SUEDE
Suede (Nude / tous formats)
Archives de Tag: Suede
(Suede) NME (Originals) – 20 février 1993 : Fièvre nitrique
Pourquoi nous intéressons-nous à SUEDE ? Eh bien, si vous pensiez que ce groupe était bon l’année dernière (et même si ce n’est pas le cas) attendez de l’entendre aujourd’hui, dans toute sa gloire saturée chimiquement et confuse sexuellement sur son nouveau single Animal Nitrate. Pendant ce temps, rêvez des révélations d’excès, de jalousie et d’orientation sexuelle qui couvent depuis l’année dernière. John Mulvey peint sa perruque et se met de la partie.
NME (Originals) – 16 mai 1992 : Suede – The Africa Centre, Londres
Sur le poster photocopié collé sur les portes du Africa Centre, Brett Anderson regarde avec les yeux cernés de noir d’un homme pas si jeune qui semble avoir passé ses années formatrices dans des bordels, des fumeries d’opium, des casinos et des clubs fétichistes. Il ne ressemble pas à un skateboarder, ni à un raver aux cheveux ébouriffés, ni à un étudiant débraillé. Il semble élégamment débauché, chérie.
Melody Maker (NME Original) – 25 avril 1992 : Suede – Le Meilleur Nouveau Groupe de Grande Bretagne
Sexy comme pas possible, glam comme pas possible, géniaux comme pas possible, SUEDE fait tourner la tête et brise le cœur à chaque fois que le groupe joue. Steve Sutherland rencontre un groupe qui est déjà acclamé comme les dignes successeurs des Smiths, un groupe enfin déterminé à réinjecter de l’adulation et de la subversion dans les charts.
(Suede) Melody Maker (NME Original) – 15 février 1992 : Têtes de porc
Ils sont jeunes, bizarres et ils riment avec Slade ! C’est SUEDE. Simon Price les a côtoyés.
(Suede) Melody Maker (NME Original) – 21 mars 1992 : The Powerhaus, Londres
Suede est tellement quelque chose de spécial que, comme ce concert des Pistols au 100 Club, des milliers clameront dans le futur qu’ils les ont vu ici ce soir, à donner du bouche-à-bouche glamour avec l’élégance et l’audace la plus minable.
Dog Man Star – morceau par morceau par Brett
Introducing The Band - c’est ma tentative d’imiter un chant bouddhiste que j’avais rencontré dans un temple à Kyoto durant une première tournée japonaise de Suede. Je suppose qu’il y avait aussi une sorte de ton orwellien ici, autant que sur l’album. 1984 est l’un de mes livres préférés et je retourne souvent dans la tête l’expression “si tu veux une vision du futur, imagine une botte qui piétine à jamais un visage humain”. Je suppose qu’il y avait quelque chose dans le ronronnement écrasant et métallique de la musique qui me rappelait cette expression et qui m’a inspiré à écrire une sorte de texte fantaisiste sur la force militaire qu’on ne peut pratiquement pas arrêter qu’un groupe puissant peut devenir. La référence à Winterland est bien sûr une référence au dernier concert des Sex Pistols à San Francisco. Il y avait aussi un clin d’œil à Lewis Carroll dans la phrase “poignardé un cervelet avec une plume curieuse”, je suppose qu’elle parodiait l’époque victorienne néo-scientifique de Carroll. Je relisais les Alice à l’époque et aussi beaucoup de biographiques de Carroll lui-même alors c’est inévitablement passé dans mon écriture.
Suede – The O2, Londres – mardi 7 décembre
Leur plus grand concert en intérieur est un triomphe – mais où vont-ils aller maintenant ?
