Quand David rencontre Harry

David Yates a rejoint la franchise Harry Potter sur le cinquième film et va la voir se conclure avec les Reliques de la mort parties I et II. C’est un voyage extraordinaire – un qu’il partage aujourd’hui avec Total Film

PAR DAVID YATES

Si vous avez déjà grimpé une montagne, vous savez que vous ne voyez pas le sommet, vous voyez chaque marche qu’il a fallu monter pour arriver au sommet. Bien que nous ayons un énorme programme sur les Reliques de la mort, je refuse de compter les jours. J’en apprécie chacun – si je pense trop au nombre de mois durant lesquels nous avons filmé, mes genoux flancheraient.

Le plateau est étonnamment calme mais aussi excitant. Nous savons tous que c’est notre dernière chance de jouer dans ce monde. Il y a un vrai sentiment de fermeture qui approche, ce qui ajoute une atmosphère intéressante. Nous voulons tous que les deux derniers films soient spéciaux.

C’est amusant aujourd’hui de revenir au début. Quand on est venu me voir pour la première foisme demander de réaliser le cinquième film, j’étais un chouilla arrogant. Ma première réponse a été : “Pourquoi voudrais-je faire ça ? Quelqu’un a déjà créé ce monde”. Une des choses les plus excitantes dans tout ce que j’ai fait, c’est arriver au début. C’est comme la conception d’une maison : on doit metre tout à sa place. Mais mon agent a dit : “Tu serais taré de refuser ça”. Alors j’ai lu le premier livre et je suis simplement tombé amoureux de ce monde glorieux.

Le processus du pitch n’a pas été flagrant. Je développais un autre film pour Warner Bros et j’allais à ma réunion sur le scénario avec eux. Je me suis rendu compte sur cette période qu’ils me jugeaient discrètement pour d’autres choses. Ils aimaient mon œuvre : ils avaient vu Sex Traffic et Jeux de pouvoir. J’ai rencontré [le producteur] David Heyman deux fois avant qu’une véritable offre ne fasse son apparition. Il a présenté Harry Potter comme un monde et combien il était amusant de travailler dedans. Puis une après-midi, il a dit : “Viens me parler du cinquième livre, viens me le promouvoir”.

Je suis arrivé dans son bureau et j’ai fait le pire pitch de l’histoire du cinéma. À environ la moitié, j’ai dit : “Ça ne marche pas vraiment”. Je suis monté dans le taxi en pensant : “Je l’ai foiré !” En chemin vers la gare, mon téléphone a sonné et c’était David. Il a dit : “Écoute mec, ne te fais pas de bile à propos de ça”. J’allais rencontrer les cadres de Warner Bros et il a dit : “Sois juste toi-même”. Je savais qu’il y avait d’autres réalisateurs en liste, je savais qu’ils rencontraient Jean-Pierre Jeunet, que j’adore. Mais je ne sais comment, tout s’est mis en place. Alors même si j’ai fait le pire pitch de l’histoire du cinéma, ils m’ont quand même donné le job !

J’ai rencontré Dan pour la première fan sur le plateau de la Coupe de feu. Il était sur un balai tout le temps et il en est descendu pour dire bonjour. Ce sont tous des gens sympa. Nous nous sommes tous bien entendus. Il y a une grande sensibilité ici, ce qui est très sain. Ils respectent et encouragent les gens ; la qualité du travail est proéminente. On est bien loin du monde machiste du gros cinéma lourd, ce qui est aussi très sain. Tout ce que j’avais fait suivait cette même idéologie : inspirer le travail aux gens au lieu de les faire travailler en leur hurlant dessus.

* * *

Je suis arrivé quand la franchise commençait à grandir un peu et nous l’avons fait grandir de plus en plus avec chaque film. Il y a une bipolarité dans ce que je fais. J’aime la vérité, j’aime la réalité. Mais en même temps, je suis à l’aise avec les approches expressives et expressionnistes de l’art de raconter des histoires. Je pense que Warner Bros a répondu au fait que j’ai apporté une certain côté british à la franchise.

