En poursuivant des rêves de victoire en France, Henri a jeté l’Angleterre dans des décennies de guerre et le chaos d’une Europe en conflit

Henri VIII est né en rêvant de guerre. Quand il est monté sur le trône en avril 1509, avec son épouse Catherine d’Aragon à ses côtés, Henri savait exactement quel genre de roi il voulait être. Il aura un règne glorieux qui restaurera l’Angleterre à la majesté qu’elle méritait. Son père, Henri VII, était devenu impopulaire en prélevant des impôts éprouvants pour restaurer les finances du pays, mais le nouveau roi n’avait aucune intention de se concentrer sur des sujets aussi insignifiants que le trésor. Il sera un conquérant.

À la fin de sa vie, Henri était une caricature boursouflée et frustrée du jeune athlétique qu’il avait été autrefois. Il avait grandi à pratiquer la joute, l’équitation et la chasse, et participait souvent à des tournois de chevalerie déguisé. Il avait grandi à entendre les histoires du grand Henri V – le héros d’Agincourt – et avait rêvé des batailles dont des années de paix l’avait privé. Il était déterminé à répéter les triomphes de son ancêtre en France et d’étendre le territoire de l’Angleterre au-delà de Calais – peut-être aussi loin que Paris. Il croyait complètement que la France lui appartenait et – heureusement pour le monarque anglais – il n’a pas dû à attendre longtemps pour revendiquer son droit.

Henri avait grandi dans des années de paix abrutissante grâce aux traités de son père avec la France et Aragon en Espagne. Pendant ce temps, de l’autre côté de la Manche, le continent était dans les affres de la guerre. Les puissances d’Europe s’affrontaient à propos de la possession de Naples, transformant essentiellement l’Italie en un énorme champ de bataille. Une querelle à propos de la région de Romagne avait mis Venise contre le Vatican, et ainsi le Pape Jules II a rallié la France, le Saint Empire romain germanique et l’Espagne (sous Ferdinand II) durant les dernières semaines de 1508, projetant de séparer les territoires vénitiens.

Venise est tombée, mais Jules craignait l’occupation de l’Italie par la France. Il a lancé une attaque impulsive sur ses alliés qui s’est retournée contre lui tandis que les forces françaises prenaient d’assaut le Sud en représailles. Un Jules terrifié a formé la Sainte Ligue, et l’Espagne et le Saint Empire romain germanique se sont ralliés à la papauté en 1511.

Cela faisait désormais deux ans que Henri VIII était sur le trône avec sa reine Catherine d’Aragon (la fille de Ferdinand) à ses côtés. Une forte famille royale était vitale à son rêve d’Angleterre glorieuse et il a annoncé qu’il épouserait peu après la mort de son père. Catherine était férocement loyale et déterminée à satisfaire les attentes de son roi. Elle est tombée enceinte quasiment immédiatement mais leur enfant est mort-né. Il n’a fallu que quelques semaines pour que Catherine retombe enceinte, et elle a donné naissance à un fils, Henri, le jour de l’an 1511. Tristement, Henri ne survivre que sept semaines.

À ce moment, Henri était un jeune roi qui débutait à peine son règne. C’était la tête d’une famille royale fière et il avait montré à ses sujets qu’il n’était pas le tyran pingre qu’était son père. La Sainte Ligue lui permettait de servir son dieu et de montrer à la France la puissance de l’Angleterre. La force complète de cette puissance sera livrée par la Royal Navy d’Henri qui s’agrandissait et se vantait de posséder les navires de guerre les plus grands et les plus avancés au monde. Il est important de ne pas sous-estimer l’importance de la bénédiction du pape. C’était toujours un fervent catholique et finira par condamner le protestant Martin Luther si sévèrement que le Pape lui donnera le titre de “Défenseur de la foi”. Sa religion incluait aussi le concept de droit divin : la France était sa propriété donnée par Dieu. La Sainte Ligue aurait dû être invincible.

