Des Hobbits, des Sorciers et des Elfes, bon Dieu ! Faites la connaissance de la compagnie de visages et de races* familiers ou moins d’un Voyage inatendu.
*Nains non inclus

BILBON
Martin Freeman est pratiquement prêt pour son gros plan

La troisième fois que Empire rencontre Martin Freeman, il est assis dans un sofa bien moelleux, vêtu d’un costume bleu électrique élégant, irradiant la pièce d’un sourire à la fois satisfait et légèrement nerveux. “Je viens juste de m’établir”, dit-il, se référant à être de “retour” dans son habitat naturel de Londres, maintenant que le premier trajet et le plus long du tournage du Hobbit dans l’“aller” de la Nouvelle Zélande ait finalement touché à sa fin. “Cet endroit me manque toujours”, dit-il en regardant par la fenêtre, “et je n’ai jamais été aussi éloigné aussi longtemps que je ne l’ai été pour le Hobbit”.

Apparemment, même s’il doit encore le voir, le premier film doit bientôt sortir en salle. La preuve que tous ces mois à tituber dans des tunnels et des forêts avec de longs pieds en caoutchouc avait un but créatif. Peut-être est-ce une forme de syndrome de Stockholm version Terre du Milieu (le syndrome de la Comté ?), mais il ne saisit pas que la labeur se finit par se retrouver sous la forme d’un bon vieux film merveilleux (ou trois). “Il y a toujours une partie de moi qui ne croit pas vraiment qu’il va sortir, dit-il en riant. Peu de choses que tu fais dans ta vie prend des proportions mythiques. À cause de Tolkien, et à cause de Peter, c’est le film le plus anticipé que je ferai sûrement”. Toutes nos excuses à Swinging With The Finkels. Il est allé au cinéma récemment, et a été très surpris quand la bande annonce du Hobbit est apparue. “C’est du genre, Merde, je croyais qu’on le faisait juste pour nous”. La Nouvelle Zélande, admet-il, peut être assez étriquée.

Finalement, Freeman devra affronter son étiquette, qui circule rapidement via la blogopshère jamais consciemment plus qu’impressionnée et Jackson lui-même, de Bilbon Sacquet parfait. Bien que, étant donné que la disposition naturelle de l’homme de 41 ans se trouve du côté froid de la réserve, il se soit concentré sur la petite minorité de défaitistes. “Je me suis focalisé sur le pourcentage de gens qui pensent que c’était un choix épouvantable, affirme-t-il avec amusement. Je trouve toujours des manières de rendre n’importe quoi négatif”. Si les gens pensent qu’il est un Bilbon parfait, cela veut probablement dire qu’il est petit.

Être le parfait Bilbon, c’est bien plus qu’une question de stature (sachez que 1.10 m est normal pour un Hobbit), cependant. Freeman a fusionné son âme anglaise hésitante, intuitive et drôle au héro tout aussi nuancé de l’invention de Tolkien pour faire ce que l’acteur voit comme un “animal différent” de celui du livre. À en juger des aperçus d’images qu’Empire a vu, son Bilbon possède un côté tête bien sur les épaules sec – un côté terre-à-Terre du Milieu, si vous voulez. Pourtant Freeman est fier de ce qu’il voit comme la nature contredite de Bilbon. Il est loin d’être un héro évident.

“L’un des bouts que j’ai vu, raconte-t-il, s’égayant, c’est une belle scène en fait – si je le dis moi-même – où il se réveille après avoir eu une explication avec Gandalf : Pensez-vous que je dois y aller ? Il ne trouve, à son grand soulagement, personne dans Cul-de-Sac. C’est une situation, Génial, il sont partis… Merde, ils sont partis. Il se retrouve de passer d’un tas de personnes vraiment énervantes et cacophoniques au silence total. Il est seul et ce pourrait être le reste de sa vie. Les paroles de Gandalf le piquent en quelque sorte : Il y a un monde là-bas…”

Les effets spéciaux, la 3D et les 48 images par seconde peuvent donner une vie extraordinaire à ce monde, mais nous ne devons pas négliger la complexité dans lequel le Hobbit de Freeman a été créé. Par exemple, il y avait la question de l’âge. “Je le pensais entre 40 et 50 ans”, détaille Freeman, notant comment l’anachroniste Terre du Milieu a tendance à être quand on en vient aux questions d’époque : “Certaines paraissent médiévales, d’autres géorgiennes, certaines ressemblent aux années 1950. Mais je le voyais comme un cinquantenaire vieux jeu et légèrement coincé”.

