C’était un “truc d’exclus”. Le genre de “trucs d’exclus” qui a attiré des âmes perdues dans de sombres labyrinthes de l’obsession tout au long des décennies : la sordidité des regards qui espionnent derrière les rideaux de Pulp, l’imprimé léopard voyant de la Génération Inutile des Manic Street Preachers, le chic intello des Smiths, les catacombes de Camus de Joy Division. C’était cette explosion de radiations provoquante d’individualisme sauvage qui définit souvent un groupe comme “culte” et ses fans comme “disciples”. Le genre de “trucs d’exclus” qui donne aux inadaptés un endroit où ils peuvent s’intégrer.

Mais même aux côtés de l’interminable parade d’excentriques et de non-conformistes du rock, Mansun se démarquait de loin. Mansun – pauvres Mansun, voués à être écrasés sous la ruée de leur propre esprit inventif – était le groupe le plus “exclu” de la planète.

Ils venaient de Chester – ville à mi-chemin entre Liverpool et le Pays de Galles, méprisant la longueur de la L1 comme l’étaient les nids des Plastic Scousers – pourtant même ici, c’était des parias rock du bar de Hollyoaks. En 1996, tandis que Blur tournait au Benny Hill et Quoasis boîtait après la suprématie dans la guerre de la Britpop, ces énigmatiques déformés sont furtivement sortis du miroir en portant des EP numérotés remplis de pop teintée des années 1980 séditieuse et chatoyante, remplis d’histoires sur des parias encore plus épouvantables. L’ecclésiastique qui se déshabille, les sombres Davies, les gentlemen de forme ovarienne et à la protubérance alpine et toutes les autres caricatures de la bétise morale de l’humanité qui habitaient le paysage urbain à la Grimm de l’imagination de Paul Draper. Dieu seul sait que ces hommes étaient clairement névrosés, dérangés et dangereux – l’un d’entre eux s’appelait Stove bordel – mais ils offraient une sinistre perversion à la Tim Burton du tissu rock qui semblait irrésistible quand tout le monde autour suggérait qu’on roll with it, qu’on se fasse une white line, qu’on se sente aaaaalright.

Alors les poètes, les solitaires et les rêveurs ont afflués vers Mansun à la recherche de catharsis et de compagnie, et Mansun les a récompensés par leur propre dévouement étrange. À une époque où la plupart des groupes à guitare rêvaient de jouer pendant une semaine à Knebworth, Mansun évitait les plus grandes salles qu’ils pouvaient facilement remplir pour faire d’explosives tournées de club dans de petites villes de King’s Lynn à Abersystwyth. Ils ont produit des EP non présents sur album de profondeur et de drame surprennants (un coup d’œil sur la tracklisting du CD2 de cette compilation vous choquera par la qualité des chansons qui ne se sont jamais retrouvées sur un album : Take It Easy Chicken, Closed For Business, Flourella, Ski Jump Nose, The World’s Still Open, etc.). Ils ont fait un clip pour TaXlo$$ en jetant simplement tout le budget du clip dans la gare de Liverpool Street durant les heures de pointe et en filmant les banlieusards qui se disputaient les billets. C’était un groupe qui vivait selon ses règles et ses usages, avec des ambitions sonores qui dépassaient partager un « segment acoustique » avec Paul Weller, qui faisait de la musique loin de celle impuissante de Travisophonic. C’était une attitude qui se réverbère aujourd’hui dans la scène guerilla des Libertines et de Franz Ferdinand, et cela a payé : quand Wide Open Space a atteint ce point culminant de saturation culturelle qu’est le « But de la Semaine » et que les symphonies pop tordues de Attack Of The Grey Lantern sont entrées à la première place des charts en 1997, tout à coup Mansun était le roi de tous les groupes cultes.

