La suite de FascinationTentation, est garantie d’être un succès auprès des Twi-hards. Mais qu’en est-il pour le reste d’entre nous ? Le réalisateur Chris Weitz promet “il y a plus d’une voie dans celui-là”…

C’est un domaine hypnotique, un paysage verdoyant teinté de floraison de mûrissement de la jeunesse parfaite. C’est un dominion sauvage, dans lequel des créatures magiques se promènent dans les forêts – et errent dans les couloirs de lycée – une sphère où des passions secrètes sont révélées et des désirs brûlants se libèrent. C’est aussi un lieu où, si vous avez un accident de moto et vous vous ouvrez la caboche sur un gros bloc de roche, un jeune musculaire viendra à votre secours en enlevant son t-shirt.

Nous ne parlons pas, bien sûr, du dernier livre de la collection Nocturne de chez Mills & Boon ; mais plutôt, du monde de Twilight – plus spécifiquement, son deuxième opus, sous l’apparence de la suite à venir, Tentation. Le premier film de la franchise vampire pour adolescents a englouti pratiquement 400 millions de dollars au box office, la grande majorité venant de tirelires de filles de 13 ans. Elles étaient éprises de l’incarnation par Robert Pattinson de l’ultime vampire végétarien et Adonis complet, Edward Cullen, et s’identifiaient au portrait élégant de Bella Swan par Kristen Stewart, une héroïne innocente qui se bat avec les émotions adolescentes habituelles – et les plutôt inhabituelles, nourries par son désir de coucher avec un gars qui pourrait (assez littéralement) la manger tout crue. Pour le public cible de jeunes adolescentes, cela s’est avéré être effectivement enivrant.

L’auteur des quatre romans de la saga Twilight, Stephenie Meyer, a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’approcher les chiffres de ventes de J.K. rowling, mais avec environ 100 millions de livres déjà vendus, sa saga de vampires a enfoncé ses crocs dans une grosse portion du marché adolescent. Et tandis que le petit sorcier devrait se préparer pour sa dernière bataille à l’écran (en deux parties), il y a maintenant une nouvelle franchise prête à remplir le vide.

Le mois prochain, la deuxième adaptation au cinéma de la saga Twilight arrive, et les premiers signes indiquent que Tentation s’élèvera une fois encore pour enflammer ces cœurs adolescents. Les deux rôles principaux sont rejoints au premier plan par Taylor Lautner dans le rôle du métamorphe Jacob, qui a été présenté dans le premier film mais prend le devant de la scène dans le second.

À un moment, les cinéastes ont caressé l’idée de remplacer Lautner, préférant un acteur plus naturellement mûr et, ainsi, mieux placé pour à la fois représenter le développement pubère accéléré du personnage et, bien sûr, titiller les troupes de filles qui bavent. Heureusement pour l’acteur de 17 ans, une longue période en salle de sports et 13 kilos de muscles plus tard, il est de retour en grâce et, à en juger par les premières images de Tentation, bien parti pour faire envoler les rythmes cardiaques adolescents via l’enlèvement de son haut.

“Dans Fascination, Jacob est ce gamin insouciant, mais dans Tentation, quand il se transforme en loup, il devient une personne complètement différente, intervient Lautner. C’était presque un dédoublement de personnalité dans le même film et voire parfois le même jour. C’était très marrant”.

Mais combien d’autres choses y-a-t-il dans Tentation qu’un tablette de chocolat en plus ? “En fait, bien d’autres choses sont présentées dans le second fim”, propose Stewart, qui, en ce qui nous concerne, garde sa chemise. “Tout d’abord, Edward quitte Bella, ce qui est intéressant – on les voit s’en sortir sans l’autre. Il y a aussi le monde des loups-garous, qui s’éveille, et on rencontre Jacob, qui est censé représenter la lumière et la chaleur. Il sort Bella de la routine dans laquelle elle est”.

Et ainsi un triangle amoureux est formé. “Et c’est vraiment tragique”. Satanée géométrie passionnée. “Il y a bien plus de matière à travailler ici. Le premier film était bon parce qu’il parlait d’amour ultime, mais c’est aussi un peu monotone. Maintenant, c’est une histoire plus complexe”.

Tout cela devrait s’avérer bénéfique aux cinéastes. S’ils espèrent chiper même qu’une portion du succès international de Potter – le Prince de Sang-Mêlé devant encore dépasser la marque du million de dollars – ils doivent tendre la main au delà du cœur du public.

La réalisatrice Cathrine Hardwicke a fait en vitesse une séquence raisonnable pour couronner son ouverture de la franchise, et son film était très plaisant à l’œil mais, si on doit dire la vérité, Fascination a excité peu d’imaginations masculines. Est-ce que Tentation se propose d’ajouter plus d’hommes dans le public ? Prenant la place de Hardwicke, qui a décliné l’offre de revenir à Forks, dans l’État de Wahsington, Chris Weitz le pense certainement.

