Depeche Mode atteind le succès avec Angel

Pour le film Mrs Robinson, Simon and Garfunkel ont créé tout un tas de chansons pour la bande originale qui fonctionnaient comme une progression de l’intrigue du film, mais, mises à part, elles étaient excellentes et formaient un album complet. La même chose peut se dire du dernier album de Depeche Mode, Playing The Angel, alors que chaque chanson est remarquablement unique, elles contiennent pourtant toutes un rythme pulsatif qui coule tout le long de l’album avec des rythmes synthétisés.

L’album est bien loin des pop songs acidulées et levées pour lesquelles le groupe est connu depuis les années 1980. Alors que Playing The Angel est une étrange combinaison de semi-techno et de mélancolie sur laquelle certains sautilleraient dans une rave britannique, l’album est vraiment inspiré et vaut l’écoute.

Le fort de Depeche Mode avec cet album, c’est la combinaison de fonds sonores synthétisés hypnotiques et hypnotisants avec le chant grégorien fourni par David Gahan. Le chant de Gahan est surtout évident sur des morceaux comme I Want It All, où la combinaison de sa voix enchanteuse et le fond synthétisé puissant emmène l’auditeur dans un état soûl et onirique. La chanson flotte et tournoye telle une belle toile de rythmes pulsatifs et de paroles captivantes avant d’atteindre son apogée.

Le morceau le plus lent et introspectif de l’album, Damaged People, est efficace en descendant cette combinaison chant et synthétiseur d’un niveau de musique de club hyperactive vers une ballade réflechie. Le chant de Gahan qui s’empare un peu plus ajoute au sentiment gracieux généré tout au long de l’album et surtout sur ce morceau.

La chose vraiment surprennante et ironique en ce qui concerne le titre de cet album est que Playing The Angel fait sonner Depeche Mode comme si c’était le dernier groupe goth à la mode. Certains rythmes synthétisés et certaines paroles sont trop mélodramatiques. The Sinner In Me, en particulier, fait sonner Depeche Mode comme s’ils essayaient d’être aussi mauvais que possible. Le groupe emmène son expérimentation synthétisée un peu trop loin avec les secondes d’ouverture du premier morceau de l’album. A Pain That I’m Used To. Des bruits de crissement de pneu qui rappelle une voiture cassée est un piètre manière ouvrir l’album.

Tandis que Depeche Mode semble être dans un état d’esprit plus mélancolique avec Angel, ils n’ont pas perdu le pouvoir de créer un single entraînant qui fait secouer la tête de tout le monde en chantant à tue tête. Le premier single de Playing The Angel, Precious, est si entraînant que cela en est écœurant. Bien qu’il est quasiment garanti d’entrer sur MTV, Precious sera là pour une bonne raison. Il ne provoque pas de maux de tête, et Gahan réussit à chanter l’amour détruit d’une manière bizarrement optimiste.

Le vrai bijou caché de Playing The Angel, c’est le dernier morceau de l’album, The Darkest Star. C’est une pause apaisante de l’énergie chaotique des autres chansons de l’album. Avec des interludes de piano similaires à celles de Coldplay. Depeche Mode mixe avec succès ce piano classique avec leurs rythmes synthétisés qui leur sont propres afin de créer une conclusion relaxante à un album vraiment holistique.

Laura Kalinowski

Traduction – 22 avril 2007