“C’était bizarre, dit Paul Draper aujourd’hui, parce que ça n’a jamais été, pas une fois, un groupe mainstream, mais on trempait toujours dans ce monde. Ce n’était pas ma faute, vraiment. Je ne sais pas comment on s’est retrouvés à jouer à Glastonbury ou à V. Passer de faire son propre vinyle 45 tours à ça, ça semblait étonnant”.

C’est la nature de l’exclu, bien sûr, de fuire toutes formes d’acceptation. De là est venu en 1998 le chef d’œuvre de la défaillance, Six, et le véritable héritage de Mansun a été dévoilé. En tentant de fondre les sections de musique en hommage aux grands albums de Prince des années 1980, c’était essentiellement une trentaine de segments de chanson liés en douze morceaux et Paul l’a fièrement proclamé à l’époque comme possédant “pas un seul refrain” (il exagérait, un peu). Le public a jeté un œil à sa pochette à la Marillion remplie de références private jokes au Marquis de Sade, Winnie l’Ourson et Tom Baker, a vu les titres de chanson tels que Negative, Shotgun et Cancer et est parti en courant dans les bras de The Verve. Les chroniques étaient une corne d’abondance d’incompréhension et de décontenance. Mais quelques élus ont vu Six tel qu’il était réellement – l’un des disques les plus inspirants, les plus inventifs et les meilleurs purement et simplement des années 1990. Les membres de Radiohead l’ont publiquement reconnu comme inspiration de leurs propres tentatives expérimentales et on peut entendre l’ecclectisme bondissant de Six dans l’œuvre actuelle de The Mars Volta et de Muse.

Mais comment donner suite à cela ? De deux manières : soit vous plongez encore plus dans l’obscur abysse ou vous essayez de retrouver un crédo de tiroir-caisse. Little Kix (2000) était une tentative de rééquilibrer Mansun au sein d’un orbite extérieur de culture populaire avant de partir tel un météor dans le vide – comment c’était pertinent de le clore avec un morceau intitulé Goodbye. Et voilà le hic ! – en termes médiévaux, une fois qu’on s’est révélé sorcier ou visionnaire, on ne peut pas remettre ses loques de paysan et retourner derrière le stand du marché. Et ainsi Mansun est devenu la victime de son talent qui en demandait trop, et qui est morte d’une overdose d’idées. Quand le groupe s’est réuni de nouveau entre l’an 2000 et le printemps 2003 pour travailler sur les sessions de son quatrième album, le progrès était lent et en manque d’inspiration. Les membres de Mansun étaient mécontents de Little Six et incertains de la manière efficace pour travailler ensemble. Tout à coup, c’était des exclus au sein de leur propre groupe.

“On est entrés en studio pour démarrer un nouvel album et ça nous a pris de siècles, dit Paul. Je ne pense pas qu’aucun d’entre nous avait le cœur à ça. Tout prenait une éternité à se faire et on n’avait aucune perspective si c’était bon ou pas. On ne voulait pas se retrouver dans la situation dans laquelle on s’était retrouvés pour le dernier album, où on a sorti un album dans lequel on ne croyait pas. Ça s’est juste désintégré en un weekend durant la dernière session où on s’est tous assis et on a sorti : On n’y arrive pas, pourquoi ça prend une semaine pour enregistrer une chanson alors que dans le passé, on le faisait en quatre heures ?. Ça devenait très démoralisant à la fin. On pensait que c’était la musique qui n’allait pas, mais c’était nous, en tant que personnes. Le groupe était mort”.

Sans fanfare ni cérémonie, Mansun s’est éteint dans son sommeil en avril 2003. Paul a disparu aux États-Unis, pour y vivre le rêve Kerouac pendant quelques mois. Dominic Chad s’est tourné vers les œuvres caricatives. Andie Rathbone a commencé à jouer dans un nouveau groupe de Chester. Stove King “a quitté le business musical”. Et là, pour tout groupe ordinaire, l’histoire s’arrêterait.

