Le manager et créateur des Sex Pistols, Malcom McLaren meurt

Malcolm McLaren, qui est décédé des suites d’un cancer à l’âge de 64 ans en Suisse hier, était un flamboyant entrepreneur et impresario a s’est fait un nom durant les années punk de la fin des années 1970.

De manière typiquement vantarde, il déclarait avoir inventé le punk, mais on se souviendra peut-être plus de lui comme manager des Sex Pistols et constructeur de façon artistique de leur statut notoire.

Sorte d’homme de la Renaissance dernière époque, McLaren – qui n’avait jamais peur d’estimer son influence culturelle – était également propriétaire d’une boutique de vêtements, artiste à succès et parfois pierre angulaire culturelle dans la musique et la mode.

Né dans le Nord de Londres, il avait abandonné ses études aux Beaux Arts pour attirer l’attention sur lui au début des années 1970 quand il a persuadé le groupe américain les New York Dolls de l’engager comme manager. Imbibé de la scène punk contre-culturelle naissante de New York, il est retourné en Grande Bretagne avec des projets de lancer une “révolution punk”.

Avec sa petite amie de l’époque, la couturière Vivienne Westwood, il a monté la célèbre boutique fétichiste “Sex” dans la King’s Road de Londres et a assemblé les Sex Pistols à partir d’une collection de clients/habitués de la boutique. Imprégné de philosophie situationniste et toujours à l’affut d’un tour de force publicitaire qui se retrouve à la une, il a fait des Sex Pistols le groupe le plus infâme de leur génération.

Les Pistols ont eu une brève carrière à succès (un album numéro un et des singles controversés) et demeurent une grosse influence sur la scène d’aujourd’hui.

Des tensions avec le chanteur du groupe, John Lydon, a causé l’implosion du groupe en 1978 et il y a eu un horrible jugement entre le manager et le groupe à propos de problèmes de royalties et de copyright. Dans les années 1980, McLaren a sorti l’un des premier disques de hip-hop (Dutch Rock en 1983) et a également été le manager du groupe brièvement célèbre Bow Wow Wow.

Il est resté un très bon commentateur de la culture du divertissement et en 2000, il a dit qu’il allait se présenter comme Maire de Londres, poste qui venait d’être créé – bien que sa campagne n’ait jamais décollé. Il y a trois ans, il était censé apparaître dans la version anglaise de Je suis une célébrité, sortez moi de là, mais il s’est désisté la veille, disant qu’il n’avait jamais entendu parler des autres candidats. Il a aussi coproduit le documentaire Fast Food Nation (diffusé au festival de Cannes) et une série de ses “tableaux sonores” a été exposée sur un écran géant sur Times Square à New York. Son fils avec Vivienne Westwood, Joe Corre, est le fondateur de la chaîne de lingerie à succès, Agent Provocateur. Hier Westwood a décrit McLaren comme “très charismatique, spécial et talentueux”.

Parlant à votre serviteur quelques jours avant la mort de McLaren, le leader des Sex Pistols, John Lydon, a dit qu’il n’avait jamais vraiment, comme le veut la sagesse conventionnelle, détesté son ex-manager et adversaire à la cour. “On était un groupe génial, mais on avait ses affreux problèmes de management avec Malcolm”, a déclaré Lydon.

“Après le tout dernier concert des Sex Pistols à San Francisco (en 1978), il m’a laissé en plan sans argent ou ticket d’avion de retour. Toute l’affaire est devenue une blague et il ne me parlait même pas à l’époque. Puis on a eu ce jugement de malade et ce qui m’a vraiment énervé, c’est qu’il déclarait qu’il possédait mon surnom Johnny Rotten. C’était une époque très frustrante. Avec les Pistols éclatés, le punk est juste devenu un cintre pour les gens aux vestes de cuir à clous et aux cheveux en pointes”.

Le principal chroniqueur de la scène punk britannique, l’écrivain Jon Savage, a dit hier de McLaren : “Sans Malcolm, il n’y aurait pas eu de punk britannique. C’est l’un de ces rares individus qui ont eu un énorme impact sur la vie culturelle et sociale de leur nation. Ce qu’il a fait avec la mode et la musique était extraordinaire”.

L’ex-bassiste des Stone Roses, aujourd’hui dans Primal Scream, “Mani” Mountfield, a dit hier : “Ce que Malcolm et les Sex Pistols ont commencé a été une génération de musiciens qui avaient les couilles d’avoir leur propre avis et de défier les pratiques de travail normales de l’industrie du disque.

“Moi-même et beaucoup d’autres de ma génération lui sommes redevables pour nous avoir montrer le chemin. RIP Malcolm McLaren, un vrai innovateur, visionnaire, instigateur et agent provocateur”.

Brian Boyd

Traduction – 10 avril 2010