Anglais, musique, art, histoire

Il y a deux ans, Blur étaient des denrées périssables de la pop mal aimées et à la dérive, et périmés depuis bien longtemps. Pourtant maintenant, ce n’est qu’ovations, récompenses et adoration. Ce sont les rois musicos art mods sexy du rock britannique. Andrew Collins raconte un récit étonnant d’ayatollahs, de cornemuses, de travestis, de jazz-punk et d’acide. Bizarrement, tout comment par Humpty Dumpty…

Tout ensemble maintenant : dang dan-ang dang dan-anng-nang. Dang dan-ang-Boom!-dan-ang-p-chhh! (verre brisé) Oi! Rat-a-ta-a-ta-tat. “Confidence is a preference for the habitual voyeur of what is know as…”

La vie de Blur. Si c’est mardi, ça doit être Later With Jools Holland : the ’94-’95 New Year’s Eve Hootenanny (pré-enregistré). Pris en sandwich entre Steve Winwood, Ruby Turner et Kinsty Mac Coll, vous allez initerpréter Parklife pour la toute dernière fois avec Phil Daniels. Lors d’une fête après cela, Terry Hall approchera l’un de vous et vous dira, complètement soûl, qu’il pense que vous êtes vraiment géniaux.

Mercredi, vous présentez Top Of The Pops. Jeudi, c’est dans votre ville natale, Colchester, que vous répétez pour le concert secret de vendredi pour les premières du lycée. Vous allez crouler sous les applaudissements, faire les news d’Anglia Television, Kaleidoscope sur Radio Four, et jouer votre premier tube There’s No Other Way, pour la toute dernière fois (même si vous l’aviez dit en novembre au Japon).

Pendant que la semaine grisante des festivités continue, 46 000 autres exemplaires de votre troisième album (déjà platine et demie, double au jour de l’an) vont se vendre comme des petits pains pour alimenter les petits souliers à Noël. Ceci, naturellement, “will give you a sense of enormous well being, as you have just taken a route straight through what it know as…”.

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La vie de Blur. Cela n’a pas toujours été ainsi. En 1992, beaucoup les considéraient comme morts. Leur tout nouveau single, Popscene, se posait à tâtons au fond du Top 10, stagnait et tombait à la 34ème place. Maintenant ils sont le groupe de l’année. Blur occupe avec confiance ce très enviable haut perchoir : chouchoux de la presse qui ont déjà eu le retour.

Pour comprendre comment ils se sont plantés avec Popscene – à cause du plus odieux des crimes, devenir à la mode dans une agglomération urbaine – le glorieux album suivant, Modern Life Is Rubbish, était effectivement considéré avec suspicion quand il est sorti en avril 1993, leur look Mod a été accueilli avec des accusations de “dispositif” et de “manipulations médiatiques”.

Et pourtant Parklife, l’album qui a réussit l’année dernière, n’ était que très légèrement meilleur. C’est le Parklife qui s’est vendu à 1 million d’exemplaires, c’est le Parklife qui a détroné les archirivaux de Suede comme le meilleur groupe britannique depuis…, c’est le Parklife que les fans de Bon Jovi ont ; c’est le Parklife que 8000 jeunes gens ont chanté en choeur à Alexandra Palace en Octobre ; un “événement” indétroné de ce degré depuis les Stone Roses, il y a 5 ans.

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Tout a commencé avec Humpty Dumpty. L’entrée de Colchester dans la gazette rock de Pete Frame est courte. Le batteur des Pink Fairies, Twink est né ici, et le tableau noir dessiné sur la pochette de l’album What We Did On Our Holidays de Fairport Convention a été fait dans un vestiaire de l’université de l’Essex. Mais le passé non-musical de Colchester est plus illustre : au XVIIème siècle, pendant la guerre civile, la plus vieille ville britannique était assiégée.

Humpty Dumpty était le nom d’un canon, monté sur les remparts d’un clocher. Cette défense avantageuse a été “piquée” par l’avant des Têtes Rondes. Ils l’ont fait sauté en morceaux, d’où la chanson enfantine (“Tous les chevaux du roi et tous les hommes du roi ne peuvent plus remonter Humpty”).

