Personne n’a jamais incarné de superhéros aussi longtemps que Hugh Jackman. Tandis qu’il revient pour sa sixième sortie en tant que l’immortel X-Man et se préparer pour sa septième, Empire rejoint Jackman pour faire un point sur sa vie, jusqu’à présent, dans le rôle du Wolverine.

Pour jouer Wolverine, vous devez canaliser la rage, la vengeance, le chagrin et le désespoir existentiel. Vous avez besoin d’endurance, de longévité. Vous avez également besoin de cheveux géniaux. La chevelure de Hugh Jackman s’est avérée étonnement importante lors de son voyage de 15 ans dans la peau du X-Man le plus en colère. Elle a causé des commentaires durant son audition. Elle a même, à une occasion, fermé la production.

Aujourd’hui, le gonflant est en suspens. Il est très tôt ce lundi 25 février, à Los Angeles. Jackman est barbu, vêtu de cuir noir et de jeans. Une interview télévisée terminée, il traverse doucement le studio pour la session photo de Empire, montrant quelques signes d’une journée qui commence terriblement tôt après une soirée plutôt spéciale qui s’est terminée tard : assister aux Oscars. Il les a présentés auparavant – courtois et désirable en 2009 – mais c’était sa première fois en tant que nommé, pour son rôle principal dans les Misérables.

De Jean Valjean à Wolverine : il n’y en a pas beaucoup qui pourraient faire cette transition. Jackman a une polyvalence que peu de stars possèdent. Bien sûr, il est établi quelle diva grossière, négligée et égocentrique il peut être… D’accord, plutôt : il est, comme tout le monde le sait, l’homme le plus sympa d’Hollywood. On pourrait dire que c’est un loup déguisé en agneau. Sauf que le succès comme cela ne vient pas sans le revers de la médaille : Jackman essaye toujours de faire ses preuves – à lui-même : “Je veux ressentir cette pression”, dit-il. Et on le croit. Parce que personne d’aussi riche ne travaille de manière aussi intense (c’est son “jour de repos” avant de prendre l’avion pour Atlanta pour travailler sur le thriller de kidnapping Prisoners) sans vouloir satisfaire un certain besoin intérieur personnel.

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Quand Wolverine : le combat de l’immortel sortira au cinéma, Jackman sera en plein tournage du personnage pour la septième foi, dans X-Men: Days Of Future Past de Bryan Singer. Cela a commencé, il y a 15 ans, avec sept auditions. C’était en 1998, un monde où le succès des super-héros était l’exception à la règle. Batman voulait dire néon et nichons, et Blade, qui allait sortir, s’avérera être la meilleur adaptation de comics de la décennie. Personne n’était vraiment sûr de X-Men. Russell Crowe a refusé le rôle du fou furieux à griffes Wolverine, mais a parlé à Singer de Jackman qui était alors la star de la célèbre comédie musicale de cowboy du West End, Oklahoma!. Avec une heure pour auditionner, entre la représentation du matin et celle du soir, il a “dégagé les jambières de cuir” et traversé tout Londres en courant. “Quand on m’a rappelé, j’étais assez surpris, se souvient-il. Le retour était quelque chose comme ça : Peut-être que la prochaine fois, vous pourriez laisser tomber l’accent du cowboy du Sud… Et peut-être aussi la permanente”.