Il y a des différence distinctes entre lui et le Frodon de Elijah Wood. Qui, on pourrait avancer, passe d’un héro sérieux à un pleurnichard perdu par l’Anneau. “Il est intrinsèquement plus correct que Frodon, plus pompeux, explique Freeman. Frodon est plus ouvert – on doit ouvrir de force Bilbon comme une huître. Une grande partie de la comédie vient de voir sa conformité affronter le danger pour la première fois”.

Il y a des liens avec la variation plus âgées de Ian Holm sur le thème de Bilbon. Comme Holm est présent dans les scène de début et de fin de la nouvelle trilogie, Freeman a embarqué les fioritures de jeu d’acteur de son aîné, comme ces petits éclats d’étourdissements. “Juste des sortes d’exclamations gestuelles, explique Freeman. Je les ai gardées en stock pour mon propre arsenal – juste pour les avoir ici quelque part”.

Il y avait les défis de l’évolution de Bilbon sur les trois films, quand le tournage a fait chanceler leur chronologie comme un Nain soûl. “Pete et moi, on avait ces conversations du genre, Eh bien, est-il à cet endroit maintenant ? Va-t-il avoir peur de ça ? N’est-il pas habitué à ça maintenant ? Je rongeais constamment mon frein pour jouer quelque chose d’un peu plus sérieux, un peu plus torturé et sombre, et il me mettais toujours au pas : On n’y est pas encore. C’est un long voyage. Il change. Parfois ce se reflète dans son état débraillé”.

En parlant de cela, nous devrions aussi nous occuper de l’apparence précise de Bilbon, ce côté de dandy edouardien, guindé et difficile à propos de redingotes cintrées et de foulards en velours, observant la grande couture peau d’âne des Nains avec un mépris elfique. Freeman a été désireux de rajouter “son grain de sel”. Des ajouts en particulier ? “Un peu de couleur, tu sais, des écharpes, des choix de tissu”, il réfléchit joyeusement, la réponse de Hobbitbourg à Niles Crane, “mais rien n’échappe à Pete, et ce n’est pas comme si j’allais dire, Je pense qu’il devrait avoir un costume en mohair”.

Comme si cela ne venait que de lui traverser l’esprit maintenant qu’il allait être sous le feu des projecteurs, Freeman pâlit légèrement. “Je veux être enchanté aussi”, insiste-t-il dans une bouffée d’honnêteté, de voir le film. “Tu y laisse beaucoup, tu sais. Tu dois toujours faire confiance. Mais c’est entre de bonnes mains”. Non pas que je voyage soit en aucun cas fini. Assez rapidement, après l’avant-première du premier film et une nouvelle saison de Sherlock, avec une trilogie qui demande un peu plus de chair d’Hobbit sur les os, il doit retourner à Wellington pour un tournage additionnel. “C’est des raccords, je pense”, réfléchit-il sur ce qu’il pourrait rester à tourner. “Et on doit faire la Bataille des Cinq Armées…” Le retour à la vie calme…

Ian Nathan

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FRODON
Elijah Wood obtient une dernière performance à Cul-de-Sac.

