Apprendre la Mode de la voie publique

DEPECHE MODE à Birmingham. Discours et orthographe par Paul Colbert. Photographie en vol par Tom Sheehan.

Quand c’est arrivé, il ne savait quoi faire… courir, se battre, rire, paniquer…

Dans les récits des autres, la réponse semble toujours évidente, mais quand les deux gars l’ont arrêté à Manchester… dans une rue passante… à deux heures de l’après-midi… et lui ont demandé tout l’argent qu’il avait sur lui, Daryl n’a su quelle ligne de conduite appropriée adopter. Ils étaient grands ces mecs – enfin, relativement grands – et l’esprit de Daryl a cogité dans tous les sens à la recherche d’un stratagème à la 007, une ruse stupéfiante qui réduirait les assaillants diurnes en gelée tremblotante.

Il a agit en un clin d’œil. “J’ai dit non… et ils sont partis. Vous savez, ces choses n’arrivent jamais à Basildon”.

Peut-être pas, mais, Depeche Mode, eux, oui.

Et ils vous suivent avec autant de surprise, laissent le portefeuille et volent votre cœur et vos pieds, se présentent avec une telle impudence gaie qu’on ne peut s’empêcher d’aimer le simple but rangé. Et ce n’est pas facile de dire non.

Mais pour le moment, la ville natale de Basildon se trouve à un sandwich de train et quelques centaines de kilomètres. Le problème immédiat est de trouver Fagins, lieu de leur troisième date de leur première longue tournée – buzz de 14 dates de part et d’autres de l’Angleterre en conséquence de la récente sortie de l’album Speak And Spell.

Le guide actuel, c’est Daryl, roadie et pote, qui fait tout sauf reposer les esprits en racontant l’histoire de son dernier accrochage avec la ville. Au moins, l’histoire de Sheehan est plus reposante. “Vous voyez cet hôtel, sort-il le doigt collé à un Nikon, Albert Tatlock y vit… il se fait livrer tous ses repas dans sa suite ET il n’a pas besoin de faire le ménage. C’est ça le succès…”

En fait, ce n’est pas Tatlock et le reste de la rue qui intéressent Depeche. C’est qu’en faisant les concerts de Manchester, ils manquent l’épisode de Crossroads qui commence la longue route qui finira par éjecter Meg Mortimer. Ce sont des sacrifices à faire.

La journée a été sombre, la soirée a tristement promis bien pire. Séparé du public intime et connu de Londres et du Sud, Depeche Mode se méfiait d’aller au devant du public du Nord, surtout que l’album n’est pas encore arrivé dans les bacs locaux.

Coincé au milieu d’Oxford Street, Fagins pourrait au mieux être résumé par le terme « bas » – le plafond est un couvercle jonché de chevrons qui agit en étouffant le son, le public et le groupe. La performance est vague, la réaction est glaciale, les Modes peu satisfaits. N’en parlons plus. Arrachons la page d’aujourd’hui dans l’agenda et passons à une nouvelle page, une nouvelle vie.

* * *

Il n’y a que la possibilité qu’un important désastre démoralisant qui puisse attrister Dave Gahan pendant plus de 30 secondes. C’est peu vraisemblable cependant. Face à un mauvais concert, un rhume qui s’aggrave progressivement et maintenant une mouche dans ses cornflakes du petit déjeuner, il réussit à avoir un large sourire radieux. “Demande-leur pourquoi elle n’est pas dans la soupe”, suggère Sheehan à propos du supplément insectoïde.

Depeche Mode ne voyage pas léger. Je n’ai jamais vu autant de valises et de cintres couverts de costumes fourrés dans un minibus – presque tous les vêtements de scène semble-t-il, réalisés par une connaissance de Kensington. Martin Gore s’est mis à voyager en camouflage, Vince Clarke préfère un jeans et une veste en cuir, Andy Fletcher saute dans le bus en portant un t-shirt blanc et un jeu d’échecs nouvellement acquis pour des défis mobiles, alors que Dave remonte le col de son inséparable pardessus sur sa nuque et épluche une autre orange. “Je dois manger pleins de fruits”, murmure-t-il. Pourquoi ? “Parce que je suis en train de mourir”.