Cependant, la première attaque s’est soldée d’un désastre. Une force anglaise a vogué jusqu’en Gascogne en juin 1512, et devait rencontrer l’armée de Ferdinand et revendiquer la région d’Aquitaine pour Henri. Malheureusement, Ferdinand a décidé qu’il était plus intéressé par revendiquer Navarre pour lui et a dirigé ses troupes dans cette direction. Mal-équipées et ravagées par la dysenterie, les troupes anglaises ont été forcées à battre en retraite. Henri était furieux mais inébranlable.

Moins d’un an plus tard, un second projet d’invasion était en marche, avec le plus gros de l’organisation qui reposait dans les mains de l’inestimable Cardinal Thomas Wolsey. Wolsey était le bras droit parfait pour un roi comme Henri, capable de contrebalancer les violents rages du roi avec sa propre diplomatie talentueuse tout en partageant une ambition tout aussi ambitieuse. Wolsey savait régler les problèmes ; il s’assurait que Henri avait bien tout ce qu’il voulait. Ce que Henri voulait, c’était la France, et ainsi, en avril 1513, une armée a été levée et une attaque lancée sur Brest.

Cette incursion s’est avérée encore plus désastreuse que la tentative en Aquitaine, mais Henri ne s’est pas laissé dissuadé et a personnellement accompagné les Anglais qui ont débarqué à Calais en juin. Avec les pieds sur le sol français et se tenant à la tête d’une armée anglaise, Henri était euphorique. Il s’est dirigé directement vers la ville de Thérouanne et l’a immédiatement assiégée. L’Empeur des romains et co-dirigeant de la Sainte Ligue, Maximilien, l’a rejoint peur après, contribuant à assurer Henri qu’i était du côté des anges. Finalement, Henri a goûté à la gloire le 16 août 1513 quand la France a attaqué lors de la Journée des éperons. La légère cavalerie française a été incapable de résister aux forces combinées des envahisseurs et a fuit. Henri a déclaré la journée comme grande victoire, qui a été consolidée quand Thérouanne a capitulé le 22 août. La capture subséquente de Tournai a été tout aussi importante pour Henri, et il a gardé cette ville comme bastion anglais tout en donnant Thérouanne à Maximilien comme geste de leur allégeance.

Qu’avait effectivement réussi Henri ? Il avait pris deux villes aux Français, mais Paris était encore loin. Rien qu’il n’avait fait ferait pencher la balance en faveur de quelque chose, mais c’était juste le début. Henri était dans son élément. Il rejouait les gloires de Henri V et qui savait où il allait aller ? Même quand Henri célébrait ses victoires en France, les problèmes à la maison menaçaient rapidement de tout faire arrêter. Bien trop conscients des forces anglaises actuellement sur leurs terres, les Français sont entrés en contact avec le roi Jacques IV d’Écosse et ont suggéré que ce pourrait être l’opportunité parfaite d’organiser une attaque à eux. Jacques est descendu vers Flodden Ridge avec ses armées pour attendre les Anglais.

Tandis que l’Angleterre aurait pu sembler affaiblie, la reine Catherine, agissant en tant que régente, n’avait aucune intention de permettre à un tel défi de rester sans réponse. Une armée a été levée et a rencontré les Écossais le 9 septembre. La victoire anglaise a été brutalement décisive et le roi Jacques a été tué. La reine joyeuse a envoyé la cape ensanglantée du monarque déchu à son époux en France, accompagnée du message : “Dans ceci votre Grâce verra comment j’ai gardé ma promesse, vous envoyant pour vos bannières le manteau d’un roi”. Henri conquérait ses ennemis à l’étranger, tandis que sa reine repoussait les attaquants chez lui.

