X-Men Origins: Wolverine

2.5/5 Sortie : Dès maintenant Réalisateur : Gavin Hood Scénaristes : David Beniof, Skip Woods Avec : Hugh Jackman, Liev Schreiber, Danny Huston, Lynn Collins, Ryan Renolds, Taylor Kitsch, Daniel Henney, wiil.i.am, Scott Adkins, Kevin Durant, Dominic Monaghan

Après la vague honte qui caractérisait X-Men, l’affrontement final de Brett Ratner, toute l’ambition que Bryan Singer avait travaillée avec les deux premiers volets de la franchise X-Men (les films en partie responsables de l’excès de superhéros en été de cette dernière décennie) semble s’être évaporée. Il est possible d’avancer le cas pour X-Men Origins: Wolverine comme film post-Vietnam, comme le sombre début d’une icône de culture pop à la Batman Begins et Casino Royale ; même comme une autre étape d’interrogation hésitante d’Hollywood de politique étrangère américaine. Et rien de cela ne serait faux. De manière superficielles, et divertissante, Wolverine fait toutes ces choses. Mais c’est avant tout un film d’action stupide, émoussé et bête, plus John Rambo que Travis Bickle.

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S’ouvrant au Canada en 1845, le film fait une série de gestes garantis de faire bouillir le sang d’ardents gardiens du canon : Logan et Dents-de-Sabre sont maintenant de bizarres demi-frères, qui ont tué leur père, ont traversé haut la main les XIXème et XXème siècle, ont été matraqués par toutes les guerres dans lesquelles ils pouvaient être mêlés de façon concevable. Tous deux ont des corps qui guérissent instantanément, mais au moment où ils croisen le Général Stryker de Danny Huston – dans une poussée de recrutement pour son équipe d’opération noire – ils semblent être des frères dans des bras perpétuels post-traumatiques.

Unis par un fou d’arts martiaux Deadpool et une poignée d’autres mutants, l’équipe commet un acte de boucherie dans un village africain qui pousse la démission de Wolverine : de l’équipe de Stryker et de Dents-de-Sabre.

Coupez à l’intrigue approximative de Commando. Six ans plus tard, et Logan s’est installé dans une vie rustique dans les Rocheuses canadiennes, bûcheron et petit ami de l’adorable Kayla, alias Silver Fox, dont les lecteurs de Wolverine comprendront imémdiatement comme une mauvaise nouvelle pour notre héros. Nouspassons un court instant à la voir couper gaiement du bois et à rouler dans des toiles de fond impossiblement verdoyantes avant que l’idylle se désintègre duement. De lourds pas et Stryker est de retour – il a besoin à nouveau de notre homme dans l’équipe. D’anciens mutanys, dont Bolt de Dominic Monaghan, d’une tristesse suppliante, sont en train de se faire tuer, et Wolverine pourrait être une autre cible. Rejetant sensiblement l’offre de Stryker, Logan trouve rapidement sa femme dans la forêt, son sang se vidant dans le feuillage. Tous les signes pointent en direction des griffes de Dents-de-Sabre comme l’instrument de sa mort. Logan sent la coïncidence – son frère et son vieux patron arrivant en quelques heures l’un de l’autre – mais sa rage bat sa prudence, et il est rapidement attaché dans une baignoire hi-tech par Stryker, qui dépense un demi-milliard de dollars à lui injecter cet aliage de métaux impossiblement dur, l’adamantium.

En bref : quel idiot. La trame de Stryker est violemment évidente dès le début, et s’ayant inventé un ennemi dont il n’avait pas besoin, il s’est mis à transformer le dit adversaire en le bipède le plus indestructible du monde. On se sent désolé pour l’homme, et non pas parce qu’il a un fils mutant dans le frigo, mais parce que son sur-exploit chez les militaires est sivaste. C’est le principale continuité rétroactive du film ; William Stryker est un idiot.

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Les restes du film voient un Logan gonflé (désormais Wolverine) s’embarquer dans une aventure composées de cascades ridicules, de carnage peu plausible, et de railleries qui valent 2 centimes. C’est ce qui arrive à Schwarzenegger dans Commando et à Stallone dans les rambo, seulement la décence du gentleman de la personnalité de Hugh Jackman sur grand écran est un lest soit qui aide ou qui est malheureux, dépendant de votre goût, maintenant l’interdiction aux moins de 12 ans à tous moments. C’est encore un autre départ du comics – la seule rage de fou furieux de Wolverine observable dans ce film est dirigée contre une échelle en métal.