Elijah Wood avait 19 ans quand ses faux pieds recouverts de duvet ont foulé pour la dernière fois l’herbe verte vive de Hobbitbourg pour le Seigneur des Anneaux. Au moment de son bref retour pour le Hobbit, il venait d’avoir 30 ans. “Ça n’a pas du tout changé”, dit-il au téléphone depuis Barcelone, où il vient de finir une journée intense de tintement d’ivoire pour le thriller Grand Piano (“l’un des films les plus éprouvants sur lesquels je n’ai jamais travaillé”). Wood, lui-même, a changé, par contre. “J’ai moins de graisse de bébé et mon visage est légèrement plus angulaire. Mais une fois que j’avais remis la perruque, les pieds et les vêtements et que j’ai pris une photo de moi sur mon iPhone et que je l’ai vue, ça m’a frappé combien je ressemblais toujours à Frodon. C’était genre, Oh putain, je suis étrange ! Si étrange”.

Étant donné que le lointain cousin de Bilbon (l’arrière-grand-père de Frodon est le grand-oncle de Bilbon) et son héritier n’était même pas né durant la Quête d’Erebor, il n’est pas difficile pour Wood de confirmer que sa présence dans un Voyage innatendu fait partie d’une mise en scène, avec Sir Ian Holm (qui a aujourd’hui 81 ans) dans le rôle du vieux Bilbon. “Elle a lieu peu avant qu’on rencontre nos personnages dans le Seigneur des Anneaux”, c’est tout ce qu’il dira. Établir la continuité avec le Seigneur est, il semble, très important pour ce film, que Wood décrit comme “une histoire d’aventure assez linéaire”. C’est, dit-il, “de la pure aventure”.

Malgré n’avoir tourné que quelques jours en Nouvelle Zélande (ainsi que quelques scènes à Londres avec Holm, qui ne pouvait voyager), il y est resté un mois. “C’était vraiment merveilleux de retrouver toute l’équipe, dit-il. Tu sais, une grande partie de ces jeunes hommes étaient venus en Nouvelle Zélande pour la première fois et se sont retrouvés dans un endroit similaire dans lequel on a tous été, et trouver ce même enthousiasme et lien entre eux était génial. Je veux dire 13 Nains ! C’est certainement plus que quatre Hobbits…”

Wood admet qu’il n’avait jamais imaginé rejouer Frodon. “C’est en quelque sorte bizarre et ça fait aussi l’écho du dernier film du Seigneur où il y a un million de fins, dit-il en gloussant. On a vécu tellement de ces fins nous-mêmes. On a fini le tournage principal et à ce moment on pensait vraiment que ce serait la dernière fois qu’on serait en Nouvelle Zélande à tourner. Et puis on est revenus tous les ans jusqu’au Retour du Roi, où on a pensé, Ça y est. Et puis je suis revenu faire ça ! Je viens juste de faire la postsynchronisation pour le Hobbit et c’était véritablement la dernière fois. Je pense…”

Dan Jolin

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GOLLUM
Andy Serkis sur un nouveau misérable pleurnichard amélioré

Avant qu’il ne soit chargé d’être le réalisateur de la deuxième équipe, et de passer 18 joyeux mois en Nouvelle Zélande à être les yeux et les oreilles de Peter Jackson, Andy Serkis s’attendait à passer un peu plus de quinze jours à travailler sur le Hobbit. Comme il s’est avéré, cela a pris une semaine et demie pour finir l’apparition brève mais pertinente de Gollum dans le premier film. “Je suis descendu faire Gollum et puis continuer ma vie”, dit-il en riant, quand Empire le rencontre à Londres. “C’était cette chance de revenir dans ce personnage une dernière fois, pas plus que ça”.

Aussi brève que l’apparition de Gollum sera dans la trilogie,  c’était une scène que Serkis, comme de nombreuses personnes, se rappelait de son enfance. “Je me souviens plus de Gollum dans le Hobbit que dans le Seigneur des Anneaux, admet-il. C’est Gollum dans la caverne, dans le bateau, à jouer aux devinettes avec Bilbon : son moment le plus célèbre. Ça semblait en quelque sorte plus symbolique”. Mettre la séquence en premier dans l’agenda (voir Empire 279 pour toute l’histoire) était également principal. “Tout le monde savait où on était, ça a remis tout le monde dans l’esprit dans la Terre du Milieu”, rapporte Joe Letteri, socier des effets spéciaux à Weta Digital. “Ça a lié tout le monde dès le départ”.

