des beats hypnotiques sur Sound Check (Gravity) et de l’aspirant rock garage sur 5/4. L’autre membre clé est le rapper Del Tha Funkee Homosapien, dont le rap explosif (“on est plus funky que les Funkadelic en Pampers”) fait vivre des morceaux comme Rock The House. Même la maîtrise du mélodica d’Albarn (marque dub gloussante de Augustus Pablo) semble convaincante.

Avec sa touche urbaine qui fait frissonner, et une qualité de mélodies innocente genre comptine, Gorillaz ne s’éloigne pas d’un supergroupe volontairement archi “art”. Il bat certainement Fat Les dans la course des projets parallèles de Blur, tous les jours.

****°

Rob Fearn

* * *

Vous aimez ? Essayez ceux-là…

DJ Shadow Endtroducing MOWAX 1996
Rae & Christian Northern Sulphuric Soul GRAND CENTRAL 1998
Handsome Boy Modelling School So… How’s Your Girl TOMMY BOY 1999

Traduction – 14 avril 2001

Q – mai 2001

Nouvelles du Mois
Appelez Cela Toon

Le batteur de Blur monte une société d’animation avec succès.

“Tout le monde disait : pourquoi tu ne fais pas de disque solo ?, dit Dave Rowntree de Blur. Parce que le nouveau truc, c’est les projets parallèles de Blur. Voici le genre de conversation : Damon a Gorillaz et c’est très excitant, Graham a ses albums solos et ils sont très excitants, Alex écrit toute cette musique, et Dave… euh, bien, passons”.

N’étant pas très branché par rivaliser avec ses collègues, et les batteurs n’étant pas connus pour leurs disques solos, Dave a décidé de se concentrer sur ses hobbies. Ancien étudiant en informatique, il a passé des années à bricoler avec l’animation digitale "dans sa salle de jeu", pratique qui est maintenant récompensée sous la forme de sa propre société, Nanomation. Rowntree et sa partenaire, Tamsin Nunley, qui dessinait auparavant des dessins pour le magazine du fan-club de Blur, ont récemment livré des clips savoureux et pleins d’esprit pour MTV et le projet Beagle de l’Open University.

Leur travail pour ce dernier, une mission sans équipage pour Mars qui est aussi défendue par Alex James, présente Blur qui font les fous à la surface de Mars sur les accents de Far Out, l’ode de Parklife aux constellations.

“Je n’ai pas crié sur tous les toits la formation de la société tant que je n’avais pas de vraie matière sous le bras, dit Rowntree. Le fait que ceci puisse être vu comme un projet de vanité m’inquiétait”.

Traduction – 14 avril 2001

Q – avril 2001

Les Garçons Follement Dessinés

Gorillaz est le premier groupe virtuel de Grande-Bretagne et le nouveau groupe de Damon Albarn.

“Les pop stars se montrent rarement à la hauteur des attentes des gens, dit Damon Albarn. Finalement, elles s’effondrent toutes en de fragiles êtres humains ordinaires à la fin de la journée. Gorillaz est différent. Ses membres ne s’effondreront jamais en des êtres humains fragiles”.

Avec de bonnes raisons, aussi. Gorillaz est un quatuor pan continental, multiculturel qui, en plus d’être complètement fabriqué, est aussi entièrement animé : le premier groupe virtuel de Grande-Bretagne. Conçu il y deux ans par Albarn et son ancien colocataire et créateur de Tank Girl, Jamie Hewlett, le groupe consiste en quatre membres : le chanteur 2D, le bassiste Murdoc, le rappeur-batteur Russel et la guitariste japonaise Noodle. Le premier album éponyme, produit par le producteur culte nippo-américain Dan Nakamura, est un libre amalgame de pop, hip hop et reggae, avec la présence des talents divers d’Albarn lui-même, le rappeur de la vieille école Del Tha Funkee Homosapien, Chris Frantz et Tina Weymouth du Tom Tom Club, ainsi que le célèbre chanteur cubain Ibrahim Ferrer. Le premier single du groupe, Clint Eastwood, arrive avec un fantastique clip animé qui a demandé trois mois et demi à Hewlett pour sa réalisation.

“C’est ambitieux, oui, acquiesce-t-il, mais on n’essaye pas de faire de la pop, on essaye de bouleverser la façon dont elle est faite et regardée”.