Ils aiment ce que j’ai fait avec les acteurs aussi. Sur les Reliques de la mort, j’ai reçu des emails de folie du studio qui disaient combien ils sont impressionnés par ce que nous faisons. Mais j’ai touché une corde sensible dans les histoires où elles deviennent plus nuancées et j’en prends avantage. Dans une certaines mesure dans le Prince de sang mêlé, mais encore plus dans les Reliques de la mort, nous faisons des choses plus sombres, plus intéressantes qui ont un côté très adulte.

Les Reliques de la mort est un voyage spirituel puissant pour Harry, qui se rend compte de son ultime destinée. J’essaie de donner aux deux parties une tournure légèrement différente. La Partie I est dynamique, pleine d’adrénaline, viscérale et a lieu sur la route – nous nous approchons jamais de Poudlard. C’est une histoire de réfugiés à propos de ces trois gamins coupés de tout ce qu’ils connaissent et tout ce qu’ils aiment, étant poursuivis impitoyablement par des gens qui veulent les tuer. C’est un road movie granuleux au sein de cet univers magique.

La Partie II a un côté plus élégiaque et opéra. C’est là où le cœur et l’âme de l’histoire se retournent contre eux-mêmes. Ils sont aussi différents que l’est l’Ordre du Phénix du Prince de sang mêlé, qui a un parfum plus européen. Le monde est assez riche pour vous permettre d’aller y explorer comment vous le présentez.

Quand ils m’ont demandé de revenir pour les Reliques de la mort, il y a eu environ 30 secondes où je n’étais pas sûr si je voulais le faire. Mais on y va tête baissé, parce que combien de réalisateurs ont l’opportunité de a) conclure une franchise comme celle-ci, et b) en réaliser la moitié ? Quand je fatigue, je me souviens que ces films n’arrivent pas tous les jours. De même, quand on est au milieu d’un tournage de 14 mois, la vérité, c’est que la fin, c’est comme un canot de sauvetage et on dit : “On n’est pas loin de nager maintenant !”

Il est difficile de régler son pas sur ces productions. Je suis nul à m’occuper de moi. Je suis comme un adolescent au volant d’une voiture : mon corps est dans la voiture et je roule trop vite et puis je me demande pourquoi j’ai la tête qui tourne. Mais le plus dur, c’est de se déconnecter quand on a ce monde là dans la tête. On n’arrive pas à arrêter d’y penser – on en est trop intoxiqué, trop accro. Parfois cela vous réveille au milieu de la nuit, mais ce n’est pas de l’anxiété, c’est de la sur-excitation. C’est penser : “Demain, on tourne la scène dans la Chambre sur demande où Harry, Ron et Hermione sont poursuivis par le Feudeymon et c’est une scène très cool”.

Ce n’est pas que les faire non plus, c’est également la responsabilité de les offrir au monde en sachant qu’un public mondial attend de dire : “On est contents que tu as laissé ça, mais pourquoi as-tu enelevé ça ?” Il y a une pression subliminale tout le temps. Mais aussi difficile que ce l’a été, il y aura tant de souvenirs heureux des gens avec qui j’ai travaillé. Rupert Grint qui se tord de rire durant durant une prise restera dans ma mémoire pour le reste de ma vie. Il est terrible à cela et essaye toujours de la cacher. J’ai tourné une scène aujourd’hui où il marche vers Emma – il a commencé à y aller avant d’être à sept mètres d’elle et a ensuite essayé de se cacher derrière elle pour que nous ne puissions pas voir. C’est si mignon. Nous cherchons comment réussir à vieillir Dan, Emma et Rupert pour l’épilogue d’une manière vraiment intéressnate – voir Dan avec un peu de bedaine sera génial !

* * *

Ce sera un moment poignant quand nous finirons cette dernière prise et que je dirai : “Faites le poil” pour la dernière fois sur cette extraordinaire succession de films. Elle va certainement me manquer quand ce sera fini. Il y a des gens impliqués dans ces films, comme David Heyman et une partie de l’équipe créative, qui ont travaillé dessus avec Dan, Rupert et Emma depuis le feu vert. Pour eux, cela va être difficile de dire au-revoir. Durant les années que ces films ont été faits, des enfants sont nés, des personnes sont décédées, des personnes se sont mariées – le flux de la vie humaine a coulé dans ce studio et tout à coup, tout va s’arrêter. Cela sera très étrange.