Rentrent aussi au chausse-pied dans le bus les deux membres du groupe de première partie, Blancmange, qui ont fait leur première apparition sur vinyle aux côtés de Depeche Mode sur l’album Some Bizzare, ainsi que les petites amies de Dave et Martin, Jo et Anne, qui ont été appelées en renfort pour s’occuper des badges, t-shirts et autres objets dérivés de DM aux concerts.

La route pour Birmingham, le prochain arrêt, prendra un peu moins de deux heures, surtout en silence, même si je soutire à Dave ses impressions sur leur apparition à TOTP. “C’était ennuyant… on est restés assis pendant 12 heures environ mais on a eu la chance de parler aux autres groupes – à part Spandau. C’était les seuls qui n’ont pas voulu nous parler. Ils deviennent un peu snobs”.

Peu avant d’entrer dans Brum, Andy convainc Jon Botting, le tour manager, de s’arrêter à la station service. Personne ne croit le prétexte de prendre un café. Tout le groupe est accro aux machines Space Invaders, et ils monopolisent la salle principale avant qu’on n’ait pu dire “un ou deux joueurs”. “Le pire côté de ce boulot, c’est de les décoller de ses saletés”, confie Jon avant de beugler “DERNIÈRE PARTIE TOUT LE MONDE” derrière le groupe. Tout honorent cette autorité de stentor – même les humbles passants qui n’ont rien à voir avec Depeche – et s’écartent des boutons avec une obéissance confuse.

Quand nous quittons Spaghetti Junction, la première partie reconnaissable de Brum à se présenter est la salle de ce soir, le Locarno. Bien plus intéressant est le balayeur hébété devant la salle, qui, le jure Andy, ressemble comme deux gouttes d’eau à leur éditeur. Il n’a évidemment aucune idée pourquoi un minibus de cinglés qui pouffent hystériquement le sifflent et le prennent en photo.

Birmingham est devenue folle de sécurité. Nous passons les portes de l’hôtel et tombons sur la présence menaçante d’un homme de la sécurité qui n’est pas au courant et qui fouille tous les sacs. Dave sait bien faire ses valises, le reste – euh…

* * *

Avec une heure devant soi avant la balance, le groupe et le journaleux s’installent pour une interview – ou du moins les trois quarts du groupe. Vince pense qu’il en a assez bavé avec les journalistes et ne veut actuellement pas lui parler. Le reste est plus que prêt à causer… oh que oui.

Dave : “On s’y est habitués mais quand on a commencé, les interviews nous rendaient vraiment nerveux. On disait juste oui ou non. Aujourd’hui, ce sont les photos qui nous inquiètent le plus ; on n’est pas vraiment photogéniques”.

Vous voulez rire ? Je connais des milliers d’admiratrices au souffle coupé qui diraient le contraire.

Dave : “Ouais, c’est important d’être beau, d’être visuel sur scène…”

Andy : “Mais on ne porte pas de costumes de façon à ce que le public puisse dire : Wow, regarde ce qu’ils portent. On les porte pour se sentir bien”.

Dave : “Tout cela fait partie d’un concert, s’habiller ; ça fait monter l’adrénaline. Le concert commence vraiment quelques heures avant de monter sur scène quand on se préparer. Je suis plus nerveux ici dans le Nord, c’est plus facile à Londres ou quand nos amis sont dans le public.

“Quand on rejouera à Basildon, ça sera la folie. Martin aura un pagne. Mart aime montrer son torse nu… tu aimes ton corps, hein Mart…”

Andy : “Il l’aime…”

Dave : “Ouais, c’est comme ça qu’il s’est retrouvé sur Top Of The Pops, il a enlevé sa chemise dans la loge et a dit : Je peux y aller comme ça”.

Andy : “On sait même qu’il embrasse son propre corps”.

Martin : “Vous inventez ça…” (Grands éclats de rire et le son d’une blague féroce. Dave saute du lit et court dans la chambre en embrassant son bras et en chantant “Je suis si beau”. Martin se venge.)