Le temps peut avoir été inversé en Terre du Milieu, retournant 60 ans en arrière pour le préquel, mais dans le monde réel, c’est l’avancée en avant qui a apporté un énorme changement dans la manière dont est perçue la capture de mouvement. L’arrivée d’Avatar et de la Planète des singes : les Origines et tous ces films ont donné au monde étrange de Serkis, détalant en justaucorps, un crédit complet. “C’est juste accepté, dit-il fièrement. C’est traité aujourd’hui comme un jeu normal… L’acteur vient sur le plateau jouer un rôle – c’est une transition significative”.

Et dans ces années écoulées, la technologie a connu des bonds et des limites aussi. Créer Gollum d’un point de vue de Weta est devenu plus direct. “On utilise évidemment des caméras montées sur le visage, comme on a utilisé pour la Planète des singes : les Origines, et je ne m’attends pas à ce que ça reste ainsi – elles sont assez encombrantes”.

Combien paraîtra mieux le misérable ? “Bien sûr, la texture de la peau et les cheveux s’améliorent tout le temps” dit Serkis en riant de l’idée ironique d’“améliorer” Gollum. “Il sera plus détaillé. Le défi est toujours plus grand – les yeux du public sont devenus plus entraînés. Tandis qu’à l’œil de Weta, il y a toujours de la place pour l’amélioration”. Et c’est un Gollum différent : il est, à ce moment, en possession de l’anneau”. C’était intéressant, s’accorde Serkis. J’ai dû penser à lui comme venant d’avoir sa dose. Il n’est pas encore confronté à la perte de l’anneau”.

Ian Nathan

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ELROND
Hugo Weaving revient dans le rôle du grand Elfe de Fondcombe.

Quand Hugo Weaving a raccroché sa perruque tressée noir de jais et son bandeau de mithril, et a dit namárië à la Terre du Milieu après avoir tourné le Seigneur des anneaux, il a plaisamment interpellé Peter Jackson, “On se voit sur le Hobbit, Pete !” La réponse de son réalisateur épuisé a été apparemment finale : “On ne fait PAS le Hobbit”. Même ainsi, Weaving n’a pas du tout été surpris de se retrouver encore une fois à Fondcombe, à Wellington quelques années plus tard, arborant une nouvelle paire d’oreilles pointues – même s’il a été surpris par la manière dont il a appris son retour : durant une conférence de presse, l’ancien capitaine du Hobbit, Guillermo del Toro, avait annoncé, “Hugo Weaving est définitivement de la partie”.

“J’ai dit, Quoi ? Vraiment ?” dit l’acteur australo-anglais en riant, les yeux gonflés faignant le choc. (À la fin, il n’a jamais rencontré del Toro. “Au moment où je suis arrivé en Nouvelle Zélande, il était déjà retiré du décor”.) Non pas qu’une telle présomption l’ait gêné. Dès le début, quand Barrie M. Osborne – producteur à la fois sur les trilogies du Seigneur et Matrix – avait suggéré le ricaneur Agent Smith aux cheveux lissés des Wachowski dans le rôle du Seigneur de Fondcombe aux sourcils froncés de Jackson et Weaving était venu à Wellington pour une visite des décors avec l’enthousiaste réalisateur australien, l’idée de jouer un elfe était “juste amusante” pour lui. De plus, reprendre ce rôle signifiait aussi qu’il pouvait, comme il le dit, “traîner avec Gandalf. J’aime très, très tendrement Ian (McKellen), alors ça a toujours été délicieux”. Il a également savouré l’opportunité de travailler une fois encore avec l’équipe de Jackson. “Des gens adorables, c’est une groupe génial. Énorme. Quelqu’un l’a décrit comme le plus grand film maison jamais fait. Il y a un fort sentiment de famille et un fort sentiment de but”.

