Elle a repoussé des invasions étrangères et des rébellions domestiques mais a-t-elle vraiment présidé sur un âge d’or ?

En 1588, contre l’avis de ses conseillers les plus fidèles, Élisabeth Ière est montée sur son hongre gris pour s’adresser à ses troupes réunies à Tilbury dans l’Essex pour se préparer à repousser la force d’invasion attendue de l’Invincible Armada espagnole. Regardant les visages assemblés devant elle, elle a donné un discours qui entrera dans l’histoire et qui la définira pour beaucoup : “Je sais que mon corps est celui d’une faible femme, mais j’ai le cœur et l’estomac d’un roi, et d’un roi d’Angleterre”.

Ce discours sera transcrit et distribué aux soldats qui n’ont pu entendre la reine mais ils avaient tous vu leur monarque, en armure et sur sa monture, prête à se tenir à leurs côtés pour repousser l’invasion catholique. Cette image de Élisabeth a été la clé de notre perception populaire d’elle pendant des siècles, mais elle est bien plus que cela. Élisabeth était maligne et capricieuse, mais elle pouvait être aveuglée par l’affection, même temporairement. Elle était terriblement intelligente, avec un sens pratiquement indéfectible de ce que son peuple voulait ou avait besoin d’elle, mais a dû repousser des tentatives d’invasion étrangère et des rébellions dans son pays. Alors qu’elle était sur le trône d’Angleterre, le pays a connu certains de ses plus grands triomphes et ses heures les plus sombres.

Quand Élisabeth est montée sur le trône en novembre 1558, toute l’Europe était sur des charbons ardents. Comment la nouvelle reine protestante suivra le règne de sa sœur catholique Marie ? Avec une nation instable et des conspirations chez elle et à l’étranger, la situation demandait de la diplomatie, de l’intelligence et du courage ; trois qualités qu’Élisabeth a toujours eu en quantité plus que suffisante. En fait, la situation instable n’était pas nouveau pour elle : la position d’Élisabeth a été dangereuse dès sa naissance. Fille de la deuxième femme de Henri VIII, Anne Boleyn, elle a été immédiatement estimée comme illégitime par les nations catholiques, qui considéraient le divorce du roi d’avec Catherine d’Aragon comme illégal. À leurs yeux, la fille Marie de Catherine était la seule héritière légitime au trône.

bien que les deux parents désespéraient d’avoir un garçon, Anne sera une maman poule pour son enfant, mais elle a été envoyée au billot du bourreau en 1536 après avoir échoué à produire un héritier mâle à son roi. Même si la troisième femme d’Henri, Jeanne Seymour, était sympathique envers Élisabeth et Marie, elle devait s’occuper de son propre enfant avec la naissance de son fils et héritier d’Henri, Édouard. Henri lui-même ne verra pas beaucoup Élisabeth avant 1542, où il a décidé qu’il était temps de renouer avec sa fille cadette. Il l’a trouvée intelligente et charmante et a décidé de réintégrer à la fois Marie et Élisabeth dans sa lignée.

En 1543, Henri a épousé Catherine Parr, sa dernière femme, et les relations au sein de la famille royale se sont réchauffées, tandis que Marie montrait un intérêt maternel pour le jeune Édouard, alors que Élisabeth appréciait une relation de sœur avec les deux. Cependant, quand Édouard est monté sur le trône à la mort de son père, des fêlures ont commencé à se former. Tout d’abord, Élisabeth a dû affronter les avances du nouvel époux de Catherine, Thomas Seymour, qui ont causé un scandale à la cour en 1548.  Les intentions de Seymour ont été vues comme perfides, et on a rapporté qu’Élisabeth était enceinte. La jeune princesse a nié ces rumeurs, déconcertant son interrogateur. “Elle a un très bon esprit et rien ne sort d’elle à part une grande politique”, a-t-il écrit. Cette pratique lui servira bien une fois que Marie montera sur le trône mais pas tous les joueurs seront aussi doués dans ce jeu de trônes musicaux ; Seymour a été exécuté l’année suivante.

Quand la résolument catholique Marie a refusé de se convertir, Édouard a commencé la procédure de retirer ses deux sœurs de la lignée au trône, fixant ses espoirs sur sa cousine, Jeanne Grey, à la place. Cependant, le prince a été rarement en bonne santé durant sa courte vie, alors cela n’a pas été une surprise qu’il meurt avant la finalisation du contrat et Marie est devenue la nouvelle reine d’Angleterre. Tout comme Édouard avait demandé à Marie de changer de foi, la nouvelle reine était déterminée à ce que sa sœur se convertisse. Elle a acquiescé sans enthousiasme, mais il était clair pour les protestants et les catholiques que sa véritable allégeance reposait toujours auprès de l’Église d’Angleterre de son père que l’Église catholique du Pape. Au cours du règne de Marie, de nombreux complots ont été conçus pour mettre Élisabeth sur le trône. Aucun n’a réussit, mais ils ont presque réussi à la tuer.

En 1554, Thomas Wyatt a tenté une rébellion après l’annonce que Marie épousera le roi espagnol Philippe II. Les représailles de la reine ont été brutales et rapides, exécutant non seulement les meneurs, mais Jeanne Grey aussi. Élisabeth a clamé l’ignorance, truc qu’elle a réussi à répéter avec succès un an plus tard après une autre tentative de rébellion en 1555, mais sa sœur commençait à perdre patience et Élisabeth a été placée dans la Tour de Londres, avec quelques supporters catholiques réclamant à cor et à cri son exécution. Les perspectives futures d’Élisabeth n’étaient pas dorées, et les quelques mois suivants l’ont vue marcher sur la corde raide politique. Marie, désespérée de donner à son mari et son pays un héritier catholique pour donner fin à l’incertitude entourant le trône, a annoncé qu’elle était enceinte, mais en 1558, il était clair que l’état de Marie n’était pas une grossesse, mais une maladie dévastatrice. Sa santé a rapidement chuté, et elle est morte le 17 novembre de cette année après avoir supplié Élisabeth de garder l’Angleterre catholique une fois montée sur le trône. Ses souhaits ne seront pas satisfaits.

