Vous aimez ça… yonara ?

Nous avons entendu que MANSUN, à peine équipés pour la célébrité aux États-Unis, étaient déjà énormes au Japon. Alors nous y sommes allés, armés de caméras et de crimètres, afin d’assister en direct à la folie. Tout le monde dit “Eeeeeeeee !”

MARDI MIDI

“Avez-vous de la drogue ? Marijuana ? Cocaïne ? Crack ? Héroïne ? Armes à feu ? Pistolets ?”

Ce n’est pas un extrait de Robert De Niro dans Taxi Driver. C’est l’homme du contrôle des passeports à l’aéroport Narita au Japon qui parle dans un anglais hésitant à quatre musiciens blonds qui font du rock et une équipe d’un journal musical en provenance de l’autre bout du monde.

Nous rassurons l’employé anxieux en secouant vigoureusement de la tête et en disant que non, bien sûr, nous ne possédons ni d’armes, ni de drogue. Même si le guitariste de Mansun, Dominic Chad, et le batteur, Andie Rathbone, les effrontés, se demandent immédiatement où est-ce que l’on peut s’en procurer.

Par bonheur, ils murmurent et leurs voix sont étouffées sous le brouhaha de l’aéroport.

Mr Passeport Japonais nous fait signe de passer.

Ça y est, on y est.

MARDI APRÈS-MIDI

Chaque après-midi, Space Shower TV propose aux ados japonais Powder, une émission de pop live pour les lycéens anglophiles, avec une atmosphère bubblegum psychédélique et un décor vert fluo, diffusée en direct d’un magasin de disques nommé Studio Wave, durant les heures d’ouverture.

Cette semaine, les invités spéciaux venus de Chester en Angleterre sont… Mansun ! Déjà une vingtaine d’écolières du coin aux aspirations indées portant d’épaisses chaussettes hautes blanches sont arrivées pour hurler (toujours si poliment) leur appréciation derrière les caméras.

“Salut”, disent les présentateurs typiquement télégéniques à Mansun, complètement déboussolés par leur voyage de 20 heures, rassemblés autour d’un table or et vert criard tels des lapins effrayés, des lapins extra-terrestres, des lapins portant de l’eye-liner et du vernis noir.

La pochette du EP Stripper Vicar est affichée à l’écran, puis le clip et le single sont joués simultanément dans le magasin et à la télé. Il y a une légère consternation parmi les gens qui, lorsqu’ils se rendent compte que les stars montantes de la scène musicale britannique sont ici, se ruent pour assister à l’histoire de la télé japonaise en train de se faire.

“Salut. Je m’appelle Stove et je joue de la basse”.

Et ainsi de suite.

Nous quittons le magasin, à moitié assiegés par des filles qui hurlent, et nous dirigeons vers le somptueux bus, en s’arrêtant rapidement pour admirer l’enseigne située au-dessus du grand magasin de vêtements style Carnaby Street de l’autre côté du magasin de disques.

“Yo !”, y lit-on dans un langage qui est du pur parlé des rappeurs du Bronx vers 1981 croisé avec le titre du premier album de Bow Wow Wow. “Casual Street Kids Are Suck Enough ! So Just Get Out There ! – Les mômes en vêtements de sports dans les rues craignent assez ! Alors barre toi de là !”

Nous pourrions très bien faire cela.

VENDREDI SOIR

Nous sommes dans une boîte de nuit qui s’appelle Lexington Queens – pensez à la Fièvre du samedi soir . C’est approprié parce que, tandis que des mannequins se trémoussent sur Dancing Queen et que les hommes (pour la plupart occidentaux) bavent en reluquant, le bassiste de Mansun, Stove (“Il y a eu une confusion avec mon certificat de naissance”) King crie au-dessus du bruit pour dire qu’il aime le film de Travolta, alors que le chanteur-compositeur Paul Draper me dit que son coffret de Abba est une de ses possessions les plus chéries.