Mais Mansun était un “truc d’exclus”. Et les exclus n’aiment pas être mis à l’écart.

“J’étais choqué quand Parlophone m’a appelé et l’a dit : On va quand même sortir ce disque”, dit Paul de la décision de EMI de sortir le quatrième album inachevé. “J’ai répondu : Il n’y a pas de groupe, comment voulez-vous sortir un disque sans groupe ? C’est habituellement réservé aux icônes rock mortes et aux albums retrouvés dans des caves. Les gens pensaient que l’album était fini, je pense, alors on a dû expliquer que les sessions ne s’étaient pas bien passées et qu’il n’était pas fini, mais avec le recul, je pense que c’était très bon et une amélioration par rapport à l’album qu’on avait fait auparavant et qu’il était digne de sortir. Il sort sous la forme que je pense les 3000 personnes qui ont signé la pétition pour sa sortie voudront entendre”.

Le CD1 de Kleptomania est le squelette dégrossi de ce qui aurait été sans aucun doute un retour stupéfiant en forme. Foudroyé par le hurlement brûlant de leurs premiers EP et gonflé par des soucis archétypes de Draper d’endurance émotionnelle butée (Keep Telling Myself, Good Intentions Heal The Soul, Home) et de caricature satirique (la fille à papa gâtée de Getting Your Way, la crapule-pochetron désespérée de l’Angleterre profonde de Harris). De plus, il se peut que ce ne soit pas la dernière chose que nous entendons de l’association Draper & Chad.

“Il y a quelque chose de nouveau pour l’avenir, laisse échapper Paul. On écrit ensemble. On ne sait pas ce que c’est encore parce que ça fait encore mal, la séparation de Mansun. Ça nous semble fou de faire un autre projet parce qu’essentiellement, Mansun, c’était moi et Chad assis dans une pièce, moi à écrire des chansons et lui qui sortait des paroles et des arrangements. C’était le cœur du groupe, alors il semblait fou qu’on fasse encore des trucs mais pas sous le même nom. Il se peut qu’on travaille avec un autre chanteur, ou pas”.

Hey, je lui dis, c’est un nouveau monde brillant. Il m’entend mal. “Ouais. C’est un monde flippant”. C’est un “truc d’exclu”. Vous comprennez.

Mark Beaumont, juillet 2004.

CD1 – Les sessions du 4ème album (Inédit)

“Quand Parlophone m’a approché la première fois pour sortir des morceaux du quatrième album avorté de Mansun, j’ai dû écouter une grande pile de cassettes et de CD dont je m’étais éloigné, sans la moindre idée de quel type de disque j’écrivais. Le décès du groupe me rendait malade et je n’avais aucun jugement sur la qualité de ce que le groupe avait enregistré jusque là pour le quatrième album. C’est peu dire qu’il a été difficile d’enregistrer ce disque. Différentes versions, des refrains alternatifs, des chants directeurs, des fausses notes, tout ce que vous pouvez imaginer. Les morceaux que vous allez entendre sont des mixes inachevés, certains sont des chansons inachevées, et j’ai toujours eu l’intention d’ajouter 2 ou 3 chansons sur l’album. Avec le recul, je pense que la musique que j’ai écrite est assez bonne pour que les gens passent outre tout ça et entendent les chansons, les paroles et les mélodies. J’espère sincèrement que vous aimerez écouter ce qui essentiellement un travail en cours. À l’origine, on considérait appeler l’album Mansun, mais vers la fin des sessions, Kleptomania était le titre prévu. Alors c’est désormais devenu le titre de ce disque.

“Ce CD est dédié à tous les fans qui sont restés fidèles au groupe contre vents et marées et à tous ceux qui ont signé la pétition pour que ces chansons sortent. Nous ne pourrons jamais vous récompenser de l’enthousiasme que vous portez à notre musique, de l’euphorie des bons moments et du soutien aux travers les mauvais. Merci d’être venus aux concerts et aux festivals, d’avoir écrit les fanzines, les sites et les lettres, d’avoir acheter les disques mais avant tout merci d’avoir permis à cette musique de voir la lumière du jour”.

