Présent, passé et futur de la franchise Pirates des Caraïbes
Depp revêt encore une fois la (copieuse) culotte du fier-à-bras fanfaron
La quête de la Fontaine, et à bord cette fois : la caliente Penélope Cruz

Rien ne se fait dans le chemin de Jack Sparrow. Pas même la controverse (nous en reparlerons plus tard), encore moins le temps. En fait, sans même avoir vu le quatrième épisode de la saga de corsaire la plus populaire de tous les temps, on peut dire une chose avec certitude : il y aura un cinquième épisode – en effet le scénariste de la série Terry Rossio a déjà commencé à écrire le scénario (bien que cette fois il devra faire sans l’aide de son fidèle bras droit Ted Elliott) d’un film très Jerry Bruckheimer, avec Rob Marshall (réalisateur du quatrième épisode) derrière la caméra et -vous auriez deviné) l’inéluctable Johnny Depp qui caracole devant.

Mais allons-y mollo, même si tout ce bla-bla de pirates vous donne envie de lever l’ancre et de hisser le artimon. D’abord, nous devrions rembobiner un peu, ou, plutôt beaucoup, puisque que le Chapitre 4 doit encore être découvert. Le chapitre intitulé la Fontaine de Jouvence relance une série qui à de nombreux égards semblait avoir atteint sa conclusion naturelle, mais en fait s’est révélée être une vache à lait hollywoodienne. Beaucoup de nouvelles choses. Tout d’abord, un homme différent à la barre : plus Gore Verbinski, réalisateur des trois premières aventures, mais le susmentionné Rob Marshall, survivant du flop qu’a été Nine mais, néanmoins, auteur de Chicago récompensé par plusieurs Oscars. Que fait un réalisateur de comédies musicales dans le monde picaresque de Sparrow et Compagnie ? “On essaie de donner à la saga un look nouveau, comme il dit lui-même. La première partie est à Londres, et Jack a toutes ces aventures pour échapper au roi [le nouveau venu Richard Griffiths, Oncle Vernan dans Harry Potter] et à être capturé, et ainsi de suite. Il y a une grande course poursuite en calèche… La deuxième partie se passe sur les bateaux. On va sur le bateau de Barbe-Noire [Ian McShane], le Queen Anne(s Revenge. Puis on est à bord du bateau de Barbossa [Geoffrey Rush]… C’est sympa d’avoir cette variété d’imagerie, tout n’est pas pareil”.

Ce qui mène à la vraie chasse au trésor, à savoir le butin (la Fontaine de Jouvence déjà vue dans Jusqu’au bout du monde), au travers de la jungles, de cavernes, de paysages luxuriants choisis parmi les lieux les plus charmants de Hawaii (avec avec des scènes d’eau récréés dans les piscines monumentales des Pinewood Studios de Londres). C’est inspiré par un roman de Tim Powers de 1987, et introduit de nouveaux éléments dans la mythologie de la saga, avec un passage intéressant de gentils et de méchants, relevé de nouveaux visages goûteux.

Barbossa, par exemple, est définitivement du côté des gentils après avoir changé de bord dans le troisième épisode, et ensemble avec Sparrow il est à la recherche de la célèbre Fontaine. Sur les talons, cependant, se trouvent les méchants, Barbe-Noire et sa fille (la belle Angelica, alias Penélope Cruz), dont les motivations sont difficiles à sonder – qu’elle séduise le vaillant Jack par amour ou qu’elle fasse semblant par pure perfidie.

Dit comme cela, tout semble assez simple. Mais ce n’était pas une croisière sans problème pour le vaisseau de Jack Sparrow. Tout d’abord, une échauffourée entre Johnny Depp et Disney, qui a financé tout depuis le premier épisode. La star, dans une interview dans Vanity Fair America, a laissé dire que les grandes huiles de l’Empire de Mickey avaient dit de son jeu au moment de la Malédiction du Black Pearl, qui non seulement a valu à l’acteur une nomination aux Oscars, mais a consolidé toute la saga. Selon Depp : “[Ils] disaient, Qu’est-ce qui ne va pas chez lui ? Est-il, tu sais, une sorte de niais bizarre ? Est-il bourré ? Au fait, est-il gay ?”.