Il y a peu qui soit particulièrement elfique chez Weaving aujourd’hui. Nous nous rencontrons durant le festival du film de Toronto au sein d’une effervescence de publicité pour l’adaptation dangereusement ambitieuse par Tom Tykwer et Andy et Lana Wachowski du roman de David Mitchell, Cloud Atlas. Weaving est pratiquement tout de dénim bleu vêtu, son visage enveloppé d’une barbe rousse-brune-grise fournie, et il a passé la journée à répondre à des questions sur, entre autres, la réaffectation sexuelle, la réincarnation et revêtir un costume de femme obèse pour jouer une infirmière maléfique (juste l’un des cinq méchants qu’il incarne dans Cloud Atlas). Pourtant, il trouve cela aussi facile que se glisser en mode conversation en Terre du Milieu qu’il a été pour lui de réadopter l’état d’esprit du conseiller immortel bienveillant mais méfiant de Jackson/Tolkien ; cela a été trop facile de redécouvrir le personnage.

Non pas qu’il n’avait pas d’inquiétudes. “J’étais intéressé par le fait que si oui ou non l ton du Hobbit allait être différent de celui du Seigneur des anneaux, dit-il. Parce que le livre est vraiment beaucoup plus puéril. Il l’a écrit plus tôt et je pense que tout le sentiment de la seconde guerre mondiale imminente a vraiment beaucoup façonné le Seigneur des anneaux, tandis qu’elle ne façonne pas de la même manière le Hobbit. Peter voulait capturer ce monde en guerre dans le Seigneur des anneaux – ce sentiment qu’il y a une menace constante derrière chaque arbre, chaque coin. Mais j’ai ressenti que sur le Hobbit qu’on était définitivement dans le même monde visuel, et même s’il y a une différence de ton – les personnages centraux des Nains sont évidemment très différents des Hobbits – ce n’est pas aussi grand que ça aurait pu. J’ai pensé qu’on aurait pu aller dans un territoire légèrement différent, mais je ne pense pas que c’est le cas”.

Les différences entre le Elrond de Jackson/Walsh/Boyens et celui de Tolkien sont juste aussi marquées qu’elles l’étaient dans les films précédents ; c’est sans aucun doute le même Seigneur de Fondcombe que nous avons vu à l’écran, plutôt qu’un reconfiguré pour se rapprocher du roman. “Elrond dans le livre du Hobbit, c’est cette figure de sage énigmatique qui regarde les étoiles, joyeux et légèrement mystique, explique Weaving. Il n’y a rien de sombre chez lui. Mais Elrond dans le Seigneur des anneaux et dans ce film est bien plus sombre, parce que c’est juste la manière dont c’est visualisé”. C’est le Elrond, rappelez-vous, qui se méfiait de l’humanité depuis que Isildur n’ait pas jeté l’Anneaux Unique dans les feux de la Montagne du Destin. “Ouais, et aussi Thorin se méfie de Elrond. Il invite Thorin et son groupe à Fondcombre et leur donne de la nourriture, mais en même temps, il y a une sorte de tension sous-jacente entre Thorin et Elrond”.

Un Voyage innatendu, bien sûr, voit également le début d’une belle amitié : entre le Semi-Elfe et le Semi-Homme “cambrioleur”. “Oui, absolument, on voit leur rencontre initiale dans le Hobbit, explique Weaving en souriant. Il y a une scène avec Bilbon et Elrond et il y a une sorte de reconnaissance de qui est Bilbon dans les yeux d’Elrond et vice versa. C’est une scène sympa entre les deux”.

