Les Yorks S’ennuient !

MANSUN
TOWN & COUNTRY, LEEDS

Un et un font ?

Avec Mansun, choississez n’importe quel chiffre sauf deux. Le calcul ne marche pas. Il existe deux albums délicieusement bizarres remplis de tellement d’idées et de mélodies que c’est malsain. Adaptez les à l’arène du live, cependant, et on doit se demander où cela va pas.

Ce soir, on a l’impression qu’il y a une énorme plaque de verre devant la scène pour s’assurer que personne de Draper & Cie n’aille plus loin que les retours. Non seulement ont-ils parfait l’art de l’album, mais ils ont aussi maîtrisé à fond l’art des expériences live sans émotions. Il n’est pas surprennant de découvrir qu’ils se sont volontairement allonger sur un autel avant le concert et laisser Satan leur arracher leur cœur.

Sur scène, il manque à Mansun l’ingrédient vital : la passion. C’est peut-être parce qu’il semble qu’ils détestent jouer sur scène. Leur talent, tel qu’il se manifeste en studio, se mélange avec l’énorme quantité de technologie qui est à leur disposition. En live, c’est juste quatre gars avec des guitares. Mais ils aiment peut-être jouer en live. À un tel point que cela touche des degrés d’indulgence jamais atteints.

Le dernier mot ce soir est indulgent. Leur tentative creuse de faire un show est tellement effrontée que Stove et Chad réussissent à jouer tout le set penchés en arrière à un angle de 45 degrées, les guitares mises en avant, style Dieu du Rock. Et Paul glappit : “Merci !” à la fin de chaque chanson comme s’il portait un pantalon en cuir trop serré – ce qui est bien sûr pas le cas. Pourtant cela ne l’empêche pas de hurler d’une voix perçante le mantra metal : “Merci, bonsoir” à la fin du pompeusement ampoulé Taxloss.

Pour ceux qui veulent faire un show, faites-le correctement. Où est le feu d’artifice de Mansun ? Où sont les canons ? Où est le saut standard lors du dernier accord ? Nulle part. Nous n’avons le droit en aucun cas à “Un Show”. Les nouvelles chansons, notamment, semblent presque gênées d’être là. Six ? Super pendant une minute et demie et puis elle s’en va en se tortillant comme si elle avait été aux toilettes une heure auparavant. Being A Girl ? Partie sans laisser d’excuse. Shotgun ? C’est comme crier ses poumons dans un aspirateur.

C’est sûr, les vieilles favorites She Makes My Nose Bleed et Stripper Vicar font juste le poids. Et oui, tout le monde aime Wide Open Space … du moins, son refrain. Mais Mansun manquent tellement de charisme que la salle comble reste pratiquement statique tout le long.

Pire encore, cependant, après avoir endurer une bonne heure de fanfaronnade pseudo-rock, qu’est-ce qu’ils font ? Ils commençent le putain de rappel là où avant leur concerts commençaient, avec The Chad Who Loved Me. Toute votre vie défile devant vos yeux. C’est une farce. Infinité du temps. Vous craignez que tout ce spectacle désolant recommence.

C’est déjà assez. Continuez à faire des albums les gars, mais promettez moi de ne jamais sortir un live.

NEIL MASON

Traduction – 29 juin 2002