La montée du plus grincheux des héros de comics

“Il y a beaucoup de personnes qui pensent savoir le connaître”, dit Hugh Jackman. Le mutant poilu est le meilleur de ce qu’il fait, mais ce qu’il fait diffère selon la personne à qui vous posez la question. Wolverine, alias Logan, alias 16 autres pseudonymes (Patch, Ol’ Canucklehead, etc.), est toutes les choses pour les hommes, une masse de contradictions qui fait de lui le superhéros le plus humain de tous. Tandis que Superman est assez direct et Spider-Man a simplement es problèmes d’équilibre entre le travail et la vie, Wolverine est un mutant énervé, déchiré à jamais entre ses instincts les plus basiques et le héros qu’il veut être. Ce conflit est au cœur du personnage de Wolverine, mais c’est aussi la clé pour comprendre son charme – et son statut d’icône de la décennie.

L’auteur de comics Len Wein a créé Wolverie en 1974 en tant qu’adversaire de Hulk, mais le personnage que nous connaissons a été amélioré par Wein avec Dave Cockrum (ajoutant les cheveux distinctifs et adoptant le masque), et puis saisi au vol et dirigé par Chris Claremont, d’abord au sein des X-Men et puis en solo.

“Mon idée de Wolverine, explique Claremont, c’était que si on rentrait dans sa chambre, la moitié serait un gros tas d’immondices, un canapé fatigué et plus de canettes de bière qu’on puisse imaginer, et l’autre moitié sera la quintessence de l’économie et de la grâce – un présentoir pour son épée et peut-être une photo sur une table. Wolverine est essentiellement en guerre contre lui-même. Il y a une partie de lui qui veut être cet homme d’honneur pur et il y a une partie de lui qui veut dire Fait chier et d’aller soulever du plomb. Il n’a trouvé aucune manière de reconcilier ces deux choses”.

Cette dualité explique sa grande popularité : il y a des fans qui ne pensent pas que ce soit Wolverine à moins qu’il pète un plomb, ceux qui préfèrent le sage qui sort des vannes et qui jette parfois sa tête en arrière et ceux qui le préfèrent en moine-guerrier (enfin, pas trop moine) ou quasi Chaman tribal. C’est un tel attrait garanti dans le monde comics qu’il n’est pas qu’une grande partie du succès des X-Men, la plus grande franchise comics, mais est apparu dans pratiquement tous les autres titres Marvel quand ils avaient besoin de vendre plus. Et quand les X-Men sont passés sur grand écran, le Wolverine de Hugh Jackman est devenu absolument primordial au succès des films.

“Ce qui m’a attirée dans la franchise X-Men et tout le monde comics, c’était son personne”, dit la productrice vétérante d’Hollywood Lauren Shuler Donner. “Je trouvais que c’était un héros tellement tragique. Sa rage folle lui a causé beaucoup de consternation, tu sais, il lutte toujours avec ça, et il a énormément souffert. Oh, et il est marrant, et il y a  une imprévisibilité chez lui qui nous attire”.

“Le Wolverine de Jackman est parfaitement parfait”, dit le créateur Wein. L’Australien est venu de nulle part et se promène depuis son premier grand rôle (Hugh Jackman ne serait jamais discourtois quant à voler la vedette). De manière encore plus impressionnante, peu importe combien les gens ont dit du mal des deux derniers X-Men, le Wolverine de Jackman émerge toujours relativement indemne.

“On a pris Hugh Jackman dans le West End, chantant Curly dans Oklahoma !” dit en riant Ralph Winter, qui a travaillé sur les quatre films X-Men. “Il avait juste des qualités que tout le monde voyait, même dans ça. Il y a un héros, et un leader, et une qualité sombre, même dans cette comédie musicale, qu’il a développés et amenés dans Wolverine”.

Quant aux décisions de casting, cela va avec Vivien Leigh obtenant le rôle de Scarlett O’Hara – improbable au premier regard, parfait à jamais. Grâce à des douches froides quotidiennes, beaucoup de métal enragé de groupes tels que Godsmack et une dévotion fanatique au lever de poids, le génial Jackman est entré dans le côté primaire et enragé de Wolverine, avec son charisme naturel qui a fait le reste.

“Le premier était l’un de mes premiers films, explique Jackman, et j’avais l’impression d’être traîné dans la rue par un danois jusqu’à ce que je trouve le personnage cinq ou six semaines après. Il est juste de dire que, au moment de X-Men 3, Wolverine s’était un peu adouci, et je suis d’accord avec eux là. Ce que les fans aiment chez Wolverine, c’est son approche plus intransigeante de la vie. Il est qui il est. Ce n’est pas toujours un gars sympa. Il a du mordant. C’est un anti-héro. Et il y a aussi de la vulnérabilité là-dedans. Il y a des batailles qui ont lieu là. Je voulais que X-Men Origins: Wolverine soit différent. Il est un petit peu plus sombre, un petit plus brut.

À la fin, c’était du grand n’importe quoi, dont des choses confuses et insatisfaisantes, mais ses bénéfices de 373 millions $ de part le monde veut dire que l’avenir est beau pour Ol’ Canucklehead, avec Wolverine 2 déjà en préparation. Christopher McQuarrie (Usual Suspects) est actuellement en train d’écrire le scénario situé au Japon, fondé sur une série de Chris Claremont/Frank Miller qui se trouve parmi les arcs les plus populaires du personnage.

“On a beaucoup de chance d’avoir une histoire exposée en gros pour nous”, a récemment dit Shuler Donner à Empire. “Elle sera centrée sur la relation entre Wolverine et Mariko, la fille d’un seigneur du crime japonais. Et ce qui est initéressant, c’est que Wolverine se battra d’une manière qu’on n’a pas vu auparavant. Dans le dernier film, on l’a vu ceontre des hélicoptères ; ici, ce sera des combats extrêmes à mains nues. Samouraï, ninja, des katana… Ça va être génial”.

ICONOGRAPHIE
Joué par : Hugh Jackman
Créé par : Len Wein, Dave Cockrum
Apparitions : X-Men (2000), X-Men 2 (2003), X-Men : l’Affrontement final (2006), X-Men Origins: Wolverine (2009).
Couvertures d’Empire : Numéro 135, 167, 202, 209, 233 et 235.
Valeur iconique : Le Han Solo des superhéros. Bourru, vif d’esprit et bien plus cool que Spider-Man.

Helen O’Hara

Traduction – 9 octobre 2012