Cela ne fait que cinq minutes que nous sommes dans la boîte quand – et je ne rêve pas quand j’écris cela – The Artist Formely Known As Prince glisse au milieu de la foule entouré de garde du corps aux gros cous. Paul, grand fan, ne se sent plus (en fait, non, c’est Chad).

La dernière signature de EMI, en ville pour rencontrer la filiale en Extrême Orient de sa nouvelle maison de disque, est soit fatigué ou ennuyé, ou les deux. Il s’effondre dans un siège dans un coin, où il reste, avachi, pendant plus d’une heure, écartant les mannequins – qui font des pieds et des mains en se tortillant à moins d’un mètre de lui pour tenter d’avoir son autographe et/ou son adresse au Japon – avec un bâillement et un geste impérieux de la main.

Paul est grandement impressionné par le dédain majestueux de TAFKAP, mais refuse d’aller demander un gribouillis princier sur une serviette à cause de la taille des gardes du corps. Au lieu de cela, il traîne Mansun et le Maker sur la piste de danse pour le I Will Survive de Gloria Gaynor.

La crinière de Paul est blonde marbrée et ses ongles sont noirs ; il porte une chemise blanche, une cravate noire et un pantalon bondage écossais. Il a la tête d’un Kurt Cobain qui porte du kohl sur les yeux sur le corps d’un mec du nord sur les jambes de Johnny Rotten.

Il est même plus beau que TAFKAP.

SAMEDI MATIN

Les garçons sortent de l’ascenseur de l’Okura, le meilleur hôtel de Tokyo (rideaux électriques, service de massage à la demande, tout le tralala), pour n’être accueillis – pardon, assaillis – par des Japonaises indées.

Andie porte une grande veste en cuir noir et en peluche et des pattes d’ef beiges, une combinaison particulièrement exotique étant donné son ancienne profession – vendeur de Audi à Chester. Paul ressemble toujours à un Kurt Cobain espiègle. Et Stove, dans son trench coat en cuir brun, c’est Clint Eastwood dans L’Homme Sans Nom.

Les garçons gribouillent poliment leurs signatures sur les pochettes du Special Mini Album de Mansun (une collection de morceaux extraits de leurs EP Stripper Vicar et Take It Easy Chicken destinée au marché japonais) que les filles stupéfaites ont acheté spécialement pour l’occasion, et qu’elles éteignent comme The Holy Bible (l’album des Manics, pas le texte religieux).

À la stupéfaction d’un directeur d’hôtel plutôt inquiet, Chad, portant sa chemise cramoisie à froufrous et épingles à nourrice recouverte d’une veste de smoking mauve typiques, guide une ligne de filles, à la façon du joueur de flûte de Hamelin, sur la moquette des années 1970 du foyer de l’hôtel, le visage rayonnant tel un enfant qui aurait vu  devant ses yeux une dizaine de jolies filles à la peau de porcelaine se matérialiser des pages d’un Manga. Ce qu’elles, en quelque sorte, ont fait.

J’arrête quelques filles dans le foyer et leur demande quels groupes elles aiment.

“Blur, Oasis, Pulp, The Bluetones, Ash, Kula Shaker, Cast, Dodgy…” la litanie familière et potentiellement infinie arrive.

“Oui, oui”, je les interromps, “mais quel est votre préféré ?”

“Mansun !”, crient-elles en chœur, décampant pour rejoindre Chad de Hamelin, en criant son nom (légèrement modifié pour le marché japonais) en chemin.

“Chaddo ! Chaddo !”

“C’est le meilleur matin de ma vie” annonce-t-il en se dirigeant vers le tambour, son fanclub manga à ses trousses.