Plusieurs autres auditions ont suivi durant les mois qui ont suivi avant qu’on lui demande d’aller aux États-Unis pour passer devant Singer en personne. Il a décliné, citant son engagement à la comédie musicale. Alors ils sont revenus, à contre-cœur, lui offrant de voyager en Concorde. “J’étais si excité par ça ; ça m’intéressait bien plus qu’obtenir le rôle en fait”. Le voyage a été organisé/repoussé, organisé/repoussé plusieurs fois, avant ‘être annulé, alors que l’acteur écossais Dougray Scott a été choisi pour le rôle. Des cheveux aujourd’hui, plus rien demain. C’était cela. Jusqu’à…

Des mois plus tard, Jackman était à LA, à organiser l’adoption du premier de ses deux enfants, quand son agent lui a dit qu’il y avait des rumeurs que Scott s’était blessé sur Mission: Impossible II. Il se pourrait que la Fox ait besoin d’un nouveau Wolverine. En un battement de paupières, Jackman avait rencontré des cadres du studio et était dans un avion pour Toronto, où Singer filmait déjà. “Je me souviens de Bryan, il était très charmant, mais je pouvais dire qu’il était là, Mais putain pourquoi ce gars est là ? Je filme là !” dit Jackman en riant. Ils ont eu une audition au déjeuner légèrement maladroite (“Je me sentais un peu mal pour le gars, je pouvais dire qu’on s’était un peu foutu de ma tête et qu’il ne voulait pas de moi ici”), mais quelques jours plus tard, quand il a été clair que Scott ne pouvait participer, Jackman a été rappelé, pour un véritable essai à l’écran. On lui a donné le rôle le soir même.

Il y a quelques moments où on assiste à la naissance d’une star à l’écran : Connery dans Dr. No, Eastwood dans Pour une poignée de dollars, Cruise dans Top Gun. Dans X-Men, quand nous rencontrons Logan/Wolverine entre deux combats de cage dans un bar délabré, il y a cette chose, ce frisson. Les fans purs et durs ou les nouveaux venus ont tous partagé la même question : mais c’est quoi ce gars ? Il semblait si confiant, si complet. Il ne le ressentait pas.

“Il y a une scène, la toute première que j’ai faite, qui a été assez accablante, dit-il. Je pourrais te montrer une scène où Rogue (Anna Paquin) part, s’enfuit du manoir, et je rentre, je me mets à ma position et dit, Où est-elle ? Mon cœur battait probablement à 150 pulsations par minute. Je suis arrivé pour tourner et un mec de l’équipe a dit, Oooh, Elvis est dans la place ! – parce que mes cheveux étaient si énormes. Bryan a pété un câble. A arrêté le tournage”.

Ils n’ont pas tourné ce jour-là, passant leur temps à la place dans une caravane à explorer des coupes de cheveux. Bien que la scène en elle-même n’apparaîtrait que bien au milieu du film, c’est tout à coup devenu un moment crucial, les yeux du réalisateur, de l’équipe et des cadres du studio se sont tous attardés sur sa coiffure. “Tu penses, Ils me regardent tous ! En fait non : ils regardent mes cheveux. Mon cœur battait absolument à toute allure”.

Cela lui a pris, selon lui, un mois pour sentir qu’il “possédait” le personnage. Une partie de cela était une question de cheveux, encore une fois : ils étaient tellement couverts de produit qu’il devait les laver tous les matins, après l’entrainement. Puis, à 5 heures un matin, il n’y avait pas d’eau chaude. Toronto, en plein hiver, c’était – en terme technique – on se les gelait. “Alors, je suis passé sous l’eau la plus froide. J’étais si énervé que je voulais crier. Et tout à coup, j’ai fait, C’est ÇA Wolverine – c’est comme ça qu’il se sent TOUT le temps”. Maintenant chaque matin de tournage d’un film X-Men commence par une douche froide, un “détonateur” pour l’aider à se préparer mentalement.

Non pas que Jackman soit entièrement sans tempérament. “Adolescent, j’étais d’une colère explosive, admet-il. Je pense que le rugby m’a sauvé, parce que c’est juste de la violence organisée. Je me serais retrouvé dans beaucoup plus de bagarres. Mais j’étais quelqu’un qui s’énervait pour un rien et ce n’était pas beau”. Il pense que l’âge l’a naturellement calmé, une bonne distance de ces jours où il y avait “probablement de la colère refoulée à propos de mes parents”. (Ils se sont séparés alors qu’il avait huit ans et sa mère est retournée chez elle en Angleterre, laissant Jackman, et ses quatre frères et sœurs, avec leur père en Australie.)