Cette même église, quelques 300 ans plus tard, sera convertie en école des Beaux-Arts de Colchester – d’après Alex le bassiste de Blur, un “lieu de sorte de quiche brute” – et a accueilli un concert solo de Damon Albarn en 1988. Les 15 spectateurs incluaient le copain d’école Graham Coxon et le punk poivrot Dave Rowntree. “Et le reste, observe Albarn, est presque de l’histoire”.

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Blur est maintenant “presque de l’histoire”. Ils retournent à Colchester en tant que héros. Leur concert secret au lycée, organisé par l’ancien professeur de musique d’Albarn et Coxon, Nigel “Monsieur” Hildreth pour rassembler des fonds pour une sortie étudiante en Inde pour “aider un orphelinat”, a fait la une de la Colchester Evening Gazette: DAMON STAR EN 1ÈRE.

“Sensation rock… Blur est actuellement un des plus grands groupes de Grande Bretagne”, c’est flatteur. En vain comme il s’est avéré, puisque Blur refusent à la presse locale de photographier le show de 5 heures. Après tout, ils ne les ont jamais soutenu dans les premiers temps, et les premières colonnes de l’Essex qui leur ont été attribué était lors du scandale, après que le groupe ait taggué “Modern Life Is Rubbish” sur un mur au bord de la mer à Clacton en avril 1993.

Ils se trouvent dans la salle de musique, de manière assez apte. Les ados très propres d’un orchestre de 17 personnes se rassemblent autour d’une copie toute chaude de la Gazette. L’image apparait contradictoire à celle du “héros pop Damon Albarn” parce que, dans le cadre de l’affaire, ils vont accompagner Blur sur scène, ayant plutôt brillamment arrangé avec soin la moitié du set pour des bois, des cordes et des cuivres. L’un d’eux a inscrit son arrangement pour son A Level.

Le spectacle de début de soirée est une fête. Une politique d’entrée strictement réservée aux lycéens assure à Blur leur premier salle à moitié remplie de mémoire récente. C’est, comme toujours, mignon à voir tous ces jeunes gens qui s’amusent. S’ils avaient des briquets, ils les porteront haut. Alex James est si paralysé qu’il rate l’intro de la favorie familiale Girls & Boys et ils ont dû recommencer.“Je n’y ai pas du tout pensé, tu vois”, il s’est excusé, plus tard. “Évidement !” riposte Albarn.

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Le premier concert de Blur n’est pas aussi facile à définir comme ce dernier. En effet, le mystère et la confusion encerclent à la foisleur origine et leurs premiers pas hésitants. On sait qu’avant qu’ils soient Blur, ils étaient Seymour ; avant encore, la brume surgit. Dépendant de la légende dont vous en êtes partisan, le premie concert de Seymour était : a) à une fête après un concert d’été en 1988 aux Beaux-Arts de Goldsmiths à Londres, après lequel le célèbre diplômé aujourd’hui notoire pour ses sujets plongés dans le formol, Damien Hirst, les a déclaré “le meilleur groupe depuis les Beatles” (Alex les avait ou pas rejoint à l’époque ; ils avaient peut-être encore un “grand” copain de l’école d’Arts Dramatique de Damon, Eddy, à la basse) ; ou sinon b) c’était à un musée du chemin de fer près du village en périphérie de Colchester où M. et Mme Albarn vivent encore, avant le coup de Goldsmiths. Même le groupe n’est pas sûr.

La première fois que l’on a vu officiellement Seymour était, sans aucun doute, à Dingwalls à Camdem. Seymour au bas d’une affiche mancunienne à la mode de The Newfast Automic Daffodils (maintenant New FADs) et Too Much Texas (séparé). Alex était définitivement à bord à ce moment. Ils ont été favorablement chroniqué par le journaliste Leo Finlay pour un magazine commercial Music Week. Le magazine les a malnommé “Feymour”.

Et comme si cela ne suffisait pas, le concert, se rappellent ils très nettement, s’est terminé avec eux quatre de la lacrimogène (l’anti-viol/attaque chimique) pulvérisée dans les yeux par des videurs dû à la vivacité (et, franchement, à l’exhibitionnisme) de leur pote de l’époque, Adam, aussi “contrôleur d’ambiance”, qui s’était enfilé une bouteille de Pernod sec avant, et une une fois durant, le “foundcheck de Feymour”. Une visite à l’hôpital, bandages sur les yeux, a terminé une super soirée.

