L’ironie et le rock’n’roll ne se mélangent pas ! Ça finit par sonner sarcastique. C’est la grande leçon que j’ai apprise en étant le parolier d’un groupe rock’n’roll. J’étais trop timide pour laisser voir mes sentiments et j’avais peur de montrer des sentiments dans mes paroles par timidité écransante. Alors j’ai trouvé une manière d’enfouir la signification dans un charabia influencé par The Goon Show. Ce n’est qu’avec l’album Kleptomania que j’ai écrit mes pensées les plus profondes sur Good Intentions Heal The Soul. Les paroles normales de Mansun ont dûes sembler être des inepties pour l’auditeur moyen. Mais j’ai caché la vraie signification bien profondément. Parfois, on doit chercher au plus profond de quelqu’un pour trouver son âme.

Notes de Paul Draper, juillet 2006

1. I CAN ONLY DISAPPOINT U (SINGLE MIX)
Elle a été écrite pour une ancienne petite amie que j’ai terriblement deçue. Je voulais écrire une chanson “à histoire”. Quelque chose de tragique, de beau et de romantique, mais de manière moins rafinée. Le premier journaliste qui m’a interviewé à propos de cette chanson m’a demandé pourquoi je semblais faire la chronique de l’histoire de Bono dans l’ascension vers la gloire de U2. Je suis retourner l’écouter et il avait raison ! C’en était trop… (PD)
“Sortie efficace qui est propre au point d’en être antiseptique”
David Stubbs, NME (29.07.00)

2. WIDE OPEN SPACE
J’ai travaillé sur ces paroles pendant six saletés de mois. J’avais tout le fond sonore sur une cassette et je n’arrêtais pas de l’écouter en boucle. J’avais besoin de quelque chose de doux amer, quelque chose de massif, d’impressionnant. Quelque chose qui ferait lever les bras en l’air pendant 10 minutes à Cream. Quelque chose de simple pour faire savoir aux fans que j’étais désespéré et que j’avais besoin de leur aide (c’est bon, j’ai lu mon Freud aujourd’hui !). Une phrase de génie à la Love Will Tear Us Apart qui en dit dix mille fois plus qu’une courte phrase normale. Assis à l’arrière des Studios Parr Street à Liverpool avec des tas de titres (elle aurait pu facilement s’appeler Je suis dans une pile de raisins mais le raisin et les piles ne vont pas ensemble). Puis tout à coup, John Motson a hurlé dans mon oreille gauche de la télé portable du coin “il passe la défense, il est dans un grand espace vide !”. Je me sentais coupable qu’une chanson sur la jeunesse rebelle venait du match du jour, mais quand l’inspiration vient ! Motty a dit pour moi ce que j’essayais de dire sur moi depuis six mois. Elle parle d’aliénation, le mécontentement, “chaque homme est une île”, toutes ces sortes de chansons. C’est juste ma tentative dans le genre, et ça m’a donné l’occasion de chanter comme Prince ! (PD)
“Si vous pleuriez secrètement la mort de ce jus de chaussette quasi-émotionnel et ampoulé qui s’est fait connaître brièvement sous le nom de Goth, il est temps de sortir des toilettes, car Mansun s’efforce de rendre une telle folie acceptable à nouveau”
Keith Cameron, NME (30.11.96)

3. STRIPPER VICAR
J’aimais les Smiths (rétrospectivement, vraiment, j’étais plus obsédé par Prince à l’époque) alors c’était ma chanson avec “Vicar” dans le titre. Elle faisait partie de ma grande idée d’écrire un premier album sur des personnes bizarres que j’avais rencontrées dans la petite ville normale du Nord du Pays de Galles dans laquelle j’ai grandi. Un type de chanson “gratte la surface de la banlieue et regarde tous les fou-fous qui s’y cachent”. Elle était fondée sur l’écriture d’une lettre à Mavis (personnage de Attack Of The Grey Lantern) sur toute cette parodie. Tout est si perdu dans la nuit des temps aujourd’hui mais je ne me rendais pas compte que je faisais un disque “conceptuel” parce que je ne savais même pas ce que je faisais comme disque ! Ah la naïveté, j’aspire encore à ça ! (PD)
“Sonne pas très différent des Charlatans broyés sur Columbia d’Oasis tout en souffrant des symptomes d’une énorme dépression nerveuse collective”
Paul Moody, NME (07.09.96)

