L’anarchie règne tandis que les funérailles de Malcolm McLaren attirent le beau monde punk

“Où est le cash ? Est-ce que je peux te déterrer ?” – Steve Jones
“En ce jour cruel, cruel… Faites votre vie !” – Vivienne Westwood

Alexandra Topping

Les funérailles de Malcolm McLaren n’allaient jamais être une affaire sobre. Tandis que le corbillard portant le cercueil de l’impresario punk passait devant les boutiques vendant des habits bondage et des t-shirts des Sex Pistols dans le Nord de Londres aujourd’hui, certains ont frappé des mains, la plupart ont applaudi, et une voix qui hurlait “Anarchie !” s’est élevée au-dessus du reste.

Une voiture tirée par un cheval était à la tête de la procession qui partait de l’église désaffectée de St Mary Magdalene vers le cimetière de Highgate, tandis que le cercueil de McLaren était peint à la bombe avec les mots “Too fast to live, too young to die”. Il était suivi d’un bus à impériale vert plein à craquer à destination de “Nulle Part” et décoré de l’une des citations préférées de McLaren : “Cash from chaos”.

Déterminés à l’accompagner avec style, les membres de la suite funéraire de 200 personnes traînaient aux fenêtres, chantant sur la version de sid Vicious de My Way de Frank Sinarea. Parmi le cortège funèbre du service privé se trouvait l’ancienne compagne de McLaren Dame Vivienne Westwood, portant un bandeau emblasonné du mot “chaos”. Elle a conseillé aux gens d’embrasser la créativité de McLaren et son sens de la rébellion. “Je suis très, très triste que, incroyablement, Malcolm soit mort, a-t-elle dit, et je voulais juste dire en ce jour cruel, cruel… faites votre vie, faites en quelque chose !”

Durant un service non religieux, Sir Bob Geldof et le batteur des Sex Pistols, Paul Cook, ont chanté la version de McLaren de You Need Hands de Max Bygraves. Joseph Corré, le fils de McLaren et Westowwod, a lu un mot du guitariste des Sex Pistols Steve Jones, qui a adressé directement son vieil adversaire.

“Cher Malcolm, as-tu pris l’argent avec toi ? Est-ce qu’il est dans le cercueil ? Ça te dérange pas si je reviens demain te déterrer ? a-t-il écrit. J’ai toujours eu un faible pour toi. Tu m’as montré beaucoup quand j’avais 17 ans… et je te dois beaucoup pour m’avoir montré un côté différent de la vie”.

David Johansen des New York Dolls, managés autrefois par McLaren, a rejoint le poète punk John Cooper Clarke et les artistes Dinos Chapman et Tracy Emin aux funérailles, ainsi que Adam Ant et le leader de Primal Scream, Boby Gillespie.

Un Boy George absent a envoyé un symbole anarchiste arrangé en fleurs avec une carte qui disait : “À Malcolm, reppose en paix”.

La compagne de McLaren, Young Kim, a dit à l’assemblée que McLaren avait travaillé jusqu’à sa mort, qui était survenue comme un choc.

Comme son beau-fils Ben Westwood l’a déclaré avant la cérémonie, le décès de McLaren allait tooujours être un événement publique. “Tout allait être publique avec Malcolm, a-t-il dit. Il ne devrait pas avoir des funérailles calmes. Il n’a jamais été un homme calme. Cette idée de chagrin familial privé, il détestait tout ça”.

La foule qui s’est alignée dans les rues de Camden avaient leurs propres hommages. Greg, 52 ans, qui avait travaillé sur la King’s Road en même temps que Malcolm, a montré les boutiques dans les rues : “C’est lui qui a fait tout ça. Malcolm a inspiré les gens à penser pour eux-mêmes”.

Le promoteur musical Piers Miller, 40 ans, a dit : “Malcolm a rendu le rock dangereux à nouveau. Je ne pense pas qu’on s’est rendus compte combien il apparaissait jusqu’à ce qu’il soit parti”.

Un adolescent, cheveux roses, Doc Martens, t-shirt Sex Pistols et attitude qui va avec, a déclaré : “C’était le parrain, il a aidé tant de groupes underground… d’accord, il a aussi pris leurs sous, mais il les a aidés”.

Stephen Gill, photographe de 39 ans, a dit que l’aspect du jour qui aurait le plus plu à McLaren était la présence des médias. “Il y a autant d’objectifs que de punks, dit-il. C’est un vrai hommage à Malcolm. Il a encore réussi sans même être là”.

Bien que de nombreux clients et commerçants qui achètent et vendent les vêtements punks qui émanaient des idées de McLaren ne savaient pas qui il était, un punk vieillissant la tête rasée, un anneau dans le nez et quelques dents arrachées à main nue pour garder le cœur anarchiste du punk vivant. Quand on lui a demandé ce qu’il pensait de McLaren, il a lancé d’un ton hargneux : “Tu veux une citation, tu paies”, avant de découvrir son dos grandement tatoué aux membres de la presse assemblée.

Traduction – 2 mai 2010