Bien que rencontrer le groupe en vrai peut se révéler être un obstacle pour les fans, ils peuvent aisément dialoguer avec les membres sur leur site internet (www.gorillaz.com), qui reçoit déjà 60 000 visites par semaine. Et, libres, disent-ils en étant simplement bidimensionnels, les membres de Gorillaz sont actuellement en train de répéter pour leur première apparition live au Camber Sands Weekender entre le 16 et 18 mars.

“Ce sera un véritable spectacle visuel, dit Hewlett. On pense à distribuer des lunettes 3D et des joints à l’entrée pour rehausser l’expérience. Ça ne ressemblera à rien de déjà vu”.

Traduction – 11 avril 2001

Q – décembre 1994

Anglais, musique, art, histoire

Il y a deux ans, Blur étaient des denrées périssables de la pop mal aimées et à la dérive, et périmés depuis bien longtemps. Pourtant maintenant, ce n’est qu’ovations, récompenses et adoration. Ce sont les rois musicos art mods sexy du rock britannique. Andrew Collins raconte un récit étonnant d’ayatollahs, de cornemuses, de travestis, de jazz-punk et d’acide. Bizarrement, tout comment par Humpty Dumpty…

Tout ensemble maintenant : dang dan-ang dang dan-anng-nang. Dang dan-ang-Boom!-dan-ang-p-chhh! (verre brisé) Oi! Rat-a-ta-a-ta-tat. “Confidence is a preference for the habitual voyeur of what is know as…”

La vie de Blur. Si c’est mardi, ça doit être Later With Jools Holland : the ’94-’95 New Year’s Eve Hootenanny (pré-enregistré). Pris en sandwich entre Steve Winwood, Ruby Turner et Kinsty Mac Coll, vous allez initerpréter Parklife pour la toute dernière fois avec Phil Daniels. Lors d’une fête après cela, Terry Hall approchera l’un de vous et vous dira, complètement soûl, qu’il pense que vous êtes vraiment géniaux.

Mercredi, vous présentez Top Of The Pops. Jeudi, c’est dans votre ville natale, Colchester, que vous répétez pour le concert secret de vendredi pour les premières du lycée. Vous allez crouler sous les applaudissements, faire les news d’Anglia Television, Kaleidoscope sur Radio Four, et jouer votre premier tube There’s No Other Way, pour la toute dernière fois (même si vous l’aviez dit en novembre au Japon).

Pendant que la semaine grisante des festivités continue, 46 000 autres exemplaires de votre troisième album (déjà platine et demie, double au jour de l’an) vont se vendre comme des petits pains pour alimenter les petits souliers à Noël. Ceci, naturellement, “will give you a sense of enormous well being, as you have just taken a route straight through what it know as…”.

* * *

La vie de Blur. Cela n’a pas toujours été ainsi. En 1992, beaucoup les considéraient comme morts. Leur tout nouveau single, Popscene, se posait à tâtons au fond du Top 10, stagnait et tombait à la 34ème place. Maintenant ils sont le groupe de l’année. Blur occupe avec confiance ce très enviable haut perchoir : chouchoux de la presse qui ont déjà eu le retour.

Pour comprendre comment ils se sont plantés avec Popscene – à cause du plus odieux des crimes, devenir à la mode dans une agglomération urbaine – le glorieux album suivant, Modern Life Is Rubbish, était effectivement considéré avec suspicion quand il est sorti en avril 1993, leur look Mod a été accueilli avec des accusations de “dispositif” et de “manipulations médiatiques”.

Et pourtant Parklife, l’album qui a réussit l’année dernière, n’ était que très légèrement meilleur. C’est le Parklife qui s’est vendu à 1 million d’exemplaires, c’est le Parklife qui a détroné les archirivaux de Suede comme le meilleur groupe britannique depuis…, c’est le Parklife que les fans de Bon Jovi ont ; c’est le Parklife que 8000 jeunes gens ont chanté en choeur à Alexandra Palace en Octobre ; un “événement” indétroné de ce degré depuis les Stone Roses, il y a 5 ans.

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Tout a commencé avec Humpty Dumpty. L’entrée de Colchester dans la gazette rock de Pete Frame est courte. Le batteur des Pink Fairies, Twink est né ici, et le tableau noir dessiné sur la pochette de l’album What We Did On Our Holidays de Fairport Convention a été fait dans un vestiaire de l’université de l’Essex. Mais le passé non-musical de Colchester est plus illustre : au XVIIème siècle, pendant la guerre civile, la plus vieille ville britannique était assiégée.

