Il dit qu’il ressemble à Shergar le cheval de course, et il est vrai qu’il n’est pas exactement le joli garçon classique, mais le nouveau Sherlock Holmes de la télé fascine tout le monde, de ses voisins à Steven Spielberg. Qui est Benedict Cumberbatch ? Lesley White résout le mystère de la jeune star la plus magnétique de Grande Bretagne.

Tandis que je ne réussis pas à prendre mon petit déjeuner avec Benedict Cumberbatch dans une boulangerie de Hampstead qui n’existe plus – son choix, mais comme vous allez voir, le garçon est occupé – des inconnus attendent dans son appartement au coin de la rue. Il les a trouvé sur le pas de la porte et ils avaient froid, alors il les a laissés entrer ; heureusement, c’est notre équipe de photographes, ou du moins il espère que ce sont eux. “Ça va aller, hein ?” Bien sûr que oui. Le monde rayonne si chaudement pour le grand et élancé homme de 34 ans avec son adorable eau de Cologne et ses manières à l’ancienne, qu’on pourrait se griller les doigts. Tandis que nous autres marchons pesamment, l’acteur fait des pirouettes, rendant justice à son grand moment en abusant de son journal intime, hébergeant tout le monde, survivant à peu de sommeil. Son Sherlock Holmes mis à jour peut avoir échanger sa pipe pour des patchs à la nicotine, mais avec des taux d’audience pour la BBC dépassant les 7 millions, l’acteur s’éclaire et rient des échanges malsains à son propos sur Twitter. “Il semble que les filles aiment vraiment mon look de Shergar”.

La veille de le rencontrer, je l’ai vu au Lyttelton Theatre dans la comédie musicale bien critiquée de Terence Rattingan After The Dance. Il était excellent dans le rôle de l’ancien jeune brillant David Scott-Fowler, désormais enfermé dans les éternels cocktails et le vide moral des riches désœuvrés. Il est faible et égoïste, mais imprégné par Cumberbatch avec un tel charisme, on comprend en quelque sorte son attirance fatale. Après la représentation, l’acteur a pris une douche, a dansé sur Skeleton Boy de Friendly Fires pour “se débarrasser” des années d’entre deux guerres, et a plongé dans la Green Room du National pour boire un verre avec ses amis, mais s’est ensuite enfui pour l’air frais d’un balcon, seul. “J’ai juste pensé : C’en est trop. J’avais chaud. Alors je me suis éloigné de tout le monde”.

Il est rentré chez lui sur sa Honda CBF600 dans l’appartement du Nord de Londres qu’il partage avec sa petite amie, l’actrice et écrivain Olivia Poulet (Emma Messinger dans The Thick Of It), mais reste éveillé, son esprit tournant en rond. Il est fatigué comme un chien, n’arrête pas d’oublier le nom de ses collègues acteurs, n’arrive pas à trouver une série dans laquelle Olivia a joué et se réprimande pour cela ; à un moment il serve du lait demi-écrémé sur le dos de sa cuillère dans son café, puis remarque mon air perplexe. “Bon Dieu ! Regarde moi ça. Ce n’est même pas de la crème”.

La fatigue est de bon sens dans des jours si grisants. Deux heures avant son rappel hier il a été à l’hôtel Connaught pour rencontrer un réalisateur fringant et barbu dont il imite parfaitement la douce voix e crooner. Ce mois-ci Cumberbatch commence à tourner l’adaptation de Steven Spielberg de Cheval de guerre, l’histoire du cheval de ferme du Devonshire emmené en France durant la première guerre mondiale écrite par Michael Morpurgo. Il joue le Major Stewart, menant les charges de cavaleries vouées à l’échec sur le front occidental, dans un scénario de Richard Curtis et Lee Hall. À l’origine, on lui avait demandé de lire le scénario dans un bureau de Soho dans le secret digne d’un roman d’espionnage, quand on lui a offert un verre, il a pensé qu’ils ne cessaient de remplir son verre d’alcool pour voir s’il pouvait donner un aperçu. “J’ai pensé qu’il y avait des caméras cachées, que c’était une sorte de test”. Deux semaines plus tard, on lui a offert le rôle et ses projets de vacances ont disparu. “J’avais blagué que je partais en vacances à moins que Steven Spielberg appelle… et c’est ce qu’il a fait”.