Notes de Paul Draper,
juillet 2004

1. GETTING YOUR WAY
“Elle allait toujours être la chanson d’ouverture de l’album. La dernière version de cette chanson avait un refrain complètement nouveau mais n’était pas assez complète pour être sortie. C’est une version précédente dont le son se rapproche de la version qu’on a jouée sur notre dernière tournée”.

2. SLIPPING AWAY
“Elle a été enregistrée au studio Jacob’s dans le Surrey. C’est une première version de la chanson avant que de nouvelles guitares n’aient été ajoutées, mais le seul mix qu’on avait de disponible dans une forme écoutable”.

3. KEEP TELLING MYSELF
“Je me suis réveillé le 11 septembre 2001 en voyant le deuxième avion percuter le World Trade Centre. J’ai écrit cette chanson ce jour-là, c’était la première chanson que j’écrivais depuis très longtemps. Je me souviens parfaitement comment je l’ai écrite mais ce n’était pas une expérience agréable. J’en avais juste besoin. C’est une chanson entièrement finie que Mike Hunter a mixée avec moi dans mon studio”.

4. HARRIS
“J’ai écrit cette chanson sur la manière dont les gens sont aveuglés par le nationalisme. Harris se réfère au Bomber Harris. Chad et moi, on a enregistré le chant et la guitare en live aux Rockfield Studios et on a plus tard rajouté les chœurs et la basse”.

5. LOVE REMAINS
“On a écouté ma démo avant d’enrgistrer, on a juste joué le morceau quelques fois et c’est comme ça que ça sonnait. On l’a faite dans la salle de bal de Jane Seymours à St Catherine’s Court, où on a enregistré la majeure partie de ces sessions du 4ème album”.

6. CRY 2 MY FACE
“Ça a été la dernière chanson enregistrée pour l’album. Elle n’a jamais été finie et cette ébauche est la seule copie qui existe”.

7. NO SIGNAL/NO COMPLAINTS
“Ça a été la première chanson enregistrée pour l’album. On l’a répétée dans une ferme du Surrey qu’on avait louée puis on l’a enregistrée live aux studios RAK de Londres. C’est une chanson qui parle de fuir la technologie et le progrès. Mais avec le recul, on dirait moi qui fuit le groupe”.

8. HOME
“À propos d’être engagé dans une relation destructrice et d’avoir la force de s’en sortir. Seul un chant guide existe sur ce morceau, sinon le reste est complet”.

9. FRAGILE
“Une vision du futur inspirée de George Orwell où son seul refuge est sa maison”.

10. WANTED SO MUCH
“J’essayais d’obtenir un hybride de morceau électronique et rock comme arrangement pour la chanson. Je voulais couper la basse sur le couplet de façon à ce que ce soit un gros disque rythmé qui rentre dans un pont puissant. Je l’ai écrit quand j’étais désenchanté de la vie en ville et que je voulais fuir tout ça. Les paroles s’expliquent assez clairement”.

11. GOOD INTENTIONS HEAL THE SOUL
“J’ai toujours eu du mal à écrire des paroles directes. J’enveloppais les choses dans un charabia de façon à ne pas trop m’exposer. Cette chanson, c’est exactement le contraire. C’était à l’origine conçu comme le morceau qui fermerait l’album”.

CD2 – Singles, faces B et EP

“Merci à tous ceux qui ont voté lors du sondage en ligne pour aider à compiler ce CD Best of des EP. Les morceaux qui apparaissent sur les albums étaient inéligibles, ainsi que les morceaux live, acoustiques ou remixés. Seules les chansons originales étaient permises. Pratiquement tous les morceaux de ce CD étaient dans le Top 20 du sondage, et j’y ai ajouté un ou deux de mes préférés”.