Malheureusement pour le roi guerrier, la paix était au coin de la rue, qu’Henri le veuille ou non. Il avait agit comme trésor de guerre pour ses alliés et les coffres de l’Angleterre étaient tellement vides qu’il ne pouvait en aucun cas continuer seul. Il devra faire la paix. Les quelques années à suivre ont présenté à Henri un nouvel allié potentiel, et un nouvel ennemi. L’ambitieux François Ier a pris la couronne française, tandis que le roi autrichien Charles Quint a été élu Empereur germanique (ajoutant l’Espagne et une grande portion de l’Italie à son royaume). Wolsey, conscient de l’entonnoir financier qu’avaient été les guerres, a travaillé dur pour conserver la paix. Il a réussi à faire poser des plumes sur le papier avec le Traité de Londres en 1518, tandis que l’amitié sera forgée au Camp du Drap d’Or le 7 juin 1520. Le projet était que Henri et François passent une semaine à apprécier les festivités et à régler leurs différends, tandis que Wolsey rencontrait Charles Quint. Cela ne n’est pas déroulé comme prévu.

Malgré toutes les bonnes intentions de Wolsey, cette tentative d’amitié était vouée à l’échec dès le départ. Henri n’a jamais voulu la paix pour commencer, et François n’avait aucune intention de s’incliner devant son homologue anglais. Ambitieux, têtus, et fiers, les deux hommes étaient trop similaires pour qu’une tentative d’amitié ne fonctionne. Après la fin de la première rencontre, les deux rois se sont lancés dans une semaine de surenchère et de compétition. C’était une semaine consacrée à l’étalage du pouvoir et du statut ; le “Drap d’Or” se rapportait aux tentes ridiculement luxueuses. Henri était déterminé à prouver son athlétisme et à rejoindre les compétitions, mais François avait eu la même idée. Henri a dû souffrir de l’humiliation de perdre devant le roi français lors d’un match de lutte, et il est peu surprenant que le seul résultat de cette rencontre ait été un plus grand sens de la haine. À la place, Henri a tournée ses attentions diplomatiques vers Charles Quint.

L’alliance de Henri avec les Habsbourg avait continué durant les années de paix, malgré un ou deux contretemps qui concernaient les arrangements de mariage. De manière cruciale, Charles et Henri partageaient une haine mutuelle de Martin Luther et du roi François. Sa haine du roi français signifiait que la guerre était inévitable et Henri attendait avec impatience l’opportunité parfaite pour lancer une autre attaque. Quand les hostilités ont repris en 1521, Henri a déclaré que l’Angleterre était désormais alliée avec l’Empereur germanique et a signé le Traité de Windsor en 1522 pour rendre “la Grande Entreprise” (l’invasion de la France) officielle. À ce moment de ses projets, Henri ne pouvait se permettre une invasion totale et une attaque sur la Picardie a échoué à cause d’un manque de communication et, peut-être de manière plus importante, de confiance.

L’ambition de Henri de conquérir la France et de revendiquer son trône a été paralysée par le fait qu’il n’en avait pas les moyens. Il avait auparavant aidé à financer Ferdinand et Maximilien et il les avait vus faire la paix sans lui. Henri avait peur que Charles ne refasse le truc de son père et, en ce qui le concernait, Charles n’avait aucun intérêt particulier à voir Henri sur le trône français. Leur méfiance mutuelle ne pouvait qu’accroître.

La confiance n’était pas le seul problème. Dans un écho de 1513, Henri a été distrait par la menace constante venant du Nord. À chaque fois qu’il lançait une campagne en France, les forces écossaises menaçaient d’attaquer, le forçant à mener une guerre sur deux fronts. Henri était enragé et furieux mais il n’a pas abandonné. Il a organisé une autre attaque en 1523 pour soutenir le rebelle Duc de Bourbon, mais Charles n’a pas envoyé d’aide et les troupes anglaises ont été forcées à battre en retraite.

Charles est allé trop loin en capturant François lors de la bataille de Pavie en 1525 et en montrant aucun intérêt à partager son butin avec le roi anglais. Henri a décidé que le temps d’une invasion totale étaient venue. Loin d’avoir assez d’argent pour cela, Henri et le Cardinal Wolsey ont essayé de créer la “Amicable Grant”, un impôt pour payer l’attaque, mais l’opposition s’est avérée si féroce que Henri a été forcé à renoncer à ses projets et à condamner publiquement Wolsey. L’humiliation de faire marche arrière a aidé Henri à se rendre compte qu’il n’allait pas avoir ce qu’il voulait. Il a signé le Traité de More avec la mère de François, Louise de Savoie, et a tourné ses attentions vers sa famille.