Humpty Dumpty était le nom d’un canon, monté sur les remparts d’un clocher. Cette défense avantageuse a été “piquée” par l’avant des Têtes Rondes. Ils l’ont fait sauté en morceaux, d’où la chanson enfantine (“Tous les chevaux du roi et tous les hommes du roi ne peuvent plus remonter Humpty”).

Cette même église, quelques 300 ans plus tard, sera convertie en école des Beaux-Arts de Colchester – d’après Alex le bassiste de Blur, un “lieu de sorte de quiche brute” – et a accueilli un concert solo de Damon Albarn en 1988. Les 15 spectateurs incluaient le copain d’école Graham Coxon et le punk poivrot Dave Rowntree. “Et le reste, observe Albarn, est presque de l’histoire”.

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Blur est maintenant “presque de l’histoire”. Ils retournent à Colchester en tant que héros. Leur concert secret au lycée, organisé par l’ancien professeur de musique d’Albarn et Coxon, Nigel “Monsieur” Hildreth pour rassembler des fonds pour une sortie étudiante en Inde pour “aider un orphelinat”, a fait la une de la Colchester Evening Gazette: DAMON STAR EN 1ÈRE.

“Sensation rock… Blur est actuellement un des plus grands groupes de Grande Bretagne”, c’est flatteur. En vain comme il s’est avéré, puisque Blur refusent à la presse locale de photographier le show de 5 heures. Après tout, ils ne les ont jamais soutenu dans les premiers temps, et les premières colonnes de l’Essex qui leur ont été attribué était lors du scandale, après que le groupe ait taggué “Modern Life Is Rubbish” sur un mur au bord de la mer à Clacton en avril 1993.

Ils se trouvent dans la salle de musique, de manière assez apte. Les ados très propres d’un orchestre de 17 personnes se rassemblent autour d’une copie toute chaude de la Gazette. L’image apparait contradictoire à celle du “héros pop Damon Albarn” parce que, dans le cadre de l’affaire, ils vont accompagner Blur sur scène, ayant plutôt brillamment arrangé avec soin la moitié du set pour des bois, des cordes et des cuivres. L’un d’eux a inscrit son arrangement pour son A Level.

Le spectacle de début de soirée est une fête. Une politique d’entrée strictement réservée aux lycéens assure à Blur leur premier salle à moitié remplie de mémoire récente. C’est, comme toujours, mignon à voir tous ces jeunes gens qui s’amusent. S’ils avaient des briquets, ils les porteront haut. Alex James est si paralysé qu’il rate l’intro de la favorie familiale Girls & Boys et ils ont dû recommencer.“Je n’y ai pas du tout pensé, tu vois”, il s’est excusé, plus tard. “Évidement !” riposte Albarn.

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Le premier concert de Blur n’est pas aussi facile à définir comme ce dernier. En effet, le mystère et la confusion encerclent à la foisleur origine et leurs premiers pas hésitants. On sait qu’avant qu’ils soient Blur, ils étaient Seymour ; avant encore, la brume surgit. Dépendant de la légende dont vous en êtes partisan, le premie concert de Seymour était : a) à une fête après un concert d’été en 1988 aux Beaux-Arts de Goldsmiths à Londres, après lequel le célèbre diplômé aujourd’hui notoire pour ses sujets plongés dans le formol, Damien Hirst, les a déclaré “le meilleur groupe depuis les Beatles” (Alex les avait ou pas rejoint à l’époque ; ils avaient peut-être encore un “grand” copain de l’école d’Arts Dramatique de Damon, Eddy, à la basse) ; ou sinon b) c’était à un musée du chemin de fer près du village en périphérie de Colchester où M. et Mme Albarn vivent encore, avant le coup de Goldsmiths. Même le groupe n’est pas sûr.

La première fois que l’on a vu officiellement Seymour était, sans aucun doute, à Dingwalls à Camdem. Seymour au bas d’une affiche mancunienne à la mode de The Newfast Automic Daffodils (maintenant New FADs) et Too Much Texas (séparé). Alex était définitivement à bord à ce moment. Ils ont été favorablement chroniqué par le journaliste Leo Finlay pour un magazine commercial Music Week. Le magazine les a malnommé “Feymour”.

