Le premier film de Sam Taylor-Wood suit les années formatrices de John Lennon à Liverpool par Ross Bennett

Nowhere Boy 3/5

Les femmes ont toujours joué un rôle clé dans la vie de John Winston Lennon. Abandonné par sa mère, élevé par sa tante, escorté vers la célébrité par sa première femme et sa deuxième lui a donné un secours artistique et spirituel, la trajectoire de Lennon a été défini par ces liens. Le premier film de Sam Taylor-Wood tourne autour de deux de ces relations : son empoignade avec la ferme et aimante Tante Mimi et l’abandon festif qu’il vit avec sa mère distante Julia.

Écrit par Matt Greenhalgh – l’homme qui a fait Control en 2007 – Nowhere Boy partage sans surprise des similitudes avec son biopic sur Ian Curtis. Comme le gris Manchester des années 1970 de Control, le Liverpool de la moitié des années 1950 est rendu dans un style de période parfait. Sautant entre la maison de Lennon sur Menlove Avenue, les rues et les parcs de la ville et la maison de Julia, Taylor-Wood utilise chaque lieu pour représenter un aspect différent de son personnage.

Chez Mimi, c’est une boule d’angoisse adolescente, avec ses potes d’école à la banane, nous rencontrons Lennon le bagarreur fou de sexe. Pendant ce temps, sa mère qui joue du banjo – jouée par une charmeuse Anne-Marie Duff – présente le rock’n’roll à son fils un peu perdu et est sans retenue dans son soutien de son éducation musicale et – comme on y fait allusion à plusieurs occasions – sexuelle.

Fait révélateur, le rock’n’roll n’a qu’un petit rôle ici. Lennon sourot au jukebox, est séduit par Elvis et tombe amoureux du skiffle, mais, tout comme Control ne parlait pas des chansons de Joy Division, Nowhere Boy n’est pas l’histoire du voyage de Lennon dans le son. À la place, la musique sert de bande originale de son émergence à la fois en leader naturel et solitaire qui manque d’assurance.

Bien sûr, ce n’est pas la première fois que la vie de Lennon a été adaptée au cinéma. Les numéros acerbes de Ian Hart dans Backbeat : Cinq Garçons dans le vent et The Hours And Times étaient aussi des portraits d’un homme en cours de découverte, mais Nowhere Boy est quelque peu moins cinématographique.

Malgré le fait qu’il se concentre sur une période relativement courte de la vie de Lennon, il semble souvent fragmenté, rendant les 30 premières minutes lentes. Mais, même s’il ne ressemble furtivement au Lennon adolescent, Aaron Johnson propose un fort numéro en tant que garçon déchiré par des secrets de famille, tandis que Kristin Scott Thomas dans le rôle de Tante Mimi donne une interprétation impérieuse et franche comme elle en a l’habitude.

C’est dommage, donc, que le film se perde encore quand Lennon rencontre un Paul McCartney d’apparence faiblard (Thomas Sangister) à la désormais légendaire St Peter’s Church Fete.

L’histoire de John Lennon a été racontée 36 fois auparavant et par conséquence, il n’y a pas de surprises qui ruinent les mythes ici. C’est, donc, au scénarios et aux interprétations de maintenir notre intérêt et de fournir le drame. Nowhere Boy y arrive de justesse à la fin, mais c’est une route accidentée de l’enfance aux Beatles.

Traduction – 6 juillet 2012