Seymour (le nom) a survécu pendant un an. Le mythe populaire était qu’ils ont joué 10 concerts et ont été engagés. Mais ce n’est pas allé aussi facilement jusqu’à 11. Ou six. She’s So High (qui deviendra le premier single de Blur) était le morceau sur leur démo qui a fait dresser les oreilles à Food Records, la branche naissante de EMI dirigée par l’ex-clavier de Teardrop Explodes Dave Balfe et le journaliste de Sounds Andy Ross. Le style unique de Food de management et l’appétit pour un emballage complet soulèvera Blur au sommet de l’arbre. Deux fois. Ross les a vu joués, soit au pub The Cricketers à Kennington soit à The Pied Bull à Islington, et se rappelle d’eux comme “bordélique, beaucoup de bonds ; ils étaient vestimentairement défiants” Dave Rowntree portait des pantalons de pyjamas.

Ce nom. Il devait partir. “Balfe a dit que ça sonnait comme un triste groupe à anorak, se rappelle Coxon, ce qu’on était bien !”

“Seymour était un nom merdique, dit Ross Ça me rappelle Raymonde ou James. Je ne suis pas un grand fan des noms de coiffeur”. On a présenté aux garçons une liste de nouveaux noms (“C’est probablement passé dans la légende d’une manipulation d’une compagnie de disques, sourit Ross, mais soit tu donnes à un groupe carte blanche ou sinon tu leur bottes le cul et enlève les mauvaises choses”). Parmi les choix de cette liste: The Shining Path, Sub, Whirpool, Sensitive – et Blur.

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Alex a une blague. Q: Combien de membres de Blur a-t-on besoin pour changer une ampoule ?

R: Demande à Andy Ross.

Le succès de Blur est inextricablement lié à la réussite de Food, et avec le flair de Ross et Balfe. Ils ont été signé pour une avance de 3000£, de part le monde. Allez dire cela à un tout jeune groupe d’aujourd’hui et ils ne te croiront pas. Néanmoins, moins d’un an après leur signature en bas de la page, She’s So High est entré dans le Top 50, There’s No Other Way Top 10 et l’album, Leisure, Top 10. Bingo ? Non.

“Tout le monde, soupire Ross, associait Blur très fortement avec une marotte passée. (Il parle d’une musique à guitare post-Ecstasy fausse et galopante nommée Baggy). Les journalistes américains disaient qu’ils venaient de Manchester”.

Ainsi, à la fin de 1991, un groupe de quatre personnes venant de l’Essex avec les beaux-arts, l’école dramatique et l’école de musique comme références était mis dans le même sac qu’une fureur mourante, leurs ruées d’énergie punk et les éclats de bizarreté à la Syd Barrett se sont perdus dans la confusion. Albarn décrit le long travail de There’s No Other Way au tournant de 1993, Modern Life Is Rubbish, comme “18 mois d’enfer”.

Après l’échec de Popscene, la paranoïa s’est installé et Blur est parti pour revenir avec quelque chose “artistiquement valide, cohérent et qui en vaut la peine”. Et est allé se couper les cheveux. À la fin de 1992, Modern Life Is Rubbish a été livré, 12 chansons, plus structurées, intelligemment écrites, plus effrénées et plus solides. Il y avait encore des obstacles à surmonter, et des poteaux de buts à bouger. Balfe a jugé que le LP était “incomplet” et ne voulait pas le sortir. Les deux chansons magiques manquantes, que est Albarn parti, blessé, écrire, étaient For Tomorrow et Chemical World. Elles seront les singles. Balfe, et Food, s’étaient encore révélés juste.

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Modern Life s’est initialement vendu modestement à 50 000 exemplaires, ce qui, pour un grand disque, était un “terrible choc”. Mais, après cet été, tous les chevaux du roi et tous les hommes du roi rassemble leurs actes à nouveau…

Un second passage explosif en haut de l’affiche au festival de Reading a fait pleurer les adultes, et le groupe a commencé à apparaître sur les couvertures des magazines et des journaux qui étaient tièdes, voire hostiles, quelques mois auparavant. Pendant l’encourageant Modern Life Tour, un Albarn de plus en plus prolifique et motivé a écrit les chansons qui constitueront Parklife.