Sans surprise, le rejet de Charles a énervé Henri. La présence accrue de l’Empereur germanique en Italie encore une fois a poussé le Pape Clément VII qui paniquait à créer la Ligue de Cognac, qui unifiait Venise, Florence et la France contre Charles. Henri n’était pas membre, mais a proposé de participer au financement du groupe. Son traité avec François lors du Traité de Westminster le 30 avril 1527 a été un signe que son esprit était ailleurs.

Henri était désespéré de se séparer de Catherine pour épouser Anne Boleyn. Il n’avait aucun intérêt à divorcer et voulait à la place prouver qu’il avait été illégal d’épouser la veuve de son frère. Cela apaiserait le bon catholique en lui, mais cela l’a monté contre Charles Quint qui était consterné parce que l’accusation disait sur sa tante Catherine. Cependant, les circonstances n’étaient pas en faveur de Henri, Charles avait attaqué Rome en représailles des avances de la Ligue. Le Pape Clément VII était désormais son prisonnier et le neveu de Catherine a fait ressentir son influence. Clément a gagné sa liberté en décembre, mais l’Empereur n’avait aucun intérêt pour les pourparlers de paix avec la Ligue. Encore une fois, Charles avait frustré les projets de Henri et il a déclaré la guerre contre l’Empereur germanique en janvier. Cependant, il manquait à l’Angleterre les finances pour faire plus que se déclarer en guerre ; il est peu probable que cela ait inquiété trop Charles. La situation en Europe s’est finalement résolue en 1529 avec le Traité de Cambrai. Cependant, la détermination d’Henri de mettre fin à son mariage avait transformé ses vieux alliés en ennemis. François a offert de plaider son cas au nouveau Pape Clément, mais il était plus intéressé par consolider sa propre alliance avec le Saint-Siège. La grossesse de Anne Boleyn a poussé Henri à prendre une action décisive et son mariage avec Catherine a été annulé par Thomas Cranmer en 1533. Aux yeux de la cour anglaise, son mariage secret avec Anne était désormais complètement légal. Finalement, Henri a été reconnu comme chef de l’Église et a aboli le droit d’appel à Rome. L’Angleterre n’était plus catholique et le Pape n’avait plus d’influence sur le roi.

Bien qu’il était fou de joie d’avoir finalement la reine qu’il convoitait, Henri s’est rendu compte qu’une Europe unifiée contre lui était effectivement une perspective dangereuse. Il a essayé de profiter des disputes fréquentes entre Charles et François, mais en 1538, l’ordre d’excommunication d’Henri a été finalement donné et le pape a déclaré que le Vatican soutiendrait quiconque qui déposerait le roi anglais ; sa mort était quelque chose sur quoi Dieu fermerait les yeux. Heureusement pour Henri, Charles était occupé par l’Empire ottoman et, si François projetait d’attaquer l’Angleterre, il n’avait aucune intention de le faire seul. Henri savait que les différends entre François et Charles les empêcheraient de rester à jamais alliés pendant longtemps. Il devait juste être patient. Finalement, en 1542, ils se sont déclarés la guerre et Henri pouvait enfin retourner au front.

À ce moment-là, Henri était obèse, malade et enclin à de violentes rages. La guerre lui a donné une raison d’être et Charles était finalement de retour à ses côtés. Malgré leurs différends passés, il n’y avait désormais aucune raison personnelle pour laquelle Henri et Charles ne pourraient reprendre leur alliance. Catherine d’Aragon était décédée et, en exécutant Anne Boleyn, Henri avait retiré l’insulte à l’honneur de Charles. Outre-Manche, François ne restait pas à rien faire et il savait comment distraire Henri.