Le couronnement d’Élisabeth a été un numéro magnifique d’équilibriste. Avec d’innombrables yeux scrutant à la recherche d’indices de gestes ouvertement protestants ou catholiques, Élisabeth a réussi à tous les confondre. À la place, l’emphase était autre part : l’intention d’Élisabeth de restaurer l’Angleterre à un état de prospérité. La nouvelle reine savait que si elle allait avoir une chance de survivre à ses premières années, elle aurait des conseillers fidèles et ingénieux, et elle a choisi Willima Cecil et Robert Dudley. Cecil avait travaillé pour Édouard, survécu au règne de Marie et était férocement loyal à Élisabeth. En revanche, la nomination de Dudley et ses grâces avec la reine n’avaient rien à voir avec ses capacités en tant qu’homme politique. Il connaissait Élisabeth depuis l’enfance et son affection pour lui n’avait fait que grandir plus forte et les rumeurs abondaient qu’elle paissait ses nuits en plus de ses journées avec lui.

Cecil désapprouvait Dudley et était d’accord avec la majorité du Parlement qu’Élisabeth devait se marier dès que possible. Les yeux de la France et de l’Espagne étaient fixés sur l’Angleterre et il était sensé pour la reine pour créer une alliance de mariage avec l’une de ces puissances majeures pour sa sécurité et celle de son pays. Le roi Philippe II ne cachait pas son désir d’épouser Élisabeth, mais elle n’avait aucun intérêt à se marier avec l’ex-mari de Marie. Henri d’Anjou a été suggéré comme beau parti, mais c’était toujours un enfant. Élisabeth a parlé à la place d’être mariée à sa nation, mais le scandale a frappé quand la femme de Dudley, Amy, est morte soudainement après être apparemment tombée dans les escaliers en 1560. La rumeur courait selon laquelle Dudley avait commis l’acte pour sa reine, et Élisabeth a été forcée de le renvoyer de sa cour.

En 1561, la cousine d’Élisabeth, Marie Stuart, est revenue en Écosse, quittant la France. Pour de nombreux catholiques, Marie était la véritable successeur et elle n’a rien fait pour dédramatiser ceux qui réclamaient un monarque catholique. Son arrivée était au moment parfait, étant donné que Élisabeth était à l’agonie à cause de la variole. Cependant, elle s’en est remise et, avec le scandale à propos de Dudley qui se dissipait, Élisabeth l’a choisi comme protecteur, le ramenant à la cour, avant de choquer tout le monde en suggérant un mariage entre lui et Marie. C’était Élisabeth montrant son ingéniosité politique ; elle savait bien que l’Écosse avec un hériter catholique aurait trop de pouvoir, mais un hériter produit par son favori et Marie Stuart pourrait potentiellement unifier les deux pays. Cependant, Dudley a refusé et Marie n’avait aucun intérêt à épouser l’amant de sa cousine.

À la place, Marie s’est mariée par amour, choisissant Lord Henry Darnley. Voir cela a pu avoir poussé Élisabeth à renouveler son intérêt pour Dudley, ce qui a grandement contrarié le conseil, en particulier l’ambitieux Duc de Norfolk. Quand la tension entre Norfolk et Dudley s’est trop accrue, Élisabeth a compris qu’elle avait besoin d’affirmer son autorité. “J’aurai ici qu’une seule maîtresse et aucun maître”, a-t-elle dit à Dudley. C’était à la fois une déclaration politique et une personnelle. Le manque de mari et d’héritier n’a été aggravé qu’en 1566 quand Marie a donné naissance à un fils, Jacques, mais elle était désespérément malheureuse. Darnley était un mari violent et soûl : beaucoup croyaient qu’il avait brutalement assassiné son amant secret, David Rizzio. Darnley aurait une sale fin un an plus tard, quand il a été retrouvé pendu dans le jardin d’une maison. Marie a rapidement épousé le Comte de Bothwell, l’homme qui aurait tué Darnley, et les forces écossaises se sont soulevées contre elle. Emprisonnée et forcée à abdiquer, elle a fini par fuir en Angleterre. Élisabeth a accepté de donner refuge à Marie, mais son arrivée dans le Nord avait donné aux catholiques une figure de proue et la rébellion mijotait.

La noblesse du Nord suggérait que Norfolk devait épouser Marie : rapidement, le Soulèvement du Nord avait commencé. Tandis que les forces rebelles marchaient vers le Sud, Élisabeth a déplacé Marie à Coventry et rassemblé ses propres troupes. La noblesse du Sud s’est ralliée à sa cause, ce qui a étonné les forces rebelles, qui ont commencé à battre en retraite. La victoire de Élisabeth a été rapide et décisive, avec 700 hommes exécutés dans une démonstration brutale de puissance. Norfolk a été arrêté, mais un manque de preuve concrète a retardé son exécution, jusqu’à ce qu’il soit impliqué dans le complot de Ridolfi, qui visait à faire de Philippe II d’Espagne roi. Élisabeth a ordonné et rescindé l’exécution de Norfolk trois fois – exemple parfait de comment elle pouvait être indécise par moments – avant de finalement décider qu’il devait simplement mourir.

Si la position d’Élisabeth chez elle semblait bancale, elle était positivement stable comparée à comment elle était vue à l’étranger. Le pape a décrété que celui qui tuerait la reine anglaise hérétique serait pardonné, déclaration que le roi Philippe a pris à cœur. Ne voulant pas risquer la guerre ouverte, Élisabeth a trouvé d’autres manières pour énerver ses ennemis. Elle a calmement parrainé les exploits pirates de John Hawkins et plus tard son cousin Francis Drake. En 1577, quand il a projeté de voyager en Amérique du Sud pour dévaliser de l’or, Élisabeth a rencontré Drake avec Francis Walsingham, l’un de ses ambassadeurs en France.