SAMEDI SOIR

Après toute une journée d’interviews pour les journalistes du coin, dont certains discernent, au grand plaisir de l’auteur Paul, une influence Public Enemy/NWA sur Stripper Vicar (en fait, le titre phare de leur premier album à venir, Attack Of The Grey Lantern, renferme un sample de Straight Outta Compton de NWA). Le Maker se joint au groupe pour un vrai repas japonais – un de ceux où l’on doit enlever ses chaussures et s’asseoir par terre en tailleur.

“C’est comme quand tu vas à la piscine”, remarque Stove à l’intérieur du restaurant quand il se rend compte que, pour la durée du repas, il devra mettre ses mocassins Clarks adorés dans un casier spécial qui se trouve en dehors de la salle.

Au cours des six jours que j’aurais passé avec le groupe, Stove s’envoie les femmes comme pas possible. Incroyablement, chaque fois qu’il disparaît vers sa chambre d’hôtel avec parfois une, le plus souvent deux, magnifiques minettes manga, il porte ces Clarks grises et fripées – vous savez, celles à cause desquelles on vous aurait roué de coups à l’école pour les avoir porter.

Faut que je m’en achète une paire.

DIMANCHE MATIN

Cela a encore été une dure nuit pour Mansun, soit seul ou recevant dans leurs chambres d’hôtel.

Dans le hall, Andy me dit qu’il a regardé Pulp Fiction (“à peu près sept fois”) dans sa chambre, Stove a regardé Seven, tandis que Paul a choisit quelques films “artistiques”, l’équivalent japonais de Emmanuelle version bon goût, c-à-d moins une grande partie de la nudité.

Mansun portent des combinaisons, du vrai chic de laboratoire nucléaire du XXIème siècle, pour la session photo du Maker. Ils ressemblent à des figurants de Orange Mécanique (tous les groupes devraient ressembler à des figurants de Orange Mécanique, non ?).

Nous voyageons à la recherche de chrome urbain moderniste dans une voiture aux sièges vibrants stimulateurs de vertèbres électroniquement contrôlés. Paul et le manager Rob Swerdlow discutent à propos de la fusion imminente de British Telecom avec MCI, le conflit actuel entre la Corée et la Russie, et les mérites relatifs de l’architecture japonaise et américaine. Je sors des bonbons.

“Ils ont un goût de ferraille”, Paul recule dans le siège avant, avant de se chauffer pour goûter ces friandises locales. “Ils ont des micro-processeurs à l’intérieur qui libère la saveur”.

Le groupe sort de la voiture. Une femme approche, elle tremble, au bord des larmes, elle demande des autographes. Elle doit avoir au moins 40 ans. Tout à coup, elle sort son portable. Peu de temps après, un énorme réseau local de Mansun maniaques fourmille de partout, des dizaines de femmes d’un certain âge, serrant des CD de Mansun, prenant des photos, tremblant, pleurant et marchant en rond, c’est d’ailleurs une particularité propre aux femmes japonaises, de marcher sans direction.

“Une d’elles sautait sur place”, remarque Paul après dans la voiture, clairement remué (et, dans le siège vibrant remuant).

DIMANCHE SOIR

Mansun sont retournés au magasin de disques Studio Wave pour la balance du concert de ce soir (le quatrième étage du magasin en double pour salle – le Club Quattro).

Dehors, sans blague, c’est 1966 et les Beatles sont en ville. Les rues interdites d’accès. L’hystérie. Les lumières blanches presque blessantes des caméras et le bruit blanc des ados qui crient. La bousculade des jours de soldes vers le groupe alors qu’ils se rue de la voiture au magasin. Les mains qui tendent frénétiquement des invitations sexuelles vers quatre gars dans le vent déroutés.

“Retrouve moi ce soir”, lit-on sur une, bien qu’aucun lien n’est spécifié.

“Je veux faire la fête dans ta chambre”, lit-on sur une autre, destinée à Chad bien que tendue, dans l’excitation, au photographe du MM, Tom Sheehan (un mec élégant, oui, mais…).