L’Écosse s’était avérée être une épine continuelle dans le pied d’Henri durant ses tentatives d’envahir la France, attaquant chaque fois que son attention était dirigée de l’autre côté de la Manche. Ayant espéré que Jacques V serait allié plus malléable que son prédécesseur. Henri était furieux quand l’Écosse a refusé de le suivre dans la séparation de Rome. Quand Jacques n’est pas apparu aux discussions diplomatiques à York en 1541, le conflit total a suivi. Après une petite victoire écossaise à la bataille de Haddon Rig en 1542, les deux armées se sont rencontrées à Solway Moss. Dans un brutal écho de Flodden Field, l’armée écossaise a souffert une défaite humiliante. Jacques V est mort d’une fièvre à peu près deux semaines plus tard et Henri, encore une fois soutenu par une telle victoire décisive, a tournée son attention vers la France.

Henri ne prenait aucune demi-mesure et a envahi la France sur deux fronts. Étendant ses finances aussi loin qu’il pouvait, il a envoyé des troupes à Montreuil sous le Duc de Norfolk, tandis qu’une autre force attaquait Boulogne sous le Duc de Suffolk. Tandis que Norfolk échouait, Suffold a réussi. Henri lui-même est arrivé pour s’occuper du siège qui a duré de juillet à septembre quand la ville est tombée. Il a savouré la gloire d’une ville française revendiquée, mais sa joie a été de courte durée. Henri a été forcé à tourner encore une fois son attention sur l’Écosse, où une rébellion émergeait. Ses représailles ont été si brutales que c’est devenu connu sous le nom de Rough Wooing (cour brutale).

L’invasion de la France est tombée quand Charles a signé un autre traité de paix continentale qui excluait l’Angleterre. François n’avait pas l’intention de faire la paix avec Henri et a organisé une invasion durant l’été 1545. C’était une menace très réelle, mais, heureusement pour Henri, l’attaque a été un triste échec et François a été forcé à battre en retraite. Le Traité d’Ardres a mis fin aux années de guerre du règne d’Henri, étant donné que l’Angleterre, la France, l’Écosse et le Saint-Empire roman germanique se sont accordés sur la paix en 1546.

Il est mort un an plus tard, malade, en colère et vaincu. Alors que nous montre l’histoire d’Henri VIII en tant que commandant militaire ? Elle le montre comme un homme incapable de ou réticent à passer l’âge des rêves romantiques et héroïques de sa jeunesse. Il se battait constamment pour la gloire qu’il voyait pour lui et l’Angleterre. Dans sa tête, la France était la propriété anglaise que personne avant lui n’avait été capable de revendiquer. Il s’est vu comme le roi qui la mettrait sous direction anglaise, et c’était un rêve d’enfance qui est devenu une illusion d’adulte. En se ralliant à des alliés qui n’avaient aucun intérêt pour son rêve, et en réagissant précipitamment aux insultes, réelles ou imaginées, Henri a passé de nombreuses années en guerre avec peu de choses à montrer.

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HENRI VIII – BRÈVE BIO
Anglais, 1491-1547

En tant que roi, Henri dépensait sans compte, courtisait le conflit et ses propres intérêts de loisirs. Son héritage le plus durable est que, en annulant son mariage avec Catherine d’Aragon, Henri a séparé l’Angleterre de l’Église catholique. Cependant, il est toujours plus connu pour ses six femmes et comment il s’en est débarrassé de cinq.

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THOMAS WOLSEY – BRÈVE BIO
Anglais, environ 1475-1530

Le cardinal Wolsey est monté au pouvoir grâce à sa capacité à s’assurer que Henri ait ce qu’il voulait. Il était profondément ambitieux et un opérateur politique talentueux. Il est devenu archevêque de York et a été fait cardinal et lord-chancelier en 1515. Il a joué un rôle important dans le processeur de paix après la première guerre de Henri en France, et a souvent été le visage public des erreurs de Henri. Les ambitions de Wolsey de devenir Pape seront sabordées quand la détermination de Henri de se séparer de Catherine d’Aragon a détruit la relation de l’Angleterre avec Rome. Cherchant à tâtons de réconcilier sa position à Rome avec son devoir au roi, l’échec de Wolsey de livrer l’approbation papale se révélera être sa chute.