1. TAKE IT EASY CHICKEN
“C’était le premier morceau qu’on n’ait jamais enregistré. On a acheté une bobine de bande multipiste et on est descendus aux Sonic Studios de Ealing, quartier londonien (c’était le studio le moins cher qu’on ait pu trouver dans les petites annonces du Melody Maker) pour enregistrer quatre chansons en un jour durant l’été 1995. Comme c’était notre morceau préféré de la session, on a fait presser 1000 exemplaires de Take It Easy en 45 tours pour lancer notre label maison Sci Fi Hi Fi et on en a envoyé quelques uns par la poste à Radio 1 où John Peel et Steve Lamacq l’ont passé. Je n’y croyais pas mes oreilles quand je l’ai entendu pour la première fois à la radio, on n’avait pas fait de concert, on savait à peine jouer en live et on n’avait aucun contrat”.

2. EVERYONE MUST WIN
“L’un de mes groupes préférés et l’un qui a été d’une grand influence sur moi pour son mix de synthés et de guitares, c’était Magazine. Bien que je savais que Howard Devoto (le leader de Magazine) n’avait pas vraiment écrit et enregistré depuis un moment, je l’ai contacté quand même pour collaborer quelque chose et en retour j’ai reçu des paroles et une démo par la poste. Chad et moi, on a écrit la musique autour des paroles et on a élaboré les rythmes et les arrangements en tant que groupe dans les studios de Parr Street à Liverpool. C’était ma première collaboration et j’étais vraiment nerveux quant à ce que Howard penserait de ça. Cette chanson est devenue une régulière dans notre set live”.

3. CLOSED FOR BUSINESS
“Après avoir fini notre première tournée américaine en 1997, on est retournés aux studios de Parr Street où on avait fait la majeure partie de nos enregistrements l’année précédente. On a enregistré quatre morceaux pour un EP qui devait sortir en octobre 1997. Cette chanson, que j’avais écrite sur la route aux États-Unis, est devenue le titre phare du EP. Ce n’était pas vraiment un morceau commercial comparé à The World’s Still Open qui devait être le titre phare mais a été reléguée en quatrième place parce qu’elle était trop commerciale”.

4. SKI JUMP NOSE
“C’était à l’origine une candidate pour le titre phare de notre premier EP sur Parlophone après avoir signé chez eux au début de l’année 1996. À la fin, elle s’est faite grillée de justesse par Egg Shaped Fred. Elle faisait partie de notre set live durant toute la période de notre premier album et puis on l’a ressuscitée pour notre tête d’affiche au festival de Reading en 1999”.

5. CAN’T AFFORD TO DIE
“On a enregistré ce morceau aux studios Surrey Sound à Leatherhead, qui n’existent plus. On est allés là-bas parce que c’est là où The Police a enregistré un tas de leurs premiers singles et on voulait avoir un son de batterie à la Stewart Copeland. On n’y est pas vraiment arrivés, mais le morceau est bien sorti de toute façon”.

6. RAILINGS
“C’était la seconde chanson sur laquelle on a collaboré avec Howard Devoto, cette fois, on a rencontré Howard en studio pour faire les voix. Il y a eu quelques versions de cette chanson qui ont été enregistrées, une avec juste moi qui chante, et un avec juste Howard qui chante. Finalement, c’est cette version qui est sortie”.