Rien de cela ne devrait se refléter en mal sur Jackman, homme pricipal exemplaire à qui un exécuteur soutenu lui demande d’avancer en hurlant et en marchant à quatre pattes. Il ne semble jamais moins que complètement dévoué, et a un grand sparring partner chez son frère de sang mutant Dents-de-Sabre. La motivation de ce personnage est franchement en lambeaux dès le moment où nous le rencontrons, mais cela compte moins quand on a Liev Schreiber, pour qui le dialogue du scénario peut-être superflu. Il offre au film la malveillance dont manquent les autres méchants, mais le fait avec un sadisme si impulsif que ses apparences semblent être celles d’un mosntre qui ne fait que passer, sa version des événements sûrement le film le plus intéressant.

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J’irais jusqu’à dire que les acteurs sont bons. Peut-être trop. Danny Huston joue Stryker avec une touche de David Brent, Ryan Reynolds fait une brève apparence en tant que l’odieux Deadpool, avec un badinage hideux qui ne souligne que sa sociopathie, et Gambit s’établit très rapidement comme un égomaniaque horrible même si l’acteur (Taylor Kitsch) et le film sont très heureux de le reconnaître. Ce sont des compagnons délibérément offensifs dans un univers Marvel jusqu’ici éreinté. C’est comme si le film admet sa décrépitude, ce qui n’est pas vraiment une critique. C’est trop drôle.

Le meilleur et pire moment du film est probablement l’effacement des Hudson (!), que les fans connaîtront, mais ici Maman et Papa Kent ne sont présnets que par le nom. S’échappant du programme Arme X, sa carrure lourde de métal étranger, Logan trouve refuge chez ce plaisant couple confiant, qui le met dans la grange. En un jour, cependant, ils sont assassinés par le sniper Agent Zéro, et leur jolie maison est détruite de fond en comble par une explosion d’artillerie de Stryker. Ceci pousse de l’action hilareusement improbable à moto de la part du héros, mais le dommage est fait. Qu’ont fait les Hudson pour mériter un sort aussi spectaculaire ? Est-ce que Wolverine n’est-il pas assez vengereux ?

Et ainsi le réalisateur Gavin Hood détache son film de toute ressemblance à l’entreprise de Bryan Singer. s’il y a un lever de soleil, Wolverine entrera dedans. S’il y a de la violence, ce sera de l’ultra-vilence commise contre de déliceux septuagénaires. Si un refroidisseur rombe, il s’écrasera de manière apocalyptique, rasant le paysage environnant. Les effets ne suivent pas : certaines scènes sont impeccablement digitalisées, d’autres impliquent des écrans verts bâclés. Il y a quelques scène situées en forêt là où pour quelques raisons obscures Hood avaient renoncé à un tournage en extérieur en faveur de l’incrustation. Pour un film aussi stupide (et amusant) que celui-ci, il est plus qu’approprié que les visuels semblent se désintégrer tandis que Wolverine avance en titubant, dévoué à sa vengeance. “Il n’y a pas de rédemption là où je vais”, dit-il à Gambit, sincèrement.

Thom Hutchinson

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LE SAVIEZ-VOUS ?

Le casting de Ryan Reynolds en tant que Deadpool a été pratiquement inévitable depuis 2003, quand lui et le scénariste/réalisateur David S. Goyer ont projeté un film à part sur le personnage pour New Line. Il est tombé à l’eau quand Goyer a signé pour réaliser Blade: Trinity, mais Reynolds a continué à parler tendrement du personnage. La prospective d’un film sur Deadpool existe toujours, avec les producteurs de Wolverine continuant à parler de développement. Aussi sur le front des news sur Ryan Reynolds/le comics, il a exprimé un intérêt à prendre le rôle de Wally West, alias la troisième incarnation de DC du Flash.

FAIT : Dent-de-Sabre et Wolverine en tant que demi-frères est l’innovation du film. Chris Claremont les prévoyait à l’origine comme père et fils.

Traduction – 19 octobre 2009