“Je pense, juste naturellement, j’ai commencé à me calmer. Ou j’ai juste fait le choix d’être un petit peu moins lunatique. Mais au fur et à mesure que je vieillissais, il y avait moins de moments de cette rage explosive. Mais même à ce jour, ils sont toujours là, et je suis probablement meilleur à… ou c’est juste plus long entre chaque. Mais c’est toujours là et je dois travailler dessus et je dois être très sensible en tant que père – je ne veux pas qu’ils voient ça. parfois, bien sûr, je pète un câble, mais ce n’est pas constructeur. Et ça perturbe vraiment les gamins, je pense. Je travaille vraiment dessus. Mais c’est quelque chose que j’ai en commun avec le personnage”.

Le lien, peu importe à quoi il est dû, a été ressenti à l’écran. Le film a décollé. Des amis lui ont conseillé de rapidement accepter un autre rôle, en disant “La rumeur dit que c’est un navet !”, et il tournait Kate et Léopold (avec son futur réalisateur de Wolverine : le combat de l’immortel, James Mangold) quand X-Men est rentré à la première place du box office : 54 millions de $ pour le weekend d’ouverture. LA a rapidement téléphoné : “Je pense qu’ils étaient encore bourrés quand ils ont appelé. Honnêtement, c’était un énorme choc”. C’était sa femme, l’actrice Deborra-Lee Furness, qui s’est rendue compte de combien le facteur X pouvait s’avérer sismique, en lui disant : “Je pense que tout va changer à partir de maintenant”. Il est certain que lorsqu’il est arrivé sur le plateau le lundi matin, il a vu une vingtaine de paparazzi qui prenaient des photos. J’étais là, Mais qui est là ? Oh : moi !

C’était rare, cependant, étant donné que la tenue de Wolverine – les rouflaquettes, les griffes de métal de 30 cm – donnait une distance enviable entre l’écran et la rue. Il était largement anonyme en public, mais s’est vu offrir beaucoup plus de rôles. Une demande était si oui ou non il serait intéressé par le rôle de Bond, au moment où les producteurs exploraient à la recherche du remplaçant de Pierce Brosnan. “Ils ont demandé si j’étais intéressé ; ce n’était pas une offre”, dit Jackman, qui y a pensé sérieusement mais a pensé que jouer deux personnages iconiques ne lui donnerait pas l’opportunité d’essayer autre chose : pas de films plus petits, pas de théâtre. “Est-ce que j’aurais aimé jouer Bond ? Ouais ! Mais ça aurait été en gros ma vie – c’est tout !”

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X-Men 2 était invariablement inévitable mais également une joie. Après la relation initialement méfiante sur le premier film, Jackman a pris grand plaisir à retravailler avec Singer. “Tout le monde avait confiance, tout le monde lui a donné de la place pour faire son film. Et on était tous proches : j’admirais Ian McKellen et Patrick Stewart. C’était vraiment une expérience géniale”.

C’était également énorme. La fin demandait une suite – c’était l’Empire contre attaque du spandex – et tout le monde imaginait que Singer finirait la trilogie. Mais l’homme qui avait interdit les BD sur le tournage du premier film, ne voulant pas que ses acteurs s’inspirent d’autre chose du scénario, a été courtisé par une autre création de BD : Superman.