7. FLOURELLA
“Après notre première session d’enregistrement à Londres, on a entendu parler d’un petit studio d’enregistrement à Ewloe, dans le Nord du Pays de Galles, près de là où j’ai grandi. J’ai entendu que les Stone Roses y avaient travaillé sur l’album Second Coming. Je ne le savais pas auparavant mais je suis allé vérifier ça. On a réservé un peu de temps en studio pour notre seconde session d’enregistrement, afin d’enregistrer quelques nouvelles chansons que j’avais écrites, dont celle-là. À l’origine, j’avais prévu que cette chanson serait sur notre premier album, vu qu’elle s’insérait bien au niveau lyrique avec le thème éventuel de Attack Of The Grey Lantern, une idée qui me trottait depuis des années, écrire une collection de chansons sur des personnages louches de petites villes que j’avais rencontrés en grandissant dans le Nord du Pays de Galles. Une autre chanson similaire en style à Flourella, c’était Moronica, chanson qu’on avait enregistrée lors de notre toute première fournée d’enregistrements. En les réécoutant aujourd’hui, j’ai beaucoup de mal à croire que j’ai écrit des chansons avec des paroles aussi bizarres”.

8. DECISIONS, DECISIONS
“L’un des quelques morceaux influencés par Bowie qu’on ait enregistrés durant l’existence de Mansun. J’adore le solo de guitare de Chad à la fin. Je suppose que c’était une sorte de pastiche/hommage à Bowie, avec qui on a tourné en 1997 et qui a été un gars réellement adorable et un de mes vrais héros”.

9. BEEN HERE BEFORE
“On a commencé à enregistrer l’album Six à Liverpool puis on est descendus au studio Olympic pour continuer la session. C’était le premier morceau à avoir émergé de ces sessions à Olympic. Je me souviens d’avoir eu une très mauvaise expérience de déjà vu ou de « jour sans fin », ce qui m’a poussé à écrire rapidement cette chanson”.

10. MY IDEA OF FUN
“Cette chanson parle de combien la vision du monde par un tueur en série lui paraîtrait normale. Elle a été enregistrée au dessus du club Moles à Bath mais la session ne s’est pas passée sans difficultés puisque l’immeuble dans lequel on était a pris feu en pleine nuit et quatre voitures de pompier sont arrivées nous évacuer. Après un peu d’oxygène et une nuit de repos, on a pu continuer, mais on l’a échappé belle”.

11. WHEN THE WIND BLOWS
“Quand j’étais môme, il y avait un film d’animation sur un vieux couple qui vivait au moment d’une attaque nucléaire. J’avais des notes depuis des années pour écrire une chanson dessus étant donné que ça m’avait vraiment touché à l’époque. J’ai acheté une BD du film et je l’ai lue quand j’ai écrit cette chanson. C’est l’un de mes morceaux sur EP préférés qu’on n’ait jamais sortis”.

12. CHECK UNDER THE BED
“C’était la première fois qu’on enregistrait après avoir fini l’album Six. J’avais utilisé beaucoup de mes idées de chanson sur cette album, alors c’était un très vieux morceau qu’on a ressorti pour travailler dessus”.

13. SKIN UP PIN UP
“C’est le fruit de notre toute première session d’enregistrement à Londres, et qui est devenue une face de notre second single double face A – sorti sur le label Regal – avec Flourella. On avait tous pris un jour de congé et on était descendus à Londres aux aurores et c’était la première chanson qu’on a enregistrée. Je me souviens d’être resté debout tard la veille à programmer les loops de batterie de manière à économiser du temps en studio. 808 State a plus tard remixé ce morceau pour la BO du film Spawn, que j’ai vraiment aimé”.

14. I CARE
“Durant l’écriture de l’album Six, mes paroles se sont vraiment assombries alors que j’essayais de prendre mes distances par rapport à l’animal/monstre commercial que devenait Mansun. C’est probablement les paroles les plus troublantes que je n’ai jamais écrites, je me souviens d’avoir eu du mal à les chanter et j’ai du mal à en parler là”.

15. THE WORLD’S STILL OPEN
“Ça a été la dernière chose qu’on a enregistré pour la session Closed For Business et on l’a commençée le dernier jour d’enregistrement, ce qui a forcé Mike Hunter (notre ingé-son de longue date) à rester toute la nuit debout à la mixer. On voulait qu’elle sonne comme tous nos disques préférées des années 1970 en un”.