Et si cela ne suffisait pas, il a aussi décroché le rôle de Peter Guillam, le protégé du MI6 de George Smiley dans le remake de la Taupe par le réalisateur suédois Tomas Alfredson, avec Gary Oldman dans le rôle de Smiley. “Cheval de guerre est génial et ça sera très bien sur mon CV, et Spielberg est superbe… mais pour moi c’est…” Plus excitant ? “Bon Dieu, ne dis pas ça, c’est juste que c’est un rôle tellement adulte”. Et il trouve toujours du temps pour être un “Ticketmaster humain”, passant incroyablement une heure et demie par jour à organiser des tickets pour ses amis et sa famille, ses potes célèbres comme Rosamund Pike, et le parents du gars qui vit en dessous (sérieusement). Cumberbatch est super génial, perché au bord de la célébrité qui change la vie, après quoi les managers personnels et les agents de LA prendront le relais et il ne laissera pas des inconnus connaître son code postal, encore moins les laisser utiliser ses sachets de thé. Pour le moment, la célébrité est toujours assez distante pour qu’il nous montre ses photos de famille sur son iPhone tandis qu’il englouti ses œufs au bacon à Carluccio’s comme s’il n’avait pas mangé depuis une semaine.

Il semble excité par tout cela, récompensé pour son charme abondant par la bienveillance de tout le monde qu’il rencontre – serveuses, chiens, ses collègues, le vieil excentrique à la pipe sur Hampstead Heath qui se tient à côté de lui pour une photo, ma fille de sept ans qui a le béguin pour lui et qui est sur la banquette arrière de la voiture quand nous allons dans un autre café, murmurant un aparté fort : “Je pense que c’est Doctor Who”. En fait, contrairement aux rumeurs, il n’a jamais refusé un tour dans le Tardis parce qu’on ne lui a jamais offert. “Je le refuserai de toute manière”, dit-il, de la série, écrite par Steven Moffat, l’un des auteurs (avec Mark Gatiss) de Sherlock. “Sauter sur des scènes scolaires et donner des prix en disant Je suis le Docteur, ce n’est pas là où je veux aller”.

En quelque sorte, son travail semble plus lié à l’élégant passé élégiaque qu’au futur SF ;  son inspiration est l’affreusement anglais Trevor Howard dont il a étudié la diction “j’avale mes mots” pour le noble David Scott-Fowler. Maintenant pour Cheval de guerre, il a regardé le voué et héroïque Lord Cardigan de Howard dans la Charge de la Brigade légère. “Je ne croyais pas que c’était le même acteur”.

Malgré tous ces hauts, une partie de lui anticipe le désastre. Ce n’est pas du pessimisme inné mais l’héritage d’un violent vol de voiture dont il a été la victime en Afrique du Sud en 2004 alors qu’il tournait To The Ends of the Earth. Il a été frappé, attaché dans le coffre et a cru qu’il allait mourir. “Je savais que ma mère allait recevoir un appel soit de moi ou de quelqu’un d’autre, et la différence changerait sa vie”. Juste avant que le pneu éclate, les forçant à arrêter, il écoutait Radiohead, complètement détendu. “C’était un des meilleurs moments de ma vie. Puis bang ! À chaque fois que je me sens vraiment bien, une partie de moi attend ce bang”.

Benedict Timothy Carlton Cumberbatch est le fils unique adoré des acteurs Timothy Carlton (Lewis, Heartbeat, Foyle’s War) et Wanda Ventham (la mère  de Cassandra dans Only Fools and Horses), tous les deux toujours en activité, piliers des séries télé populaires et du théâtre commercial. Adolescent embarrassé, il regardait sa mère glamour rentrant sur scène et prendre une expression de choc tandis qu’un autre acteur baissait le pantalon d’un autre, simulant du sexe oral, mais essayant de l’aider à se changer avant que sa petite amie n’arrive. “J’ai dû lui dire, désolé Maman, je n’en peux plus de voir ce gag”. Il glousse : “J’étais si sensible à ça, elle a dû se demander si j’étais gay”. Plutôt que de le pousser dans les affaires familiales, ses parents ont espérer que des études chères pourraient l’encourager à obtenir un vrai travail. “À 15 ans, ils n’arrêtaient pas de dire Regarde nous, combien notre style de vie est incontrôlable, comment l’argent monte et baisse”.

Sa mère, dont les contemporains sont Judi Dench et Diana Rigg, a refusé l’invitation de Peter Brook à entrer dans la Royal Shakespeare Company parce qu’elle était enceinte de sa fille d’un précédent mariage, et aujourd’hui son fils s’inquiète de ses regrets et de ses opportunités manquées. “J’aurais aimé qu’elle ait un moment Cranford, mais pour ça, elle aurait dû avoir un catalogue de rôles classiques”. C’est une erreur qu’il ne craint pas de répéter.