4. BEING A GIRL (PART ONE)
Chanson sur l’insécurité masculine. Alors j’ai pensé à l’envelopper dans un peu d’androgynie (merci Bowie !). C’était contre ce qui se passait sur la scène musicale de l’époque. J’aimais être androgyne parce que la presse ne nous donnait aucun espoir alors c’était mieux de me rendre ridicule (si tu ne peux les battre, rejoins les !). Je voulais faire le contraire de tout ce qu’il se passait sur la scène de l’époque. Très auto-destructeur, mais une bonne petite chanson rock. (PD)
“Candidat pour le single de la semaine”
Steve Lamacq, Melody Maker (22.08.98)

5. NEGATIVE (EDIT)
Typique ! J’étais sur la route depuis 2 ans et demi et c’est ce sur quoi j’écrivais. Toutes mes chansons parlaient de mes émotions au moment où je les écrivais. Avec le recul, j’aurais dû l’appeler Enfoiré ! Sex, Drugs and Rock’n’Roll ! Elle avait également un sujet sous-jacent sur les sociopathes qui tombent profondément dans l’étreinte de Satan. Mais c’est une autre histoire … (PD)
“Sandwich à la merde”
Graham Langton, North Wales Rock Review (31.10.98)

6. TAKE IT EASY CHICKEN
Je voulais fuire ma vie morne désespérément. C’était notre premier disque. Pas de contrat avec une maison de disques, je l’ai envoyé à Lamacq et Peel et ils l’ont passé (éternels remerciements, vous nous avez aidés à nous échapper !). Je n’y croyais pas, j’ai failli avoir un accident de voiture. La plupart des groupes du Nord sont nés par désespoir et on n’était pas une exception. Mansun a été critiqué pour ne pas avoir d’âme, mais la musique qui vient du désespoir a de l’âme pour moi. Pour je ne sais quelle raison, le désespoir s’est manifesté en conduisant sur le M53 de Deeside à Liverpool. Je voulais vraiment aller à LA, mais je n’avais pas beaucoup voyagé à ce moment, alors laissez moi de la liberté d’action ici ! La vraie histoire de cette chanson est de le temps t’apprend que tu ne peux jamais fuire qui tu es. Et le M53 n’a jamais mené à LA à la fin. (PD)
“Complètement inconscients que les gens de Porthcrawl pensent qu’ils sont une farce, Mansun continuent à chasser les traces de quelqu’un d’autre”
James Oldham, NME (08.06.96)

7. LEGACY (RADIO EDIT)
Je pensais que je ne pourrais jamais faire d’autre album après Six. Il m’a pris trop d’énergie. C’était une des dernières chansons à être finie puisqu’on a enregistré cet album par ordre chronologique. J’errais dans l’avenir en me regardant dans le passé et j’ai pensé “personne n’a remarqué que tu étais parti”. Je ne voulais jamais qu’on fasse “une tournée de greatest hits de plus pour les dévoués” et on ne l’a jamais fait ! Très triste/tragique/Dieu merci (rayez la mention inutile). (PD)
“Épique de misérable”
Stephen Dalton, NME (27.06.98)

8. SHE MAKES MY NOSE BLEED
À l’origine, j’avais l’idée du groupe rock du Nord qui jouait sur un groove Soul To Soul. On a essayé de mille manières différentes mais on n’y arrivait pas. Celle-là a commencé sous le nom de She Makes Me Bleed mais ça sonnait un peu trop sérieux. Alors j’ai rajouté le “nose” en supposant que tout le monde penserait que j’étais vraiment plein d’esprit. Au lieu de ça, tout le monde a juste pensé que j’étais un camé ! (PD)
“Paroles folles de drogue et un refrain hymne qui n’est pas aussi digne de succès que Knebworth”
Mark Sutherland, NME (08.02.97)

9. CLOSED FOR BUSINESS
The World’s Still Open devait être le titre phare de ce EP, mais j’essayais de faire le contraire de ce que tout le monde me disait. Je voulais faire un court morceau orchestral et voir s’il pouvait rentrer dans les charts. Bingo ! J’ai toujours pensé que ça aurait dû être la bande son d’une pub Hovis très sombre. Si vous fermez les yeux, vous pouvez voir Arkwright fermer sa boutique et pédaler sur le flanc d’une colline pavée. (PD)
“La civilisation a sûrement atteint un point de crise quand un groupe aussi délibérément pervers que Mansun peut rentrer dans le Top 20”
Johnny Cigarettes, NME (11.10.97)

10. SIX (SINGLE VERSION)
Je n’allais pas faire de compromis pour le disque Six, alors ce morceau d’ouverture était une déclaration d’intention. L’album était vraiment constitué d’environ 30 chansons courtes. Puis on y a mis une pochette comique dessus et on a demandé à Tom Baker d’y poser la voix. Tout ça est très bizarre et un peu auto-destructeur, mais on peut y donner des bons points pour l’originalité j’ai pensé, alors qu’on essayait de sortir autant d’idées différentes de la scène Britpop que possible. Étant influencé par les Pistols, je ne savais même pas ce qu’était le prog rock à l’époque, alors j’étais inconscient des sous-entendus progressifs sur Six. Dans l’essentiel, le morceau et l’album parlaient de taoïsme, philosophie de la vie. (PD)
“Allez, le jeu est fini : sommes-nous vraiment censés prendre cette merde au sérieux ?”
John Mulvey, NME (06.02.99)

