Public Enemies

Avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard, Billy Crudup
Réalisé par Michael Mann

Tous ceux qui ont vu le Solitaire de 1981 ou Heat de 1995 savant que Michael Mann sait réussir un film de hold-up. Ainsi il n’est pas surprennant que le scénariste-réalisateur dur soit attiré par l’histoire du dévaliseur de banque sur lequel on a raconté le plus d’histoires, John Dillinger. Dans les années 1930, époque où la plupart des Américains étaient martelés par la Dépression, Dillinger a lancé l’une des séries de crimes la plus vertigineuses de tous els temps. Elle l’a transformé en héros du folklore national. Après tout, il osait faire ce que le reste du pays attaché à l’argent ne pouvait que rêver : braquer des banques, qui étaient passées d’institutions de confiance à enemies richardes de l’ouvrier.

Opportun, non ?

Mann a grandi à Chicago, décor de l’un des hold-up de Dillinger, et il a tourné autour de l’idée d’un film sur Dillinger sur la pointe des pieds depuis des décennies. “Le Biograph Theater, où Dillinger a finalement été abattu, était un endroit où je sortais en amoureux avec ma femme, il y a 30 ans”, dit-il en riant. En fait, dans les années 1970, Mann a écrit un scénario sur les débuts du FBI quand il pourchassait des gangsters comme Dillinger. “Rien n’en est sorti, dit Mann, mais je suppose qu’il a toujours été dans ma tête toutes ces années”.

Le nom de ce scénario ? Public Enemy.

Johnny Depp flirtait aussi avec l’idée de jouer le voleur légendaire depuis un moment. Depp, dont le grand-père faisait passer de l’alcool de contrebande sur le marché noir du Kentucky durant la Prohibition, a grandi en idolatrant des hors-la-loi comme Dillinger. “Certains pourraient ne pas être d’accord, mais je pense qu’il était un vrai Robin des Bois”, dit Depp du braqueur de banques, qui au moins a réussi la partie “voler au riches” du crédo de Robin des Bois. “Il savait que la compte à rebours avait commencé, et mec, si ce n’était pas le moment de s’amuser, alors je ne sais pas quand ce le sera !” Il est inutile de dire que lorsque Mann s’est approché de Depp pour qu’il joue Dillinger, l’acteur n’a pas dû être mencé d’une arme.

Tandis que le film de Mann est ostensiblement un biopic du criminel dont les traits de star de cinéma et le toour de main pour une mitraillette Thompson ont fait de lui l’ennemi publique numéro 1 aux débuts du FBI, il ne serait pas vraiment une histoire sans adversaire coloré qui le suit de près. Heureusement, l’histoire en a fourni un, aussi. Entre Christian Bale dans le rôle de Melvin Purvis, l’agent enfant chéri de J. Edgar Hoover. “Il était connu comme le Clark Gable du Bureau, dit Bale. Bien qu’il était de l’autre côté de la loi que Dillinger, ils étaient similaires à certains égards. Purvis avait la meilleure voiture de l’époque, une Pierce-Arrow, et un chauffeur le conduisait au travail chaque matin. À ce jour, il est responsable d’avoir attrapé plus d’ennemis publiques que n’importe quel agent de l’histoire”.

Pour un film d’été qui ne comprend nu de superhéros ni de cyborgs, cela aide certainement d’avoir des acteurs menés par Depp et Bale – peut-être les deux seuls acteurs de Hollywood capables de porter un film franchisé et de rester fidèles à leur crédo artistique des rues. D’une manière, on pourrait dire que Depp et Bale sont les effets spéciaux du film. Ce pourrait aussi être le seul film qui sort durant les mois d’air conditionné dont on pourrait toujours parler à l’époque des Oscars.

Durant sa carrière, que ce soit avec Révélations ou le Dernier des Mohicans, Mann a encouragé ses acteurs à entrer profondément dans leurs personnages autant qu’ils le souhaitaient. Et dans Depp et Bale, il a trouvé des interprètes qui voulaient aller très profond. Quand on a présenté à Depp une valise que Dillinger avait laissé après l’avoir échappé belle, Mann a dit que l’acteur a réagi comme un môme dans un magasin de bonbons (ou, plus vraisemblablement, un môme braquant un magasin de bonbons). Il a même été jusqu’à caresser les chemises pliées de Dillinger et sa trousse de toilette. Pendant ce temps, Bale, un acteur dont Mann dit qu’il était dans son personnage “24 heures sur 24, 7 jours sur 7”, a étudié des volumes de coupures de presse jaunies et des anciennes actualités filmées. Il a même rendu visite au fils de Purvis en Caroline du Sud. Bale : “Je ne sais pas que c’est essentiel, mais si c’est là, je ne voudrais pas le faire sans”.

Pourtant, les cinéphiles ne devraient pas s’attendre à deux heures de feux d’artifice de la Méthode entre les stars. “On a eu très peu de scènes ensemble, admet Bale. En fait, il y en a qu’une. Autrement, Johnny était juste une silhouette sur laquelle je tirais”. Juste une scène ? Comme Robert DeNiro et Al Pacino dans Heat de Mann ? “Eh bien, ne vous méprenez pas. Ce film parle de Dillinger. Je suis le second rôle. Alors ce n’est pas le genre de moment dont tu parles”.

S’ils ne partagent pas beaucoup de temps à l’écran, une chose que Depp et Bale ont partagé était leur scène préférée du film : une re-création de l’infâme raid du FBI en 1934 au Little Bohemia Lodge dans le nord du Wisconsin. Mann et son équipe ont fait un pélerinage à l’endroit réel où Dillinger l’a échappé belle à Purvis et ses hommes. Même aujourd’hui, des mois après, Bale semble toujours quasi étourdi en s’en souvenant. “J’ai tiré tant de balles dans ces bois au milieu de la nuit, que je sentais littéralement le goût du métal pendant une semaine après”. Pouvons-nous suggérer du popcorn comme détergent de palais ?

Chris Nashawaty

Traduction – 7 novembre 2009