La dernière soirée du Phoenix Festival, Stratford-upon-Avon, juillet 1995.

De retour au comfortable Shakespeare Hotel, une orgie de proportions bachiques s’en est ensuit. Une discussion sur les mérites ou pas de Underwear de Pulp a finalement mené Brett et Mat loin des festivités et à un moment durant la soirée, Charlie m’a finalement offert un poste au QG de Suede. J’ai accepté avec l’avertissement que sous aucune circonstance je ne voulais être impliqué dans les soi-disant drogues que Suede aimaient tant. Quand le concept de sommeil s’est dissout en un brouillard d’enthousiasme pour les paroles de Jarvis Cocker provoqué de manière artificielle, un voyage vers la taverne locale a prévalu. Plusieurs bières plus tard, nous nous sommes hâtés de rentrer dans nos chambres pour ne trouver qu’un cordon de la police de sa Majesté qui appelait le bâtiment. “Voilà, prends-ça”, a dit Charles, me fourrant un curieux origami miniature dans mes mains moites, avant de se précipiter dans le hall. C’est à ce moment que mon collègue a tourné vers une couleur grise non naturelle et inquiétante. Charlie est revenu aider le dit collègue à monter les escaliers récemment rénovés. Comme de curieux hauts-le-cœur et bafouillements émanaient de mon collègue, le jeune bâtard d’un prétentieux Hitler – ou manager de l’hôtel comme l’administration l’appelerait – s’est vainement intéressé à l’affaire. “Dois-je appeler un médecin ?” a-t-il demandé bêtement. “Pas nécessairement”, a répondu Charlie, balançant la loque de mon complice dans la chambre la plus proche. Une reconstitution humide de feux d’artifice particulièrement colorés a érupté, accompagné de grands claquements de portes et de braillements du style “On vient de redécorer ce putain d’endroit !” de la part du jeune Adolf. La prochaine demi-heure a été passée à ramasser de manière paranoïaque des emballages et des mégots de joint dans les poubelles de la chambre entre des vagues d’inquiètude que mon pote ait fatalement fait une overdose de bière subventionnée par Suede.

Finalement, faiblement, absolument, je venais d’arriver.

Traduction – 21 octobre 2008