“On a les loups-garous qui arrivent, et les effets vont être géniaux dans cette partie du film”, dit-il quand nous nous rencontrons à LA, durant la post-production du film. “Aussi, il y a plus de bagarres et ça devrait attirer les garçons. Il y a aussi un personnage masculin, Jacob, qui est un personnage plus viable en soi pour la plupart des garçons parce que c’est un mec ordinaire. Il travaille sur des voitures, alors que Edward est un homme parfait, et peut-être qu’il n’attire que des hommes parfaits. Ça rend la démographie vraiment petite ! Alors il y en a plus dans celui-là”. Il sourit. “Il n’y a pas de robots qui se transforment, ni d’énormes explosions, et pas de femmes nues – mais on espère faire monter la démographie masculine !”

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Quand les frères Weitz se réunissent, le rendez-vous assigné doit avoir des échos de fantastique. Le duo peut s’être fait un nom en co-réalisant la comédie sexuelle pour ados American Pie (1999) et puis le film de mentor réconfortant Pour un garçon (2002), mais leurs intérêts personnels s’inclinent plus vers le minutieusement élaboré. Les deux sont fiers adeptes de l’auteur d’héroic fantasy Michael Moorcock, et ils projettent de travailler sur une adaptation de sa saga Eric, qui suit un guerrier albinos. Avant cela, cependant, les deux lanceront une incursion dans le canon de films de vampires toujours en plein essor.

Tandis que son frère aîné Chris a pris les commandes de Tentation, Paul, l’autre Weitz, a commencé la pré-production sur l’Assistant du vampire, adaptation de la première des trois nouvelles de la saga de vampires pour adolescents bestseller de Darren Shan, au début de l’année dernière – bien avant que Twiligt ne devienne un phénomène du grand écran. Il sort ce mois-ci. “On a parlé de l’ironie de tout ça”, dit l’homme aux commandes de Tentation”, parce que je me souviens d’avoir dit à mon frère il y a trois ans – il avait toujours voulu faire un film avec un vampire – que les vampires, c’était fini. J’ai dit, les gens n’en veulent plus ; Buffy, c’est le dernier truc. Ça ne reviendra pas. Eh bien, combien avais-je tort ?”

Les vampires sont définitivement en vogue – avec le nombre toujours grandissant de films de suceurs de sang qui vont en production, des séries comme True Blood et Vampire Diaries ont été lancées sur la télévision américaine, avec un succès considérable.

“Je ne peux expliquer le regain soudain d’intérêt, admet-il. La seule chose à laquelle je peux penser, c’est que c’est une métaphore très adaptable. Dans les années 1980, le mythe du vampire aurait été à propos du SIDA ; dans les années 1990, l’addiction à la drogue. Aujourd’hui, peut-être que c’est sur la retenue et le désir, mais je ne peux expliquer pourquoi il y a autant de sagas de livres, de films ou d’autres trucs sur les vampires. Il y a le danger, je suppose ; la possibilité de sucer du sang est excitante.

“Pour moi, cependant ; je peux honnêtement dire que j’ai répondu à l’histoire du deuxième roman Twilight”, il insiste, indiquant le fait qu’Edward quittant Bella au début de Tentation rappelle un chagrin familier. “J’ai pensé que j’avais vécu ce qu’avait vécu Bella à divers moments de ma vie, quand on m’avait largué sans cérémonie”.

Alors il ne partageait pas la tendance naturelle de son frère de s’essayer à un film de vampire ? “Non, Paul aime bien plus les trucs grotesques que moi. Je n’étais pas aussi obsédé, dit-il dans un sourire. Ça pourrait aussi à voir avec la quantité et le type de drogues qu’on a pris plus jeunes !”

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Peu importe quelles drogues Weitz a pu essayer plus jeune, on aurait pu lui pardonner s’il avait décidé de toutes les prendre durant la fin de l’années 2007. Weitz avait attrapé ce qui semblait être l’un des meilleurs boulots de fantasy actuel, réalisant l’adaptation sur grand écran la Boussole d’or, le premier épisode rebaptisé de la trilogie de Philip Pullman, À la croisé des mondes. Daniel Craig et Nicole Kidman étaient les stars qui devaient éblouir aux côtés de l’espoir Dakota Blue Richards, mais le film n’a pas été aussi performant que l’espérait le studio. New Line, qui finançait le projet, a vendu les droits internationaux tout en gardant les droits domestiques américains. Mauvaise pioche ; le film a été un succès à l’étranger, encaissant plus de 300 millions $ (il a éclipsé les films individuels de Rings au Japon), mais un flop aux États-Unis, arrivant en trébuchant à une maigre recette de 70 millions $. Avec New Line forcé à se retirer dans les bras de sa société mère, Warner Bros., le jeune réalisateur, il semblait, avait gâché son grand moment.

