Si Pixar écoutait du Joy Division…

SORTIE le 28 octobre
ACCORD PARENTAL CONSEILLÉ
RÉALISATEUR Shane Acker
AVEC LES VOIX DE Elijah Wood, Christopher Plummer, Martin Landau, John C. Reilly, Jennifer Connelly, Crispin Glover
SCÉNARISTE Pamela Pettler
DURÉE 79 min.
SYNOPSIS Dans un avenir post-apocalyptique, la poupée en toile de sac numéro 9 (Elijah Wood) se réveille pour découvrir plus de son espèce qui se battent pour la survie contre des machines terrifiantes. Quand 2 (Martin Landau) est enlevé, 9 rassemble ses cohortes pour une dernière chance de sauver l’humanité…

Ce n’est pas sans ironie que les terrains vagues apocalyptiques se sont avérés être un sol aussi fertile pour les cinéastes. On a été sous l’eau, gouvernés par des singes, contrôlés par des machines, infestés de zombies, et bientôt nous serons entièrement balayés en 2012. Pour le moment, cependant, nous apparaissons tous morts, et un Geppetto des temps modernes a laissé une collection fourre-tout de poupées numérotées en toile de jute se battre pour la survie de l’humanité dans le premier long-métrage du scénariste/réalisateur Shane Acker.

Les talents de Acker pour l’animation assistée par ordinateur exhaustivement détaillé ont été récompensés par l’Academie des Oscars avec la sortie en 2005 de 9, un court métrage muet de 11 minutes d’où a jailli ce long-métrage parlant de 79 minutes. Avec ce court nommé aux Oscars, Acker a révélé ses influences, allant des cinéastes britanniques les Quay Brothers au génie de la BD français, Moebius, mais il est clair que Tim Burton, qui a servi de producteur sur le long Numéro 9, est un bon accord. Il y a plus d’une touche de l’étrange Noël de Monsieur Jack dans l’apparence du film, mais Acker a emmené son image photosurréelle dans une direction rafraîchissante.

Pour l’assister dans l’extension de son conte, Burton a associé Acker à la scénariste Pamela Petter, qui a écrit le script des Noces Funèbres pour le gourou goth. Même avec 68 minutes relativement courtes à remplir, ils ont dû couper leur œuvre pour étendre ce qui est une histoire très simple.

Avec la voix d’Elijah Wood, 9 se révèle pour se retrouver dans ce qui ressemble au monde de la seconde guerre mondiale détruit par les machines, seulement pour trouver une petite société de petites poupées cousues de manière similaire qui se cachent de la Bête, machine métallique qui a l’intention d’amasser une collection de poupées vivantes. Le leader auto-proclamé 1 (Christopher Plummer) garde ses troupes dissimulées, mais le petit nouveau 9 les convainc qu’ils doivent attaquer pour survivre. En cours de route, ils découvrent un film d’actualités de style Pathé qui révèle leur destinée – 9 et ses nouveaux potes ont été imprégnés des derniers vestiges de l’humanité et doivent se battre pour ce qui reste de l’âme humaine.

Visuellement, Numéro 9 est extraordinaire, offrant un niveau de détail et d’imagination qui rend même les films de Pixar kitsch. Les corps grossiers en toile à sac de nos héros numériques ne grattent pas du tout l’écran, et Acker a créé (et détruit) un monde incroyable avec toute la merveille angulaire dont on pourrait seulement s’attendre d’un diplômé en architecture.

Là où Numéro 9 ne réussit pas à atteindre la production de Pixar, c’est sur l’histoire et les personnages ; cette étendue urbaine post-apocalyptique évocatrice est mariée à une intrigue lourde. Les machines ont détruit le monde ! Les survivants doivent se battre ! Pour tant d’originalité de style, on en attend plus d’une narration qui se dissout trop souvent dans une série de chasses prédéfinies. Oui, on nous présente les rebelles 7 et 2, la vieille bonne âme, mais leurs traits uni-dimensionnels font peu pour vous aider à les lier sur un plan émotionnel.

Il y a aussi un problème avec le public visé par Numéro 9 : trop violent pour les mômes, trop superficiel pour les adultes, il existe dans un monde peu attirant pour aucun des camps. Ce qui est dommage parce que, sur le plan artistique, Numéro 9 a poussé l’animation de synthèse loin du mignon et dans l’ombre. Acker a besoin d’être surveillé. Ajoutez une histoire convaincante, et peut-être que la prochaine fois il aurait un dix.

Tony Horkins

VERDICT L’apocalyptique Numéro 9 offre des images innovatrices d’une Terre brisée habitées par des guerriers tissés qui combattent des machines. Mais c’est plus du style que de la substance – ce conte mécanique a besoin d’une touche humaine.

3/5

POUR ALLER PLUS LOIN

Avec le chef goth Tim Burton, le réalisateur de Wanted, Timur Bekmambetov est aussi producteur.

Shane Acker lui-même a fait ses dents dans les effets spéciaux comme animateur d’images de synthèse chez Weta, à travailler sur le Seigneur des anneaux : le Retour du Roi.

Le style SF tissé avec invention de Acker a déjà été nommé “stitchpunk”.

Traduction – 16 août 2013