Inglorious Basterds

Avec Brad Pitt, Mike Myers, Diane Krüger, B.J. Novak, Cloris Leachman
Réalisé par Quentin Tarantino

Une unité spéciale de soldats juivo-américains est envoyée derrière les lignes ennemies pour répandre le choc et le respect dans les troupes allemandes dans la France occupée par les Nazis. Pensez aux douze Salopards. “C’est un fantasme de revanche. C’est la grosse accroche qui m’a mis dans la salle – et je ne suis même pas juif”, dit Tarantino. Une autre accroche, c’est Pitt, qui s’est immersé si profondément dans le rôle du lieutenant Aldo Raine, chef de l’escouade sémite, qu’il restait dans le personnage sur le plateau pratiquement tout le temps. “Aldo a ce gros accent épais péquenaud – il est du Tennessee – alors si je posais une question à Brad, il répondait avec l’inflexion d’Aldo, se souvient Tarantino. C’était génial. Je pouvais passer toute la journée à me balader avec le personnage que j’avais créé”.

Pitt n’était pas le seul à parler bizarrement sur le plateau de Basterds. Krüger l’Allemande (Benjamin Gates) parlait afek l’akzent allemand même quand elle ne tournait pas de scènes en tant que Bridget von Hammersmark, star de cinéma à la Marlène Dietrich qui s’avère aussi être une espionne. “C’est venu assez naturellement pour moi, dit Krüger. La clé du personnage, c’est qu’elle parle toujours un peu trop fort”. Novak, qui joue l’un des soldats d’Aldo, le caporal Utivich, récitait ses répliques avec le même accent américain qu’il a dans The Office, mais était si transporté par sa première expérience sur un film majeur, que c’est un miracle qu’il ait pu les bredouiller. “Il y avait un soir de tournage à Potsdam sur cette belle vieille rue au milieu de l’hiver, dit-il. Brad Pitt était là en smoking. Quentin Tarantino cadrait un plan. et j’ai pensé, je ne sais toujours pas ce qu’est de faire un film. C’est ce que faire un film est dans les films sur la réalisation de films”.

BS

QUENTIN TARANTINO

EW Tu as fait des films de gangster, de kung fu… Et maintenant la seconde guerre mondiale ?
QUENTIN TARANTINO J’ai toujours aimé ce sous-genre : un groupe de gars en mission. Dans les années 1940, ils faisaient des films de guerre avec ce mélange merveilleux d’aventure et d’action. Et la comédie, aussi. C’est ma came, tu sais ?
EW Tu as travaillé avec des stars avant, mais jamais une de cette échelle…
QT Bruce Willis, il me faisait une faveur. Robert DeNiro me faisait une faveur. Brad, c’est la première fois que j’ai travaillé avec une énorme star à l’apogée de sa célébrité. Et il ne me faisait pas nécessairement une faveur.
EW Tu es bientôt prêt pour Cannes ?
QT On, on monte.
EW Que préfères-tu, tourner ou monter ?
QT Monter. Ça revient au processus d’écriture. J’ai toujours considéré le dernier brouillon du scénario être le premier plan du film.

Traduction – 8 novembre 2009