Contes de fées pour le nouveau millénaire : Avec son sinistre Alice, Tim Burton a offert un nouvel angle du classique pour enfants. À suivre: Le petit chaperon rouge séduit par un loup, dans une variante terrifiante de la réalisatrice de Twilight plus un relookage pop de la Belle et la Bête, avec Vanessa Hudgens…

Il était une fois… les fables étaient douces et avaient une fin joyeuse. Il est vrai, par occasions, elles étaient un peu menaçantes, avec des formules magiques et des rimes comme “Redoublons, redoublons de travail et de soins… Feu, brûle; et chaudière, bouillonne” ou “D’après la démangeaison de mes pouces, il vient par ici quelque maudit”. Mais ce n’est pas plus menaçant que cela. Plus maintenant. Dans le case de certains contes de fées d’aujourd’hui, vous auriez plus intérêt de faire sortir les enfants. Ce ne sont pas des contes communs de fantaisie. Dans les nouvelles versions hollywoodiennes des histoires classiques pour enfants, on pourrait même se demander où est passée la bonne vieille Disney touch. D’accord, Raiponce est toujours là, et rapporte de l’argent même aujourd’hui. Mais la nouvelle tendance est décidément loin de “et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”, et toutes ces fins enjouées qu’ils ont fini par croire durant leur enfance. Les contes de fées aujourd’hui sont de plus en plus sombres, gothiques et franchement vilains.

Terry Gilliam a insufflé une nouvelle vie dans le genre avec son visionnaire les Frères Grimm avec Matt Damon et le regretté Heath Ledger (plus Monica Belluci en sorcière). Peut-être involontairement il a été le parrain de cette nouvelle tendance. Effectivement, ce n’était pas un biopic sur les célèbres conteurs, dont les personnages sinistres Burton a coloré son propre genre d’ironie sombre. Sleepy Hollow de Tim Burton a aiguisé le genre un peu plus vers le plus sinistre Alice au pays des merveilles. En effet, Burton est le réalisateur le plus probable de donner une représentation imaginative et cinématographique de l’adjectif “sombre”. Mais ni Gilliam et Burton n’ont officiellement installé la tendance d’aujourd’hui des contes, qui est de plus en plus adaptée vers le public (plus) jeune d’ados de multiplexe qui engloutissent du popcorn et des films de superhéros. Et cela a poussé un changement fondamental vers un genre de conte de fées avec des sous-entendus sinistres et une ambiance plus sombre qui porte par occasions le sang.

Le leader actuel de ce nouveau genre, Le Chaperon rouge, est réalisé par Catherine Hardwicke, créatrice de la franchise Twilight, la saga conte de fées la plus “gothique” de toutes. Son retravail du conte est toujours celui que de nombreuses personnes connaissent par cœur, mais cette fois l’héroïne (jouée par Amanda Seyfried de Mamma Mia!) se heurte à un loup garou sensuel qui perturbe la paix et le calme de son village. L’idée, aussi incroyable que cela puisse paraître, est celle de Leonardo DiCaprio, le producteur du film : “C’est lui qui a eu l’idée”, a dit la réalisatrice récemment, Ne serait-ce pas cool de faire une version gothique du Petit Chaperon rouge, avec le loup en loup-garou, et juste un thriller romantique sexy ? C’est évidemment une métaphore, avec en ligne avec l’histoire originale : la fille découvre son côté plus intime et sensuel, et se laisse être séduite par le loup…”

Le fil rouge (sang) qui lie Hardwicke à Kristen Stewart mène à un autre classique, Blanche neige et les sept nains, avec l’actrice au visage pâle dans le rôle de l’héroïne infortunée qui trouve une méchante reine Grimhilda (Charlize Theron, confirmée) sur son chemin, ainsi qu’un brave chasseur (Viggo Mortensen) du titre du film, Snow White and the Huntsman. Autre part, le réalisateur indien Tarsem Singh réalisera une autre version de Blanche Neige, produite par Brett Ratner, avec la rumeur de Julia Roberts dans le rôle de la sorcière. Après viendra un remake en arts martiaux, Snow and the Seven, dans lequel les nains deviennent des moines Shaolin, et la demoiselle pourrait être interprétée par Natalie Portman, qui sera encore une fois sur grand écran dans Votre Majesté, comédie avec James Franco et Zooey Deschanel qui, bien que non adapté d’un conte de fées, est situé dans un décor médiéval fantasy.

Aussi présentée est une version pop de la Belle et la Bête avec Vanessa Hudgens, intitulé Sortilège, dans lequel la Bête du titre est un gars physiquement repoussant avec des pouvoirs de séduction irrésistibles.

Également en préparation, une version moderne d’un autre conte des frères Grimm, Hansel et Gretel, dans lequel les enfants ne sont plus ceux en danger, mais sont de jeunes chasseurs de sorcières, joués par Jeremy Renner et Gemma Arterton.

Une autre histoire célèbre qui continue à offrir de la matière est le Magicien d’Oz. La version la plus attendue est Oz: The Great and Powerful, réalisé par Sam Raimi, dans lequel le rôle du magicien pourrait (ou pas) être donné à Robert Downey Jr, voire Johnny Depp, qui est accro à ce genre de rôles ; un candidat plus inattendu pour le rôle est James Franco. Pendant ce temps, Drew Barrymore réalisera et produira la version comédie musicale de l’histoire intitulée Dorothy of Oz, et la rumeur court qu’elle aurait recruté la reine de Glee, Lea Michele, pour jouer le rôle qui a fait de Judy Garland une star.

Mais la liste de films conte de fées ne s’arrête pas là. Il y en a bien plus en cours de réalisation, de The Giant Killer (l’histoire de la tige de haricot racontée à nouveau par “l’usual suspect” Bryan Singer), à Pinocchio 3D de Guillermo del Toro, avec une bande originale sophistiquée de Nick Cave. Pendant ce temps, la Belle au bois dormant pourrait revenir à la vie dans une version “Burtonisée”, mais via une tierce personne, la maléfique Maléfique qui est de plus, qui vole le titre du projet de sa protagoniste originale (Maleficent, pour être exact). Linda Woolverton, qui a insufflé une nouvelle vie dans le Alice au pays des merveilles de Tim Burton (mais sans un peu de controverse de la part des puristes de Lewis Carroll) a déjà été recrutée comme scénariste ; la rumeur court selon laquelle Angelina Jolie pourrait jouer le rôle titre. On pourrait ne pas l’admettre, mais en secret nous savons tous que les méchants pas beaux sont de loin bien plus intéressants. Même dans les contes de fées que nous lisions enfants…

Mattia Carzaniga

Best International Movie – Avril 2011 – Traduction – 7 mai 2011