Après avoir étudier l’art dramatique à Lamda et Manchester, sa percée a été son rôle dans Hawking en 2004, dans lequel son portrait d’un esprit génial et d’un corps défaillant lui a offert une nomination aux Bafta. Il a une réputation d’être assez intelligent pour jouer des génies, Van Gogh, Pitt the Younger dans Amazing Grace, et aujourd’hui son Sherlock Holmes Asperger borderline. Il y a eu une autre nomination aux Bafta pour son rôle de propriétaire bigot dans Small Island et même son premier rôle dans Love’s Labour’s Lost at Regent’s Park l’a vu être candidat d’un Ian Charleson. Sa montée a paru facile, on on devine qu’il ne serait pas acteur du tout si ce n’était pas le cas. Il est assidu – apprenant le violon pour Sherlock, devenant cavalier émérite pour Cheval de guerre – mais pas un bûcheur, ni vaguement sérieux.

Enfant, il se décrit comme un “cauchemar hyperactif”. Le directeur de Brambletye, son école primaire privée de East Grinstead, s’est rendu compte qu’il avait besoin de structure et de responsabilité, et a suggéré son ancienne école Harrow aux Cumberbatch. “Elle m’allait trop bien. J’étais sociable et j’ai trouvé un cercle de frères que je n’avais jamais eu avant. Je suis tombé amoureux de l’endroit”.

C’était aussi, bien sûr, l’école de Terence Rattigan, et dans son premier grand rôle, il a joué le maître classique pitoyable Arthur Crocker-Harris dans la Version de Browning. Il est allé dans l’ancienne maison du dramaturge, a lu les mêmes livres dans la bibliothèque Vaughan, a étudié les mêmes traductions grecques et avec “Ratt Soc”, est allé dans les théâtres londoniens. À la différence de certains de ces amis, ce n’était pas jute pour les “verre et cigarette effrontés” durant l’entracte. Il se souvient d’avoir vu Bonne fête, Esther avec Penelope Wilton à l’Almeida. “C’était hallucinant pour moi. Le grand moment. Je me suis rendu compte que Rattigan avait une grande profondeur. C’est pareil avec Coward. Parmi tous les esprits, quand le masque tombe, c’est douloureusement brut”. Quand le metteur en scène Thea Sharrock lui a offert After The Dance, il était incertain, cependant, pensant qu’il était presque “trop bien” pour le rôle et craignant une réversion malsaine au type, mais il n’a pu résister.

Il a choisi Manchester, où il a rencontré Olivia Poulet, pour son manque de salons et de cuillères d’argent, et c’était là, à Mamet’s Glengarry Glen Ross, qu’il a brisé le cœur de son père de fierté. “Après la représentation, il m’a dit que j’étais un meilleur acteur qu’il n’a jamais été ou ne le sera jamais. Il était au bord des larmes pendant qu’il disait ça”. Il a continué à être “terriblement fier et complètement égoïste”, se complaisant dans le succès de son fils. Quand Hawking a été bien reçu dans le Sunday Times, son père a encadré le dessin qui accompagnait l’article pour lui offrir pour ses 28 ans. “Maman est un peu émue lors des premières, dit-il, mais Papa… il a commencé à pleurer à la première de After the Dance quand il me disait combien il était fier de moi. Je ne savais pas quoi faire. Je l’ai juste soutenu. J’ai dit Tu ne pleures pas de soulagement que j’ai réussi, hein ? Et il a dit Non, idiot. Je pleure parce que tu étais tellement merveilleux”. Cumberbatch – il a caressé l’idée de changer son nom en Carlton comme son père, mais s’est rapidement rendu compte qu’il n’y avait pas besoin – n’est pas un joli garçon. Ses traits sont trop saisissants et inhabituels pour en faire le beau gosse de comédie romantique qui ouvre un film. Il a des pommettes exotiques, des yeux bleus-verts bridés (“Ceux de Maman”), un nez en trompette (“Tata”), des cheveux épais (“Papa”), et la lèvre supérieure la plus généreusement accentuée depuis Clara Bow. Regardez de plus près et son contour semble avoir été tatoué, rendant son arc de cupidon visible depuis le milieu de l’orchestre. La marque est apparue pour la première fois en Afrique du Sud, blessure cutanée, lui a dit un dermatologue, et indication de hauts niveaux d’œstrogène normalement vus chez des hommes souffrant de cancer. Il a fait des tests et ne souffre de rien. Il rit : “Après j’étais juste inquiet que les gens croient que je portais du maquillage tous les jours”.