Girls & Boys, le premier single de l’album, a poussé dans le Top 5 en mars 1994, et la presse – les journaux, les féminins, les intellectuels, tous – est devenue encore plus cinglée, une campagne de surcompensation massive d’un an. Blur était tout à coup les fils prodigues ; les gros veaux incluaient une nomination au Mercury Prize, ce triomphe à Ally-Pally, Albarn invité à partager ses pensées dans the Modern Review, GQ et Loose Ends de Radio Four, de multiples nominations pour l’album de l’année, tout cela terminé par une parodie de Parklife sur Spitting Image, un sketch satirique appelé La Vie De Charles.

Mais qui sont ces types de Blur qui, après un départ hésitant, ont secoué le monde ? Et qu’est-ce-qui les rend si différents, si attirants, comme l’artiste pop Richard Hamilton a demandé dans un collage qu’ils avaient très probablement étudié aux Beaux-Arts. Est-ce-que c’est les Beaux-Arts eux-mêmes (Ils sont tous allé à Goldsmiths’) qui les distinguent ? Est-ce-que Blur est le dernier et ultime exemple que The Fall a traité une fois de la menace de l’art prolo ? Non. Blur n’est pas un simple groupe des Beaux-Arts ; le plus important est le fait qu’ils sont un groupe d’école de musique. C’est leur secret. Ils savent jouer. Ce sont des musiciens.

Coxon vient de commencer d’apprendre tout seul le banjo. Pourquoi ? Parce que actuellement il se sent un peu “classique” à la guitare. Ainsi, assisté par des expositions concentrées à des groupes de punk américain, il espère retrouver un “amateurisme” sain, utilisant le banjo pour “ne pas perdre” ce qu’il sait à la guitare. Le tout premier instrument qu’il n’ait jamais joué ? Un fifre.

Albarn, qui admet qu’il a prit des cours à mi-temps à Goldsmiths’ pour “aller au campus”, avait déjà joué du piano à l’école d’art dramatique, beaucoup de Brecht et Weill, et a travaillé avec le Berliner Ensemble à Harlow à un festival de Brecht. “Tout ce que je fais à la mesure 3/4 est directement rattaché à cette expérience”.

Rowntree a choisi ses instruments pour ennuyer les gens. À neuf ans, on pouvait l’entendre se débattre avec une chanterelle, version en L des tubes d’une cornemuse (“une saleté de chose, comme jouer avec une bouillotte”). Le père de Graham lui a appris brièvement le jazz.

Même Alex James, qui ne se considérera jamais comme un musicien, a acheté une copie d’une Fender Precision à Exchange & Mart à Southbourne pour 50£ pour son 16ème anniversaire. Avant cela, il a été dans un “groupe” appelé The Age Of Consent, qui était consisté de lui, dans sa chambre, à crier “One, two, three, four, take it away”, avant de faire tourner The Chain de Fleetwood Mac. Cela a ét enregistré, et il présentait cela à ses amis comme preuve de l’existence de ce groupe.

On ne peut plus faire d’erreur maintenant. Blur est le groupe ultime de rock, moins susceptinle à s’autodétruire que Oasis ou Suede, plus grand que n’importe quelle marotte, une exportation prête à cuire, le quatrième album déjà “dans la poche”. Blur ne sera jamais juste pour Noël, ils sont pour la vie.

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La Vie Secrete De Damon Albarn

Né le 23 mars 1968, au Whitechapel Hospital, dans l’Est de Londres.

Son père a dirigé une “compagnie d’happenings écologiques” sur Kingly Street, W1, le cœur psychédélique de Londres. A également fait des prototypes de meubles, y compris la célèbre “chaise œuf ”.

Sa mère était décoratrice de théâtre pour la compagnie de Joan Littlewood ; a travaillé sur Mr Wilson’s Diary au West End alors qu’elle était enceinte de Damon.

A vécu à Leytonstone, dans une maison victorienne peinte en argent à l’intérieur; scolarisé à George Thompson Primary.

Des musiciens comme Cat Stevens ont toujours traîné à la maison, papa a contribué au fondement de Soft Machine, a présenté Late Night Line-Up BBC2 Arts Show. Comme l’a fait Melvyn Bragg.