Martin : “Au moins je ne porte pas de SLIPS KANGOUROU. Andy en portait jusqu’à il y a une semaine, mais on l’a converti aux slips normaux…”

Andy : “QUOI ! … Je n’en porte pas – C’EST TOI !”

Martin : “Ouais, il a dit : Qu’est-ce que je dois faire si je trouve une fille sur cette tournée… ça devient embarrassant”. Non, cela ne va pas l’être, Fletcher se penche désespérément en avant sur le lit et essaye d’attraper le dictaphone pendant que Dave et Martin semblent souffrir de fous rires incurables. La chambre est en tumulte quand tout à coup le téléphone sonne et à la réflexion que cela pourrait être le producteur style Svengali Daniel Miller qui vient aux nouvelles, le rire est étouffé.

Ce n’est pas lui. Juste un rappel pour la balance, mais je profite de la pause dans la comédie pour envoyer une question à propos de Danny.

“C’est un sacré bon producteur”, jette Andy avec une véhémence qui ne lui ressemble pas, juste pour être coupé par le “… et il ne porte pas de slips kangourou” de Martin.

* * *

Le fidèle magnétophone Teac qui fournit les pistes rythmiques pour les concerts de Depeche est venu de la nécessité plutôt que du désir.

“Si un bon batteur venait nous voir et s’accordait avec le groupe, peut-être qu’on y réfléchirait, songe Dave, mais on n’a jamais eu beaucoup de choix. Il n’y avait pas de batteurs à Basildon qui aurait fait l’affaire, et de toute façon, il faut le transporter et de la place pour qu’il répète.

“On avait l’habitude de jouer chez Vince avec des casques sur les oreilles – et la mère de Vince n’aimait même pas le tapotement que les touches des synthétiseurs faisaient”.

Ce qui a soulevé la question, est-ce aussi marrant aujourd’hui, sur le circuit britannique, que lorsque Depeche Mode cliquait en silence au jour le jour ?

“Non… je ne pense pas. On s’amuse toujours, mais ce n’est pas aussi amusant. Ça nous faisait quelque chose juste de jouer, on était si nerveux avant un concert qu’on en était presque malades. C’est peut-être parce qu’on s’y est habitués que ça semble plus facile, ou peut-être que c’est quand on a commencé, on faisait tous quelque chose de différent la journée et on se souciait du concert le weekend.

“Ce n’est pas que ça devient un boulot – je n’irais pas jusque là – mais sur les tournées, on fait les mêmes choses tous les jours”.

Et quand vous ne tournez pas, comment passez-vous le temps libre ?

Dave : “Parfois je vais à mon ancienne fac vois mes amis, je me balade en ville, je vais faire du shopping peut-être. Il n’y a pas grand chose à faire à Basildon”.

Martin : “Je le passe à la maison en famille”.

Andy : “Je peux aller chez un ami, ou aller au pub, ou je lis. Je dépense beaucoup d’argent en livres”.

Martin : “Non… il en a lu deux”.

Andy : “Arrêtes tes conneries… Je viens de terminer le Bâtard récalcitrant”.

Quoi d’autre ?

Alexandre le Grand”.

“Quoi d’autre… tu vois, je l’ai déjà épuisé”.

“Euh… Chariots Of The Gods?”.

“Et c’était à l’école”.

“Eh bien au moins je ne passe pas toutes mes soirées au pub”.

Est-ce étonnant qu’Andy reçoive des lettres d’adoratrices inquiètes qui estiment que le reste du groupe le harcèle ? Relax. Ce n’est pas vraiment le cas.

Que ce passe-t-il après la tournée ? Retour en studio pour un nouveau single, pas encore écrit, et peut-être des morceaux pour l’album suivant. C’est ici que je commence à souhaiter que Vince soit là.

“Vince a écrit beaucoup de matériel dans le passé, mais on commence tous à écrire désormais”, continue Dave, qui se fait récupérer le sujets des paroles par Martin. “Elles sont bizarres, vraiment, elles ne veulent rien dire. C’est une question à laquelle Vince devrait répondre… mais il ne le fera pas.