Et comme si cela ne suffisait pas, le concert, se rappellent ils très nettement, s’est terminé avec eux quatre de la lacrimogène (l’anti-viol/attaque chimique) pulvérisée dans les yeux par des videurs dû à la vivacité (et, franchement, à l’exhibitionnisme) de leur pote de l’époque, Adam, aussi “contrôleur d’ambiance”, qui s’était enfilé une bouteille de Pernod sec avant, et une une fois durant, le “foundcheck de Feymour”. Une visite à l’hôpital, bandages sur les yeux, a terminé une super soirée.

Seymour (le nom) a survécu pendant un an. Le mythe populaire était qu’ils ont joué 10 concerts et ont été engagés. Mais ce n’est pas allé aussi facilement jusqu’à 11. Ou six. She’s So High (qui deviendra le premier single de Blur) était le morceau sur leur démo qui a fait dresser les oreilles à Food Records, la branche naissante de EMI dirigée par l’ex-clavier de Teardrop Explodes Dave Balfe et le journaliste de Sounds Andy Ross. Le style unique de Food de management et l’appétit pour un emballage complet soulèvera Blur au sommet de l’arbre. Deux fois. Ross les a vu joués, soit au pub The Cricketers à Kennington soit à The Pied Bull à Islington, et se rappelle d’eux comme “bordélique, beaucoup de bonds ; ils étaient vestimentairement défiants” Dave Rowntree portait des pantalons de pyjamas.

Ce nom. Il devait partir. “Balfe a dit que ça sonnait comme un triste groupe à anorak, se rappelle Coxon, ce qu’on était bien !”

“Seymour était un nom merdique, dit Ross Ça me rappelle Raymonde ou James. Je ne suis pas un grand fan des noms de coiffeur”. On a présenté aux garçons une liste de nouveaux noms (“C’est probablement passé dans la légende d’une manipulation d’une compagnie de disques, sourit Ross, mais soit tu donnes à un groupe carte blanche ou sinon tu leur bottes le cul et enlève les mauvaises choses”). Parmi les choix de cette liste: The Shining Path, Sub, Whirpool, Sensitive – et Blur.

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Alex a une blague. Q: Combien de membres de Blur a-t-on besoin pour changer une ampoule ?

R: Demande à Andy Ross.

Le succès de Blur est inextricablement lié à la réussite de Food, et avec le flair de Ross et Balfe. Ils ont été signé pour une avance de 3000£, de part le monde. Allez dire cela à un tout jeune groupe d’aujourd’hui et ils ne te croiront pas. Néanmoins, moins d’un an après leur signature en bas de la page, She’s So High est entré dans le Top 50, There’s No Other Way Top 10 et l’album, Leisure, Top 10. Bingo ? Non.

“Tout le monde, soupire Ross, associait Blur très fortement avec une marotte passée. (Il parle d’une musique à guitare post-Ecstasy fausse et galopante nommée Baggy). Les journalistes américains disaient qu’ils venaient de Manchester”.

Ainsi, à la fin de 1991, un groupe de quatre personnes venant de l’Essex avec les beaux-arts, l’école dramatique et l’école de musique comme références était mis dans le même sac qu’une fureur mourante, leurs ruées d’énergie punk et les éclats de bizarreté à la Syd Barrett se sont perdus dans la confusion. Albarn décrit le long travail de There’s No Other Way au tournant de 1993, Modern Life Is Rubbish, comme “18 mois d’enfer”.

Après l’échec de Popscene, la paranoïa s’est installé et Blur est parti pour revenir avec quelque chose “artistiquement valide, cohérent et qui en vaut la peine”. Et est allé se couper les cheveux. À la fin de 1992, Modern Life Is Rubbish a été livré, 12 chansons, plus structurées, intelligemment écrites, plus effrénées et plus solides. Il y avait encore des obstacles à surmonter, et des poteaux de buts à bouger. Balfe a jugé que le LP était “incomplet” et ne voulait pas le sortir. Les deux chansons magiques manquantes, que est Albarn parti, blessé, écrire, étaient For Tomorrow et Chemical World. Elles seront les singles. Balfe, et Food, s’étaient encore révélés juste.

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Modern Life s’est initialement vendu modestement à 50 000 exemplaires, ce qui, pour un grand disque, était un “terrible choc”. Mais, après cet été, tous les chevaux du roi et tous les hommes du roi rassemble leurs actes à nouveau…

Un second passage explosif en haut de l’affiche au festival de Reading a fait pleurer les adultes, et le groupe a commencé à apparaître sur les couvertures des magazines et des journaux qui étaient tièdes, voire hostiles, quelques mois auparavant. Pendant l’encourageant Modern Life Tour, un Albarn de plus en plus prolifique et motivé a écrit les chansons qui constitueront Parklife.