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DÉBACLE EN AQUITAINE
Juin 1512

Le seul souci de Henri avant l’expédition en Aquitaine était qu’il ne pourrait être là. C’était la première attaque contre la France durant son règne et cela aurait dû être la première étape d’une campagne glorieuse. Henri était bien trop impatient de s’allier avec son beau-père, Ferdinand le Catholique, qui avait des ambitions similaires de revendiquer le territoire français. Les deux rois avaient rejoint la Sainte Ligue qui avait été créée en réponse aux activités militaires françaises en Italie. La Ligue avait décidé que Ferdinand et Henri devaient attaquer ensemble et que cela devrait être une démonstration de force impressionnante.

Le contrôle des forces anglaises a été donné au Marquis de Dorset et les envahisseurs devaient marcher avec Ferdinand en Aquitaine. Cependant, une fois que le Marquis a débarqué, il a découvert que le roi espagnol n’avait pas tenu parole. À la place, Ferdinand était occupé par sa propre attaque sur Navarre, qui servait plus les intérêts du roi espagnol. Les troupes du Marquis se sont querellées avec les quelques forces espagnoles qu’on leur avait données et de nombreux de ses hommes ont succombé à la dysenterie. En conséquence de cela, il n’avait pas eu d’autre choix que battre en retraite.

Bien que Henri ne peut être jugé responsable de l’échec de cette attaque, il montre la Sainte Ligue pour ce qu’elle était vraiment. Les rois se battaient avec la bénédiction du Pape et la gloire de Dieu, mais ils étaient tous seuls sur le terrain. Une fois que le combat commençait, chaque monarque n’était seulement intéressé que par la terre qu’ils pouvaient revendiquer – leurs alliés ne fonctionnaient uniquement comme banque et renforts.

Verdict
Le retrait forcé a enragé Henri, le poussant vers mener sa propre attaque, et a également semé les graines de la méfiance qui viendra de manière plus proéminente à l’avant-plan lors de ses prochaines campagnes.

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VICTOIRE À FLODDEN FIELD
9 septembre 1513

Avec l’attention du roi focalisée sur la France, c’était le bon moment pour attaquer à partir du Nord. Le roi Louis XII est entré en contact avec son allié en Écosse et Jacques IV a été très favorable. Il a écrit à Henri lui demandant d’abandonner sa guerre contre les Français – instruction que Henri a nettement ignorée. Les troupes écossaises se sont mobilisées et ont marché au Sud de la frontière, faisant savoir qu’elles avaient l’intention d’envahir. Ayant apaisé leur code de l’honneur, elles ont attendu les troupes anglaises à Flodden.

Catherine d’Aragon agissait en tant que régente tandis que son mari était en guerre en France. Catherine était une femme qui croyait avec passion au devoir, en l’honneur et la fidélité, et la perspective de perdre une bataille en l’absence de son mari était trop affreuse à considérer.

Avec le Comte de Surrey, Catherine a levé une armée à partir des Midlands pour rencontrer les envahisseurs écossais. Surrey a rencontré l’armée écossaise à Flodden Field et les a soumis à une défaite écrasante. Le nombre de morts écossais s’élevaient à des milliers de personnes, et le roi Jacques IV lui-même en faisait partie.

Alors que le refus d’Henri de quitter la France a pu être la goutte qui fait déborder le vase et déclencher l’attaque, il n’a joué qu’un petit rôle dans le résultat de la bataille – c’était le Comte de Surrey qui a triomphé. Le roi écossais est tombé au combat, et sa cape a été envoyée en France comme trophée pour Henri. Victoire décisive, mais pas une qui peut être attribuée à une quelconque excellence militaire de la part de Henri.

Verdict
Tandis que la victoire assurera à Henri d’Angleterre la puissance militaire, c’était le début d’une longue bataille onéreuse avec les Écossais qui le distraira de ses buts en France.