Avec l’aide de la sécurité, le groupe parvient à se faire un chemin, tels Moïse, au milieu de la foule, vers l’ascenseur et, finalement, vers les loges à l’étage.

Paul est abasourdi, mais il sourit.

“J’y crois pas“, dit-il, entouré de coupes de fruits et de bonbons. “Ça doit être le lie-ee-ai-ee-ai de Stripper Vicar – c’est international”.

LUNDI MATIN

Il est une heure du matin, nous sommes de retour à l’hôtel, et, dans l’entrée, 30 filles sont en train de se décider avec quel membre de Mansun elles vont “séjourner” ce soir.

Moi, j’ai rendez-vous dans ma chambre avec des éclairs au chocolat. Et les seules choses qui se tiennent entre nous, ce sont les quatre filles, les bras tendus, qui courent en ma direction à une vitesse insensée dans le couloir.

“Mansun ! Où sont Mansun ?”, c’est l’essentiel de leur requête qu’elles crient à bout de souffle en s’accrochant à mon sweat, elles ont des yeux comme des soucoupes et sont pressées, on dirait des petits ET.

Je les pointe en direction des chambres de Chad, Paul et de Stove (Andie a une copine à la maison), et elles sprintent le long du couloir tels des mômes à la recherche de la dernière confiserie sur terre.

LUNDI APRÈS-MIDI

“Qui est votre plus grand rival – Blur, Oasis ou Kula Shaker ?”

“Quel genre de filles vous n’aimez pas ?”

“Quel membre de Mansun aimeriez-vous le plus épouser ?”

Mansun signent des CD, répondent aux questions que leur posent des gens au HMV de Tokyo et l’homme qui s’occupe de la sécurité est dans un état de choc. S’assurant que la corde qui sépare le groupe – assis derrière un grand bureau – des fans reste en place, il dit : “Je n’ai jamais rien vu de tel. Il y a eu beaucoup de gens qui sont venus pour les Foo Fighters et Supergrass, mais là, ça bat tous les records”.

J’arrête de faire le tour du magasin dans les parties qui ne sont pas pleines de mineures orientales après plusieurs tentatives de ses dernières à m’utiliser comme garçon de courses pour leurs cadeaux et leurs lettres variés destinés au groupe.

“Embrasse-moi, Stove !” une voix s’élève dans la foule derrière la table de Mansun. “Embrasse-moi !”, elle est plus désespérée cette fois. “Embrasse-moi !! Embrasse-moi !! Embrasse-moi !!”

Stove déclenche presque une émeute lorsque, finalement, il se lève de derrière le bureau et se penche vers la foule pour planter un baiser sur la joue de l’exubérant crieur.

C’est un garçon de 16 ans.

Après la séance de questions-réponses, deux jolies filles sont autorisées à rentrer dans les “loges” qui sont en fait une réserve afin de se faire prendre en photo, vêtues de leurs t-shirts Mansun flambant neufs, avec Paul. Elles ne cessent de se sécher les larmes et menacent de s’évanouir.

Ce sont les caissières du HMV.

LUNDI SOIR

Paul revient tôt du concert des Sex Pistols au Budokan pour discuter dans ma chambre.

“Il y avait plus de gens qui me demandait un autographe que de gens qui regardaient le groupe”, explique-t-il, avant de tenter de commander une Guiness au service de chambre. (“C’est noir avec une tête blanche”, explique-t-il au téléphone au réceptionniste, inconscient qu’il vient de décrire Michael Jackson.)

“J’espère ne pas terminer comme ça”, grimace-t-il en se souvenant du concert des Pistols. “On dit que je suis comme lui [Lydon], mais je ne suis pas autant motivé par l’argent. J’veux dire, si je voulais faire du blé – du vrai – je serais pas en train de faire ça”.