“Je ne suis pas sûr d’avoir ressenti ça, réplique-t-il, mais je n’aurais pas fait le film si j’avais su que la version finale mise sur les écrans n’était pas celle que j’avais en tête. Malheureusement, cette version ne peut pas vraiment être finie parce que ça coûterait quelque chose entre 15 et 17 millions de dollars juste pour finir les effets spéciaux. Je regarde le film sorti et tout ce dont je peux être fier, c’est certains moments, la distribution, les effets et le look. Mais le produit final, je ne peux m’en porter garant”.

Weitz n’a pas particulièrement ressenti que sa réputation avait été touchée – “Je pense que les gens du milieu ont en quelque sorte compris ce qu’il s’était passé”, dit-il – et il n’a même pas eu besoin de faire une grosse pression pour obtenir Tentation. “Bizarrement, quelqu’un est venu me voir, explique-t-il. Avec la Boussole d’or, cependant, je me sens mal envers les fans du livre. J’ai promis de faire quelque chose et je n’ai pu le faire”.

Alors que promet-il avec Tentation ? “Que je ferai de mon mieux. Je pense qu’on a fait du bon boulot. J’espère qu’on a diversifié le public tout en contentant les fans extrémistes”.

Les fans extrémistes ? Il veut, bien sûr, parler des Twi-hards, ceux qui se classent au dessus des Twilighters quand on en vient à leur Twiligion. C’est un monde mystérieux, habité par toutes sortes de fanatiques à crocs, et c’est tout aussi séduisant que l’environnement créé par Meyer elle-même. Dans l’Urban Dictionary, la définition d’un Twi-hard est, “La plupart des Twi-hards sont pour le véritable amour et le coup de foudre. Montrer quelque chose à un Twi-hard, et il pourra le relier tout de suite à Twilight”. Et si cela ne fait pas assez peur, alors c’est encore plus inquiétant pour les cinéastes : “Féroces et sauvages, ils ont besoin que tous les petits détails soient parfaits dans le film à venir”.

C’est beaucoup en demander. La perfection, comme le prouve Edward Cullen, est atteinte par très peu. Pourtant, Tentation scintillera sans doute de beauté, et il pourrait y avoir des sensations à indice d’octane plus élevé pour le public masculin. De plus, même si les cinéastes ne sont pas à la hauteur de la perfection, la majorité des fans trouveront toujours du confort. Après tout, à plus d’un moment dans le film, un jeune bien musclé sauvera la mise, offrant même le t-shirt qu’il a sur le dos.

Tentation sort le 20 novembre et sera chroniqué dans un futur numéro.

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ROBERT PATTINSON
R-Pattz peut ne pas être beaucoup dans Tentation, mais vous ressentirez certainement sa présence…

Avec Edward Cullen pratiquement exilé dans le deuxième roman de Stephenie Meyer, les cinéastes sont déterminés à booster sa présence dans l’adaptation cinématographique, s’assurant qu’ils exploitent l’attrait sur grand écran pour la dernière pin-up de Grande-Bretagne, le plutôt réticent Robert Pattinson. Assis avec la star de 23 ans durant le festival de Cannes (Tentation était fini ; Hésitation, le troisième film, allait commencer à être tourné quelques mois plus tard), il semble qu’il soit toujours incapable de comprendre la frénésie que sa présence excite. En dehors de notre tente sur la plage, des milliers de filles hurlantes recouvrent la promenade…

“C’est vraiment bizarre, surtout quand je n’ai pas encore vu ce film”, dit-il en montrant de la tête les hordes réunies. “Il y avait cette scène vraiment bizarre sur Tentation où on tournait dans cette école au Canada. On marchait dans les couloirs et à chaque fois qu’une classe sortait, ils commençaient tous à applaudir. Chaque classe. Bizarre”.

Pattinson peut ne pas encore avoir vu la version terminée de la suite du blockbuster, mais il est confiant. “C’est une histoire d’amour, mais il y a quelque chose qui lui donne un côté sombre. Je pense que la plupart des gens aiment avoir un secret dans leur relation avec leur petit(e)-ami(e). Ça contient l’excitation. Et, honnêtement, même si ce n’est pas un film d’action, celui-ci est bien plus masculin. Je n’avais pas l’impression de faire un film de fille et je pouvais bien plus m’identifier à celui-là. Le deuxième livre a toujours été mon préféré et il y a beaucoup de combats dedans. Aussi, dans celui-là, ce que vit Edward est beaucoup plus identifiable pour les gars, tandis que dans Fascination, c’était assez difficile pour moi de l’exprimer. Tous ceux qui ont vécu une rupture amoureuse comprendra si je l’ai bien fait”.

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BRIEFING

Twilight, chapitre II : Tentation
Sortie :
le 20 novembre
Budget : 90 millions $ (estimation)
Réalisateur : Chris Weitz
Avec : Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Michael Sheen, Dakota Fanning
Résumé : Après une effusion de sang en présence de la famille Cullen, Edward (Pattinson) et les siens décident qu’il est mieux pour Bella (Stewart) s’ils s’en vont de la ville. Le cœur brisé, elle répond en vivant dangereusement et se rapproche d’un désormais baraqué Jacob (Lautner).

Will Lawrence

Traduction – 12 janvier 2014