On a dû cacher la vérité au prudent Cecil, mais elle a explicitement dit à Drake qu’elle le soutenait : “Je serais heureuse d’être vengée du roi d’Espagne pour diverses blessures que j’ai reçues”. Ayant vogué jusqu’au Détroit de Magellan et capturé un navire espagnol transportant jusqu’à 200 000£ en or, Drake a décidé de traversé le Pacifique, devenant le premier Anglais à naviguer autour du globe. Élisabeth a savouré son exploit, et quand elle a rencontré l’ambassadeur espagnol en 1581, elle a ostensiblement porté un crucifix que Drake lui a donné du butin. Elle a dîné avec Drake sur le Golden Hind et l’a fait chevalier. Il l’avait rendue fière.

Ces exploits pirates contrastaient fermement avec les événements de 1572. Le massacre de la Saint-Barthélemy – l’assassinat de nombreux protestants français – a choqué l’Angleterre et l’ambassadeur Sir Francis Walsingham a été forcé à se réfugier. Élisabeth l’a ramené à Londres pour devenir le chef de ses services secrets, où il l’a informée que Marie Stuart était un vrai danger. Le soulèvement était non seulement une scène choquante pour les protestants anglais ; c’était également un signe de la Pays-Bas protestants et leur commerce de la laine prospère seraient rapidement en danger.

Quand Guillaume d’Orange a demandé à Élisabeth une assistance militaire, elle n’a pas voulu être vue intervenir et a donné à Philippe d’Espagne une excuse pour attaquer. Walsingham lui a conseillé la guerre, tandis que Cecil continuait à prêcher le mariage. Alors Élisabeth a caressé l’idée d’épouser le Duc d’Anjou, environ dix ans après que cela ait été suggéré une première fois. À l’époque, il était un jeune laid et elle était une belle reine. Désormais, elle était visiblement plus âgée et la flatterie de l’ambassadeur français et les lettres d’Anjou ont commencé à la convaincre. Quand ils se sont finalement rencontrés, il est apparu que Élisabeth était réellement amoureuse, mais il y avait de véritables soucis sur comment le peuple anglais réagirait.

“Les anxiétés qu’Élisabeth a exprimées à l’émissaire de Marie Stuart, en 1561, qu’elle non plus ne pouvait épouser quelqu’un sans déclencher de l’agitation dans un groupe ou un autre, n’ont fait qu’intensifier les mariages désastreux de Marie Stuart avec Darnley et puis Bothwell – qui se sont finis par son renversement”, explique Leanda de Lisle, auteur de Tudor: The Family Story. “Élisabeth a continué à chercher publiquement un mari pour satisfaire les attentes nationales qu’elle leur donnerait un héritier incontesté, et sûrement elle espérait que ce ne soit pas impossible. Elle était mariée à son royaume – phrase qu’elle avait appris de Marie Tudor. Mais tandis que Marie s’était mariée, Élisabeth ne l’a pas fait parce qu’elle craignait la révolte de ceux qui n’étaient pas d’accord avec son choix”.

Bien qu’elle voulait clairement épouser l’homme qu’elle avait surnommé sa “grenouille”, le peuple anglais trouvait l’idée de leur Reine Vierge épousant un catholique français absolument répugnante. Quand un pamphlet qui condamnait l’union est sorti, Élisabeth a décrété que l’auteur et son imprimeur aient les mains coupées. Son conseil privé était séparé en deux, avec le jaloux Robert Dudley opposé avec véhémence. Élisabeth a eu le cœur brisé, mais elle a accepté de s’abstenir. Elle a donné à Anjou 10 000£ pour continuer sa guerre contre Philippe aux Pays-Bas, mais ne l’a pas revu. Il a essayé de prendre le pouvoir pour lui mais a échoué et est mort, un an plus tard. Quand Guillaume d’Orange a été assassiné chez lui en 1584 par un fanatique catholique, il était clair que l’intervention militaire ne pouvait plus être reportée et ainsi en 1585, au grand soulagement de ses conseillers impatients, elle a accepté d’envoyer une petite force d’hommes. Dudley a pris les commandes aux Pays-Bas mais s’est avéré incompétent, perdant du territoire au général de Philippe, le duc de Parme. Marie était désormais plus dangereuse que jamais. Élisabeth a ordonné son emprisonnement à l’insistance de Francis Walsingham qui avait aucune intention de lui permettre de vivre plus longtemps. Il a arrangé qu’un servant, l’un de ses propres espions, suggère à Marie d’introduire clandestinement des lettres dans des tonneaux de bière, permettant à Walsingham de tout lire. Quand Thomas Badington a écrit à Marie avec un projet d’assassinat d’Élisabeth et lui donner la couronne, Marie a répondu avec son approbation ; le piège du chef des services secrets avait parfaitement fonctionné, et il avait piégé sa proie involontaire.

Walsingham s’est jeté dans l’action et a ordonné l’exécution des conspirateurs. Élisabeth avait toujours été réticente à exécuter sa cousine, mais elle s’est accordée sur le fait qu’elle devra passer en jugement. Ce n’était pas une surprise quand la cour a décidé que Marie devra être exécutée. Élisabeth a pleuré Marie, ou du moins a regretté sa mort. L’homme qui a livré le mandat a été emprisonné et dépossédé de son titre.

Élisabeth a toujours été réticente à signer un mandat de mort – ou du moins elle était réticente à être vue en train de le signer. Nous ne pouvons savoir combien le chagrin d’Élisabeth était véritable, mais elle a amèrement détesté les circonstances de l’exécution de Marie.