“La culture pop n’a jamais été quelque chose de nouveau pour moi ; ça n’a jamais servi comme point de référence de rébellion. J’étais toujours autorisé à rester debout tard et à rester aux fêtes avec des gens qui fumaient des joints, qui se soûlaient et qui se droguaient. Si bien que ce n’était pas attrayant”.

Après “les très joyeuses 10 premières années”, ses parents ont déménagé à Colchester. Papa était maître de conférence d’art à plein temps, ayant écrit deux livres sur le style islamique ; a acheté une maison du XIVème siècle avec quatre chambres.

Des amis de la famille ont emmené Damon en Turquie pendant 2 mois “où j’ai vu beaucoup de choses très adultes et j’ai pas mal été troublé par ça ; une vraie expérience de Tin Drum. Et quand je suis revenu mes parents avaient déménagé”.

Est arrivé dans “l’Essex de Thatcher”, parlant à moitié le turc, basané, portant des colliers. Ne s’intégrait pas. Avait tendance à adorer “le foot et les filles et les fossiles”, s’est mis tout à coup à la musique et au théâtre. Le piano est devenu un centre d’intérêt. Vécu en dehors de l’adolescence dans le monde de l’Art. (“Les filles avec qui je sortais étaient celles qui jouaient dans les pièces scolaires – en tant que bohêmien, tu peux aller dans un CES d’Essex”.) Aimait 2 Tone, imitait les logos des Specials et Madness sur ses cours, généralement, la pop était “quelque chose à la radio et Top Of The Pops, ou aussi quelque chose sur quoi tu dansais au Club Great Tey”. Préférait les gros tubes et a toujours voulu être comme les groupes célèbres.

A raté son A Level de musique (E en histoire, D en anglais – a menti à ses parents en disant que c’était un C) à cause d’une place assurée à East 15, école d’Art Dramatique, sur Stratford East (Alison Steadman est allée là-bas) ; a déménagé dans une maison avec le batteur de RSC. Cursus de trois ans, parti après un an. Forcé à jouer l’Ayatollah Khomeini pendant une semaine entière (dans le cadre d’exercices théâtraux peu orthodoxes) et un jour comme secrétaire (hauts talons, rouge à lèvres : “J’ai effectivement de belles jambes”). Il y est resté un an et a pensé : “Fait chier, je me casse. Ça pète plus haut que son cul ici”.

À l’âge de 19 ans, son grand-père lui a donné 3000£, avec lesquelles il a fait des démos de compositions solo (“C’était complètement vide, désespérément brouillon”). Le studio lui a offert un travail de garçon à tout faire, ensuite un contract de management. Le directeur artistique londonien Dave Ambrose (qui avait signé les Sex Pistols, Duran Duran chez EMI) a vu Damon chanter dans son bureau à 11 heures du mat’ sur une bande son. Coxon jouait du sax sur quelques morceaux. Un batteur était nécessaire.

Concert au Centre d’Art de Colchester sous le nom de “Damon Albarn”. Rowntree et Coxon dans les 15 personnes du public. Il a formé Circus, son pote Eddy à la batterie (aujourd’hui dans un groupe folk irlandais, The Shanarchies) ; a fait un concert avec Dave à la batterie, lors d’une fête chez Eddy, après quoi Alex est arrivé.

S’est lié d’amitié avec Steve Walters à EMI qui lui a dit “de se droguer et de découvrir ce que c’est”. Alex lui a tenu la main la première fois qu’il a pris de l’acide, “s’est promené au centre commercial de New Cross et il a éclaté de rire aux oranges”.

Est devenu un étudiant de substitution : cursus de musique à Goldsmiths’ à mi-temps. “J’étais toujours un drogué de travail, mais je n’avais jamais de travail”.

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La Vie Secrète D’Alex James

Né le 21 Novembre 1968, Hôpital Boscombe, “le côté graisseux de la cuillère de Bournemouth”.

La famille a déménagé dans la pension de famille du grand-père dans le centre de la ville quand il est mort, avec Sparky le chien, diverses tortues, des cochons d’Inde. Bournemouth vide en hiver, Alex aimait la sensation de supériorité en été (“J’ai toujours vécu dans des lieux de séjour des touristes” – il réside maintenant dans le West End londonien).

Le père vendait des chariots élévateurs, puis des poubelles électriques. La mère travaillait bénévolement, y compris à “Books On Wheels”, à quoi il l’aidait.