“Bryan s’est retiré du projet parce que… je ne veux pas parler pour lui, mais son rêve, je pense, c’était de faire Superman. Je me souviens quand il me donnait des instructions sur X-Men – je suis en haut dans la machine à sauver Malicia et il braille au mégaphone, None, non, c’est tout comme cette scène dans Superman où Superman arrache la porte de la voiture pour sauver Lois. Tu te souviens ?! Et je réponds, Je n’ai pas vu ce film depuis mes neuf ans ! Et il a coupé et sorti, Viens dans ma caravane maintenant ! On est entrés et il m’a montré la scène. C’est comme ça qu’il m’a dirigé dans cette scène. Alors je n’étais pas surpris qu’il veuille faire Superman…”

Avec Singer dehors, Matthew Vaughn s’est assis brièvement dans la chaise de réalisateur, avant de partir, inquiété par le programme de production serré. “Puis Brett (Ratner) est courageusement entré dans la brèche”, dit Jackman, qui avoue que le dernier film a ses problèmes. “Je pense que si on regarde les grands films adaptés de BD, on a Nolan et Joss Whedon, où il y a une vision conceptuelle, sur le plan de l’histoire ; il y a cette directive qu’on a besoin pour vraiment s’y repérer. Et on a besoin de temps, parce qu’ils sont difficiles de manière trompeuse à finir, et complexe sur le plan des personnages. Et aussi avoir les bons éléments de rire. Et le divertissement avec le pathos est vraiment difficile à réussir. Alors je pense que c’est là où on s’est battus dessus…”

C’était toujours un grand succès, et demeure le film au succès financier le plus gros de la saga. “L’Affrontement final est intéressant parce que sur le plan critique, il n’est pas aussi aimé, et je suis d’accord sur le fait que X-Men 2 est le meilleur de cette saga, explique Jackman. Mais, bien sûr, les studios font beaucoup de recherches au-delà de Rotten Tomatoes, et de manière assez marrante, pour le public, X-Men 3 est considéré comme le meilleur”.

Il semblerait que quelqu’un lui ait raconté des salades. Jackman n’est pas naïf, mais il est optimiste. Il apparaît comme prêt à croire le meilleur des gens et des projets – si non son propre jugement (qu’il dénigre fréquemment). Prenez X-Men Origins: Wolverine. Des discutions à propos d’un film autonome pour son personnage iconique tourbillonnaient depuis longtemps, et c’était le désir de Jackman de s’inspirer de la première apparition de Wolverine sur papier, la mini-série de 1982 écrite par Chris Claremon et illustrée par Frank Miller (qui, en tant qu’auteur, animera plus tard Batman). Jackman l’a lue en travaillant sur le premier X-Men – “parce que quelqu’un me les glissait sous la porte de ma caravane” – et a été frappé par son “art et sa physicalité” et l’histoire riche, qui voyait Logan voyager au Japon, aspiré dans une histoire d’amour et de vengeance.

À la place, le studio l’a persuadé des mérites d’un autre film explorant l’histoire de Wolverine. “J’étais un petit peu aveugle, dit-il. Partant du principe que tout le monde connaissait l’histoire de Wolverine”. En fait, il n’était pas aveugle : sa vision était parfaitement bonne. L’un des problèmes du film était qu’il expliquait en détails une histoire dont les films originaux traitaient déjà avec compétence. “Je suis sûr qu’ils avaient raison, dit-il (NB, Hugh : ILS AVAIENT TORT), mais je pensais définitivement qu’on pouvait faire plus. Mon but, c’était que dans 20 ans, quand les gens diront – de ce personnage que j’aime, que j’ai eu la chance de jouer – C’est quoi son histoire ? Je pourrai dire, Voilà : regardez ça ! Je ne pensais pas qu’on avait atteint ça avec le premier. J’espère vraiment qu’on y est arrivé avec celui-ci”.

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Des choses à régler. Avec Wolverine : le Combat de l’immortel, Jackman veut donner le portrait définitif du personnage, ramenant Logan à ses racines en tant qu’outsider. Pour le premier X-Men, Jackman a regardé Mike Tyson combattre pour obtenir un sens de l’agression de Wolverine, ainsi que Mad Max pour cette fureur blessée : “Mel a à peu près 11 répliques dedans et tu comprends tout ce qui se passe. Tu ressens toute la colère en lui”.