Weaving blague sur le fait que “une fois que tu es en Terre du Milieu, tu ne peux jamais la quitter”, et certainement, il n’est pas sûr s’il en a fini avec Elrond. Maintenant que le Hobbit s’est étendu en trilogie, ses scènes avec le Conseil Blanc à Dol Guldur, sombre bastion du mystérieux antagoniste de cette trilogie, “le Nécromancier”, ont été déplacées au deuxième film la Désolation de Smaug. Tandis qu’il nous raconte que la grande apogée de la Bataille des Cinq Armées – scène clé du troisième film Histoire d’un aller et retour – doit encore être filmé. “Et qui sera dedans ?!! s’exclame Weaving. Je ne sais pas si Elrond y sera, si j’ai plus de scènes à tourner à cause de ça, ou si j’en fais partie. Ce n’est pas le cas dans le livre, mais à peu près tout le monde est impliqué dans le livre sans être nécessairement nommé spécifiquement. Alors on pourrait imaginer qu’Elrond pourrait y être d’une manière ou d’une autre…”

Dan Jolin

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RADAGAST
Le septième Docteur est le troisième Magicien

L’arrivée de Sylvester McCoy en Terre du Milieu marque la fin d’un voyage de dix ans : il est arrivé dans les deux derniers acteurs pour le rôle de Bilbon Sacquet dans le Seigneur des anneaux, mais a fini par perdre en face de Ian Holm. “Je n’étais même pas fâché”, dit l’ancien Doctor Who à Empire. “J’étais juste fier d’être en si bonne compagnie”. Dans le Hobbit, cependant, il porte l’habit débraillé de Radagast le Brun. “Le Docteur est un Magicien, dit McCoy, et Radagast en est un autre. On m’a dit que Peter Jackson a mon costume, de l’époque quand j’étais Doctor Who. Aujourd’hui, il a mon costume de Radagast aussi, alors je ferais mieux de m’assurer qu’il ne mette pas la main sur mes habits de tous les jours !”

Radagast est à peine mentionné dans la saga Sacquet. Gandalf le rencontre brièvement dans le Seigneur des anneaux ; c’est de Radagast qu’il en apprend sur les Cavaliers Noirs qui se rassemblent. Contes et légendes inachevées, cependant, va plus loin dans l’histoire des Magiciens, révélant une époque où Saroumane est séduit par le pouvoir et Radagast est obsessivement de plus en plus distrait par l’éblouissante flore et faune de la Terre du Milieu (“C’est un merveilleux duo d’actrices, dit McCoy en blaguant. Des filles sympa”).

Rien de tout cela cependant, vous remarquerez, n’a beaucoup d’importance sur le Hobbit, et pourtant le personnage de Radagast a été casé dans la narration très étendue et extrapolée de Peter Jackson. “C’est un puzzle vraiment, nous explique McCoy. Ils ont pris des bricoles de ça et là. Radagast est une petite personne assez sympa. Il donne l’impression d’être ce petit mec pathétique, mais il a définitivement un pouvoir qu’il peut appeler quand il en a besoin. Gandalf est conscient de ça, mais Saroumane le déteste intensément. Il n’est pas réellement très intéressé par les gens ; on parlait tout de lui comme une sorte d’herbaliste qui s’occupe de la forêt et en prend soin, et puis tout à coup il découvre ce mal qui arrive, et doit communiquer avec le reste du monde de ce qui se passe”.

Flatteusement pour McCoy, personne d’autre n’a jamais été en compétition pour le rôle – il a été choisi pour le rôle de Radagast très tôt dans le jeu par Guillermo del Toro, avant qu’il ne quitte la chaise de réalisateur, laissant la place au maître de la Terre du Milieu Peter Jackson. “Je tournais avec la Royale Shakespeare Company, à jouer le Fou du Roi Lear joué par Ian McKellen, le tout mis en scène par Trevor Nunn, se souvient McCoy, et on a rencontré Peter, Fran et Philippa en Nouvelle Zélande et j’ai pu apprendre à vraiment les connaître ; je ne les avais en fait jamais rencontrés quand j’étais en lisse pour le Seigneur des anneaux, parce que j’ai fait mes essais à Londres. Alors une fois qu’ils m’ont connu personnellement, ainsi qu’à l’écran, ils ont demandé si je voulais faire un bout d’essai pour Guillermo del Toro, parce qu’il ne savait pas qui j’étais. Alors j’ai fait ça et ils m’ont dit que dès que Guillermo l’a vu, il s’est exclamé, Oui ! Eh bien, je suppose qu’il a fait dit, Si ! Ils m’ont dit qu’il n’avait pas accepté certaines de leurs autres suggestions, mais il m’a immédiatement dit oui. Il me voulait seulement moi pour jouer ce rôle quand il a vu l’essai. Ils ne voyaient personne d’autre.