Après que tout soit fini, je vais prendre six mois de repos et voyager un peu. J’ai besoin de sortir dans le vrai monde et de simplement me reconnecter. En tant que conteur, on a besoin de faire l’expérience de la vie. Après cela, j’ai quelques projets que je suis en train de développer. Mon plan, c’est d’alterner le travail où je fais un film à petit budget et puis je le fais suivre d’un gros blockbuster. Je trouve cela grisant de faire des films sur une échelle industrielle, mais je suis impatient de travailler sur un film à petite échelle où je sors filmer avec une équipe de cinq personnes. Mon ambition de carrière sera de passer de l’un à l’autre. Je veux tout réorganiser de fond en comble.

*

LE POTTER INÉDIT

Les choses des livres qui ne sont jamais apparues à l’écran

Le PROFESSEUR CUTHBERT BINNS AURAIT DÛ ÊTRE DANS ES-OP
Seul fantôme enseignant à Poudlard – il est mort dans son sommeil un jour il y a des années, ne s’en est pas rendu compte et a continué à venir enseigner ses leçons. Les étudiants espèrent qu’ils ne l’aurait pas fait cependant : il est d’un ennui légendaire, faisant de ses cours d’histoire de la magie une guerre d’usure. La seule excitations dans sa classe est lorsqu’il entre en glissant à travers le tableau noir. Le soldat Goldfrey de Dad’s Army aurait été parfait pour le rôle. Et il est décédé – voici de la Méthode pour vous.

PEEVES LE POLTERGEISTAURAIT DÛ ÊTRE DANS ES-OP
Peeves le farceur peste est un poltergeist anarchique dont le seul but est de créer le chaos. Son énemi juré est Argus Rusard, le concierge de l’école, qui doit nettoyer derrière lui. Les rumeurs selon lesquelles il pourrait être le fantôme de Jeremy Beadle restent non fondées. Rik Mayall a tourné une scène en tant que Peeves pour l’École des sorciers, mais a fini par être annulé.

BARJOW ET BEURK AURAIT DÛ ÊTRE DANS CS
Le leader de Tenpole Tudor (et présentateur de Crystal Maze) Ed Tudor Pole a effectivement tourné une scène en tant que M. Barjow – propriétaire de la boutique du Chemin de traverse qui achète et revend des objets de magie noir et d’autres artefacts dangereux – pour la Chambre des secrets, mais elle a été coupée. Malgré que le personnage apparaît dans le livre du Prince de sang mêlé, il n’y a pas de signe de M. Tudor dans la distribution. Peut-être le moment de cette tournée de réunion de Tenpole ?

SIR PATRICK DELANEY-PODMORE AURAIT DÛ ÊTRE DANS CS
Ce Sir décédé est le chef des Chasseurs Sans Tête – groupe d’esprits qui a une condition requise d’entrée avec aucune tolérance : vous êtes exclu si votre tête n’est pas complètement séparée de votre corps. De telles règles sont au grand annui du fatôme de Poudlard Nick Quasi-Sans-Tête (John Cleese dans le film), dont la tête potelée reste attachée par un tendon.

LES ORIGINES DE LA CARTE DU MARAUDEUR AURAIENT DÛ ÊTRE DANS PA
Si vous n’avez jamais lu le livre, la carte magique donné à Harry dans le Prisonnier d’Azkaban semble avoir “invention facile de l’intrigue” écrit dessus. En fait, ce qu’il y a effectivement écrit dessus, c’est “Messieurs Lunard, Queudver, Patmol et Cornedrue”, qui est un indice quant à ses origines et toute une intrigue secondaire à propos du père de Harry, Sirus Black et les autres créateurs de la carte étant des animagus – ceux qui ont la capacité de se transformer en animaux.