“Élisabth était réticente d’être vue en train d’exécuter tout d’abord le plus vieux nombre d’Angleterre, en Norfolk, et puis une autre reine, en Marie”, explique de Lisle : “Cela ne veut pas dire qu’elle regrettait leurs morts. Elle aurait préféré avoir Marie assassinée, par exemple, ce qu’elle n’a pas du tout caché.

Il était également notable qu’elle était assez impitoyable dans l’ordre des morts de traîtres de naissance modeste – les 900 exécutés après le Soulèvement du Nord le témoignent. C’était trois fois les chiffres que Henri VIII avait exécutés après le bien plus sérieux Pèlerinage de Grâce, et dix fois ce que Marie a exécuté après la Rébellion de Wyatt”.

L’exécution de Marie a donné à Philippe II la raison dont il avait besoin pour déclarer la guerre et son Invincible Armada espagnole s’est co-ordonnée avec les forces du duc de Parme aux Pays-Bas, avec les deux forces se rencontrant avant de partir vers l’Angleterre.

Ils se sont lancés le 12 juillet 1588, leurs forces possédant plus de deux fois le nombre de navires anglais, mais les navires anglais avaient certains avantages ; ils étaient plus petits, plus rapides, et conçus pour transporter des armes plutôt que des hommes. Les navires anglais pouvaient battre la flotte espagnole en eau libre et commencer à les entraîner dans de petites escarmouches. C’était à ce moment qu’Élisabeth est montée sur son cheval pour aller à la rencontre de ses troupes. Avec la menace d’une force catholique à sa porte, la reine a rallié l’esprit des troupes anglaises en déclarant qu’elle se battrait à leurs côtés pour chasser tous ceux qui oseraient poser le pied sur ses terres.

Cette démagogie était impressionnante et a pu entrer dans les annales de l’histoire mais a finalement été inutile. L’Invincible Armada espagnole a échoué et la victoire d’Élisabeth a été le sceau de son statut. “L’Âge d’Or” avait débuté, où l’art et la littérature prospéraient.  Avec l’Angleterre un état visiblement puissant, l’aristocratie a commencé à parrainer les arts avec un grand abandon.

Les dramaturges célèbres de l’époque ont apprécié le parrainage, bien qu’avec des mises en garde. Quand Shakespeare a écrit Richard II, il a été encourage à retirer une scène suggérant que la monarque vieillissante devrait se retirer. “Élisabeth ne s’intéressait pas aux pièces de théâtre, confirme de Lisle. Bien trop souvent, elles étaient utilisées pour lui faire la morale sur ceci et cela”.

Sa couronne pouvait être en sécurité maintenant, mais elle a reçu des coups dévastants avec les morts de deux de ses conseillers les plus fidèles, Dudley et Walsingham. Dudley a été remplacé à la cour par son charmant beau-fils, le Comte d’Essex, et le jeune flatteur est rapidement devenu son favori.

“La mort de Robert Dudley en 1558 a signalé la fin de l’ancien ordre, mais Élisabeth espérait toujours pouvoir continuer à régner selon son motto, Semper Eadem (“Toujours la même”), explique de Lisle. Alors que les années passaient et que ses servants mourraient, soit elle ne les remplaçait pas ou trouvait un quasi-équivalent au servant qu’elle avait perdu”. C’est un signe de combien elle se reposait sur son ancienne garde qu’elle continuait à placer sa confiance en William Cecil, même s’il était quasiment entièrement sourd et de plus en plus malade. Ce n’est seulement à sa mort en 1558 qu’Élisabeth a finalement accepté de nommer Robert Cecil à l’ancien poste de son père. Quand on a su que les Espagnols tentaient de reconstruire leur flotte, Essex a mené une flotte à Cadix et décimé leurs forces dans le port. Le succès a rendu Essex célèbre, quelque chose qui a déconcerté Élisabeth. Elle a essayé de le refréner, consciente que sa position au sein du peuple était son plus grand atout, mais Essex a continué à promouvoir sa propre célébrité. Elle est devenue de plus en plus frustrée par son comportement outrageux à la cour, qui a atteint un point critique dramatique quand il a à moitié tiré son épée sur elle en colère.

Les arts et la littérature pouvaient être florissants, mais ceux qui adhèrent à cette idée d’âge or de l’histoire anglaise oublient souvent que même après la défaite de l’Invincible Armada espagnole, d’autres soulèvements, comme la rébellion irlandaise de 1558, sont apparus. Les pays avait longtemps été un problème pour l’Angleterre Tudor, qui avait tenté d’imposer les valeurs anglaises et qui voyait les Irlandais comme des locataires sur le territoire anglais. Désormais, avec un soulèvement soutenu par les Espagnols, Élisabeth avait besoin d’agir de manière décisive.

Elle a envoyé son armée au début de l’année 1599, menée par Essex, qui cherchait à faire ses preuves une fois de plus. Il a été un désastre. Au lieu de confronter Tyrone sur le champ de bataille, il l’a rencontré en secret et est retourné en Angleterre ayant fait un traité sans l’autorité de la reine.

Quand Essex a pensé que Cecil complotait contre lui, il s’est dépêché de plaider sa cause. Supposant qu’il était toujours le favori de la reine, il a fait irruption dans sa chambre alors qu’elle se préparait pour la journée. Il avait vu Élisabeth sans son maquillage et habits royaux ; pas comme une reine mais comme une vieille femme. Elle ne pouvait se permettre d’être vue comme cela. La reine l’a rejeté avant de le convoquer plus tard pour le confronter sur ses échecs et le déposséder de son pouvoir. Plutôt qu’accepter son sort, Essex a tenté la rébellion. Il a supposé que les Londoniens soutiendraient le héro de guerre populaire, mais Élisabeth l’a proclamé traître et a envoyé ses troupes à sa rencontre. La rébellion a été un échec et Essex a été exécuté en tant que traître.