Piano acheté pour 100£, à l’âge de 11 ans, il a bricolé dessus. Leçons de violons à l’école n’en valaient pas la peine “de prendre la résine sur l’étui et de lui donner un petit coup avec l’archet”. Il s’est fait renvoyer de la flûte à bec. Désirait des claviers, il ne pouvait pas se les payer.

Avait décidé que “seuls les branleurs étaient branchés par la musique à l’école”, il ne l’a jamais étudiée. Académiquement “brillant”: 13 “O”, 3 “A” (Physiques, Chimie, Français)

Année sabbatique à travailler à Safeway au comptoir des produits laitiers (“c’est là que je me suis intéressé au fromage”), a formé un groupe : Mr Pang’s Big Bangs, nommé d’après son propriétaire, qui jouait aussi pour les réserves de Southampton.

Est allé à Goldsmiths’ avec “zéro unité de valeur”, la première personne qu’il a vue quand il est arrivé dans la résidence universitaire a été Coxon, portant une guitare. Coxon connaissait les troisièmes années. Ils se sont lié d’amitié, jouait Sgt. Pepper vraiment fort, piquait du vin dans les frigos des autres.

Avec Coxon, a commencé “Nichtkunst”, qui les obligeait à rester debout toute la nuit jusqu’à ce qu’ils deviennent fous, dessinant des images stupides et pensant qu’ils étaient un mouvement.

“La première fois que j’ai vu Damon, il m’a complément soûlé”. Il considérait sa musique “merdique ; elle sonnait comme Brother Beyond”. Lui disait de “chanter à propos de quelque chose qui est proche de ton cœur, connard”.

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La Vie Secrète De Graham Coxon

Né le 12 Mars 1969, Hôpital Militaire Britannique, Rinteln, près d’Hannovre, Allemagne de l’Ouest.

A v écu à Berlin jusqu’à l’âge de 4, 5 ans sur les terres de l’armée. Papa était musicien dans un groupe (clarinette, sax) dans les Worcestershire & Sherwood Foresters, d’où le “penchant musical” de Graham.

A déménagé à Derby pour vivre avec papy à côté d’un autopont, à 5 ans, ensuite à Colchester, à 8 ans. Premier bégain pour Floella Benjamin, courant à la maison pour voir Play School avec un grand verre de Nesquik.

Papa a quitté l’armée en 1979, sergent major, a continué à diriger la fanfarre de la police de l’Essex (a enseigné le jazz à Rowntree dans sa classe du Samedi matin ; Graham était souvent accueilli comme “le fils de M. Coxon” par ceux qui ne le connaissait pas). Premier instrument : le fifre. A été encouragé à apprendre le saxophone au collège.

A commencé la guitare à 12 ans, “de manière à jouer Aunties And Uncles, News Of The World et Lisa Radley des Jam. Mes parents se plaignaient tout le temps que le bruit des frètes était plus fort que mes accords”. A atteint le grade 5 au saxo, n’est jamais allé au 6, ne pouvait pas s’embêter à apprendre les gammes. Académiquement “moyen”. L’année du bac, il a fini par devenir le clown de la salle commune (Récemment il a reçu une lettre de plainte de Michael Knight, ancien professeur d’art, après avoir dit qu’il n’était pas encouragé à l’école; Knight était en fait “un brave type”, lui donnant un coup de main à l’heure du déjeuner et était dans le GIGN).

Après un dossier scolaire qui disait que “l’extraverti social canaliserait ses énergies prudemment dans le futur”, il s’est inscrit pour deux ans au General Art & Design Diploma à l’école d’Art du Nord de l’Essex (dont M. Albarn était directeur). A commencé à fumer, a travaillé à Sainbury’s après la fac tous les mardis et les samedis ; est devenu malade de surmenage. Est passa de la bière de l’Abbaye pour le cidre.

A rencontré Rowntree, auquel il s’est joint dans son groupe Idle Vice dans les sections de cor. Simultanément dans son propre groupe Hazel Dean & The Carp Enters From Hell ; les deux ont eu une amende la journée de l’anti Yuppie à Wivenhoe, après avoir bu et conduit (a garé la voiture de maman avec une bouteille de Southern Comfort à la main, s’est endormi, a perdu son permis pendant deux ans, 200£ d’amende – “Ça a brisé le cœur de ma mère”).