Girls & Boys, le premier single de l’album, a poussé dans le Top 5 en mars 1994, et la presse – les journaux, les féminins, les intellectuels, tous – est devenue encore plus cinglée, une campagne de surcompensation massive d’un an. Blur était tout à coup les fils prodigues ; les gros veaux incluaient une nomination au Mercury Prize, ce triomphe à Ally-Pally, Albarn invité à partager ses pensées dans the Modern Review, GQ et Loose Ends de Radio Four, de multiples nominations pour l’album de l’année, tout cela terminé par une parodie de Parklife sur Spitting Image, un sketch satirique appelé La Vie De Charles.

Mais qui sont ces types de Blur qui, après un départ hésitant, ont secoué le monde ? Et qu’est-ce-qui les rend si différents, si attirants, comme l’artiste pop Richard Hamilton a demandé dans un collage qu’ils avaient très probablement étudié aux Beaux-Arts. Est-ce-que c’est les Beaux-Arts eux-mêmes (Ils sont tous allé à Goldsmiths’) qui les distinguent ? Est-ce-que Blur est le dernier et ultime exemple que The Fall a traité une fois de la menace de l’art prolo ? Non. Blur n’est pas un simple groupe des Beaux-Arts ; le plus important est le fait qu’ils sont un groupe d’école de musique. C’est leur secret. Ils savent jouer. Ce sont des musiciens.

Coxon vient de commencer d’apprendre tout seul le banjo. Pourquoi ? Parce que actuellement il se sent un peu “classique” à la guitare. Ainsi, assisté par des expositions concentrées à des groupes de punk américain, il espère retrouver un “amateurisme” sain, utilisant le banjo pour “ne pas perdre” ce qu’il sait à la guitare. Le tout premier instrument qu’il n’ait jamais joué ? Un fifre.

Albarn, qui admet qu’il a prit des cours à mi-temps à Goldsmiths’ pour “aller au campus”, avait déjà joué du piano à l’école d’art dramatique, beaucoup de Brecht et Weill, et a travaillé avec le Berliner Ensemble à Harlow à un festival de Brecht. “Tout ce que je fais à la mesure 3/4 est directement rattaché à cette expérience”.

Rowntree a choisi ses instruments pour ennuyer les gens. À neuf ans, on pouvait l’entendre se débattre avec une chanterelle, version en L des tubes d’une cornemuse (“une saleté de chose, comme jouer avec une bouillotte”). Le père de Graham lui a appris brièvement le jazz.

Même Alex James, qui ne se considérera jamais comme un musicien, a acheté une copie d’une Fender Precision à Exchange & Mart à Southbourne pour 50£ pour son 16ème anniversaire. Avant cela, il a été dans un “groupe” appelé The Age Of Consent, qui était consisté de lui, dans sa chambre, à crier “One, two, three, four, take it away”, avant de faire tourner The Chain de Fleetwood Mac. Cela a ét enregistré, et il présentait cela à ses amis comme preuve de l’existence de ce groupe.

On ne peut plus faire d’erreur maintenant. Blur est le groupe ultime de rock, moins susceptinle à s’autodétruire que Oasis ou Suede, plus grand que n’importe quelle marotte, une exportation prête à cuire, le quatrième album déjà “dans la poche”. Blur ne sera jamais juste pour Noël, ils sont pour la vie.

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La Vie Secrete De Damon Albarn

Né le 23 mars 1968, au Whitechapel Hospital, dans l’Est de Londres.

Son père a dirigé une “compagnie d’happenings écologiques” sur Kingly Street, W1, le cœur psychédélique de Londres. A également fait des prototypes de meubles, y compris la célèbre “chaise œuf ”.

Sa mère était décoratrice de théâtre pour la compagnie de Joan Littlewood ; a travaillé sur Mr Wilson’s Diary au West End alors qu’elle était enceinte de Damon.

A vécu à Leytonstone, dans une maison victorienne peinte en argent à l’intérieur; scolarisé à George Thompson Primary.