Puis est venu le commentaire “définitif” du patron de Disney (1944-2005) Michael Eisner, que Depp rapporte était la remarque bref mais dure qu’il (Depp) “ruinait le film”. Sans mentionner que Disney avait du mal à accepter le fait que Depp a toujours dit qu’il était inspiré par le “bad guy” Keith Richards (qui, au fait, réapparaît dans le quatrième épisode) ; et que, durant la phase de préproduction de la Fontaine de Jouvence, Dick Cook, le producteur qui, plus que quiconque, avait soutenu la contribution de Depp au personnage de Sparrow, s’est fait renvoyé (“Dick était là dès le début. Il me faisait confiance, a déclaré l’acteur, Il y a une fissure, un crac dans mon enthousiasme à ce moment”.) La compagnie de production s’est dépêché de nier tout et d’éviter la controverse, disant qu’ils ne pourraient être plus heureux de la performance de Depp. Mais le débat s’est envolé, et il y avait raison de douter que le quatrième épisode arriverait un jour. “Jack est bien marrant, il y a toujours plus à explorer chez lui”, nous a dit Johnny sur le tournage, comme pour calmer les eaux, “C’est sympa d’être aussi irrévérencieux que possible et d’être payer pour !”

Heureusement, la tempête troublant l’horizon semble être tombée. En effet la saga semble être plus saine que jamais. Et prête à voguer sur les nouvelles eaux de la technologie : le quatrième épisode (et, on imagine, le cinquième) sera en 3D, quelque chose que le superproducteur Bruckheimer n’a jamais réussi avec l’Apprenti sorcier et Prince of Persia, ses plus récents blockbusters. Alors, un nouvel arsenal d’effets spéciaux est en train d’être préparé, bien que le quatrième épisode coûtera moins – ou c’est ce qu’il disent – que son prédécesseur, dont le budget était estimé à 300 millions de dollars : nous sommes toujours dans les affres de la crise financière, après tout, et à Hollywood comme ailleurs, ils se sentent toujours à court.

Malgré les mesures austérité, la controverse et les fortunes encore inconnue du “numéro 4”, toutes les conditions préalables d’une relance de la saga sont là. Un des patrons des productions Disney, un certain Oren Aviv, a même dit “On espère que c’est le premier d’une autre trilogie”. Attendez-vous à monter à bord, alors. Et si cette saga est destinée à ne jamais montrer son âge, ce sera Jack Sparrow seul qui le prouvera.

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L’histoire jusqu’ici

La malédiction du Black Pearl (2003)
Le pirate Barbossa a kidnappé Elizabeth Swann, la fille du gouverneur, qui possède un médaillon enchanté qui est l’élément manquant nécessaire pour libérer son armée de pirates d’une malédiction qui les contraint à apparaître en cadavres au clair de lune. Pour libérer la fille, le jeune Will Turner, qui a toujours été amoureux d’elle, unit ses forces à l’excentrique Capitaine Jack Sparrow et sa clique ; lui aussi a des comptes à régler avec Barbossa. Ensemble, ils partent à la recherche du Black Pearl, le vaisseau de Barbossa, et le capturent.

Le secret du coffre maudit (2006)
Will et Elizabeth sont arrêtés par Lord Beckett, agent impitoyable de la compagnie anglaise des Indes orientales, pour avoir aidé Sparrow à s’échapper de prison. Leur seule chance de liberté est d’aider Beckett à trouver le compas magique de Sparrow. Pendant ce temps, le Capitaine Jack recherche le cœur (littéralement) de Davy Jones, capitaine du Hollandais volant. Sparrow lui avait vendu son âme pour sauver le Black Pearl, et la seule manière de la récupérer est de percer le cœur du capitaine sans pitié.

Jusqu’au bout du monde (2007)
Les Britanniques ont les pirates dans leur mire et les ont condamné à mort, avec tous ceux qui les ont aidés. La seule solution est de réunir les neuf pirates de la confrérie des pirates. Alors Barbossa part à Singapour obtenir le soutien de Sao Feng. Will Turner cherche Davy Jones, qui a tué son père. Pendant ce temps, Lord Beckett fait tout en son pouvoir pour prendre contrôle des mers, se terminant en une inévitable bataille navale finale, dont l’issue est décidée par la déesse Calypso.