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PÈRE DE LA ROYAL NAVY

Henri peut être connu comme le fondateur de la Royal Navy mais sa création avait commencé durant le règne de Henri VII. Cinq navires de guerre royaux avaient été construits au moment où Henri VIII est monté sur le trône, mais le jeune roi en voulait plus pour sa puissance militaire.

Henri savait que l’Écosse avait investi dans sa propre marine et qu’il faisait potentiellement face à une double attaque par la mer. Henri a ordonné la construction de deux grands navires de guerre : le notoire Mary Rose (qui a coulé de manière embarrassante et mystérieuse alors qu’il menait la défense contre les Français à Solent) et le Peter Pomegranate. L’ambition de Henri ne connaissait aucune limite et la Navy anglaise sera la plus grande, la plus avancée et la plus crainte. Il a équipé ses navires avec les dernières armes et les canons les plus lourds, tout en employant de nouvelles innovations comme des fenêtres à fusil à charnière. À la fin du règne d’Henri, sa flotte s’élevait à 58 navires.

Énormes navires de guerre à part, les innovations peut-être les plus importantes qu’Henri ait fait à la Navy étaient sur la terre ferme. Il a créé le premier dock naval à Portsmouth, il a donné la Bourse de la Charte Royale à Trinity House (qui développait des signaux lumineux, des bouées et des phares), et il a créé le Navy Board et le bureau de l’Amirauté. Henri est connu comme le père de la Royal Navy parce qu’il ne l’a pas que musclée, il a créé son ossature.

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THOMAS MORE – BRÈVE BIO
Anglais, 1478-1535

Thomas More a suivi une formation d’avocat et est presque devenu moine avant d’entrer au service de Henri en 1517, se chargeant de divers rôles d’interprète à écrivain en passant par diplomate en chef. Les deux sont rapidement devenus de proches confidents et More a été fait chevalier quatre ans plus tard, avant de devenir Président de la Chambre des Communes en 1523. C’était sa forte foi catholique qui s’avérera être sa chute. Bien qu’il ait été nommé lord-chancelier en 1529, il a rejeté la formation de l’Église d’Angleterre avec Henri à sa tête, alors il a démissionné peu après. Son refus d’accepter la nouvelle dénomination mènera à son arrestation et finalement son exécution le 6 juillet 1535.

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JOURNÉE DES ÉPERONS
16 août 1513

Henri et ses forces anglaises assiégeaient la ville de Thérouanne depuis juillet 1513. Après l’embarras en Aquitaine, il était finalement arrivé en France pour mener son armée vers la grande conquête. Il campait pas loin, mais pas trop proche de la ville, et assiégeait. Une impasse s’en est ensuit jusqu’à ce que l’action française le 16 août fasse pencher la balance.

Les forces françaises avaient vu l’armée du Saint Empire romain germanique de Maximilien rejoindre celle d’Henri et ont décidé que le moment de tenter une contre-attaque était venu. Le matin du 16 août, la cavalerie légère française, forte de quelques milliers de personnes, a attaqué les positions des envahisseurs. Cependant, le camp de la Sainte Ligue avait entendu parler du projet d’attaque et un piège avait été préparé, menant à un accrochage brutal. C’était une attaque qui était vouée à l’échec, avec les forces combinées d’Henri et de Maximilien montant à environ 30 000 hommes. La vitesse avec laquelle les Français survivants ont galopé au loin a mené au nom de la bataille.

Ce n’était pas une victoire militaire important en d’autre terme que la morale. Henri cherchait une victoire à revendiquer en France, et cette rencontre a été la première bataille réelle de sa campagne. Il l’a célébrée mais les gains effectifs de la Journée des Éperons et la chute subséquente de Thérouanne n’impressionnera que son ego. À grand frais financier, les rêves d’Agincourt caressés par Henri se rapprochaient un peu.

Verdict
La victoire lors de la Journée des Éperons en a plus fait pour l’ego d’Henri que pour l’aboutissement de sa campagne, s’avérant essentiellement être une démonstration incroyablement onéreuse.

