Sherlock Holmes

Réalisateur : Guy Ritchie
Avec : Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams, Mark Strong, Kelly Reilly, Eddie Marsan

Raide effondré sur un bain de soleil déplié, Robert Downey Jr. semble fatigué et éraflé. Il a du sang sur le visage et pas mal de suie sur ses vêtements, générés par une énorme explosion qui vient juste d’arriver sur un décor à cet effet sur les docks de Liverpool, qui double le Londres du XIXème siècle. Déjà, Empire a l’impression que dans les mains de Guy Ritchie, le dernier véhicule du personnage de Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes, ne ressemblera pas aux élégantes histoires de détective qu’a apprécié la vogue cinématique des années 1950. Joué par Basil Rathbone, c’était un limier gentleman. Joué par Downey Jr., il est franchement plus un Miss Marple chiffonnier, prêt à exploser à n’importe quel moment, avec un nez infaillible pour s’attirer des problèmes.

“Je ne veux pas essayer d’être le pilier intellectuel de Liverpool, songe Downey Jr., mais je pense que Holmes est pricipalement un archétype, parce que, en général, on n’entend seulement parler de gens comme lui, qui sont des génies super-spécifiques. La plupart des gens, je dirais, sont généralistes – ils savent juste assez à propos d’une variété de choses pour ne pas paraître stupide à un dîner. Mais Holmes est à un niveau supérieur, où il est sur sa propre plnète en ce qui concerne la détection. Je pense simplement que c’est plus une chose archétype. C’est une existence pathétique, isolée, dans le fait qu’il le fait à l’exclusion de la vie, de l’amour et de toutes autres tentatives. À part un peu d’opéra quand il se sent moins qu’inspiré…”

Pour l’aider à vivre cette existence pitoyable, la réamorce de Ritchie a amélioré le bras droit de Holmes : Dr. Watson, joué par Jude Law beaucoup comme un homme qui est plus à l’aise avec les hommes, et non pas comme une bonne d’enfants vieillote et agitée. “Quand tu reviens aux livres de Conan Doyle”, dit Law, qui a rejoint Empire, Downey Jr. et leur co-star Rachel Adams dans une grosse et froide boîte nommée de manière ridicule la Chambre Verte, “on se rend compte combien il y a entre les lignes, combien il y a de choses qui ne se sont pas encore passées. Ce qui a été une vraie surprise pour moi, c’était que c’est censé être un territoire battu – et puis tu reviens et tu te rends compte combien aa été considéré comme admis. Je veux dire, un de mes cauchemars, c’est que les gens s’imaginent Watson comme un vieux fou gâteux, mais ça vient directement des films de Rathbone. Ce n’est pas ça dans les livres. Watson est un soldat entraîné, fraîchement revenu d’Afghanistan, où il a été blessé de guerre. Il rentre dans la bataille avec son revolver avec autant d’empressement que Holmes”. Il sourit. “Il peut aussi s’énerver”.

L’histoire est toujours enveloppée de mystère, bien qu’on parle de loges masoniques, d’alchémie, et, bien sûr, d’une visite probable de l’enemi mortel de Holmes, le Professeur Moriarty. Il est aussi probable que l’intrigue sera tirée de toute l’œuvre de Conan Doyle (56 nouvelles et quatre romans seulement écrits entre 1887 et 1927) plutôt qu’un récit en particulier. Ce qui explique l’apparition de Irene Adler, jouée par McAdams, qui est décrite comme un mélange terriblement tentant d’adversaire et d’amour. “Elle est décrite comme la femme dans les histoires de Doyle, dit la Canadienne de 30 ans, mais elle n’est en fait que dans une seule – un Scandale en Bohême – et elle ne réapparaît jamais. Mais elle est censée être la seule femme qui n’ait jamais battu Holmes, ce qui mène à une dose de passion. Alors ils sont très antagonistes, même s’ils ont une vraie affection, un vrai respect et une vraie admiration l’un pour l’autre. Ils semblent juste être des deux côtés opposés de la loi, un petit peu. Elle sourit. Est-ce que je ne rentre pas dans le territoire des spoilers ? Hmm, c’est possible, alors je vais peut-être m’arrêter là.. !”

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La référence constante aux romans sources est inhabituelle pour un film à gros budget issu d’un grand studio, et ni Downey Jr. et ni Law ne peuvent parler assez de Conan Doyle. “C’était un écrivain magistral, s’enthousiasme Downey Jr.. Aujourd’hui, j’entend qu’il s’est essoufflé et s’est un peu ennuyé après ses années de jeunesse et d’inexpérience avec Holmes, mais tout est là. C’est un peu la première littérature folle pour garçon du XXème siècle. Je pense que la partie tarée, c’est de se rendre compte que ça n’a pas été revigoré plus tôt.