Bien que les dernières années du règne d’Élisabeth aient été loin d’être dorées, elle pouvait toujours rallier son peuple si besoin. La guerre en Irlande était onéreuse et sans succès, tandis que le surpeuplement et les mauvaises récoltes causaient de l’agitation. Quand le parlement l’a publiquement condamnée pour avoir accordé des monopoles à ses courtiers préférés, ce qui a mené à la fixation des prix, Élisabeth a été forcée à les abroger en 1601. Elle a accepté de mettre fin aux monopoles et a réaffirmé son amour pour l’Angleterre. Elle a gagné le parlement, il y a eu une bonne récolte, et une trêve a été atteinte en Irlande et en Espagne. “Élisabeth, vieille et malade, avait perdu de son emprise, mais jamais entièrement, déclare de Lisle. Elle avait suivi l’exemple de Marie Ière en courtisant les gens du peuple dès le début de son règne, et ils ont continué à la soutenir”.

Ayant repoussé un autre soulèvement, la santé de la monarque de 50 ans déclinait et après une période trop rare de bonne santé, Élisabeth est tombée malade. Elle était désespérément frustrée par le pouvoir grandissant de Cecil sur elle et refusait d’aller au lit alors qu’elle se rendait compte que la fin approchait. Élisabeth est finalement décédée le 23 mars 1603. Bien qu’elle se soit battue pour changer avec le temps devant des conseillers plus jeunes ambitieux, elle avait été une formidable chef politique. Elle avait toujours montré l’astuce et l’intelligence pour comprendre sa situation, et n’avait jamais perdu l’image d’une reine aimée par son peuple.

“Cette image n’a pas été créée pour elle, explique de Lisle. Élisabeth n’a jamais oublié les événements de 1553 quand les petites gens avaient soutenu les sœurs Tudor, tandis que l’élite politique avait soutenu Jeanne Grey. Elle n’a pas non plus oublié comme, en 1554, Marie avait donné un discours au Guildhall qui avait réveillé Londres dans sa défense contre la Rébellion de Wyatt. Marie avait parlé de son mariage à son royaume, décrivant son anneau de couronnement comme une alliance, et son amour de ses sujets comme celui d’une mère pour ses enfants. C’était les expressions et les motifs qu’Élisabeth utilisera à plusieurs reprises et qui deviendront absolument centraux à son règne.

De plus, Élisabeth avait également un instinct pour les exigences de la foule. Même ses ennemis admettaient qu’elle avait “le pouvoir de l’enchantement”. Elle courtisait son peuple par des sourires, des mots d’amour et un grand art du spectacle, et a ainsi gagné leurs cœurs. Le peuple d’Élisabeth ne l’oubliera jamais. Quand elle est morte et que Jacques Ier est devenu roi, ce qui a grandement manqué au peuple, c’est le théâtre Tudor d’amour réciproque, dont Élisabeth avait été la dernière et plus brillante étoile.

Le règne d’Élisabeth n’a pas été l’Âge d’Or que la légende dépeint si souvent ; elle a affronté de graves soulèvements, à la fois internes et externes, durant son règne. Elle a marché sur la corde raide politique pendant la majeure partie de sa vie, et le fait qu’elle soit morte paisiblement dans son lit en tant que reine a été un triomphe majeur en soi. Le peuple anglais l’aimait, et elle, en retour, l’aimait. Dans les cœurs et les esprits de nombreux de ses sujets, elle était – et sera toujours – la monarque dorée de la Grande-Bretagne.


ÉLISABETH Ière – BRÈVE BIO
Britannique, 1533 – 1603

Élisabeth est montée sur le trône après la mort de sa sœur catholique, Marie, à partir de quoi elle a affronté une nation instable déchirée par le conflit religieux. Au cours de son règne, elle a combattu des ennemis chez elle et à l’étranger, unifiant l’Angleterre sous une Église et supervisant l’exploration de nouvelle terres.


COMBIEN ÉLISABETH ÉTAIT-ELLE BONNE À ÉQUILIBRER LES COMPTES ?

Tandis que l’image populaire est que Marie a laissé l’Angleterre dans un état désolant, Leanda de Lisle explique que l’attitude fiscale d’Élisabeth était loin d’être immaculée. Marie a laissé l’Angleterre dans 227 000 £ de dettes, tandis que sa sœur a produit des dettes de 350 000 £. “Le règne de Marie n’a pas été un désastre. L’image populaire de Marie – toujours Bloody Mary (Marie la Sanglante), rarement marie Ière – a été grandement influencé par une combinaison de préjugés sexuels et religieux, explique de Lisle. Marie Ière avait nommé Élisabeth comme héritière, malgré ses sentiments personnels envers sa sœur, et ainsi avait permis à la couronne d’être héritée dans de conditions paisibles. Élisabeth continuait à refuser de nommer quelqu’un. En 1562, croyant mourir, elle a demandé que Robert Dudley soit fait Protecteur avec un revenu de 20 000£”. Élisabeth était notoirement réticente à se lancer dans la guerre à cause de son coût et ses risques, mais le conflit espagnol a duré des années, tandis qu’elle accordait des monopoles à ses favoris à la cour et la moisson échouait. “Alors que nous nous rappelons du succès d’Élisabeth à repousser l’Invincible Armada en 1588, dit de Lisle. Nous oublions que la guerre a continué et appauvri le pays et la couronne, situation aggravée par la corruption des officiels de la couronne dont des personnages haut placés notoires tels que Robert Cecil. Le peuple était affamé au cours des années 1590 et l’élite commençait même à craindre une révolution possible.

