États-Unis, 2011, 112 min., SF

Ce peut ne pas être le miracle que nous avions espérer, mais le nouveau film de l’inventeur de la série Lost transportera ceux à qui les “fabuleuses années 1980” manquent

Il l’a dit lui-même que Super 8 serait son “hommage à Amblin Entertainment” (qui sont en fait les producteurs) et à ces films d’aventure inimitables des années 1980 caractérisés par E.T. l’Extraterrestre et les Goonies. Ce à quoi nous nous n’y attendions pas, c’était quelque chose qui imiterait si bien l’humeur de sa cible qu’on ne peut à peine distinguer le résultat des originaux. La toile de fond de Super 8 est l’Amérique de Reagan, en commençant par le décor de la petite ville de province de “Lillian en Ohio”, même si ce pourrait juste être le Maine cher à Stephen King. Puis vient le groupe de mômes : les geeks de 13 ans qui montent leur propre film de zombies. Puis nous avons la BO de tubes comme My Sharona, l’affiche de Halloween sur le mur de la chambre, le premier baladeur. Du début à la fin, regarder le film, c’est comme être pris dans un bond en arrière. Et malgré qu’ils soient complètement dernier cri, même les effets spéciaux semblent parfaitement en place. Quand Carlo Rambaldi donne naissance à son adorable E.T., jusqu’ici il n’y a pas eu d’extraterrestre crédible, et de même, la créature d’Abrams dans Super 8 est encore une fois de la magie de cinéma tranchante.

Paradoxalement, ce chevauchement mystérieux entre Super 8 et ses prédécesseurs est à la fois son port fort et sa perte. Les jeunes protagonistes talentueux, le scénario vacillent entre le ton romantique de Stand By Me et la théorie de complot SF, mais le cocktail des genres – de l’action à l’horreur en passant par la comédie – tient toujours le coup, et les frissons et les émotions arrivent par pelletés. Ainsi, le film est sans faute. D’un autre côté, l’intrigue directe, la prévisibilité de base, le thème central (l’innocence de l’enfance et la perte de celle-ci) sont tous poussés chez eux impitoyablement, et le final réjouissant comme on pouvait le prévoir. Bien sûr, la même chose peut être dit de E.T., Rencontres du Troisième Type et les Goonies. Alors, plutôt qu’estimer Super 8 par les canons d’aujourd’hui, nous devrions peut-être nous demander s’il sera vaut la peine de monter dans cette machine à remonter le temps pour subir un film qui, malgré ses qualités indubitables, est assez déplacé dans l’année 2011.

Réalisateur : J.J. Abrams
Distribution : Joel Courtney, Elle Fanning, Kyle Chandler, Amanda Michalka
Intrigue : Cinq amis qui font un film de zombie filment accidentellement un incident dont émerge une mystérieuse créature extraterrestre.

Le verdict : L’hommage de J.J. Abrams à la SF des années 1980 est si fidèle à l’originale qu’il pourrait être l’invention personnelle de Spielberg lui-même.

Gabrielle Ferrari

Best Movie International – juillet 2011 – Traduction – 14 août 2011