En descendant au bar de l’hôtel, Paul et moi faisons irruption dans la chambre de Paul. Il est près du lit, torse nu. Deux filles sont assises à ses pieds, rendant silencieusement hommage au corps du grand homme.

MARDI MATIN

Cela aurait plus être Mohammed Ali lorsqu’il était le plus narcissique. C’est à dire, si le boxer légendaire serait un garçon blanc, blond et maigre, né il y a 21 ans, à Ellesmere Port.

“J’ai conquis le Japon”, déclare le bassiste à moitié triomphalement, chaque bras enroulé autour d’une Mansunette en adoration, alors que nous attendons dans le foyer la voiture qui nous emmènera à l’aéroport.

Stove surveille la scène, remplie de bagages et d’admiratrices en larmes, débraillées bien qu’entichées alors que leurs petits-amis d’une nuit les plus fous de leurs jeunes vies se préparent à quitter la ville.

Il répète ce qu’il vient de dire et rit, révélant le ridicule de la situation.

“J’ai conquis le Japon”.

Il l’a fait. Ils l’ont tous fait. Maintenant, comment Mansun vont-ils surmonté tout ce bordel ?

Setlist :
THE CHAD WHO LOVED ME
SKI JUMP NOSE
AN OPEN LETTER
SKI JUMP (REPRISE)
STRIPPER VICAR
FLOURELLA
EGG SHAPED FRED
WIDE OPEN SPACE
SHE MAKES MY NOSE.
DRASTIC STURGEON
NAKED TWISTER
TAKE IT EASY CHICK.
––
STRIPPER
EGG SHAPE
TAKE IT EASY

*

“Bonsoir Tokyo !”
MANSUN LIVE AU CLUB QUATTRO

Sur disque, Mansun sont sérieusement schizophrènes. Sur scène, c’est la pose synchronisée (compliment) et l’attaque maximum du clash plus l’ambition blonde de Police. La voix de Paul Draper est androgyne de façon frappante, tandis que le groupe préfère le côté “sauvage”. Sur Stripper Vicar, les subtilités du CD sont échangées pour de la puissante brute. Tandis que Flourella culmine dans une tempête de distorsion d’aigus, Paul crie “Allez !” et les Japonais, réputés pour être doux, deviennent fous. Même Drastic Sturgeon, avec ses références aux supermarchés anglais, est curieusement et furieusement appréciée par cette foule orientale de début de soirée. Un triomphe.

*

Énormes au Japon ?

HIRO NOZ
Coordinateur artistique , EMI Japon

“Ils sont beaux, c’est pourquoi les filles les aiment. Mais ils ont des fans masculins, aussi, à cause des guitares.

“Ils sont aussi glam et punk que pop – pour nous, ils sont comme les Sex Pistols ou le Clash. Ils sont bien plus agressifs qu’un groupe comme les Bluetones. Et aussi, parce qu’ils sont influencés par Alice In Chains, Soundgarden et Nirvana, ils ont une chance de percer sur le marché américain.

“Ils me rappellent les Manics à leurs débuts, en fait : vraiment agressifs sur scène, mais vraiment polis envers les fans dès qu’ils en sortent. Il y a beaucoup d’agitation autour d’eux à EMI Japon. Ils possèdent les mélodies et la puissance.

“Il y a beaucoup de compétition ici pour les groupes britanniques, surtout les indés. Ash, Kula Shaker, Dodgy – ils viennent ici tout le temps. Mais Mansun sont probablement le plus grand groupe britannique au Japon depuis Blur, et ils n’ont pas encore sorti d’album ! Andy Gritton, le tour manager de Shampoo, estime qu’ils auront la taille d’Oasis avant l’année prochaine”.

*

PROLIFIQUE, MOI ?

Ce que Paul Draper a fait en 1996.

1. Take It Easy Chicken – premier single du groupe, en 45 tours uniquement, sorti sur leur propre label Sci-Fi Hi-Fi. Resorti en deuxième single sur Parlophone (et est devenu leur deuxième hit). L’ouverture pop synthétique mène à des riffs puissants en série.