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LE SIÈGE DE BOULOGNE
19 juillet – 18 septembre 1544

Le Siège de Boulogne sera la chose la plus proche d’une victoire incompétente qu’Henri obtiendra durant toutes ses années de guerre avec la France. Cependant, la conquête d’une seule ville à énorme frais nous dit que incompétent n’est pas vraiment l’adjectif le plus correct ici. Henri avait attendu une excuse pour reprendre les hostilités avec la France et il a rejoint avec enthousiasme son vieil allié (et ancien ennemi) Charles Quint quand la guerre a éclaté en 1544. Il a levé une grande force d’invasion pour traverser la Manche.

La force anglaise était séparée en deux, attaquant Montreuil et Boulogne, avec Henri lui-même rejoignant cette dernière. Tandis que l’attaque sur Montreuil a échu, le Siège de Boulogne, bien que long, finira en succès. Le siège a commencé le 19 juillet et les forces anglaise ont rapidement pris la partie basse de la ville. Cependant, elles n’ont pu percer les murs du château et le siège s’est étendu de semaines en mois. Henri a écrit à sa femme (numéro six, Catherine Parr) louant la force de ses opposants, mais ce n’était qu’une question de temps avant que les Français soient forcés à capituler, ce qu’ils ont fait après que les forces d’Henri aient creusé des tunnels sous les murs.

Cependant, le triomphe d’Henri sera de courte durée. Il a appris que Charles, craignant la menace ottomane et s’intéressant peu à l’ambition personnelle d’Henri, avait fait son propre traité de paix avec la France sans l’Angleterre. Henri est retourné chez lui pour s’occuper de l’Écosse, laissant Boulogne occupée, et François a commencé à préparer une contre-attaque.

Verdict
Henri a pu avoir pris la ville, mais le coût financier était énorme. Bien que le traité de Charles a mené à des menaces d’une invasion française, les tentatives de François ont fini par échouer.

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LA ROUGH WOOING (COUR BRUTALE)
Décembre 1543 – mars 1550

La Rough Wooing était la conséquence de la tentative manquée d’Henri de soumettre l’Écosse alors qu’il tournait son attention vers la France. Bien qu’il ait pu gagner une large victoire à la Bataille de Solway Moss, les espoirs d’Henri que l’Écosse serait disposée à la paix se sont avérées mal fondés. Il leur avait donné ses conditions, mais Henri aurait pu leur avoir donné un parchemin vierge, étant donné que l’Écosse a déclaré son nouveau d’allégeance à la France.

À l’époque, Henri projetait son invasion avec Charles Quint et ne pouvait se permettre d’être distrait par encore un autre conflit total avec ses voisins au Nord. Se décidant contre la bataille ouverte, Henri a commandé qu’une force devait naviguer au Nord pour montrer aux Écossais combien il était furieux. Elle était menée par Edward Seymour, Comte de Hertford, à qui on a dit de “Mettre Édimbourg à feu et à sang afin qu’il puisse rester à jamais la mémoire perpétuelle de la vengeance de Dieu”.

Des villes et des villages ont été réduits en cendres et détruits, et les instructions strictes du roi quant à quoi faire de tous ceux s’opposant à Hertford étaient claires ; il était commandé  de continuer à “soumettre homme, femme et enfant au feu et à l’épée, sans exception, là où la résistance se fera à vous”. Hertford a obéi aux ordres de son seigneur avec plaisir, envoyant de fréquents rapports de ses conquêtes à son roi, et capturant Édimbourg et le port local de Leith. Cependant, la France n’est pas restée à rien faire, mais à la place a envoyé des forces aider les contre-attaques écossaises. Cette campagne double d’agression entre l’Angleterre et l’Écosse ne sera stoppée (temporairement) que par le Traité d’Ardres en 1546.

Verdict
Bien qu’elle a eu l’effet immédiat qui voulait Henri, qui était de faire une démonstration de force et de colère, la Rough Wooing n’a servi qu’à approfondir la haine et la méfiance des Anglais.

Traduction – 8 octobre 2016