Eastwood était une influence, aussi, appropriée étant donné que le personnage est apparu pour la première fois en 1974, sans aucun doute affecté par la présence sombre et brutale de Clint dans la trilogie du dollar et Dirty Harry. Le premier scénario qui a excité Jackman était celui de Christopher McQuarrie (“J’étais totalement à fond à ce moment”), qui avait travaillé sur les deux premiers films X-Men et dont l’amour pour les armoires à glace laconiques et blessées du style années 1970 peut se voir dans Jack Reacher. Il poussait pour passer en territoire nouveau et rétablir les enjeux de Logan.

“Je pense qu’on avait fait une erreur ou deux au fur et à mesure qu’on avançait, dit Jackman. Il y avait cette inflation bizarre sur combien de punition Wolverine peut supporter. Et ça a commencé à s’accélérer à partir de X-Men 2 – à partir du moment où il reçoit une balle en plein front, pour se relever une minute plus tard ! – à, au moment où on est arrivés au premier Wolverine, c’est comme si la seule façon possible de le tuer, c’est en littéralement lui couper la tête ! Chris a évoqué ça et j’ai pensé que c’était vraiment malin”.

McQuarrie, dont le scénario a plus tard été retravaillé par Mark Bomback et d’autres (les crédits précis sont à confirmer), parle vivement de l’“intemporalité” de Jackman à l’écran. Il lui attribue d’atteindre un bon équilibre “entre ce sens de l’aliénation et de misanthropie, mais avec un vrai niveau d’humour bon enfant. Autant c’est un personnage auquel on tient, je le crois quand il dit Je m’en fous. Il incarne très bien cette dualité. Hugh, pour moi, s’il voulait l’être, c’est Clint Eastwood. C’est Josey Wales”.

C’était ce personnage hors-la-loi blessé que le réalisateur James Mangold référençait quand il s’est embarqué sur le film (remplaçant Darren Aronofsky, qui est parti pour raisons familiales). “C’était la première chose dont on a parlé, dit Jackman. C’est un grand aperçu si tu veux une idée du film, de l’intensité et d’où vient Jim – cette vengeance, cette rage. C’est de loin le plus intense de la saga X-Men. Il est plus sombre. Comme ce devrait être le cas”.

Cette intention était là dès le moment où Marigold a considéré la chose. Les cinq premiers mots qu’il a écrit sur le scénario, tandis qu’il le lisait, étaient, “Tous ceux que j’aime meurent”. Il a vu le potentiel à explorer l’âme au sein du super-héro – et de vraiment creuser dans la fureur du personnage, d’une manière qui n’avait pas été fait entièrement auparavant. “Josey Wales était un point de référence pour le genre de rage qui couve que je pense Logan peut posséder et incarner”, dit Mangold, qui appelle du bureau de la production, tandis qu’il finit le film. “La sensation de perte. Comme on sait, ce film commence avec lui qui perd sa famille”.

Jackman développe l’histoire, sinon en s’excusant. “C’est l’une des premières interviews que je donne et j’ai dormi quatre heures, alors il est fort possible que je me plante et te donne plus d’info que prévu. Ou que je dise des bêtises d’une manière vraiment pathétique et générique”.

Il y arrive : “Le Japon… Je déteste généraliser, mais il y a une tellement histoire riche de famille, d’honneur et de code. Et Wolverine est assez l’antithèse de tout ça. Dans ce film, il y a définitivement l’exploration de lui en tant que ronin – samouraï sans maître – et qu’il renie cet élément essentiel de guerrier chez lui. Parce que, et c’est ce que j’aime chez lui, tous ceux qu’il aime meurent. C’est plein de douleur”.

L’histoire se passe après X-Men : l’Affrontement final et la mort de son amour, Jean Grey. “En gros, il es parti, Voilà, je me casse. À chaque fois que je suis ce gars, ça finit mal : pour moi et mes proches. J’en ai marre”.