“Je me souviens d’avoir lu un passage dans l’un des livres, il continue, où ils sont en train de calculer quand, exactement, Watson devrait lancer une grenade par la fenêtre d’une aventurière – la fenêtre de Irene Adler, en fait. Je suis là : Ces gars sont tirés d’affaire ! Ça se passe dans le Londres victorien, mais j’étais surpris par combien c’était moderne, et quelle époque éclairée ça semblait être. Parce que tout ce qu’on entend, c’est : Ouais, les rues puaient la merde, mais tout était comme aujourd’hui, vraiment. Tout allait exploser dans le prochain domaine, dans… eh bien, on pourrait l’appeler le XXème siècle. Mais la manière dont ça fonctionnait, c’est que tout allait vers cette grosse expansion d’information et de technologie”.

Law acquiesce avec sagesse de la tête, avant d’offrir le seul véritable indice qui sera partagé à propos de l’histoire : “C’est dans le film, aussi, la présence de ça, et l’exploitation de ça. C’est leur mission”.

Cependant, la confiance pour le matériel original ne va pas si loin et, peut-etre heureusement, le Sherlock Holmes de Ritchie ne prendra pas l’approche sombre et granuleuse qui a redémarré la franchise Batman. En particulier, on ne parlera pas beaucoup de l’utilisation de drogue intraveineuse – cocaïne et morphine – qui gardait l’esprit de Holmes occupé en l’absence de cas savoureux à résoudre. Downey Jr. : “Tous les trucs sur la dépendance, ça aurait pu être à propos dans les années 1890 quand, avant le Harrison Narcotic Act, il y avait une énorme recrudescence de tout ça. Mais Holmes est quelqu’un qui est pratiquement toujours en contrôle et kamais un esclave de quelque chose. Il est juste poussé. C’est un archétype sacrificiel, le genre de personne qui fait quelque chose pour le plus grand bien”.

C’est aussi un détective à contre-cœur dans le sens où, plutôt comme l’anti-héros de un Homme d’exception, il ne peut s’empêcher de résoudre des mystères. “J’aime l’idée que s’il ne fait pas ça, ses pouvoirs se retourneront en quelque manière contre lui, dit Downey Jr.. Mais j’aime les choses idiosyncratiques, comme Watson disant : Il peut être si brillant, mais parfois il surchaufe du cerveau. C’est plus facile pour s’y identifier. J’ai un ami qui peut s’asseoir et débattre de quel film on devrait aller voir jusqu’à temps qu’on les rate tous ! Alors, pour te donner un exemple, des voyoux nous courent parès, je bricolerais pour trouver la meilleure façon de crocheter une serrure… et Watson fera juste sauter la portes en dehors de ses gonds”.

Si vous avez vu la bande annonce, vous saurez qu’il y a bien plus de cela parce que, avant tout, Ritchie et compagnie voudront que vous soyez divertis. “C’est une aventure, vraiment, dit Downey Jr.. Et c’est l’idée derrière, aussi. On n’arrêtait pas de pousser l’idée que vous devez le voir au travers les yeux du bon docteur. Parce que comme la plupart des gens, il est à l’aise et enraciné dans sa vie, et Conan Doyle nous parle, à travers lui, en disant : Mais ne voulez-vous pas un sens d’aventure dans votre vie ? Je pense que c’est méchant et interdit aux moins de 13 ans, et qu’il n’y a pas de compromis fait pour notre démographie, nos sensibilités artistiques et nos processus en tant qu’acteurs. Alors on se pince en quelque sorte la moitié du temps”.

Et sera-t-il unique ? La réponse de Law est un retentissant… “Non ! Plus tu travailles sur la substance du film, dit-il, plus tu reviens au matériel source, et plus tu te rends compte qu’il y a à raconter. Cette relation a duré et duré, et il y a de fantastiques histoires et même de meilleurs personnages. On adorerait que le public tombe amoureux de lui autant que nous, et alors on pourra en raconter encore plus”.

“On s’est définitivement mis d’accord pour re négocier une deuxième partie, confrime Downey Jr.. On en a fortement envie. Maintenant, j’aime l’Angleterre, mais on pourrait tourner le prochain à l’étranger”.

Il sourit. “Jude et moi, on va s’envoyer des textos. Je dirais : Bruxelles ! ; il dira : Gstaad ! On doit vraiment y réfléchir”.

DW

Sortie : 26 décembre

Traduction – 3 septembre 2009