“Il cherche une mélodie puis trouve des mots qui riment, il ne recherche pas vraiment grand chose. Certains recherchent une chanson qui veut dire quelque chose avec le cœur alors que Vince part dans l’autre sens, il le dit, de toute manière”.

Une heure plus tard, Vince a assez de pain sur la planche pour lui inspirer une demi-douzaine de nouvelles chansons – des enragées. L’électricité du Locarno joue à cache-cache plongeant l’équipe dans une obscurité intermittente, et son nouveau synthé vient de souffrir de l’équivalent électrique d’une dépression nerveuse : une note sur quatre est détraquée.

“Humm… différent”, c’est le juron le plus dur qu’il peut conjurer avant d’emprunter l’un des instruments de Blancmange et de déballer un de ses claviers de réserve non familiers. Tout cela et il réussit encore à finir le set sans faire de fausse note. Il faut le faire.

Et malgré les augures, la balance en panique, la fuite par l’entrée de service une fraction de seconde avant que les fans ne viennent s’écraser au premier rang, le concert de ce soir est bien mieux que celui de Manchester et le public est prêt à danser – même s’il ressemble au dîner annuel des Nouveaux Romantiques.

Dave estime que c’est la ville natale de Duran Duran et les deux factions ne vont pas se mélanger, mais cela demande quatre rappels pour calmer les Brummies exigeants et même alors c’est la musique qui sort de la sono rapidement hissée qui étouffe les cris.

Le set commence doucement, Vince, Andy et Martin mettent en train avec une instrumentale avant que Dave, pantalon remonté bien au-dessus de la taille et cravate à rayures nettement retenue par une pince dorée, s’avance nonchalamment pour Photographic. Les premiers hurlements tapageurs sont pour New Life et son intro réarrangée plus funky puis il y a dix bonnes minutes de sautillements énergiques avant le swing séduisant de Puppets et un break dramatique avec Ice Machine.

* * *

On repense à un commentaire d’Andy sur ce que les fans originaux nomment trahison technologique. « Ils disent qu’on a a changé des choses, mais c’est juste la manière dont ça se développe. On a enregistré Photographic tant de fois maintenant, on a eu envie de faire quelque chose de différent sur l’album.

“Ces originaux veulent même qu’on sorte deux sortes de singles – l’une pour le public normal et l’une pour eux avec le vieux son. Ils disent qu’il y a trop de parties gênantes”.

Ils n’approuveraient probablement pas le dur traitement plus rapide qu’a Tora, Tora, Tora, mais s’ils rouspètent contre le bruit sec et vif de Television Set, ils auront besoin de nouvelles oreilles.

Depeche Mode n’aurait pas pu partir sans jouer à toute allure Dreaming Of Me même si le temps qu’elle représente semblerait un vague souvenir qui s’efface. Aimez le ou pas, les Modes avancent au fur et à mesure qu’ils grandissent, assimilent, comprennent et s’améliorent. Le fait qu’ils mûrissent ne signifie pas qu’ils doivent mettre la jeunesse de côté. Il y a certaines choses qu’on garde.

En coulisses, tout le monde a le sourire, Dave étale sa “collection” de la soirée – un collier de mauvais goût peint en or qui ne semblerait pas déplacé accroché à une chasse d’eau, et une paire de gants de femmes froissés qui montent jusqu’aux coudes. “Au début, j’ai cru que c’était une CULOTTE”, dit-il, véritablement horrifié que quelqu’un puisse jeter une telle chose sur scène. Cela ne l’empêche pas de les glisser sur ses doigts et de défiler dans la loge.

Et ainsi commence le rituel. Une queue de 100 personnes (dont 90% de filles) s’est formée devant la porte de la loge, à attendre des autographes, une mèche de cheveux, un moment à partager le même air.