Révision de Suede
Les drogues, le SFC et le désespoir ont envoyé les pauvres garnements de la Britpop sur des chemins séparés en 2003. Aujourd’hui Suede reviennent à la vie en hurlant
Love And Poison – Prologue
Introducing The Band
“There’ll be blue skies over… the white cliffs of Dover”. La voix de Dame Veralynn flotte de manière incongrue dans le petit hall de l’église tandis que la lumière rouge et la glace sifflante transforme la salle en bordel fumant. Le public, constitué en grande partie d’excentriques et d’inadaptés, est comprimé contre la scène, la température monte. Une silhouette vague aux cheveux hérissés se glisse furtivement de derrière les rideaux de velours vers son tabouret de batteur tandis que les accents d’ouverture de Pantomime Horse s’avancent en chatoyant, les joueurs attendant toujurs sur la touche. Le bouffon du roi arrive en ondulant, s’assois comme un home et sourit comme un reptile, son costume collant tel une seconde peau qui attend que le serpent mue. Des talismans ethniques pendent à son cou et ses poignets, complémentant ses mouvements hypnotiques, presque sataniques. Tandis que la musique s’élève en spirales, cet homme charmeur de serpent étend son dos dans des contorsions érotiques, caméléon, corinthien et caricature. “Have you ever tried it that way ?” Des deux côtés de la scène, le bassiste et le guitariste entrent sur scène avec désinvolture tels des sentinelles, envoyant la chanson dans un tournoiement grâce à plusieurs crescendos avant qu’elle ne retombe finalement avec fracas telle une bête mortellement blessée. Avant que le public trempé de sueur ne puisse s’en remettre, le groupe se jete dans deux nouvelles chansons furieuses, qui abondent en crachat et jurons. Brett semble hurler “shit sucker !” et “rescue me from this horrible life”. Puis c’est le Tube. Le tohu-bohu éclate. Mentons meurtris et côtes écrasées. Le chanteur et le guitariste échangent des regards furieux, la foule les encourage comme si c’est un match de box illégal. Est-ce pour de vrai ou cela fait-il partie du concert ? Il y a un changemen de guitare pour l’une des chansons les plus lentes mais quelque chose ne va pas. Brett jete son micro par terre avec violence et dégoût et sort avec rage. Bernard le suit. La foule s’agite et certains au balcon commencent à scander : “Il n’y a qu’un Simon Gibert !” Brett est de retour. Il se joint au chant, puis rajoute “Pas merci pour ça !” Personne n’est vraiment sûr s’il blague ou pas. Bernard est revenu aussi, pour son trésor He’s Dead. Ce soir, elle semble être un incroyable solo de guitare avec Brett réduit à un gogo dancer accompagnant. Vers la fin le guitariste retrouve quelques notes de Loch Lomonds. Pas en reste, Brett s’y joint, “I’ll be in Scotland afore ye”. Le public d’Édimbourg pense qu’il se moque de leur patrie. “Connards condescendants !” Plus de sifflets suivent une intro avortée de Metal Mickey. “Que portez-vous ?” Un autre changement de guitare, un autre incident technique. Quelqu’un va taper quelqu’un dans pas longtemps. Au moment de la dernière chanson, la tension et le danger sont presque écrasants. Cela fait un concert fantastique. Stay Together ne se trouvera pas dans les bacs avant plusieurs jours, mais ce boucan paranoïaque ne ressemble que faiblement à la version polie que les fans entendent à la radio. La guitare de Bernard est telle un sacrifice hurlant, se tortillant dans ses mains. Brett crie “Whipping up a storm like a fucker from the dead” encore et encore jusqu’à ce qu’il parte sans prévenir, laissant les autres finir la chanson sans lui. Finalement, seul Bernard reste, au centre de la scène, sont t-shirt “Remember Elvis” trempé. Sa main gauche serre les dernières gouttes de vie de sa guitare tandis qu’il donne un salut triomphant de l’autre, croisement pervers enttre Benny Hill et le victorieux solitaire d’une lutte avec la mort. C’est la dernière performance publique de Bernard Butler avec Suede.
Cinq mois plus tard, dans la première interview depuis le départ de Bernard, Brett Anderson a dit au NME : “L’histoire de ce putain de groupe est ridicule. C’est comme Machiavelli qui réécrit Las Vegas Parano. Elle implique des milliers d’acteurs. Elle devrait avoir Charlton Heston en premier rôle… c’est comme un landau qui vient d’être poussé du haut d’une colline. Elle a toujours été féroce et passionnée, vraiment au bord et elle ne s’arrête jamais. Je ne pense pas qu’elle s’arrêtera. Elle ferait un putain de bon livre”.
C’était en août 1994, bien que la citation aurait pu facilement venir de n’importe quel moment de la tumultueuse carrière du groupe. Car l’histoire de Suede en est une d’extrêmes. De hauts vertigineux et de bas désespérés. D’époques où ils semblaient avoir le monde à leurs pieds et d’autres périodes où il semblait impossible de continuer.
Les détracteurs de Suede ont souvent décrits le groupe comme froid, cynique, prétentieux et, le plus accablant de tout, sans humour. L’opposé même dans ce cas. Suede sont trop humains tous. Leurs chansons sont des drames tragi-comiques sur des vraies personnes et de vraies vies. Ou comme l’a une fois dit Brett, “à propos de la capote utilisée jetée sous le litÌ. Leur histoire – sans vouloir paraître trop cynique, sans humour ou (j’espère bien que non) prétentieux – est un testament à la puissance de l’esprit humain. Et, on l’espère, elle fera un putain de bon livre.
Traduction – 4 novembre 2008