Des musiciens comme Cat Stevens ont toujours traîné à la maison, papa a contribué au fondement de Soft Machine, a présenté Late Night Line-Up BBC2 Arts Show. Comme l’a fait Melvyn Bragg.

“La culture pop n’a jamais été quelque chose de nouveau pour moi ; ça n’a jamais servi comme point de référence de rébellion. J’étais toujours autorisé à rester debout tard et à rester aux fêtes avec des gens qui fumaient des joints, qui se soûlaient et qui se droguaient. Si bien que ce n’était pas attrayant”.

Après “les très joyeuses 10 premières années”, ses parents ont déménagé à Colchester. Papa était maître de conférence d’art à plein temps, ayant écrit deux livres sur le style islamique ; a acheté une maison du XIVème siècle avec quatre chambres.

Des amis de la famille ont emmené Damon en Turquie pendant 2 mois “où j’ai vu beaucoup de choses très adultes et j’ai pas mal été troublé par ça ; une vraie expérience de Tin Drum. Et quand je suis revenu mes parents avaient déménagé”.

Est arrivé dans “l’Essex de Thatcher”, parlant à moitié le turc, basané, portant des colliers. Ne s’intégrait pas. Avait tendance à adorer “le foot et les filles et les fossiles”, s’est mis tout à coup à la musique et au théâtre. Le piano est devenu un centre d’intérêt. Vécu en dehors de l’adolescence dans le monde de l’Art. (“Les filles avec qui je sortais étaient celles qui jouaient dans les pièces scolaires – en tant que bohêmien, tu peux aller dans un CES d’Essex”.) Aimait 2 Tone, imitait les logos des Specials et Madness sur ses cours, généralement, la pop était “quelque chose à la radio et Top Of The Pops, ou aussi quelque chose sur quoi tu dansais au Club Great Tey”. Préférait les gros tubes et a toujours voulu être comme les groupes célèbres.

A raté son A Level de musique (E en histoire, D en anglais – a menti à ses parents en disant que c’était un C) à cause d’une place assurée à East 15, école d’Art Dramatique, sur Stratford East (Alison Steadman est allée là-bas) ; a déménagé dans une maison avec le batteur de RSC. Cursus de trois ans, parti après un an. Forcé à jouer l’Ayatollah Khomeini pendant une semaine entière (dans le cadre d’exercices théâtraux peu orthodoxes) et un jour comme secrétaire (hauts talons, rouge à lèvres : “J’ai effectivement de belles jambes”). Il y est resté un an et a pensé : “Fait chier, je me casse. Ça pète plus haut que son cul ici”.

À l’âge de 19 ans, son grand-père lui a donné 3000£, avec lesquelles il a fait des démos de compositions solo (“C’était complètement vide, désespérément brouillon”). Le studio lui a offert un travail de garçon à tout faire, ensuite un contract de management. Le directeur artistique londonien Dave Ambrose (qui avait signé les Sex Pistols, Duran Duran chez EMI) a vu Damon chanter dans son bureau à 11 heures du mat’ sur une bande son. Coxon jouait du sax sur quelques morceaux. Un batteur était nécessaire.

Concert au Centre d’Art de Colchester sous le nom de “Damon Albarn”. Rowntree et Coxon dans les 15 personnes du public. Il a formé Circus, son pote Eddy à la batterie (aujourd’hui dans un groupe folk irlandais, The Shanarchies) ; a fait un concert avec Dave à la batterie, lors d’une fête chez Eddy, après quoi Alex est arrivé.

S’est lié d’amitié avec Steve Walters à EMI qui lui a dit “de se droguer et de découvrir ce que c’est”. Alex lui a tenu la main la première fois qu’il a pris de l’acide, “s’est promené au centre commercial de New Cross et il a éclaté de rire aux oranges”.

Est devenu un étudiant de substitution : cursus de musique à Goldsmiths’ à mi-temps. “J’étais toujours un drogué de travail, mais je n’avais jamais de travail”.

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La Vie Secrète D’Alex James

Né le 21 Novembre 1968, Hôpital Boscombe, “le côté graisseux de la cuillère de Bournemouth”.

La famille a déménagé dans la pension de famille du grand-père dans le centre de la ville quand il est mort, avec Sparky le chien, diverses tortues, des cochons d’Inde. Bournemouth vide en hiver, Alex aimait la sensation de supériorité en été (“J’ai toujours vécu dans des lieux de séjour des touristes” – il réside maintenant dans le West End londonien).

