Une autre situation qui fait hérisser les poils pour le mutant de Marvel…
3/5. Déjà en salles.

“Cela ne va pas bien finir !” dit une spectrale Jean Grey durant l’une des visites nocturnes qu’elle rend au subconscient de Hugh Jackman dans cette dernière sortie en date de son X-Man à poils et à griffes. C’est ironique, alors, que la fin du sixième opus du mutant de Marvel – formidable dernier grand geste qui sert cruellement de bande annonce à Days Of Future Past de l’année prochaine fébrilement attendu – devait finir comme l’un de ses moments les plus forts et les plus mémorables.

Non, c’est le milieu qui est en faute dans la tentative de James Mangold d’emmener la franchise X-Men vers l’orient – ode à l’allure irrégulière presque trop fidèle aux comics dont il est inspiré qui transforme temporairement le personnage titre en une version plus hargneuse du regretté Alan Whisker tandis qu’il voyage vers le Japon moderne.

Il y a fort à parier que les fans de l’arc de comics des années 1980 célèbre dont l’histoire est un dérivé goberont chaque dojo, kimono et pépite de sagesse philosophique. Venez voir le film sans aucune connaissance de cela, cependant, et vous pourriez vous retrouvez à compter les minutes jusqu’au prochain duel, bagarre ou empoignade.

Soyez rassurés, il y a beaucoup de ces trois là dans une aventure post-Affrontement final qui après un flash-back préliminaire de 1945, trouve le Logan/Wolvering de Jackman en homme des montagnes barbu toujours déprimé par avoir dû tuer Grey (Famke Janssen) sur l’île d’Alcatraz. Pourtant il y a une quantité affreuse de temps morts, aussi – assez, en fait, pour vous faire demander si les toxines sapant les pouvoirs administrés à Wolvie au début de la narration ont fonctionné en quelque sorte sur le film en tant que tout.

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Mort lors de funérailles
Il est étrange de se plaindre d’inertie dans un film qui démarre par une reconstruction étonnante du bombardement de Nagasaki, armageddon féroce qui lasse notre héro indestructible aussi croustillant qu’une dinde de Noël qu’on aurait laissée cuire jusqu’à Pâques. Dès que lui et le jeune soldat japonais qu’il a protégé s’éloignent du souffle, cependant, nous avons Jackman qui traîne en long, en large et en travers du Yukon avec un ours synthétique qui urine – un changement de ton qui jure et qui nous donne la puce à l’oreille que cette épopée va avancer par accoup.

Quand son pote à poils est empoisonné par des crétins de chasseurs, Logan se dirige directement vers l’auberge du coin pour prodiguer de la justice instantanée. Avant qu’il ne passe en mode fou furieux, cependant, il est arrêté par une jeune femme aux cheveux rouges (Rila Fukushima) porteuse d’un katana reluisant et d’une proposition intrigante de venir à Tokyo dire sayonara au gars à qui il a sauvé la vie 60 ans auparavant et qui pourrait avoir juste un antidote à son gène de régénération. Étant donné sa peur de l’avion et son côté ours mal léché, c’est un mystère pourquoi Logan accepterait une telle proposition opaque.

Mais il accepte, seulement pour se retrouver mêlé immédiatement dans une querelle familiale impliquant son ancienne connaissance (Haruhiko Yamanouchi), la petite fille ravissante du magnant mourant (Tao Okamoto) et deux tributs de ninjas et de Yakuzas en guerre.

Avec Wolverine intervenant lors de funérailles parsemées de balles, se débarrassant d’imbéciles sur le toit d’un train à grande vitesse roulant à 500 km/h et affrontant un samouraï d’argent géant, Jackman, encore plus baraqué mais toujours bel homme, est mis à l’épreuve. (Convenablement, pour un homme qu’on a vu la dernière fois dans My Movie project avec une paire de testicules synthétiques au cou, il lui arrive aussi de sortir de bonnes vannes, dont une qui rappellera quelque chose aux fans du Bond classique).

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Fatigue métallique
Il est difficile de ressentir, hélas, qu’il y a quelque chose de particulier en jeu, surtout quand on en vient à la vie amoureuse de notre héro. Et quand il est révélé, le Samouraï d’Argent est une énorme déception, aussi, surtout une fois que nous apprenons les secrets du costume.

Pourtant, même s’il ne possède pas le vif esprit animé d’un Avengers, ni la grandeur allégorique d’un Dark Knight, c’est un cran au-dessus de l’absurdité confuse du premier film solo de Wolverine. À la différence de Origins, la narration est plus vivement focalisée ici, enflammée par des flashs de super-héroïsme stylisé. Il est vrai, il y a probablement trop de scènes d’acier qui frappe de l’adamantium. Mais l’action assistée par la 3D est toujours spectaculaire, notamment durant une embuscade au goût de Kurosawa qui voit Wolverine transformé par des flèches en coussin à épingles mutant. Un autre plus, c’est Svetlana Khodchenkova (de la Taupe) en diablesse sexy qui crache du venin, lèche comme un lézard et accessoirement se débarrasse de sa peau comme la mode de la saison dernière.

Qu’elle soit l’une de la poignée de personnages (dont notre protagoniste) à l’ADN muté suggère que Mangold & Co. ont peut-être un peu trop diminué les choses de ce que les gens s’attendent d’un film X-Men. Mais encore, comme (le) Wolverine lui-même, il n’en fait qu’à sa tête et, tandis que cela pourrait diviser les non-fans des fidèles, ces derniers applaudiront ses efforts à approfondir et défier leur hirsute héro.

Neil Smith

LE VERDICT La bonne nouvelle ? Une amélioration de Origins. La mauvaise ? Une amélioration pas aussi grande que l’on espérait : parfaitement décente, mais lourde aussi.

Classification Déconseillé aux moins de 12 ans Réalisateur James Mangold Avec Hugh Jackman, Tao Okamoto, Hiroyuki Sanada, Will Yun Lee, Svetlana Khodchenkova Scénariste Mark Bomback, Scott Frank Distributeur 20th Century Fox Durée 126 min.

SUJET DE DISCUSSION Peu à l’aise avec le “The” du titre original ? Allez vois le film au Japon, où on le connait sous le titre de Wolverine : Samouraï, ou dans les pays hispanophones où c’est Wolverine : Immortel.

Traduction – 1er janvier 2014