2. Skin Up Pin Up – second single sur Sci-Fi Hi-Fi. Cogneur impressionnant plus boîte à rythmes. imaginez Led Zep avec un refrain à la T-Rex sur du Def Jam.

3. Flourella – face B de Skin Up. Une orgie de guitare. C’est écrit.

4. Drastic Sturgeon – morceau bonus sur la ressortie sur Parlophone de Chicken. La favorite live de Mansun. Parle des mérites relatifs de Sainsbury’s et de Kwik Save, apparemment.

5. The Greatest Pain – autre morceau de Chicken. Parts égales de Careless Whisper et November Rain de Guns N’Roses. Attendez-vous à la reprise par Bryan Adams.

6. Moronica – troisième partie de Chicken. Petite chanson vilaine de haine destinée à une certaine personne qui croit qu’ils sont “plus cools que tous les Roses”. Hmmm.

7. Egg Shaped Fred – leur première sortie sur Parlophone. Leur premier hit du Top 40. Tous ensemble maintenant : “Na na na na na na na na”.

8. Ski Jump Nose – morceau bonus de Fred. Le glam devient grunge.

9. Lemonade Secret Drinker – deuxième morceau bonus de Fred. Encore du mépris. C’est Oasis ? C’est Soundgarden ?

10. Thief – morceau de Fred numéro trois. Du Garbage dance-rock.

11. Stripper Vicar – troisième single sur Parlophone, troisième hit. C’est insensé comment elle nous rend dépendant, pourtant, elle a une construction complexe. Le Wake Me Up Before You Go-Go de Mansun, pas moins. Seulement avec des paroles qui parlent d’un prêtre travesti.

12. The Edge – gratuit avec le CD1 de Stripper. Du rock qui se consume lentement. Exemple de paroles : “Je suis Dieu”.

13. The Duchess – également gratuit avec le CD1 de Stripper. Attention bossa nova en vue !

14. An Open Letter To The Lyrical Trainspotter – gratuit avec le CD2 de Stripper. Aurait dû être un single. De la pop pire pour les fous (“Les paroles ne sont pas sensées signifier tant / Elles servent juste à transporter une belle voix”). La tentative de Paul Draper d’écrire une chanson Carpenters-Burt Bacharach. Terrible.

15. No One Knows Us – deuxième cadeau avec le CD2 de Stripper. L’intro trip hop se transforme en grunge américain grandiloquent. Efficace, surprenant.

16. Things Keep Falling Off Buildings – troisième cadeau avec le CD2 de Stripper. Chad dans toute sa splendeur.

17. Wide Open Space – single actuel. Les meilleurs morceaux de Creep de Radiohead, de With Or Without You de U2 et de Teen Spirit de Mansun, le tout recouvert de la voix angélique de Paul Draper.

18. Rebel Without A Quilt – morceau bonus sur le CD1 du EP Wide Open Space. Le titre typiquement irrévérencieux cache les sentiments purs de cette balade rock qui est un hymne puissant.

19. Vision Impaired – deuxième morceau bonus sur le CD1 de Wide Open Space. Du gros glam bien lourd avec des claquements de mains et une brève interlude de piano horrible. Duran joue un tour pas cher produit par Marc Bolan. Excellent.

20. The Gods Of Not Very Much – morceau bonus sur le CD2 de Wide Open Space. Un hybride Tears For Fears / prog-metal / Bowie étonnant.

21. She Makes My Nose Bleed – le prochain single, qui sera extrait en janvier 97 du premier album de Mansun, Attack Of The Grey Lantern. Si cette symphonie de guitares et de cordes est une mesure quelconque, l’album pourrait surpasser The Bends de Radiohead, Everything Must Go des Manics et Coming Up de Suede.

Paul Lester

Traduction – 25 août 2002