Le père vendait des chariots élévateurs, puis des poubelles électriques. La mère travaillait bénévolement, y compris à “Books On Wheels”, à quoi il l’aidait.

Piano acheté pour 100£, à l’âge de 11 ans, il a bricolé dessus. Leçons de violons à l’école n’en valaient pas la peine “de prendre la résine sur l’étui et de lui donner un petit coup avec l’archet”. Il s’est fait renvoyer de la flûte à bec. Désirait des claviers, il ne pouvait pas se les payer.

Avait décidé que “seuls les branleurs étaient branchés par la musique à l’école”, il ne l’a jamais étudiée. Académiquement “brillant”: 13 “O”, 3 “A” (Physiques, Chimie, Français)

Année sabbatique à travailler à Safeway au comptoir des produits laitiers (“c’est là que je me suis intéressé au fromage”), a formé un groupe : Mr Pang’s Big Bangs, nommé d’après son propriétaire, qui jouait aussi pour les réserves de Southampton.

Est allé à Goldsmiths’ avec “zéro unité de valeur”, la première personne qu’il a vue quand il est arrivé dans la résidence universitaire a été Coxon, portant une guitare. Coxon connaissait les troisièmes années. Ils se sont lié d’amitié, jouait Sgt. Pepper vraiment fort, piquait du vin dans les frigos des autres.

Avec Coxon, a commencé “Nichtkunst”, qui les obligeait à rester debout toute la nuit jusqu’à ce qu’ils deviennent fous, dessinant des images stupides et pensant qu’ils étaient un mouvement.

“La première fois que j’ai vu Damon, il m’a complément soûlé”. Il considérait sa musique “merdique ; elle sonnait comme Brother Beyond”. Lui disait de “chanter à propos de quelque chose qui est proche de ton cœur, connard”.

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La Vie Secrète De Graham Coxon

Né le 12 Mars 1969, Hôpital Militaire Britannique, Rinteln, près d’Hannovre, Allemagne de l’Ouest.

A v écu à Berlin jusqu’à l’âge de 4, 5 ans sur les terres de l’armée. Papa était musicien dans un groupe (clarinette, sax) dans les Worcestershire & Sherwood Foresters, d’où le “penchant musical” de Graham.

A déménagé à Derby pour vivre avec papy à côté d’un autopont, à 5 ans, ensuite à Colchester, à 8 ans. Premier bégain pour Floella Benjamin, courant à la maison pour voir Play School avec un grand verre de Nesquik.

Papa a quitté l’armée en 1979, sergent major, a continué à diriger la fanfarre de la police de l’Essex (a enseigné le jazz à Rowntree dans sa classe du Samedi matin ; Graham était souvent accueilli comme “le fils de M. Coxon” par ceux qui ne le connaissait pas). Premier instrument : le fifre. A été encouragé à apprendre le saxophone au collège.

A commencé la guitare à 12 ans, “de manière à jouer Aunties And Uncles, News Of The World et Lisa Radley des Jam. Mes parents se plaignaient tout le temps que le bruit des frètes était plus fort que mes accords”. A atteint le grade 5 au saxo, n’est jamais allé au 6, ne pouvait pas s’embêter à apprendre les gammes. Académiquement “moyen”. L’année du bac, il a fini par devenir le clown de la salle commune (Récemment il a reçu une lettre de plainte de Michael Knight, ancien professeur d’art, après avoir dit qu’il n’était pas encouragé à l’école; Knight était en fait “un brave type”, lui donnant un coup de main à l’heure du déjeuner et était dans le GIGN).

Après un dossier scolaire qui disait que “l’extraverti social canaliserait ses énergies prudemment dans le futur”, il s’est inscrit pour deux ans au General Art & Design Diploma à l’école d’Art du Nord de l’Essex (dont M. Albarn était directeur). A commencé à fumer, a travaillé à Sainbury’s après la fac tous les mardis et les samedis ; est devenu malade de surmenage. Est passa de la bière de l’Abbaye pour le cidre.

A rencontré Rowntree, auquel il s’est joint dans son groupe Idle Vice dans les sections de cor. Simultanément dans son propre groupe Hazel Dean & The Carp Enters From Hell ; les deux ont eu une amende la journée de l’anti Yuppie à Wivenhoe, après avoir bu et conduit (a garé la voiture de maman avec une bouteille de Southern Comfort à la main, s’est endormi, a perdu son permis pendant deux ans, 200£ d’amende – “Ça a brisé le cœur de ma mère”).