CD3 – Raretés, démos et inédits

1. ROCK’N’ROLL LOSER
“À l’origine, on pensait que ça allait être le premier single de Little Kix, mais personne ne l’aimais au bout d’un moment et elle a été écartée de la session. Elle est restée dans les caves d’Abbey Road depuis 1999”.

2. SECRETS
“Chanson qu’on a mise à l’essai sur la dernière tournée, j’avais l’intention d’ajouter une intro et un refrain différent, mais c’est là où on en était sur ce morceau quand le groupe a splitté. Seul un chant guide existe. Cette chanson a toujours été connue sous le nom de « morceau totalement différent ». J’ai écrit les paroles après que le morceau ait été enregistré et mis ce chant pourri dessus durant la dernière soirée d’une session au studio Rockfield au Pays de Galles”.

3. THESE DAYS (FULL LENGTH VERSION)
“C’est la version originale complète d’une petite section de ce qui allait être sur le quatrième album. À l’origine, il commençait par cette chanson, mais j’ai fini par la couper. La chanson parle d’atteindre un lieu de paix et de calme dans la vie mais de ne pas être sûr si c’est de l’apathie ou du vrai bonheur”.

4. IT’S OK
It’s OK et Drones étaient des chansons que j’ai écrites à Stanbridge Farm dans le Sussex tout en répétant avec le groupe. On les a enregistrées live aux RAK Studios à St. John’s Wood, Londres au début de l’année 2000”.

5. DRONES
“Ce morceau a été enregistré avec Cliff Norrell qui avait mixé certains morceaux sur Attack Of The Grey Lantern. On a toujours voulu travailler avec Cliff en studio parce qu’on avait aimé le travail qu’il avait fait sur l’album Grace de Jeff Buckley”.

6. RIGHT TO THE END OF THE EARTH
“On a loué une ferme dans le Sussex pour y installer notre propre studio et commencer à enregistrer ce qui allait être notre quatrième album. Cette chanson a été enregistrée dans la grange durant la première semaine d’installation. Le thème de base de la chanson, c’est arrivera ce qui se passera”.

7. I CAN ONLY DISAPPOINT U (HOME DEMO)
“Cette chanson était construite autour d’une partie de clavier que j’avais écrite à la maison sur un clavier Korg. J’ai posé une partie de boîte à rythmes et j’ai improvisé des mélodies dessus jusqu’à celle qu’on entend sur le disque fini. Ça a fini par devenir le premier single de Little Kix”.

8. LOVE IS (HOME DEMO)
“C’est une démo que j’ai apportée aux sessions de Little Kix. Je voulais la mettre dessus, puisque le groove ressemble plus à celui que je voulais, comparé à la version qui est sortie”.

9. LOVE REMAINS (HOME DEMO)
“C’est une démo d’un morceau des sessions du quatrième album. C’est juste moi à la basse et à la guitare rythmique chez moi, puis Chad est passé poser quelques inversions d’accord dessus”.

10. SHOT BY BOTH SIDES (LIVE JOHN PEEL SESSION)
“C’est la seule reprise qu’on n’ait jamais faite. Un petit hommage à l’un de nos héros musical : Howard Devoto. Aussi, Chad la chante. J’ai vraiment apprécié jouer cette chanson sur scène vu que j’étais à l’arrière plan, je jouais de la guitare rythmique et je sautais partout”.

11. TAXLO$$ (LIVE)
“C’était la chanson qui a fermé notre set live pendant un moment. J’ai vraiment aimé jouer cette chanson en live parce qu’elle était complètement différente du disque. Le groupe ne pouvait aucunement recréer le morceau sur scène. Je me souviens qu’on s’est gratté la tête pendant des heures avec Mike Hunter pour trouver comment on allait assembler la version studio. Cette version est bien plus simple mais beaucoup plus puissante”.

Traduction – 3 juin 2006