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Bébé à bord !
Le travail sur le tournage de Pirates des Caraïbes : La Fontaine de Jouvence a été une sacrée aventure pour la “Pe” nationale (comme Cruz est connue en Espagne). Non seulement elle s’est retrouvée à jouer la “poupée” de tout le film, remplaçant Keira Knightley partie, mais durant le tournage elle a affronté un dfi plus personnel : sur le tournage hawaïen, elle était enceinte de son premier enfant (né à la fin du mois de janvier) de son union avec l’acteur espagnol Javier Bardem. Puisque ses mouvements étaient légèrement bloqués par son ventre qui s’arrondissait, pour quelques scènes ils ont dû utiliser une doublure – et qui de mieux pour ce travail que sa propre sœur, Monica, star du sitcom espagnol Un, do, tres, qui est venue à Hawaï spécialement pour remplacer sa sœur, à qui elle ressemble extraordinairement beaucoup. Cruz elle-même a révélé les détails de son personnage sur grand écran : “[Angelica] est la fille du pirate le plus dangereux de tous les temps, Barbe-Noire. Elle a beaucoup appris de son père… mais elle veut aussi [le] changer, mais elle a également l’esprit d’un pirate. Alors elle peut être rusée, la menteuse parfaite. [Elle et Jack] ont été amants dans le passé et certaines choses n’ont pas été résolues. Angelica est très en colère et lui aussi ; ils se blessent chacun mais ils se remettent ensemble pour cette mission ; c’est un jeu intéressant qui se passe”. Peut-être que c’était cette étrange alchimie imaginée par les scénaristes qui a assuré que la relation entre Johnny et Penélope prenne un côté décidément “érotique”, grâce aussi au rapport vif entre les deux dès le début. Des bonnes vibrations qui ont mené à Penélope à tomber enceinte durant le tournage. Pas de Johnny, cependant.

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Qui part

Orlando Bloom
Il y a deux ans, Bloom a déclaré qu’il voulait quitter la saga pour se consacrer à de nouveaux projets. Selon une source proche de l’acteur, “Orlando a aimé les films mais pense qu’il est temps de tirer sa révérence parce qu’ils sont bien attachés à son personnage de Will Turner. Les producteurs sont d’accord avec cela parce qu’ils veulent se concentrer sur les nouvelles aventures du Capitaine Jack Sparrow de Johnny Depp”. Parmi les projets à venir de Bloom se trouve un blockbuster attendu depuis longtemps : la nouvelle version des Trois Mousquetaires, réalisé par Paul W.S. Anderson (Resident Evil) et rigoureusement en 3D.

Keira Knightley
“Je ne me comprimerai plus dans un corset et ne brandirai plus de coutelas”, a déclaré l’actrice britannique, qui a joué Elizabeth Swann dans les trois premiers chapitres de la saga, tandis qu’elle annonçait qu’elle partait. C’était principalement une décision professionnelle : “Je n’aime pas jouer le même rôle tout le temps, je veux être lire d’aller d’un personnage à un autre”. Maintenant elle vise des projets de plus grande qualité : de Never Let Me Go à venir, aux côtés de Carey Mulligan et de Andrew Garfield, au prochain film de David Cronenberg,  A Dangerous Method, où elle sera l’objet d’une lutte acharnée psychologique entre les pères de la psychanalyse, Freud et Jung.

… et qui arrive

Penélope Cruz
Est la fille de Barbe-Noire, Angelica, objet d’amour (et de haine) de Jack Sparrow.

Ian McShane
Star de Scoop de Woody Allen et de la série télé les Piliers de la terre (adaptée du bestseller de Ken Follett), dans la Fontaine de Jouvence il joue le Capitaine Barbe-Noire, qui lutte contre Jack Sparrow à la recherche de la Fontaine de Jouvence.

Sam Claflin
Autre acteur des Piliers de la terre, l’acteur britannique de 23 ans hérite du rôle du beau gosse de la série de son concitoyen Bloom, jouant le vaillant Philip. Deviendra-t-il le nouveau beau gosse de Pirates ?