En tant que végétarien protestataire, il est devenu anémique, s’est retrouvé dans l’aile des troubles physiques pendant des semaines à Severals Hospital, notoire pour l’asile de fous. Écoutait continuellement une seule cassette – Janis Joplin, Fleetwood Mac, The Smiths – regardait “un couple dérangé se caressant et riant” (est devenu sexuellement frustré). Dessinait beaucoup d’hommes âgés pissant dans un pot. Fumait des Superkings secrètement avec le malade Stan.

Goldsmiths à 19 ans, cité universitaire à Camberwell. Accrochait des feuilles A4 roses avec les paroles des Pixies sur tous les murs de sa chambre. Alex dans la chambre juste en dessous de lui. Burser Robin Russell avait un petit “carré d’herbe merdique” sur laquel il s’exerçait au golf et faisait faire des exercices à Laura, un chiot Berger Allemand (“Laura ! Pose ça !”). Jetait des ventilateurs par la fenêtre, 3 étages au dessus, dans l’allée. Burser a fait rouler son camping car Volkwagen, dessus, tordant l’arche de son volant.

A vu Damon au Arts Centre de Colchester : “Tu savais que le type avait un tas d’énergie”.

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La Vie Secrète De Dave Rowntree

Né le 8 Mai 1964 au Maternity Hospital de Colchester.

Papa était ingénieur du son à la BBC, a enregistré des morceaux sur l’album actuel des Beatles At The BBC, non crédité. Auparavant faisait des effets sonores à la radio. A fait la navette à la BBC pendant 40 ans. Maman jouait du piano dans l’orchestre de Londres.

On lui impose des leçons très tôt ; a choisi la cornemuse ; a été enseigné par “un énorme Écossais” à jouer du tambour militaire – collait avec du scotch une pièce de sixpence au tambour ; si tu la rates, tu avais une raclée.

À 13 ans, l’année du Jubilée ; a joué Yellow Submarine sur un tambour et une cymbale lors une “fête de rue triste” avec un groupe sans nom, sa sœur chantait et un voisin jouait du piano (“Il savait comment ouvrir le couvercle”)

Lycée, privé, l’a trouvé ennuyeux, est allé à l’IUT pour faire un DUT d’informatique à Woolwich, “intello, pétrifié”.

1982, s’est fait poussé les cheveux, portait du caftan et des “pantalons rapiécés” (“Aucune photo existe – merci mon Dieu”), a obtenu son surnom de “Shady Dave” en dépit de sa répugnance pour les drogues. Première batterie à l’école de musique, personne ne l’utilisait, alors il la prise comme la sienne.

De retour à Colchester, “a faignassé”, a formé Idle Vice, un trio, Robin à la guitare, Jim à la basse, a déménagé à Londres pendant six mois dans un squat de Crouch End (un vieux centre socio-éducatif de cinq étages, “On avait un étage chacun”), a trouvé un joueur de saxo, dé-hippifié dans un squat punk avec une crète iroquoise (les parents ont présumé que c’était une phase. Ce l’était). Concerts et fêtes de squat à King’s Cross.

La France pendant deux ans, à jouer dans des clubs, à jouer dans la rue, bouche à oreille, mangeant du raisin et du melon qu’ils avaient piqués dans les champs, a appris beaucoup de choses sur les mécaniques des vans (“On appelaient ça jazz punk à l’époque”). Est revenu à la maison pour le premier hiver ; il n’est jamais vraiment rentré le deuxième.

A obtenu un travail au conseil municipal comme programmeur d’ordinateur en costume et crète iroquoise (“Je l’avais teinte en noir à l’époque”). La petite amie de Jim est tombée enceinte, il a quitté Idle Vice, remplacé par “un type roux avec des longs doigts qui ressemblait beaucoup à un drogué sans pourtant en être un”.

A rencontré Coxon, qui jouait dans The Curious Band, marchants d’improvisation style Gong (“Je braillais juste sur ça”). Répétait dedans, et vivait au-dessus, un garage de pneus avec un type obsédé par Dungeons et Dragons, et qui taillait ses propres pièces d’échec.

Est allé voir Albarn chanter aux Arts Centre, est allé prendre un verre avec lui après et lui a dit “Si tu as besoin d’un batteur appelle moi…”

Traduction – 1996, révisée le 15.05.2008