LA SALE AURAIT DÛ ÊTRE DANS CF ET OP
À partie de la Coupe de feu, de grandes couches des romans avaient dues être éjectées, mais quelques personnes ont été endeuillées par la perte d’une intrigue secondaire qui aurait vu le retour de l’elf de maison irritant Dobby. Hermione forme la SALE – Société d’Aide à la Libération des Elfes – pour défendre les droits des elfes de maison. Elle est poussée par le mauvais traitement de Winky, elf de maiso femelle qui est devenues alcoolique.

LES EXPLOITS DE RON AU QUIDDITCH AURAIENT DÛS ÊTRE DANS OP
Le Quidditch a été une victime dans l’Ordre du Phénix. Une intrigue secondaire entière à propos de Ron devevant l’invraisemblable guardien de l’équipe de Quidditch de Griffondor a complètement été retirée, à la déception de Rupert grint, qui s’attendait à de l’action sur balai. Ce qui signifiait aussi que nous avons été tristement privés du chant scandé par les Serpentards : “Weasley est un grand maladroit, Il rate son coup à chaque fois”. Aucun sous-entendu dedans. Du tout.

LUDO VERPEY AURAIT DÛ ÊTRE DANS CF
Coquin enjôleur qui réussit à prendre le rôle de directeur du départment des jeux et sports magiques grâce à ses charmes. Il est responsable de la Coupe du monde de Quidditch et commente même les matchs. Joueur qui doit beaucoup d’or à certains gobelins, il parie sur Harry comme gagnant du Tournoi des trois sorciers puis utilise son influence pour essayer d’arranger le résultat.

LA COUPE DU MONDE DE QUIDDITCH AURAIT DUE ÊTRE DANS CF
La Coupe du monde de Quidditch est une pièce d’ensemble majeure qui mâchonne un morceau massif de la Coupe de feu, avec une succession de matchs menant à une finale spectaculaire entre l’Irlande et la Belgique. Dans le film, nous avons le droit à une cérémonie d’ouverture, un peu de secouage d’écharpes et un saut discordant coupé. D’accord, ce n’est pas essentiel à l’intrigue, mais le manque d’action Quidditch après toute la montée en pression (et l’étonnant stade) est une absence de poids dans le film. C’est dommage – Nick Hewer de The Apprentice aurait pu faire une brève apparition en arbitre.

MARIETTA EDGECOMBE AURAIT DUE ÊTRE DANS OP
La sale moucharde pourrie Marietta est celle qui trahit l’armée secrète d’Harry à la directrice de Poudlard, Dolores Ombrage. Audacieusement dans le film, cette trahison est donnée à la place à la petite amie de Harry, Cho, ce qui est bien plus satisfaisant sur le plan dramatique. Tristement, Cho ne partage pas le sort infortuné de la traite du livre : une Hermione vengeresse l’ensorcèle de manière à ce que des boutons fassent éruption sur son front formant le mot “Cafard”.

PERCY WEASLEY : TRAITE AURAIT DÛ ÊTRE DANS OP
Dans le film, l’aîné Weasley, Percy – travaillant maintenant pour le Ministère de la magie – transparaît comme un béni-oui-oui servile. Dans les livres, c’est un traite total, reniant sa famille et renvoyant des cadeaux de Noël encore emballés (mais encore, c’est probablement encore un autre pull pas terrible). Le film aurait pu continuer avec l’idée de Percy devenant vraiment méchant – truquant ses impôts et déclarant un second gnome ou quelque chose dans le genre.

LA RÉSERVE DE KREATTUR AURAIT DUE ÊTRE DANS OP
L’elf de maison âgé Kreattur aurait été un imbécile à couper du cinquième film, mais JK Rowling elle-même a insisté pour qu’il apparaisse. Son rôle cependant a été coupé à pratiquement rien du tout, errant dans le QG de l’Ordre du Phénix (la maison familiale de Sirius Black) en grommelant et en jurant. Dans le livre, la créature revêche a un rôle majeur à jouer dans la trahison de Sirius aux Malefoy. Une grande partie de l’intrigue à propos de son entassement de vieux héritages de la famille Black a été omise, mais devra être abordée à un moment dans la série des films.

Dave Golder

Traduction – 24 juillet 2009