L’ex-New Order sur comment écrire un livre sur comment ne pas tenir un club de Manchester


Bonjour, Peter. Nous sommes là pour discuter de ton livre.
“Oui, je suis dans un hôtel de Londres et je fais une session avec [le producteur qui a collaboré avec New Order] Arthur Baker. On fait une chanson avec une jeune fille nommée Liela Moss [de Duke Spirit]. C’est le concert d’Arthur, je pense qu’il fait le thème d’un défilé de mode, et il m’a demandé de venir jouer dessus”.

Sur une échelle de Blue Monday au dernier disque de New Order, combien est-ce bon ?
“Je le mettrais… Oh, attends, Blue Monday étant le zéro, c’est bien ce que tu veux dire ?”

Je suggère que, peut-être de manière controversée, Blue Monday est meilleur que tout votre dernier album.
“Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, hein ?”

Alors ton livre sur l’Haçienda est arrivé hier – l’as-tu écrit en entier, ou y’avait-il un nègre ?
“Hum… eh bien, pas un nègre, mais ce qui est arrivé, c’est que le flot incessant d’anecdotes avait besoin d’être rompu pour donner une pause aux gens, alors le flot incessant vient de moi et les bouts de parler simple ont été ajoutés par – comme tu le dis avec charme – un nègre. Cependant, je peux catégoriquement déclarer que je n’ai pas fait de Jordan. Ni un Kerry Katona. Je l’ai écrit et c’était un putain de travail difficile. Ça m’a demandé trois ans ! C’est une des choses les plus dures que je n’ai jamais faites – comme le dit Lou Reed, ce n’est pas l’écriture, c’est les 2000 relectures. Je pensais que ce serait cathartique, mais j’ai revécu la chose encore et encore bordel, c’est un cauchemar ! C’est comme un Jour sans fin !”

Combien as-tu payé la marque Haçienda ?
“C’était 5000 £. On était en 1996, on était au bord de la faillite, alors c’était dur à trouver. Je voulais m’en débarrasser autant que tout le monde mais c’était [le regretté manager de New Order] Rob Gretton qui a  vu l’opportunité. Je m’en foutais royalement. Il m’a dit que j’avais besoin de l’acheter et de résoudre les problèmes, alors je l’ai payé, puis il m’en a donné la moitié. (Rit) Une autre leçon à être apprise ici, c’est assez intéressant. Mais qu’est-ce que la vie si tu ne vis pas pour apprendre ?”

Qu’est-ce que tu as appris ?
“Pas une putain de chose”.

Alors tu possèdes la marque Haçienda maintenant, et maintenant – je ne suis pas sûr si c’est l’expression correcte en termes de gestion de marque – tu lui déchires le cul.
“Eh bien, je ne suis pas sûr si je le dirais comme ça, tu ne vois pas de sous-vêtements Haçienda, non ?”

Le communiqué de presse devant moi liste des CD, des t-shirts, des chaussures, des posters, des soirées club, un projet des beaux-arts et un cadre de vélo…
“Eh bien, le cadre de vélo… ce qui arrive, c’est que ces mômes qui venaient à l’Haçienda – beaucoup ont rencontré leurs conjoints là-bas, ont passé la meilleure soirée de leur vie là-bas – et c’est ce qui reste chez les gens, et…”

Et ils payeront le prix fort pour des trucs avec des rayures jaunes et noires dessus.
“Eh bien, honnêtement, malheureusement l’une des choses que j’ai hérité de Rob Gretton, c’est que je ne le fais pas pour l’argent, alors une grande partie de l’argent qu’on reçoit de la licence va aux œuvres caritatives. Comme le môme avec le cadre de vélo, il a dit Ça va si je fais ça ? et je lui ai répondu Tu sais quoi, peu importe combien tu fais, donnes en simplement 20% à la DASS. C’est le dernier de mes soucis, ce putain de cadre de vélo”.

Si je faisais des housses de planches à repasser à rayures jaunes et noires et les nommais “Manchester” ou n’importe, devrais-je vous payer quelque chose ?
“Non, mais je viendrais te casser les dents”.

Après avoir perdu autant d’argent, certain se seraient mis à détester le nom de l’Haçienda – bizarrement tu y es toujours attaché.
“Mon comptable a intelligemment dit que du moment que tu continues à gagner de l’argent, ça ne sera pas un problème. Il a dit cependant que, une fois que la vie finit, et que tu ne gagnes plus d’argent à faire quelque chose que tu aimes, c’est là que tu le détestes. Alors le truc, m’a-t-il dit, c’est continue de bosser, Hooky”.

N’est-ce pas bizarre qu’il n’y ait pas de club permanent au centre de la marque Haçienda ?
“C’est la responsabilité qui tue. Le truc qui est devenu triste vers la fin de l’Haçienda, c’était qu’il y avait un milliers de personnes dedans et on ne pouvait assurer leur sécurité. Aujourd’hui, en étant DJ aux soirées Haçienda de part et d’autre du pays, j’ai les bons bouts – la reconnaissance, l’amusement – mais tu n’as pas à payer la dame pipi et tu n’as pas à te soucier que quelqu’un se fasse attaquer dans le vestiaire. Et après tous les mauvais bouts par lesquels on est passés, je pense qu’on mérite un peu des bons maintenant”.

Combien l’Haçienda aurait été légendaire si personne n’avait pris de drogue là-bas ?
“Eh bien, on calcule, dans le livre, que la plupart des gens dans le club n’étaient pas vraiment drogués. Les seuls qu’on a pu estimés complètement à l’ouest, bah c’était nous. À cette époque, bizarre comme ça peut paraître, c’était bien plus dur de se procurer de la drogue et on devait être bien informé. Quand on a travaillé avec Lifeline, l’association anti-drogues de Manchester, ils ont jugé qu’environ 20% des gens étaient drogués dans l’Haçienda. Alors, comme je dis, juste nous”.

Traduction – 20 octobre 2012