“On aimait juste le son de l’expression Depeche Mode – ça n’a pas du tout de signification”. C’est comme cela que le groupe décrit la manière dont ils en sont arrivés à emprunter son nom (je pensais que cela signifiait “poisson conscient de la mode” – NdlR) à un magazine français, mais à bien des égards, il résume bien le groupe lui-même.

Depeche Mode existe depuis plus d’un an maintenant, formé à l’origine par des amis d’école de Basildon, Martin Gore et Andrew Fletcher, avec le compositeur et ex-folkie (!) Vince Clarke. Le chanteur Dave Gahan est arrivé plus tard après des auditions et a complété la composition présente.

À cette époque, le groupe utilisait des instruments conventionnels mais ils ont été abandonnés, selon Vince parce que le groupe en avait “marre des sons, ou de leur incapacité de créer des sons intéressants”. Intrigués par un synthétiseur que Martin avait acquis, ils ont opté pour une instrumentation complètement constituée de synthétiseurs.

Après cela, ils ont attiré l’intérêt de Daniel Miller, chef de Mute Records, label électronique le plus important de ce pays et déjà foyer des Silicon Teens et de Fad Gadget. Le résultat de l’intérêt de Daniel était l’excellent Dreaming Of Me qui rôde autour du Top 40 depuis quelques semaines.

À part ce single, le groupe a aussi contribué Photographic à la récente compilation futuriste Some Bizzare mais, malgré le fait que Dave soit régulièrement allé au Blitz, c’est une connexion que le groupe tient à minimiser. Leur utilisation du maquillage et des vêtements extravagants a déjà été atténuée. Ils voient le futurisme comme une création artificielle et ce n’est pas une image qu’ils veulent avoir collée dans le dos pour la vie.

“C’est juste une mode, dit Vince. C’est un mot qui est devenu populaire, c’est tout”.

“On est classés comme groupe futuriste, répète Dave, juste parce qu’on utilise des synthétiseurs. Notre musique n’est pas futuriste. Vince écrit juste des pop songs”.

En fait, les Modes sont assez heureux de décrire leur son synchro, simple et très mélodique comme “pop”, ce qui, à leurs yeux, couvre beaucoup de domaines. “sympa” et “Heureuse” sont d’autres mots qu’ils utilisent pour parler de leur musique.

“Ce n’est pas sérieux, acquiesce Vince. C’est assez bon”.

Il n’y a pas non plus de messages transmis dans les paroles. Andrew maintient que la musique est plus importante que les mots alors que Vince admet que son principal intérêt dans les paroles, c’est “le son des mots au lieu de la signification”.

Ce qui est là où nous sommes arrivés, n’est-ce pas ?

Ian Cranna

Traduction – 2 mai 2006 – selon le scan et la transcription de SacredDM.net