Les traits, qui donnent à Holmes son aura d’efféminé et sa sexualité ambiguë, aident un acteur caméléon, assez caméléon pour le voir jouer un tueur tordu ou un Kenneth Williams impatient. “Je suis conscient du pouvoir des traits, dit-il. Je voulais jouer des rôles qui sont allés à des gens bien plus beaux et on pense simplement Bon, c’est le beau gosse… un acteur comme mon pote James McAvoy, qui est magnifique à l’écran. Je ne suis pas ça. Mais au moins je n’ai pas à m’inquiéter à prendre soin de mon visage parce que c’est ma matière première. C’est une grande liberté. Je n’ai pas peur d’être odieux pour un rôle”.

Il a été récemment été comparé dans le Mirror à Shergar, mais trouve l’insulte hilarante, déclarant être flatté. “Ce qui est irritant, c’est que j’ai toujours dit ça moi-même, et maintenant un journaliste a plus le crédit pour ça. J’étais bien sur la photo, le cheval aussi. C’est quoi le problème ?” Durant la conférence de presse de Sherlock, on lui a demandé si cela le gênait d’être enfermé dans des rôles de personnages intense, intelligents, et sexuellement ambigus et se sentant à l’aise, il s’est risqué à faire une blague. “Je suis là pour vous dire, a-t-il annoncé, que dans la vraie vie, je suis un putain d’amant fantastique !” Il grogne. “C’est allé partout. Tout le monde venait me voir en me demandant combien j’étais bon. Bon Dieu…”

En fait, il tient à faire jouer ses références d’alpha-mâle dans Reviens-Moi, After the Dance, aujourd’hui Cheval de guerre. “J’aimerais m’étoffer et faire un Tom Hardy [la star de Bronson]. Apporte moi ça”.

Les premiers rôles de Cheval de guerre, l’histoire d’un jeune garçon qui essaye de trouver son cheval Joey dans les tranchées françaises, appartiennent réellement aux étalons, qui pour la première fois chevauchent au milieu des tanks, des armes et des gaz de la guerre. Dans la vraie vie, le premier rôle est un gladiateur équin, “une demi tonne de joie à 35 km/h” comme le dit Cumberbatch. “Ce n’est pas dit de sa perspective comme le livre, sinon ce serait un Disney, mais évidemment, le Bafta ira à Joey comme meilleur cheval acteur”.

Horreur des horreurs, il était en retard pour son rendez-vous avec Spielberg à cause du système de parking frustrant de Westminster, et les serviteurs du réalisateur, tablette en main, s’agitaient quand il est arrivé. “Alors j’y suis allé le dos bien droit en disant Désolé, vraiment et Steven était si gentil. Je lui ai dit que les officiers ne devraient pas ressembler à des idiots de la haute voués à l’échec, il doit y avoir quelque chose de héroïque dans leur charge, et il a été d’accord”. Accompagnant Cumberbatch, ses compagnons officiers tout aussi nerveux Tom Hiddleston et Patrick Kennedy, également du privé, ce dernier de Harrow où il a joué le fils Biff en face de Willy par Cumberbatch dans Mort d’un commis voyageur. “On était ensemble dans Reviens-Moi aussi. Steven disait Mon Dieu, vous les gars, vous êtes comme un club, vous êtes si incroyablement parfaits pour ça, c’est génial. Mais on est vraiment les véhicules des chevaux, c’est leur voyage. Il rit. Tom rentrait dans le personnage, et Steven disait Ouais, tout ça c’est bien, mais il va falloir prendre le bon cheval”.

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Jusqu’à ce que le dressage commence pour le film, Cumberbatch n’était pas monté à cheval depuis ses 12 ans, mais à l’école d’équitation près de Harefield, remplie d’acteurs à cheval, il gagne sur son cheval, Topthorn, dont le vrai nom est Faldo, ancienne star de dressage. “La confiance se forme par la proximité, lui donner son sac d’avoine, le nettoyer, être proche de lui et le toucher. Il est si calme qu’il commence à s’endormir sur ma manche”. Récemment, ils se sont tous alignés pour un entraînement de charge en groupe dans un champ voisin, en file unique, puis deux, puis en rangs de quatre. Ils étaient 10, mai le jour du tournage de la scène, ils seront 80, augmenté par effets spéciaux à 300, selon la rumeur. “Dix suffit, cependant. Être dans une file de 10 chevaux en petit galop contrôlé, sortir son sabre et regarder la file, c’est juste extraordinaire”.

