Un mélange parfait de son et de vision

David Cheal chronique Gorillaz à l’Opera House de Manchester

Eh bien, on ne peut accuser les créateurs du Festival International de Manchester de manquer de perspicacité. Cette nouvelle installation dans le calendrier culturel n’a pas commencé à se réaliser avant juin 2007, pourtant il est déjà annoncé en grande fanfare, une semaine de concerts à l’Opera House de Manchester avec Gorillaz, le groupe “virtuel” de personnages de BD créés par l’ancien chanteur de Blur, Damon Albarn, et l’artiste de BD Jamie Hewlett, dont le premier a eu lieu hier soir.

L’unique avantage du festival est qu’il comprendra des œuvres nouvelles et créées spécialement dans un éventail de disciplines avec une emphase particulière sur la musique.

D’où l’annonceur : cinq concerts consécutifs lors desquels la plupart des collaborateurs du dernier album de Gorillaz, Demon Days, qui s’est vendu à trois millions d’exemplaires, interprètent l’album dans son intégralité sur scène pour la première fois.

Avec leur combinaison de succès et de crédibilité artistique, Gorillaz semblerait parfait pour lancer cet ambitieux nouveau festival.

Alors, comment était cette soirée ? En un mot : extraordinaire. Des artistes géniaux se sont battus pendant des décennies pour trouver un mariage confortable entre le son et la vision, mais ici, ils étaient parfaitement mélangés. Et je ne parle pas uniquement du flot d’images et d’animations faites sur mesure (surtout par Hewlett) projetées sur l’écran situé au dessus de la scène.

Il y avait une cohérence derrière toute la présentation – les panneaux lumineux aux couleurs changeantes qui jetaient une bonne partie des interprètes, dont Albarn lui-même, assis principalement au piano, dans une semi-obscurité ; la lumière tamisée ; le look de l’ensemble. Cela fonctionnait parfaitement.

Ce qui était également remarquable était la manière dont cette fusion de genres a donné vie à l’album. En tant qu’expérience auditive, Demon Days est une chose étrange et originale, une histoire à demi-narrée d’un futur apocalyptique situé dans un kaléidoscope de styles musicaux. Ici, il est devenu plus riche, plus profond, plus touchant.

Tandis que le public applaudissait une succession d’interprètes solo – la chanteuse Neneh Cherry, les rappeurs De La Soul, Ike Turner (oui ! Ike Turner) au piano – tandis que les cordes descendaient en piqué, tandis que les chansons balançaient, tandis qu’une chorale d’enfants sautaient et tappaient des mains en chantant le refrain de Dirty Harry, tandis qu’une chorale gospel ammenait la chose vers un final glorieux, la musique a atteint une chaleur et une résonnance qui manque à l’album. Même la fragile voix d’Albarn semblait plus confortable.

Parmi les clous de la soirée : All Alone, avec son rythme irrésistible, le chant de Martina Topley-Bird et un rap qui donne la chair de poule par Roots Manuva. Et Dare, avec le héros local Shaun Ryder des Happy Mondays qui reçoit la plus grande acclamation de la soirée en remuant son gros derrière devant l’assemblée.

Le Gorillaz d’Albarn et Hewlett a commencé comme un projet parallèle pour Albarn, exultoir de choses qui ne rentraient pas dans le gabarit Blur. Ici, leur création a pris vie. Le festival doit encore commencer, et déjà il a l’un de ses clous.

Traduction – 29 décembre 2007