11. GETTING YOR WAY
Chanson de Mansun typiquement cynique sur les filles riches auxquelles je me mêlais dans le West End. J’aime la manière dont on a monté ça en studio, comme un puzzle. Ma partie préférée de tout ce qu’on a fait est monter des disques, et Getting Your Way est mon exemple préféré de ça. Les riffs de guitare de Chad sont ce qui fait vraiment le morceau. (PD)

12. ELECTRIC MAN (SINGLE EDIT)
Je suis allé à un rencard avec une fille et elle a dit que je n’étais pas aussi triste dans la vraie vie que je ne le semblais sur disque et dans la presse. Elle le pensait comme un compliment (je pense ?). Elle plaisantait sur le fait que je devais essayer de m’éclairer un peu et elle a commencé à chanter Bring Me Sunshine. Alors j’ai pensé : “Où peut-on aller après Six ? Je sais ! Vauderville, les années 1950, les Beach Boys… Morecambe et Wise ?!” Ce morceau est mon hommage à Eric et Ernie. (PD)
“Un hymne puissant de soul-rock embrassé par les cordes et balayé par les vents”
Stephen Dalton, NME (08.11.00)

13. THE CHAD WHO LOVED ME
Le morceau d’ouverture de notre premier album, elle s’appelait à la base Desperate Icons (extrait des paroles de la chanson). On a changé le titre comme une blague de studio parce que c’est un pastiche de John Barry. Elle n’est même pas sorti en single, mais parce qu’elle est utilisée en fond sonore d’un événement sportif tous les ans ou presque, tout le monde le pensait. (PD)

14. EGG SHAPED FRED
C’était une comptine que des mômes à l’école me chantaient d’un air ricaneur parce que, apparemment, j’avais une tête d’œuf. Alors j’ai purgé mon âme de ces mômes avec cette chanson ! Tout le monde pensait qu’il était fou qu’un groupe de rock sorte une comptine. Ça m’a économisé la thérapie cependant. (PD)
“C’est, comme on le disait, assez claquant”
John Robinson, NME (06.04.96)

15. SLIPPING AWAY
Le groupe se désintégrait, et je suis devenu clochard. J’avais l’impression de marcher sur un fil, prêt à sauter ou à glisser. Alors j’ai déclenché ça et j’ai ajouté le mantra à propos d’avancer loin de la sombre expérience. Slipping Away parle soir de la séparation du groupe ou de sa perte. (PD)
“Les mêmes vieilles inepties comme toujours”
Tim Jonze, NME (25.09.04)

16. FOOL (EDIT)
J’ai lu un livre sur les talents de composition de Jimmy Webb. Aujourd’hui, j’aime Jimmy Webb, mais il a justement fait remarquer qu’il était assez facile d’écrire des paroles sur un simple sujet. “Flying in the sky / Back of my mind’s eye / You’ve been a fool” etc. Ça m’a inspiré à écrire une chanson ironique qui est désormais mon morceau le moins préféré de Mansun. Intro à la Bowie, refrain aux paroles comiques et devine ? Le label l’a voulu en putain de single ! Je n’arrivais pas à y croire. (PD)
“Débordant de joie”
Siobhan Grogan, NME (03.02.01)

17. TAXLO$$
À l’origine intitulée Albert Taxloss, basée sur Albert Tatlock de Coronation Street croisé avec le genre de vieux qui s’asseyaient à côté de moi et mes potes le vendredi soir dans notre pub. Encore une fois, c’était mon idée d’écrire un album sur des gens bizarres dans une petite ville. Un mec sournois du business musical m’a aussi dit que EMI a signé le groupe comme “non imposable”, alors j’ai rejoint les idées. Elle parle de décrocher notre contrat et on leur a prouvé qu’on n’était pas « non imposables ». « On a dit qu’on delivrera ». Je mixais et acordais les sections lyriques et musicales, et c’est la pièce maîtresse. Elle était encore mieux quand on la jouait live cependant. (PD)
“Ils s’en sortent grâce à la section du milieu où la bile et les harmonies débarquent et les paroles commençent à sonner bizarres aulieu d’être de la masturbation verbale étudiante”
Johnny Cigarettes, NME (03.05.97)

Traduction – 7 août 2007