Le poète romantique tombe amoureux, écrit de la poésie romantique

SORTIE 6 décembre
RÉALISATEUR/SCÉNARISTE Jane Campion
DISTRIBUTION Abbie Cornish, Ben Whishaw, Paul Schneider, Kerry Fox
DURÉE 119 min
RÉSUMÉ Londres, 1818. Le poète en herbe John Keats (Whishaw) rencontre sa voisine Fanny Brawne et le duo s’embarque dans une intense histoire d’amour, à l’irritation du meilleur ami de Keats (Schneider). Tandis qu’il complote de les séparer, un ennemi plus silencieux s’avérera être une plus grande menace à la relation du jeune couple.

Le film le plus célèbre de la scénariste-réalisatrice Jane Campion reste l’oscarisé la Leçon de piano de 1993, l’histoire d’une femme incapable de parler, enfermée dans un monde de silence jusqu’à ce qu’un amant improbable l’ouvre à la fois sur le plan émotionnel et érotique. Dans Bright Star, Campion prend comme sujet John Keats (Ben Whishaw), l’un des plus célèbres auteurs de tous les temps. Apparemment, ses sujets ne pourraient être plus différents. Pourtant malgré le fait qu’il s’y connaisse avec les mots, encore une fois, il faut une maîtresse improbable – la couturière dragueuse et fugueuse Fanny Brawne (Abbie Cornish) – pour dévoiler la passion cachée derrière le poète.

Campion s’est concentrée sur les deux dernières années des 23 de Keats, tandis qu’il était au bord de la célébrité littéraire. Logeant à Londres avec le tapageur Charles Brown (un excellent Paul Schneider), sa voisine plantureuse aux joues rouges, Fanny Brawne (Abbie Cornish), attire rapidement son attention (et celle de Brown), surtout parce qu’elle n’a pas peur de donner son opinion à propos de ses poèmes. Ou, en effet, de tout. C’est une situation amusante et familière, bien trop rapidement gâchée par la maladie évidente de Keats, notre héros romantique succombant visiblement à quelque chose de méchant même si, grâce à Brawne, sa vie se remplit de vie et d’amour. Campion semble suggérer que si la pure force de personnalité suffisait, la tuberculose serait trop faible pour Fanny.

On pourrait être au tournant du XIXème siècle, mais le film de Campion n’en est pas un vieillot en costume d’époque – en effet, la poitrine de Fanny est à peine contenue par sa succession de robes conçues par elle-même. Il y a une merveilleuse légèreté dans la relation du duo central, Cornish toute en vivacité marrante, Whishaw tout en peau pâle, angles vifs et yeux hantés – il pourrait donner des conseils à Keats lui-même sur comment paraître keatsien – mais néanmoins avec une espièglerie autour de Fanny qui donne un repoussoir bienvenu à son intensité habituelle à lui.

Pourtant, comme un autre grand poète l’a écrit une fois, l’amour vrai n’a jamais été facile à vivre. Juste comme cette simple passion trouvé sa voix, une note différente commence à retentir. Le rythme de Campion est immaculé, et son mélange de clair-obscur est si subtileent efficace que, tandis que le conte se dirige vers la tragédie inévitable, il est impossible de ne pas finir à la fois calmement dévasté et profondément exalté.

Liz Beardsworth

VERDICT Campion a créé un autre péan retentissant à la douleur et la joie de l’amour, et donne une nouvelle vie à John Keats, trop souvent associé aujourd’hui à des livres scolaires poussiéreux.

4/5

Traduction – 5 octobre 2012