C’est, effectivement, un ex-X-Men, affrontant la solitude de l’immortalité. Comme le dit Mangold, “Tant des gens qu’il aime sont partis et pourtant il doit perdurer”. Le réalisateur, dans l’une des nombreuses références aux films qui l’ont inspiré (voir encart), mentionne le classique de 1987 de Wim Wenders à propos d’un ange qui veut devenir mortel : “C’est presque comme les Ailes du désir. [L’ange] préférerait marcher avec eux sur Terre et ne pas porter ce fardeau d’être immortel”.

“Il doit vraiment faire face à ça, dit Jackman. Et puis sa capacité de guérison est remise en question. Et à ce moment, il doit répondre à la question, C’est quoi ma vie ? L’immortalité, ça semble génial, mais on voit au travers les yeux de Wolverine que ce peut être un fardeau – en particulier quand les années sans fin sont pleines de souffrance, et apparemment tous ceux proches de toi meurent”.

Jackman est bon à la souffrance : que ce soit en tant que Wolverine ou Jean Valjean, traitant le chagrin dans The Fountain ou l’ambition désespérée et frustrée dans le Prestige. Il n’a pas peur d’être vulnérable. Mangold dit que l’acteur est “dur envers lui-même”, et parle avec admiration de comment il a grandi en confiance depuis leur premier collaboration : de son incroyable polyvalence, que ce soit être capable de convaincre en tant que tueur mutant ou faire une interprétation digne d’un Tony dans la comédie musicale The Boy From Oz.

Et également de son cœur. “C’est quelque dont on devient immédiatement, quand on commence à bien le connaître, très protecteur, parce que c’est une âme d’or”. (Ce pourrait sembler un peu dégueu à l’écrit – mais à l’oral, cela semble sincèrement adorable.)

Sur le premier X-Men, Singer s’inquiétait que la star ne puisse livrer la colère nécessaire et lui a conseillé (par pure plaisanterie) de se disputer avec sa femme, pour aider. “Je lui ai dit, Laisse moi faire tout seul. En vérité, c’est que, si on se dispute, ou si je la renvoie à la maison, je serais juste triste et je pleurerais tous les jours ; ce n’est pas ce que tu veux de Wolverine – l’andouille dans le coin à pleurer”.

C’est un équilibre curieux : des forces apparemment contradictoires, effectivement complémentaires, tout comme le doute de soi, peut-être nourrit sa discipline de soi. Garçon affable, il a une volonté de fer : jouer Wolverine requiert des mois à se lever à 4 heures du matin, d’entraînement continuel, un régime de poulet sans fin. Ce matin, il a sa seule friandise. “La seule joie à laquelle je suis autorisé chaque semaine, c’est après que j’ai fait des accroupissements : un toast avec du beurre de cacahouète”. Il indique l’assiette devant lui. “Mon bout de paradis pour une semaine”.

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Avec Wolverine: le combat de l’immortel fini, et son optimisme pour le film, on penserait qu’il serait heureux de mettre le personnage au repos pendant un moment et passer des journées à s’enfiler des toasts. À la place, il revient pour le film qui unit la saga originale avec les incarnations plus jeunes des personnages exprimés dans X-Men: le commencement. Jackman, bien sûr, apparaît brièvement dedans, pour dire à Xavier et Magneto d’aller s’auto-forniquer. “C’était l’éclate. C’était une demi-journée. Quand ils me l’ont présenté, j’ai dit, Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre qui jure dedans ? Ils m’ont répondu, NonOkay. Je suis de la partie. C’est fantastique”.

