Album : Damon Albarn, Monkey Journey To The West (XL Recordings)

Une série de chansons écrites en utilisant l’échelle pentatonique chinoise et chantées en mandarin pourrait être considérée comme quelque chose qui va mal se vendre, mais avec les animations de Monkey, Pigsy et Sandy par Jamie Hewlett désormais en rotation à la télévision dans les bandes annonces de la diffusion des Jeux Olympiques sur la BBC, Journey To The West semble être en cours de devenir un repère culturel. Justement : il n’y a pas de  nombreux projets multimédia qui soient aussi satisfaisants et divertissants que cette phantasmagorie de mythe, musique et momerie.

À  moins que mes oreilles me trompent, il y a eu des changements à la musique de Damon Albarn entre la première à Manchester en juin dernier et les représentations au Royal Opera House. Enregistrée durant l’année passée à Londres et à Pékin, avec une phalange de musiciens européens et chinois, elle a un caractère plus unifié, les éléments musicaux divers du spectacle original harnaché dans une expérience plus homogène, mais sans sacrifier sa variété de couleur musicale.

Une partie des morceaux les plus courts – les cordes brillantes et la discussion des singes de Iron Rod, les boucles de synthés de Into The Eastern Sea et Out Of The Eastern Sea – de la musique de scène. Les morceaux plus longs en valent beaucoup plus la peine : Heavenly Peach Banquet réunit des harpes étincellantes, des cordes et des rythmes de claviers enfantins en une tranche enchantante de folk-pop chinois délicat, tandis que The Living Sea, mélanche nostalgique de mandoline chinoise, haut-bois et scie musicale, possède l’une des plus belles mélodies que je n’ai entendue cette année.

Tout n’est pas mignon et câlin. tandis que la quête progresse dans des domaines plus sombres, la musique fait de même. Battle In Heaven est l’un des morceaux qui rappelent l’avant-rock des Residents, tandis que Tripitaka’s Curse et Confessions Of A Pig emploient des arrangements de cordes défiants – les gloussements atonaux du premier atteint en quelque sorte une conclusion se pâmant, avant que le mea culpa grogné de Pigsy est porté par les lignes minimalistes oscillantes et la chorale follement élancée du deuxième.

Tout au long, il y a une accommodation subtile entre les traditions chinoises et européennes, une amicale lutte acharnée entre le folk oriental et la musique classique, l’électropop européen et l’avant-garde, nulle part plus dramatiquement que dans le merveilleux Monkey Bee, qui se construit dans la chanson scandée chinoise et les glissandi de claviers glaçiaux en une apogée art-rock martelante. Il y a plus qu’assez qui s’y passe ici pour satisfaire le plus nlasé des palais.

Meilleurs morceaux de l’album :
Heavenly Peach Banquet, The Living Sea, Monkey Bee, Battle In Heaven.

Traduction – 29 mars 2009

Andy Gill