Les aperçus qu’on arrive à voir de Radagast dans la bande annonce le montrent en train de conduire un char apparemment tiré par des lapins et de soigner un hérisson blessé, que McCoy décrit comme “Weta au meilleur de sa forme éclatante”. On lui a donné un hérisson empaillé pour improviser, cependant : “Qu’est-ce qu’il piquait !”, nous raconte-t-il de son calvaire. “Je pense qu’il s’appelait Simon”. Une grande partie du personnage, explique McCoy, est arrivé une fois que le design du costume ait été décidé. Est-ce de la merde de piaf qu’il a dans les cheveux ? “Oui, dit-il en riant, il y a un nid sur ma tête, et les oiseaux n’aiment pas salir leur nid, alors il sortent leur derrière et font popo sur ma tronche. C’est un costume magnifique. C’était  l’idée de Peter que ce devrait être une sorte de loir, avec des animaux qui vont et viennent de sa barbe”.

Il y a un monde de différence entre les effets spéciaux bancals de Doctor Who dans les années 1980 et l’installation dernier cri de Jackson à Wellington, mais McCoy a été entièrement imperturbable et ravi par les avancées technologiques. “Ils ont ce truc maintenant, qu’ils n’avaient pas sur le Seigneur des anneaux, nommé une caméra esclave, alors on peut en quelque sorte être dans la même zone que des personnages de tailles différentes. Mais sur Doctor Who, et même avant ça, dans Vision On (série pour enfants de la BBC des années 1960 et 1970), on avait l’incrustation – on l’appelait l’écran bleu. C’était donc un écran bleu et ça venait de sortir, alors on jouait avec comme des gamins avec un nouveau jouet, à faire des jeux successifs et tous genres de trucs où j’ai joué six personnages qui se parlaient. Alors j’étais en sorte habitué, vraiment. C’était comme être de retour à la maison, sauf qu’elle était verte au lieu de bleu”.

McCoy dit qu’il a partagé la plupart de ses scènes avec le Gandalf de McKellen, mais apparaît également avec les Nains et le Bilbon Sacquet de Martin Freeman, et avec Cate Blanchett dans le rôle de Galadriel, pour quoi “ils ne m’ont même pas payé”. Étant donné le lien de Radagast avec Saroumane (le Silmarillion révèle que Radagast a permis à son insu à Saroumane d’utiliser ses oiseaux comme espions ; Saroumane le rejete dans le Seigneur des anneaux en “Radagast le dompteur d’oiseaux ! Radagast le simple ! Radagast le fou !”), nous nous demandons si McCoy a travaillé avec Christopher Lee durant sa mini-section du tournage spécialement créée à Londres. McCoy dit que non, mais ce pourrait apparaître dans l’un des autres films. Le changement d’un diptyque en une trilogie signifie qu’il a plus de tournage l’année prochaine. “Je ne peux prédire ce qui arrivera dans l’avenir, dit-il. Il y a différents débuts et différentes fins à tourner : toutes sortes de trucs. C’est très excitant ; aucun de nous ne sait comment ça va être en réalité. Peter travaille d’une tellement manière qu’on fait une variété infinie de prises d’une variété infinie de manières, alors on ne sait pas ce qu’était ta dernière interprétation jusqu’à ce que tu t’assoies et le regarde. C’est de loin la plus grande chose que j’ai faite. Tu attends des années qu’un énorme film tombe, et puis trois arrivent d’un coup !”

Owen Williams

Traduction – 22 mars 2014