Depeche Mode interprète “de la douleur sur divers rythmes”

Dave Gahan, chanteur de Depeche Mode, a plutôt une bonne voix pour un gars qui est mort en 1996.

Son grincement, unique argument de vente du groupe, est arrivé il y a près de neuf ans, quand une overdose a arrêté son cœur pendant deux minutes et l’a laissé techniquement mort. Le chant de Gahan a soutenu Depeche Mode depuis un quart de siècle, même alors que des contemporains comme Heaven 17, Soft Cell, Spandau Ballet et The Human League s’éloignent doucement des charts pour entrer dans la quatrième dimension des concerts nostalgie des années 1980.

Playing The Angel, 11ème album studio de Depeche, s’ouvre par un sale synthétiseur distordu qui est une déclaration d’intention. Le producteur Ben Hillier, qui a eu l’honneur de travailler précédemment avec Blur, Elbow et Doves, a réussi à déplastifier les deux précédentes sorties du groupe, Exciter paru en 2001 et Ultra en 1997. La palette sonore tire son humeur des années 1980 analogiques, avec une pointe de tons digitaux plus lustrés des années 1990.

Une large veine d’angoisse n’est jamais loin de la surface d’un album de Depeche Mode. Martin Gore, qui a permis que Gahan partage le siège de compositeur pour la première fois, dit sur le site internet du groupe que le groupe a considéré “Douleur et Souffrance Sur Divers Rythmes” comme sorte de sous-titre. Des morceaux comme Suffer Well et The Darkest Star sont de justes avertissements que les fans goths du groupe, surnommés “L’essaim noir” par Gahan, sont satisfaits.

The Sinner In Me

L’enthousiasme de Gahan n’a jamais sonné plus profond que sur Nothing’s Impossible. Autre part, des lignes qui pourraient sonner grossières de la part d’un chanteur moins expérimenté font allusion à des démons personnels qui doivent encore être surmontés. “Si je pouvais cacher / Le pêcheur qui est en moi / Et le renier / Comme la vie serait douce / Si je pouvais me libérer / Du pêcheur qui est en moi”.

Le jeu de guitare de Gore, au complet avec des grincements de frettes, est utilisé avec modération pour ajouter une nuance plus organique à des mélodies conduites par les machines. Il est surprenant comment ses simples notes fonctionnent sur une toile de fond faite par ordinateur de rythmes pétillants et de lignes de basse ondulantes.

Malheureusement, deux éléments perturbateurs de l’œuvre précédente de Depeche Mode sont répétés ici. Le morceau 9, Introspectre, est une instrumentale qui dure moins de deux minutes, trop courte pour aller quelque part. Elle sonne comme une chanson abandonnée laissée sur l’album comme bouche-trou, et vous allez la sauter sur votre iPod.

Après il y a Damaged People, avec le maigre vibrato d’enfant de chœur de Gore qui renforce la raison pour laquelle Gahan prend en charge le chant la plupart du temps et devrait probablement insister à la faire sur chaque morceau.

À quatre pattes par terre

Les meilleurs moments de Depche Mode viennent quand les sombres textures de la musique se heurtent aux refrains qui tombent par terre dans un bruit sourd, et il y en a assez dans les nouvelles chansons pour sugérrer que la tournée des stades à venir vera Gahan au meilleur de sa forme courvert de sueur. Precious, choisi comme premier single, aurait pu être extrait de n’importe quel des quatre albums précédents de Depeche Mode. Ce n’est pas une mauvaise chose pour les fans existants.

Dans une courte vidéo hilarante sur l’excellent site internet de Depeche Mode, Gahan imite Bono. Pourtant il est quelque peu difficile de voir sa longévité, son goût pour l’excès et son indéniable talent vocal lui assurera un siège dans le panthéon du rock moderne à côté du leader de U2 et de Michael Stipe de REM. Aussi bon qu’est Playing The Angel, il est peu probable qu’il rallie beaucoup de convertis à la cause de Depeche Mode.

Mark Gilbert

Traduction – 7 novembre 2006