Verdict
Élisabeth était forcée à traiter avec des circonstances hors de son contrôle, comme de pauvres récoltes et un conflit continu avec l’Espagne, mais le fait, c’est qu’elle n’était pas la merveille financière que beaucoup croyaient.

Emprunter de l’argent au XVIème siècle
Avant que le marchant anglais Thomas Gresham ne devienne célèbre, les Tudors empruntaient de l’argent aux grandes banques européennes telles que la Bourse d’Anvers. Cependant, ces banques demandaient un fort intérêt et on reconnaissait généralement que traverser l’Europe en empruntant de l’argent ne faisait rien pour améliorer l’image de l’Angleterre comme puissance sérieuse. L’argent pouvait également être emprunté à des marchants indépendants, tels que Horatio Palavicino, à qui Élisabeth a été forcée à emprunter de l’argent à la fin de son règne. Gresham avait auparavant aidé Édouard VI à se débarrasser de la plupart de ses dettes et a fondé la Bourse royale en 1571 pour défier le pouvoir d’Anvers.

Maintenant que Élisabeth pouvait chercher de prêts de l’intérieur de son royaume, elle était capable d’exercer une plus grande pression pour obtenir ce qu’elle voulait, tandis que le parlement pouvait lui accorder plus de fonds s’ils le choisissaient. Les revenus royaux étaient censés couvrir les frais de base du gouvernement, tandis que le parlement pouvait en rajouter au trésor de guerre. Plus tard au cours de son règne, elle a commencé à augmenter progressivement les impôts, ce qui a contribué à sa popularité décroissante.


UN COMPROMIS RELIGIEUX A-T-IL ÉTÉ TROUVÉ ?

L’Église d’Angleterre en était une de compromis et de terrain d’entente. Alors qu’Élisabeth était protestante, elle n’avait pas les croyances puritaines de certains membres de son conseil. Elle a présenté l’Acte de suprématie en 1558, ce qui a réaffirmé la séparation entre l’Angleterre et Rome et l’a établie comme chef de l’Église. Élisabeth comprenait les dangers d’essayer d’imposer la religion et a permis au catholicisme de continuer, à condition qu’il ait lieu en secret.

Cependant, Leanda de Lisle nous rappelle que nous ne devrions pas oublier la volonté d’Élisabeth de sévir si nécessaire. “Le conservatisme et le pragmatisme d’Élisabeth l’ont vue décrite comme modérée sur le plan religieux, en contraste avec la fanatique Marie, explique-t-elle. Mais en tant que nouvelle reine protestant d’un pays largement catholique, Élisabeth était nécessairement modérée, et au fur et à mesure que son règne durait, elle a prouvé que, à l’instar de Marie, elle pouvait être complètement impitoyable lorsqu’elle faisait face à une menace. Les centaines d’exécutions de villageois après le Soulèvement du Nord excédaient de loin tout ce que ses prédécesseurs avaient fait dans des circonstances similaires ; sa persécution plus tard des catholiques a également été implacable et cruelle. C’est un fait méconnu qu’elle a aussi brûlé des hérétiques – à savoir les Anabaptistes – ils étaient bien moins nombreux que les victimes de Marie, mais aussi il n’y avait pas beaucoup d’anabaptistes !” Elle a exécuté à la fois des protestants et des catholique pour avoir publiquement désobéi aux lois de l’Église d’Angleterre. Cependant, les événements en Europe montrant la reine anglaise dans une lumière plus favorable. Comparativement, Élisabeth était extrêmement tolérante. Le massacre de la Saint-Barthélemy à Paris a montré la ferveur avec laquelle les Européens catholiques détestaient les protestants. Elle était également bien plus tolérante que de nombreux de ses conseillers.

Verdict
Élisabeth a trouvé avec succès un terrain d’entente modéré à une époque très tumultueuse au cours de son règne, mais sévissait impitoyablement si les règles qu’elle avait formulées étaient violées.

CATHOLIQUES CONTRE L’ÉGLISE D’ANGLETERRE
Catholiques
1.
Les offices étaient tenus en latin, contremandant l’idéal de la réforme que tout le monde devrait le comprendre. Le missel en anglais était interdit.
2. Le mobilier de l’Église a été restauré à son état somptueux précédent et les bâtiments étaient désormais complètement décorés d’œuvres catholiques.
3. La messe catholique a été réintroduite, et la Sainte Communion était désormais interdite par la loi.
4. Le clergé n’était pas autorisé à se marier. Les prêtres qui s’étaient mariés avant que la nouvelle loi ne soit effective se sont vus offerts deux options : quitter leurs familles ou perdre leur travail.
Église d’Angleterre
1. 
L’image du pasteur s’est simplifiée. Ils n’étaient pas autorisés à porter des habits de cérémonies catholiques, comme le surplis.
2. Tous les jubés, clôture représentant la crucifixion, particularité des églises catholiques, ont été retirés. Le pape n’était pas le chef de l’église.
3. La Bishop’s Bible, écrite en anglais plutôt que le latin, a été restaurée, l’ouvrant à un lectorat plus grand.
4. La “superstition” a été généralement retirée, comme faire le signe de la croix au cours de la communion. Les puritains cherchaient à obtenir la simplicité.


ÉLISABETH AVAIT-ELLE UNE RÉELLE SOIF DE NOUVEAUX MONDES ?

Bien que l’expansion du commerce jusqu’en Inde soit arrivée durant le règne d’Élisabeth, en termes d’exploration, on se souvient mieux d’elle pour la tentative de l’Angleterre de coloniser l’Amérique du Nord. Les Espagnols et les Portugais avaient déjà revendiqué la majeure partie de l’Amérique du Sud, établissant de lucratives routes de commerce, mais l’Amérique du Nord était relativement non explorée. Élisabeth était réticente à financer des voyages d’exploration pour à peu près les mêmes raisons pour lesquelles elle était réticente à financer les guerres : ils étaient onéreux et risqués. Cependant, elle pouvait être conquise par la promesse des richesses de l’un de ses favoris, et, quand le marin Davy Ingram est retourné en Angleterre avec des récits attirants de richesses et d’habitants simples, le géographe Richard Hakluyt a commencé à concevoir une sérieuse expédition qui devait être menée par Walter Raleigh.

