Depeche Mode : à suivre

Les garçons de l’Essex Depeche Mode continuent de jouer malgré le côté bancal

Laquestion pour les vieux garçons de l’Essex Depeche Mode n’est pas tellement pourquoi ils continuent. Avec la popularité actuelle d’excellents jeunes groupes synthétiques de chez eux (Cut Copy, The Presets) et d’ailleurs (les Killers, Hot Hot Heat), il n’est pas étonnant que le premier grand groupe d’électro-pop veuille montrer aux jeunes bleus comment on s’y prend.

Non, l’énigme en ce qui concerne Depeche Mode, c’est comment ils continuent. C’est, après tout, un groupe qui s’ets formé en 1980, a sorti sa première compilation de singles cinq and plus tard et qui a connu son apogée créatif et commercial avec l’album toujours stupéfiant Violator en 1990 – tout cela était il y a longtemps.

Ils ont continué à sortir un album sérieusement fort tous les trois ou quatre ans depuis, mais durant la pause après le dernier – Exciter en 2001 – le succès du bon premier album solo du chanteur Dave Gahan, Paper Monsters suggérait qu’il se pourrait qu’il n’ait plus besoin de Depeche Mode. Il a semblé pendant un moment que le rideau était tombé pour le groupe qui avait donné au monde les hymnes pop classiques comme Just Can’t Get Enough, People Are People et Personal Jesus.

“Il y a une chose étrange qui arrive avec ce groupe, dit Gahan, 43 ans. Juste quand vous pensez que c’est fini, il vous raspire !

“Je pense qu’il est devenu quelque chose qui est bien plus grand que les individus qui y sont impliqués. Je pense certainement ça de ce disque” – c’est à dire, le nouvel album de Depeche Mode typiquement sombre Playing The Angel. “Avant de m’y consacrer, je me suis assis avec ma femme et elle m’a dit : Tu sais, je ne pense vraiment pas que vous êtes finis”.

Même ainsi, Gahan, plein de confiance après son succès solo, aurait dit qu’il quitterait Depeche Mode si le seul compositeur de Depeche Mode jusqu’alors, Martin Gore, rejetait toutes ses contributions.

“Je pense que j’avais définitivement ça à l’esprit, admet Gahan. Ce n’était pas vraiment à cause de ma sorte de désillusion avec Depeche Mode. C’était plus une sorte de… ma désillusion avec la vie en général, je pense, et je me bats un peu en sorte pour trouver ce que je pensais être à nouveau stimulant”.

L’autre raison pour laquelle c’est un miracle que Depeche Mode existe encore est l’état de la santé mentale de Gahan. Il a tenté de se suicider en 1995 avant de faire accidentellement une overdose par héroïne l’année suivante. Le fait qu’il est toujours désillusionné suggère qu’il pourrait revenir sur ce chemin potentiellement fatal de la dépression et/ou des drogues.

“Ouais, je peux. La chose que j’ai apprise durant les dix dernières années, c’est que… mon plan ne marche pas, c’est sûr. Alors j’essaye juste de suivre ce qui arrive devant moi et, euh, je vois ce qui se passe”.

Le nouvel album de Depeche Mode s’est avéré lui avoir relevé le moral. Gore et l’autre membre du groupe, Andy Fletcher, se sont inquiété des 15 chansons que Gahan a offertes, mais finalement trois des morceaux ont été choisis et ils s’accordent très bien aux chansons de Gore sur Playing The Angel.

“Je pense qu’ils étaient très nerveux à propos de l’idée que le disque soit en quelque sorte découpé en deux moitiés et sonne décousu, dit Gahan. Je pense que ces peurs ont été en quelque sorte rapidement vaincues une fois qu’on a commencé à travailler ensemble sur quelques chansons. C’est toujours bizarre parce que quand tu écris des chansons – surtout avec Martin, aussi – une fois que tu rentres en studio et qu’on y travaille avec nos idées, elles prennent toujours une forme différente, de toute manière.

“Je pense probablement que du point de vue des sentiments et du sujet, [les chansons] parlaient généralement du même genre de sujet : les relations et notre – tu sais, Martin et moi-même – notre sorte de relation avec la vie”.

Les relations sont bonnes au sein du trio. “On s’entend vraiment bien, on se marre bien et on essaye de ne pas se démoraliser”, dit Gahan de leur préparation d’une tournée en Europe et aux États-Unis. Quant à l’état d’esprit du chanteur autrefois perturbé ?

“Je pense être un homme très chanceux, dit-il. J’ai traversé des trucs – comme tout le monde – et je pense avoir eu beaucoup de chance d’être ressorti de l’autre côté du tunnel, honnêtement.

“C’est étrange. Quand j’en parle, d’autres gars de groupes de rock viennent à l’esprit, comme vos Kurt Cobain et vos Michael Hutchence, peu importe, qui ont pour une raison ou une autre perdu leur chemin. Et je comprends ça. Mais la vie est, euh… tu sais, on ne sait jamais ce qui va arriver”.

Est-ce que Gahan s’est déjà demandé, avec le recul, comment il se sentirait s’il était mort et le reste du groupe avait recruté un remplaçant via la téléréalité ?

“Je serais horrifié, dit-il en riant. En même temps, je dirais : Bonne chance. Je veux dire, je le comprends d’un côté. Mais de l’autre, c’est : Vous devez arrêter et passer à autre chose”.

Playing The Angel est sorti chez Mute/EMI.

George Palathingal

Traduction – 5 août 2007