Dorian Gray

Réalisateur : Oliver Parker
Avec : Ben Barnes, Colin Firth, Rebecca Hall, Ben Chaplin, Emilia Fox

Tandis que sa belle gueule indiscutable peut être le centre héroïque d’une multitude de mômes de part le monde grâce à son apparition en tant que Prince Caspian, il s’avère que Ben Barnes est plutôt bon à la dépravation. Derrière ce visage à qui on donnerait le bon Dieu en confession, le jeune M. Barnes a embrassé le sexe, les drogues et toutes sortes de manigances coquines de nuit pour sa prochaine incarnation sur le grand écran.

Oliver Parker, son réalisateur dans le dernière adaptation cinématographique du Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde, note, durant une pause entre deux scènes dans la pile gothique du XVIIIème siècle comme il faut qu’est Basildon Park, que lorsque Barnes lui a été recommandé pour la première fois comme acteur principal potentiel pour son film, il s’inquiétait qu’il soit un peu trop beau pour convaincre comme un homme qui vend son âme pour la jeunesse éternelle et les plaisirs indéniables de la chair.

“J’ai pensé : Ouais, il est beau, mais est-ce du boys band ou du vrai talent ? dit Parker. Et le délice pour moi a été de trouver qu’il y a du vrai talent ici… Je savais qu’il pouvait faire le côté doux, charmant et innocent, mais j’ai été ravi de voir qu’il avait la capacité de nous emmener de l’autre côté – tu dois te soucier de lui, tu dois le détester mais tu dois l’aimer à nouveau à la fin. Et crois-moi, il y a un très mauvais garçon ici. J’ai remarqué un certain goût quand il contribue des idées pour ses scènes les plus obscures…”

Quand Empire attrape Barnes plus tard dans sa caravane, il confirme qu’il s’amuse beaucoup – et effectivement, il trouve cela très bizarre. “Ils m’ont mis à poil le premier matin, je déprimais la deuxième semaine et la troisième semaine, on testait la sexualité de Dorian à ses limites – l’hédonisme, l’homosexualité et tout ce qu’ils pouvaient imaginer, vraiment. Oui, il est juste de dire que ça a été différent de tout ce que j’ai fait avant…”

La moralité classique d’Oscar Wilde est apparue en 1891 et a capturé l’imagination des cinéastes pendant pratiquement un siècle. Parker, qui a adapté Wilde deux fois auparavant (un Mari idéal ; l’Importance d’être honnête) et son scénariste, Toby Finloy, promettent que leur version sera plus sombre que tout ce qui a été fait avant.

Finlay a gardé l’histoire essentiellement la même – un jeune homme beau mais naïf, Dorian Gray, arrive dans le Londres victorien et se retrouve sous l’influence du charismatique Henry Wotton (Colin Firth), qui sert de dépravé en chef, le présentant au côté miteux de la société. L’artiste Basil Hallward (Ben Chaplin) peint son portrait et quand il est dévoilé, Gray fait une promesse désinvolte qu’il donnerait n’importe quoi pour rester aussi jeune et beau qu’il est sur le tableau – voire son âme. Tandis que Gray fait la fête comme s’il n’y avait pas de lendemain, son portrait commence à montrer les signes du temps. Finlay a condensé l’échelle temporelle – les exploits notoires de Gray le forcent à fuir Londres et quand il revient, 25 ans plus tard, il n’a pas changé d’un poil – et introduit un nouveau personnage, Emily (Rebecca Hall), comme la fille d’Henry, qui pourrait offrir une chance de rédemption.

Le résultat, dit Finlay, est une moralité à jour avec des thèmes contemporains – l’obsession pour la jeunesse et la beauté, la célébration de la célébrité et la poursuite de la gratification individuelle au-dessus de tout. “Dorian Gray est à la littérature victorienne ce qu’est American Psycho à la littérature des années 1980, dit Finlay. Henry Wotton colporte ces idées décadentes – vivre pour soi, contrôler ses émotions et ne pas avoir de culpabilité. En gros, c’est un manuel d’instructions de comment être sociopathe”.

MP

Sortie : 11 septembre

Traduction – 20 septembre 2009