Rien d’aussi délicat. La première s’approche de Martin d’un air décidé et effronté et lui demande si elle peut avoir son chapeau. D’une voix douce, il décline poliment. Les bretelles alors ? Non. Une chaussette ? Uh-huh. Désespérée, elle passe à l’offensive : “Pourquoi tu PORTES toujours ce chapeau ?”

“Parce que je suis chauve”, dit-il pour plaisanter, et la fan est horrifiée, en supposant que c’est vrai, supposant que ses rêves sont sur le point de voler en éclats par une boule à zéro. Il ôte son chapeau, une vague de cheveux surmontés de blond se déverse, et un autre fantasme sera ramené chez elle par le dernier bus.

Pendant ce temps, tous les regards se tournent vers Dave. “Habituellement, il enlève son pantalon vers ce moment, chuchote Martin. Il attend toujours que les filles soient dans la pièce – comme un extra”. Mais elles n’ont pas de chance ce soir. Il s’arrête jusqu’à ce que la dernière chasseuse de signature soit sortie en soupirant avant de changer son allure.

Et pourtant la queue s’étire, offrant photos, billets, mains, bras, tous attendent de recevoir la signature Depeche.

Encore plus téméraire, une autre admiratrice pose bruyamment un gros baiser sur la joue de Martin puis risque de demander un en retour. C’en est trop. Lançant un regard d’acier à l’offenseuse, Anne, la petite amie de Martin prévient “Oh non… il peut en recevoir, mais il n’en donne pas en retour”, et s’assoit rapidement en sentinelle au bord de sa chaise, au grand amusement de tout le monde et à la grande fierté à peine dissimulée de Martin.

* * *

Quarante minutes plus tard, laqueue s’est finalement tarie, les sacs ont été faits et nous sortons dans le calme de la nuit de Birmingham pour respirer le dernier air frais avant que la brume descende avec le matin. Au coin de la rue, près du van se trouve un dernier troupeau de fans. L’une crie un monologue d’admiration à un volume à peine moins fort que celui de la sono.

“… et si vous revenez à Birmingham, vous pouvez venir chez moi et je vous ferais un sandwich ou si vous n’aimez pas les sandwiches, vous pourriez manger un pain au lait, une tarte à la confiture, un beignet, une glace, un flan ou un gâteau…” Le menu est impressionnant, horriblement calorifique et dure environ cinq minutes.

Non contente de faire taire tout le monde avec un dictionnaire de desserts, elle garde la sidérante flèche du Parthe pour quand le van s’enfuit – “et quand tu danses sur scène, on dirait que tu BAISES”.

Ce dernier mot déchie l’air comme une brique du papier et le groupe grimace visiblement. Andy, vidant une bouteille de lait, n’est pas sur le point de résoudre les mystères de la célébrité. “Tu sais qu’elles ont même voulu le bouchon comme souvenir… le bouchon”. Il secoue la tête avec incrédulité.

Le lendemain matin, nous nous séparons : Depeche Mode part vers Nottingham – “mes ancêtres auraient pu venir de la Forêt de Sherwood, annonce Andy au petit-déjeuner. Fletcher… fledger, tu vois… ça veut dire quelqu’un qui fait voler des flèches” – et moi, je retourne à Londres.

Brusquement, la réception de l’hôtel est vide à part moi et Vince Clarke, l’homme mystère, celui qui est resté pratiquement silencieux à presque chaque rencontre. Alors, pourquoi ce silence délibéré ? Est-ce juste le souvenir amer d’une interview qui a mal tourné ?

“Non… il y a autre chose”, et en quelques mots, il s’avère que tout bien informé sur le plan technique et au courant qu’il soit, Vince est apparemment moins intéressé par parler de musique que de la faire.

Mais comment trouve-t-il les chansons qui composent Depeche Mode ? Est-ce les synthétiseurs, les bandes rythmiques, les bruits bizarres, les lignes pop ? Où cela commence ?

“Eh bien… je prends une guitare et je gratte trois accords…” Le sourire qu’il a laissé derrière était le plus profond et le plus sec que je n’ai vu en deux jours.

Traduction – selon le scan et la transcription de SacredDM.net – 17 mai 2006