Des doublures cascadeurs seront utilisées pour la plupart des séquences équestres les plus dangereuses. “Ils doivent. On ne peut assurer les acteurs qui le fassent. Quand j’entends Daniel Craig et tout le monde parler de leurs propres cascades, je pense que c’est des conneries”. Hier, Faldo s’est cabré deux fois, ayant reçu des commandes contradictoires par son cavalier novice. “J’ai aimé ça. J’ai un palier de danger assez élevé. Les gens criaient les rênes, lâche les rênes, parce que plus tu les tires, plus ils se cabrent, mais on entend rien quand on tourne. Après Tom et Patrick ont fait leurs petits garçons d’école privée en disant Waou ! C’était cool”.

En tant que bénéficiaire d’un milieu si privilégié, chaleureux et solide (une bonne publicité pour le pensionnat), Cumberbatch pourrait être accusé de manquer de cran, mais il semble avoir des fragilités, des susceptibilités, une vulnérabilité de trop se pousser en avant. “Ce n’est pas que je deviens malade quand je suis stressé, il promet. Si c’était le cas, je serais sous perfusion à l’hôpital maintenant”. Mais je ne suis pas certaine de le croire. À Manchester, il a eu la maladie du surmené, la mononucléose infectieuse. Tandis qu’il jouait Rhinoceros and the Arsonists au Royal court en 2007, il a développé un ulcère à l’estomac. Il est tombé malade durant le tournage de Sherlock dans divers lieux glaciaux au Pays de Galles, dont un vieux tunnel de gare parfaitement gothique à Barry, trempé d’humidité et rempli de fumée et de suie des braseros.

Malgré le fait qu’il nage et sa dose quotidienne de miel et de yoga Bikram – “pour rester angulaire et intéressant pour Holmes” – sa grippe s’est transformée en pneumonie qui a failli le mener à l’hospitalisation. “C’était parce que je m’étais jeté dedans sans repos, j’étais en complet reniement, m’amusant tellement parce que j’aime tellement le personnage. Basil Rathbone et Jeremy Brett peuvent être les héros victoriens idéaux, mais je veux être le moderne”. Quant à Robert Downey Jr dans la version de Guy Ritchie (avec une suite en cours), il n’est pas perturbé par la compétition. “Il est génial, mais ce n’est pas Holmes, c’est Robert Downey Jr”.

Son avenir semble solidement tracé, mais il veut vraiment être père, disant qu’il veut prendre plus de contrôle sur sa vie l’année prochaine pour faire de la place pour une famille, projet que je n’ai jamais entendu auparavant chez un homme. Lui et Olivia se sont séparés pendant quelques années, mais se sont remis ensemble pendant quatre, les deux dernières en partageant leur idylle bohémienne dans sa cuisine minuscule et sa terrasse de toit merveilleuse – “mon sanctuaire” – où ils boivent du vin et écoutent les cloches de l’église et les hirondelles et martinets crier à tue-tête. “Je ne sais pas si on va se marier. On veut tous les deux des enfants, mais pas nécessairement avec l’autre. On est bien où on en est là maintenant”. Y-a-t’il un rôle dont il rêve, Hamlet, par exemple ? “Oui, mais il est trop infligé au public. Il y a eu celui de Stephen Dillane, de David Tennant, de Jude Law, de Ben Whishaw, de Rory Kinnear maintenant, Michael Sheen fait le sien aussi. Je veux dire, même Jasper Carrott va faire le sien après ! C’est comme si fallait faire la queue. Je pense qu’on voit les gens faire leur Hamlet, c’est là où c’est faux. Je suis plus intéressé par Édouard II en ce moment”.

Avant cela, il y a des étalons à maîtriser, une couleur de cheveux à ajuster pour Steven (“Il veut juste baisser de quelques nuances”), et un au-revoir presque poignant à son statut de jeune météore pour embrasser la vie “adulte” qu’il semble voir comme un fou. La semaine dernière, deux amis d’école sont venus voir sa pièce, et il les a fortement embrassés après, se rassurant lui-même tout en les saluant. “C’était une ancre de réalité”, dit-il. À quoi ? “À ce que j’étais et ce que je serai encore quand ce moment fou de ma vie sera passé”. Peut-être.

The Times – 15 août 2010 – Traduction – 1er mai 2011