En tant que végétarien protestataire, il est devenu anémique, s’est retrouvé dans l’aile des troubles physiques pendant des semaines à Severals Hospital, notoire pour l’asile de fous. Écoutait continuellement une seule cassette – Janis Joplin, Fleetwood Mac, The Smiths – regardait “un couple dérangé se caressant et riant” (est devenu sexuellement frustré). Dessinait beaucoup d’hommes âgés pissant dans un pot. Fumait des Superkings secrètement avec le malade Stan.

Goldsmiths à 19 ans, cité universitaire à Camberwell. Accrochait des feuilles A4 roses avec les paroles des Pixies sur tous les murs de sa chambre. Alex dans la chambre juste en dessous de lui. Burser Robin Russell avait un petit “carré d’herbe merdique” sur laquel il s’exerçait au golf et faisait faire des exercices à Laura, un chiot Berger Allemand (“Laura ! Pose ça !”). Jetait des ventilateurs par la fenêtre, 3 étages au dessus, dans l’allée. Burser a fait rouler son camping car Volkwagen, dessus, tordant l’arche de son volant.

A vu Damon au Arts Centre de Colchester : “Tu savais que le type avait un tas d’énergie”.

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La Vie Secrète De Dave Rowntree

Né le 8 Mai 1964 au Maternity Hospital de Colchester.

Papa était ingénieur du son à la BBC, a enregistré des morceaux sur l’album actuel des Beatles At The BBC, non crédité. Auparavant faisait des effets sonores à la radio. A fait la navette à la BBC pendant 40 ans. Maman jouait du piano dans l’orchestre de Londres.

On lui impose des leçons très tôt ; a choisi la cornemuse ; a été enseigné par “un énorme Écossais” à jouer du tambour militaire – collait avec du scotch une pièce de sixpence au tambour ; si tu la rates, tu avais une raclée.

À 13 ans, l’année du Jubilée ; a joué Yellow Submarine sur un tambour et une cymbale lors une “fête de rue triste” avec un groupe sans nom, sa sœur chantait et un voisin jouait du piano (“Il savait comment ouvrir le couvercle”)

Lycée, privé, l’a trouvé ennuyeux, est allé à l’IUT pour faire un DUT d’informatique à Woolwich, “intello, pétrifié”.

1982, s’est fait poussé les cheveux, portait du caftan et des “pantalons rapiécés” (“Aucune photo existe – merci mon Dieu”), a obtenu son surnom de “Shady Dave” en dépit de sa répugnance pour les drogues. Première batterie à l’école de musique, personne ne l’utilisait, alors il la prise comme la sienne.

De retour à Colchester, “a faignassé”, a formé Idle Vice, un trio, Robin à la guitare, Jim à la basse, a déménagé à Londres pendant six mois dans un squat de Crouch End (un vieux centre socio-éducatif de cinq étages, “On avait un étage chacun”), a trouvé un joueur de saxo, dé-hippifié dans un squat punk avec une crète iroquoise (les parents ont présumé que c’était une phase. Ce l’était). Concerts et fêtes de squat à King’s Cross.

La France pendant deux ans, à jouer dans des clubs, à jouer dans la rue, bouche à oreille, mangeant du raisin et du melon qu’ils avaient piqués dans les champs, a appris beaucoup de choses sur les mécaniques des vans (“On appelaient ça jazz punk à l’époque”). Est revenu à la maison pour le premier hiver ; il n’est jamais vraiment rentré le deuxième.

A obtenu un travail au conseil municipal comme programmeur d’ordinateur en costume et crète iroquoise (“Je l’avais teinte en noir à l’époque”). La petite amie de Jim est tombée enceinte, il a quitté Idle Vice, remplacé par “un type roux avec des longs doigts qui ressemblait beaucoup à un drogué sans pourtant en être un”.

A rencontré Coxon, qui jouait dans The Curious Band, marchants d’improvisation style Gong (“Je braillais juste sur ça”). Répétait dedans, et vivait au-dessus, un garage de pneus avec un type obsédé par Dungeons et Dragons, et qui taillait ses propres pièces d’échec.

Est allé voir Albarn chanter aux Arts Centre, est allé prendre un verre avec lui après et lui a dit “Si tu as besoin d’un batteur appelle moi…”

Traduction – 1996, révisée le 15.05.2008