Mais durant Wolverine: le combat de l’immortel, Jackman a commencé à entendre parler d’un utre X-Men, à savoir, Days Of Future Past. “J’ai pensé, Je me demande s’ils voudront que je refasse un caméo ?” Puis, quand on lui a envoyé l’histoire, sous la forme d’un synopsis de huit pages, il a espéré plus. “J’étais, D’accord, c’est une idée toute cuite. C’est, en fait, phénoménal. Je pense que ce sera, pour les X-Men, comme les Avengers. Et je pense que ce le sera…”

Ce doit l’être, pour le ramener au régime et aux douches froides. “J’étais un peu frustré parce que j’approchais la fin d’une odyssée physique de 12 à 18 mois et je me préparais pour être de repos à Noël – et manger des lasagnes. Et, malheureusement, je ne suis pas aussi jeune qu’avant (il a 44 ans), alors j’ai dû commencer plus tôt et continuer plus tard. alors j’étais là, D’accord, on va continuer. Mais je suis vraiment excité par ça, et je n’aurais jamais imaginé que je jouerais un personnage dans sept films”.

Ce qui fait de lui le super héros à l’activité la plus longue. Depuis qu’il a sorti ses griffes en 2000, Spiderman a fini une trilogie et vécu un reboot ; le cycle Dark Knight de Christopher Nolan a fini sa course ; Hulk a changé d’interprète trois fois ; et les Studios Marvel nous ont baladé de Iron Man aux Avengers dans sa “Phase Deux”. Combien est-ce approprié pour un personnage aux pouvoir régénérateurs super-humains ? Et Jackman n’en a pas nécessairement fini. “J’aime toujours le jouer”, dit-il, tandis qu’il se prépare à revêtir un costume et saccager le décor pour notre session photo. “J’ai dormi quatre heures cette nuit et je déteste faire des accroupissements, mais je sais que si je vais me lever après quelques verres aux Oscars et faire des accroupissements après trois ou quatre heures de sommeil, alors cette passion est toujours là. Le moment où je sortirai, Ah merde, je vais me coucher – c’est le moment où j’abandonnerai probablement”.
nev@empiremagazine.com

Wolverine: le combat de l’immortel sort le 25 juillet et sera chroniqué dans un prochain numéro

Nev Pierce

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YUKIO (RILA FUKUSHIMA)

“Elle est merveilleusement énigmatique”, dit le producteur Hutch Parker de la malicieuse Yukio, jouée par le mannequin Rila Fukushima. “Elle est marrante, très perspicace et un merveilleux faire-valoir pour Logan. Elle sert de grande partenaire à différents moments, mais tout le temps garde sa propre unicité. C’est un personnage qui est déjà bien aimé, par les rares qui ont vu le film. Elle provoque juste une telle réaction fantastique”.

HARADA (WILL YUN LEE)

Un autre rival de Wolverine vient sous la forme de Harada, joué par Will Yun Lee. Hutch Parker explique : “Harada a un passé compliqué et douloureux qui le met dans une relation très complexe, non seulement avec Logan et Mariko, mais avec la plus grande intrigue qui se déroule. Il provoque et défie Logan de nouvelles manières. Ce n’est pas le genre de circonstances dans laquelle il s’est déjà retrouvé. Will apporte des capacités physiques incroyables au rôle, mais également un mystère comme acteur à qui le rôle correspond vraiment”.

LA VIPÈRE (SVETLANA KHODCHENKOVA)

“La Vipère nous apparaît comme une présence quelque peu bénigne dans le monde dans lequel se retrouve Logan, dit le producteur Hutch Parker, mais a une idée cachée bien plus compliquée, ainsi qu’une collection de pouvoirs fatals. Elle est interprétée de manière brillante par Svetlana qui vient de Russie et qui a un grand CV d’artiste. Elle apporte un niveau de nuance et de profondeur qui fit partie de ce que, je pense, a rendu l’univers X-Men si riche”.