Avec la promesse de fortune et la flatterie de Raleigh, elle a accepté un voyage pour former une colonie nommée d’après elle : la Virginie. La première équipe est partie, et Raleigh a suivi. Quand le noble est arrivé, il a vu que la colonie avait échoué. Les Anglais étaient désespérés de partir. La deuxième tentative de Raleigh était destinée pour la Baie de Chesapeake, mais le premier groupe, mené par John White, est retourné à Roanoke. Raleigh est arrivé avec son second groupe et n’a trouvé aucune trace de survivants. Élisabeth a été déçue que ces aventures onéreuses n’aient produit aucun résultat. Il y avait un but à ces expéditions, comme l’explique très simplement de Lisle : “Faire de l’argent”.

Verdict
La réputation d’exploration de l’ère élisabéthaine est grandement due au fait qu’il y avait de l’argent à se faire d’elles. Les aventures pirates étaient profitables ; ce n’était pas le cas de la colonisation.


ACTEURS PRINCIPAUX DE L’ÂGE D’OR

CONSEIL ET GOUVERNEMENT

William Cecil 1520-98
Manipulateur politique rusé qui comprenait les difficultés qui se profilaient. Cecil était la première nomination d’Élisabeth et était férocement loyal, consacrant sa vie à l’aider. Bien qu’il croyait qu’elle devait se marier, Élisabeth savait que Cecil était inestimable et l’a pressé à rester, même quand il était maladif et sourd.

Robert Dudley 1532-88
Dudley connaissait Élisabeth depuis l’enfance, et était son premier amour. Sa nomination à la cour avait plus à voir avec son affection pour lui que ses compétences exceptionnelles d’homme politique, cependant, et sa présence à la cour s’est avérée être une source continue de rumeur et de scandale. Leur relation était houleuse et poussée par la passion.

Francis Walsingham 1532-90
Le protestant Walsingham a été autorisé à revenir en Angleterre après la mort de Marie, et est rapidement devenu l’un des atouts les plus inestimables d’Élisabeth. Chef des services secrets et homme politique excellent, il comprenait la menace que Marie Stuart posait et a manigancé sa chute. Il a également soutenu les explorations de Drake et de Raleigh.

FAMILLE

Henri VIII 1491-1547
Henri était désespéré d’avoir un garçon pour porter son nom de famille, et a été déçue quand Anne Boleyn lui a donné Élisabeth. Il a été absent de la majeure partie de son enfance, mais a été informé de son progrès néanmoins. Quand il a finalement rencontré sa fille, il a été très impressionné, tellement qu’il l’a réintégrée avec Marie dans son héritage.

Marie Tudor 1516-58
Malgré leurs différences, Marie, Élisabeth et leur frère Édouard étaient relativement proches enfants. Quand elle est devenue reine, Marie était désespérée qu’Élisabeth se convertisse et ne comprenait pas pourquoi elle ne le souhaitait pas. Elle a failli exécuter sa sœur, mais s’est abstenue, demandant finalement qu’elle garde l’Angleterre catholique.

Catherine Parr 1512-48
Catherine et Élisabeth se sont rapprochées durant son mariage avec Henri, et Élisabeth a vécu avec Catherine pendant un moment après sa mort. Cependant, le mari de Catherine, Thomas Seymour, était plus intéressé par leur jeune protégée que sa femme, et elle a assisté à ses tentatives de séduction, mourant peu après leur échec.

EXPLORATEURS

John Hawkins 1532-95
Hawkins pouvait posséder des armoiries, mais il a d’abord trouver faveur auprès de la reine en tant que pirate. Avec la permission implicite d’Élisabeth, il a projeté et exécuté une série de raids audacieux sur les ports espagnols dans les Caraïbes, mais après un troisième voyage désastreux, il est revenu en Angleterre, où il a commencé à travailler pour la reine à titre plus direct.

Francis Drake 1540-96
Ayant participé aux expéditions de son cousin John Hawkins, Francis Drake n’aimait pas les Espagnols. Il voulait naviguer autour du globe pour leur dérober leurs richesses et les livrer à Élisabeth, qui était ravie de ses exploits et continuait à le commissionner pour entreprendre des raids sur les ports espagnols.

Walter Raleigh 1554-1618
Raleigh a gagné les faveurs d’Élisabeth à la cour et a rapidement visé à étendre son empire. Il a décidé qu’il établirait la première colonie britannique en Amérique du Nord, et a dit à la reine qu’elle serait nommée d’après elle : la Virginie. À son grand désarroi, la colonie à Roanoke a échoué. On lui attribue souvent à tort d’avoir apporté la pomme de terre et le tabac en Angleterre.

ENNEMIS

Le roi Philippe II 1527-1598
La principale menace religieuse d’Élisabeth pour la majorité de son royaume venait du roi d’Espagne. Le pape a pu avoir donné la bulle qui a détrôné Élisabeth mais Philippe, férocement catholique, a été l’homme qui possédait l’armée qui pouvait l’imposer. Il avait tenter de courtiser la princesse alors qu’il était encore marié à sa sœur mais, une fois repoussé, il s’est impitoyablement opposé à elle.

John Whitgift 1530-1604
Tandis que la question de la tolérance religieuse devenait de plus en plus difficile à gérer, Élisabeth a trié sur le voler son ancien aumônier pour le rôle de l’archevêque de Cantorbéry. C’était un homme têtu, comme en témoigne son refus de quitter l’Angleterre durant le règne de Marie. Comme Élisabeth, c’était un conformiste et a puni impitoyablement ceux qui s’éloignaient publiquement du “droit” chemin.