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Autres pirates en film

Jack Sparrow peut être le pirate le plus célèbre a n’avoir jamais monté sur les planches craquantes des studios d’Hollywood ces dernières années, mais il est loin d’être le seul…

Les Goonies (1985)
Cynoque, la famille Fratelli, Data et Mickey… Les Goonies, une histoire à propos d’un groupe de gamins à la recherche du trésor perdu du pirate Willie Le Borgne, est un film légendaire, réalisé par Richard Donner célèbre pour les Arme Fatale, et qui a lancé Sean Astin (le Seigneur des Anneaux) et Josh Brolin (True Grit).

L’Île aux pirates (1995)
Le Finlandais Renny Harlin met en scène un fier-à-bras au XVIIème siècle dans la mer des Caraïbes. Geena Davis (alors mariée au réalisateur) et Matthew Modine (Birdy) s’associent pour trouver la légendaire “Île de non retour”.

Pirates (1986)
Roman Polanski dirige Walter Matthau (Capitaine Red) dans une aventure comique dans le style pirate le plus classique, avec mutineries, galions et or des Azrec. Film qui fait époque de son propre droit. Anecdote : le bateau utilisé durant le tournage est aujourd’hui amarré dans le port italien de Gênes.

Hook (1991)
Renversant un classique de la littérature enfantine, Steven Spielberg dirige les étonnants Dustin Hoffman et Robin Williams, respectivement dans le rôle du Capitaine Crochet et d’un Peter Pan adulte et flasque (un rôle très éloquent pour Williams). Conte de pirate avec une touche distinctivement fantaisiste, avec la splendide Julia roberts dans le rôle de la Fée Clochette.

L’Île au trésor des Muppets (1996)
La version marionnette du classique de Robert Louis Stevenson, avec les créations animées du génie Jim Henson (celui qui a fait Labyrinth, juste pour être sûr). Réalisé par le film de Henson, Brian, le film comporte aussi des acteurs en chair et en os, comme l’excellent Tim Curry dans le rôle de Long John Silver.

Mattia Carzaniga

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Pirates, vu par Bruckheimer

Face à face avec le “superproducteur” de la saga Pirates des Caraïbes
Par Mark Pilkington

Après le troisième film, pourquoi avez-vous décidé de revenir ? Projetiez-vous toujours de faire quatre films ?
Nous avons décidé de le faire pendant que nous faisions Pirates trois. Les scénaristes lisaient le livre Sur des mers plus ignorées et cela les a inspiré à inventer celui-ci. Une fois le scénario écrit, tout s’est mis en place naturellement. Le fait d’avoir Johnny et Geoffrey Rush de retour est tout simplement génial.

Alors sans Johnny Depp, il n’y aurait pas pu y avoir un quatrième film Pirates ?
C’est un acteur magnifique. Il apporte toujours quelque chose de nouveau et de frais sur le plan des personnages dans ses films, tout comme il a fait avec Pirates. J’ai toujours pensé depuis le premier jour que nous avions besoin d’attirer quelqu’un de son calibre, surtout puisque nous faisions un film adapté d’une attraction des parcs Disney. Johnny était parfait pour cela, et en l’ayant impliqué au projet, tout le monde était curieux d’en savoir plus. Les gens devaient le voir, et c’était la raison pour laquelle nous l’avons choisi.

Pourquoi avez-vous changé de réalisateur ?
Gore Verbinski n’était pas disponible. Il faisait un film qui n’a jamais été fait à l’époque. Nous aimons employer des gens qui sont artistes, et en employant Rob Marshall comme réalisateur, nous avons un artiste. Penélope Cruz est ici parce qu’elle aime Rob Marshall – tous les acteurs qui travaillent avec lui veulent juste revenir.

Comment la grossesse de Penélope a affecté la manière de tourner les scènes ?
Non, nous n’avons rien changé. Tout est pareil – sur une grande partie du film on ne peut pas le dire de toute manière, et quand nous en avons eu besoin, nous avons utilisé une doublure. Elle ne voulait rien faire en cascades pour des raisons évidentes, mais elle est toujours fantastique. Elle ne change pas ses capacités d’actrice ; à part qu’elle rayonne plus !

Best Movie International – mars 2011 – Traduction – 19 juin 2011