SHINGEN (HIROYUKI SANADA)

Shingen Yashida est l’antagoniste du film – Parker le décrit comme “un industriel très coloré” dont la famille est enlisée dans une “mystérieuse politique”. Et Hiroyuki Sanada (le dernier SamouraïSunshine) était un choix d’acteur idéal : “C’est juste un acteur d’une puissance indélébile, qui commande tout le respect et la peur que l’on veut de ce rôle. Et il peut faire toutes les choses dont on avait besoin sur le plan physique…”

MARIKO (TAO OKAMOTO)

La magnifique fille de Shingen Yashida, c’est Mariko (Tao Okamoto, qui vient du milieu du mannequinat) – “catalyseur incroyablement puissant pour Wolverine, selon Hutch Parker. Logan se retrouve forcé d’être avec elle d’une manière très inattendue. Ça le pousse à l’action – de là vient une profonde relation avec elle, une qui le surprend même en terme de ce qu’elle provoque en lui en tant qu’héros”.

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SOUS L’INFLUENCE
Le réalisateur James Mangold choisit cinq influences improbables sur Wolverine : le combat de l’immortel

LE NARCISSE NOIR (1947)

“Il y a beaucoup de femmes dans Wolverine : le combat de l’immortel. En blaguant je l’appelais Logan et ses femmes. Entre Mariko, Yukio, Vipère et même Jean Grey qui apparaît, il y a un composant féminin investi tellement énorme dans ce film, que le Narcisse noir incarne également. Aussi juste le style visuel de Powell et Pressburger et la séquence climatique – ce monastère sur la falaise, je pense qu’on y verra des références dans le film, aussi”.

HERBES FLOTTANTES (1959)

“Ozu en général, mais dans [Wolverine : le combat de l’immortel] il y a tout un segment qui a lieu dans un village japonais côtier. L’une des choses que je voulais vraiment, c’était sortir de la ville et en quelque sorte avoir une expérience différente – une que l’œuvre d’Ozu incarne de manière si belle. Qui est : si tu as un personnage dans un tel trouble, qui est poussé dans un monde de tellement d’amour et d’attention, de discipline et d’ordre, un lien à la nature, ces choses deviennent vraiment transformatrices pour lui”.

CHINATOWN (1974)

“Parce que c’est un film labyrinthe. Parce qu’on a un héro sombre qui tombe amoureux et qui ne sait si on peut faire confiance à la femme qu’il aime ou ce qu’il y a derrière elle. Il (Jake Gittes) entre dans une sorte de labyrinthe sombre – dans son cas une sorte de culture étrangère des riches et de l’élite de Los Angeles. Dans notre cas, c’est la culture étrangère de l’aristocratie du Japon. Et également le crime et la guerre des yakuza. [Les deux ont] un étranger qui essaie d’éplucher l’oignon de ce qui se passe”.

JOSEY WALES HORS-LA-LOI (1976)

“Je pense simplement que le Western est une forme qui vous enseigne à peu près tout. Josey Wales est un personnage violemment dépouillé de toutes intimidées et tous liens à l’humanité. Et ainsi, il y a un élément de privation, un élément de vengeance, un élément d’une sorte de monstre à l’intérieur. Un autre aspect de ce film, c’est que l’amour est un véritable voyage picaresque. C’est un incroyable voyage épique qu’on sait sur lequel ce personnage s’embarque, d’une manière, un monde étranger, créant une nouvelle vie pour lui-même”.

HAPPY TOGETHER (1997)

“J’aurais pu choisir n’importe quel film de Wong Kar-Wai. Je pense que ses films sont vraiment libérateurs, contemporains, remarquablement audacieux, lyrique et pourtant modernes. Je trouvais que ce sont juste une énorme référence sur le plan visuel. Moins sur le plan thématique, mais on a ce grand sens du costume, de la coiffure et du style, et évidemment avec des personnages comme Yukio et Manko et les mondes dans lesquels Logan va vivre, je voulais obtenir ce grand sens du glamour – non pas dans un sens du vieux monde de ce qu’est le Japon, mais dans un sens très moderne.

Traduction – 24 janvier 2015