Retour de l’obscurité

par Michael D. Clark

Depeche Mode reviennent au sommet avec un style optimiste

Après 15 ans, les pionniers de la pop digitale, Depeche Mode, reviennent finalement avec un nouvel album, Playing The Angel.

Comment cela ? Depeche Mode ne sont jamais partis ? Le groupe a sorti trois albums studio, un album live et plusieurs compilations depuis 1990 ?

Je suis là pour vous dire que ce n’était pas Depeche Mode. Du moins pas les Depeche Mode qui ont apporté un son énervé – les rythmes digitalisés et la percussion de tapage sur des tuyaux – et le style androgyne du mouvement Nouveau Romantique du début des années 1980 en Grande Bretagne sur MTV et la radio américaine en 1984 avec le single de percée People Are People.

Les Depeche Mode des années 1990 n’étaient pas les Depeche Mode qui joueront au Toyota Center ce soir. Ces Depeche Mode ne sont pas ceux qu’on entend sur Playing The Angel, qui trouve le groupe créant les rapides chocs de brillance de dance électronique qui en a fait un phénomène international.

La “période perdue” de 15 ans a commencé après la sortie de Violator en 1990, un album qui a sécurisé le rôle de Depeche Mode comme un Duran Duran plus sombre. L’album était un énorme succès grâce aux tubes Personal Jesus et Enjoy The Silence.

Mais au moment où le groupe avait fini de tourner l’album, il était épuisé ; le batteur de longue date Alan Wilder est parti.

Le groupe a essayé de se débarrasser des claviers sur Songs Of Faith And Devotion en 1993, mais la nouvelle ère de Depeche Mode n’a pas tenu. Les chants lugubres implorants et la pénitence audio de l’album était la bande son d’un groupe qui s’autodétruisait.

Le chanteur Dave Gahan a exposé son héroïnomanie au monde dans des chansons comme Walking In My Shoes. Il a essayé de se suicider en 1995 et a fait une overdose l’année suivante.

À l’époque, l’idée que la santé physique et mentale de Gahan et de Depeche Mode soit décryptée dans leur musique et leurs paroles était déconcertante. Sur Playing The Angel, le groupe offre de la chaleur et de l’espoir pour leur futur.

Les rythmes synthétiques et les fausses cloches qui étaient autrefois la signature du groupe filtrent dans le premier single Precious. A Pain That I’m Used To trouve le terrain d’entente entre le balancement du Depeche Mode classique et le son retentissant du Depeche Mode dysfonctionnel.

Le claviériste/huitariste Martin Gore est le principal compositeur de Depeche Mode, mais Gahan, qui a sorti son premier album solo, Paper Monsters, il y a deux ans, contribue trois morceaux sur  Playing The Angel. La meilleure est Suffer Well, sombre petit galop de guitare avec des couches de petits bruits électroniques qui reviennent à l’œuvre des débuts de Depeche Mode.

Sinistrement, son vers d’ouverture demande : “Où étais-tu quand je tombais de grâce ?”

La plainte vocale cahotante de John The Revelator et les tons confus hypnotiques de The Sinner In Me prouve que Depeche Mode sont en aussi bonne forme qu’ils ont été depuis un moment.

Les deux chansons semblent dire aux fans que les jours sombres sont derrière et que Depeche Mode sont prêts à reprendre là où Violator s’est arrêté il y a 15 ans.

Traduction – 14 septembre 2008