Le Pape Pie V 1504-72
En tant que chef de l’Église catholique, le pape Pie V a vu le statut d’Élisabeth de reine d’Angleterre et chef de son Église non seulement comme affront à sa religion, mais acte d’hérésie. Il est allé jusqu’à émettre une bulle papale le 27 avril 1570, qui déclarait que ses sujets ne lui devaient plus allégeance.


L’ANGLETERRE EST-ELLE DEVENUE UNE NATION À CRAINDRE ?

La politique étrangère d’Élisabeth était décidément plus prudente qu’exhaustive. Elle était désespérée d’éviter le conflit parce qu’il était cher et le résultat toujours incertain. Cependant, elle avait un esprit qui pouvait facilement être conquis par l’idée d’aventure. Elle savourait les expéditions de John Hawkins et Francis Drake, qui pouvaient être vues comme énervant le roi d’Espagne sans en fait déclarer un conflit ouvert. En 1562, elle a accepté une expédition militaire à Calais, qui a été écrasée par les forces de Catherine de Medici, et cet échec influencera ses décisions militaires pour le reste de son règne.

“Il n’y avait pas de gloire dans cela pour Élisabeth qu’il y avait pour un monarque homme, révèle Leanda de Lisle. Elle comprenait la vérité de l’adage de Marie de Hongrie : que la guerre rendait le règne efficace d’une femme impossible, tout ce qu’elle puisse faire, c’est assumer la responsabilité des erreurs faites par les autres”.

Ses lignes d’alliés et d’ennemis étaient tirées par la religion. La France et l’Espagne étaient clairement opposées à l’Angleterre pour ses motifs, ce qui est la raison pour laquelle ses courtisans étaient si anxieux qu’Élisabeth épouse un homme convoité originaire d’un de ces deux pays. Même après le massacre de la Saint-Barthélémy en 1572, Élisabeth était réticente à être entraînée dans la guerre ouverte. La manière fragmentaire avec laquelle elle a donné assistance aux Hollandais montre sa réticence à s’engager dans le conflit ouvert de toute sorte, offrant tout d’abord un soutien financier aux troupes hollandaises, puis au Duc d’Anjou, avant d’accepter finalement d’envoyer une force anglaise quand il n’y avait pas d’autre option. Son attitude prudente envers la politique étrangère a sans aucun doute économisé au royaume beaucoup d’argent. Cependant, elle lui a été retirée des mains quand l’Invincible Armada espagnole a vogué en Angleterre.

Verdict
La victoire contre l’Invincible Armada a été un moment brillant mais pour la majeure partie, Élisabeth se tenait éloignée du conflit étranger. Quand ce n’était pas le cas, elle essuyait régulièrement des défaites.

Pourquoi l’Invincible Armada a-t-elle échoué ?
Le roi Philippe a amassé son Invincible Armada et l’a envoyée aux Pays-Bas pour rejoindre ses troupes au sol, menées par le Duc de Parme. Les avant-postes anglais ont vue les vaisseaux arriver et ont alerté l’admiralité. La méteo était contre les Espagnols, puisqu’ils ont été déviés de leur cap. Alors qu’ils surpassaient en nombre la flotte britannique par deux contre un, les navires espagnols étaient énormes, construits pour transporter des troupes qui pouvaient embarquer sur des navires ennemis. Leur formation en demi-cercle était célèbre, mais n’a rien pu faire contre les navires anglais plus petits. Quand les Anglais ont envoyé des brûlots dans la flotte espagnole, l’ennemi a paniqué et s’est dispersé. Ils ont réussi à se regrouper pour une confrontation, et ont perdu. Les Espagnols ont battu en retraite, avec de nombreux navires s’écrasant sur les rochers du littoral anglais et irlandais.


LA PAIX A-T-ELLE RÉGNÉ EN ANGLETERRE ?

Les premières années du règne d’Élisabeth ont été extrêmement instables. Les catholiques la considéraient comme une bâtarde hérétique sans droit juste au trône, et elle devait prouver à son peuple qu’elle était capable de régner seule. Des complots chez elle et à l’étranger préparaient de la retirer du trône, et quand Marie Stuart a trouvé refuge en Angleterre, ses ennemis catholiques avaient finalement quelqu’un à soutenir. 1569 l’a vue affronter le premier vrai soulèvement avec le Soulèvement du Nord. Les comtes du Westmorland et du Northumberland ont ralliés l’aristocratie rebelle avec eux, mais ils n’étaient pas prêts devant la force de ses représailles.

Plus tard dans sa vie, elle a revu la rébellion s’approcher de sa tête alors qu’Essex outrepassait ses limites. Avec la famine et la surpopulation des villes, la position d’Élisabeth est devenue instable encore une fois. “Imaginez si Élisabeth était décédée en octobre 1562 quand elle a eu la variole, demande de Lisle : Élisabeth était sur le trône depuis près de quatre ans : un an seulement de moins que le règne de sa sœur. Si elle était morte, comme beaucoup le craignaient, comment se serait-on souvenu de son règne ? La décision religieuse d’Élisabeth n’était pas vue comme réglée par quelqu’un à part la reine. L’un de ses propres évêques l’a nommée “une médiocrité pesante”. Sur le plan militaire, tandis qu’on se souvient toujours de la perte de Calais par Maris Ière, les efforts échoués d’Élisabeth de reprendre Calais en prenant le Havre et l’utiliser comme outil de négociation sont complètement oubliés. La campagne s’était terminée en août 1562, avec la perte énorme de 2000 hommes.

Verdict
Le règne d’Élisabeth comprenait de nombreuses rébellions et de soulèvements, mais ce n’était pas inhabituel pour un monarque Tudor, et étant donné l’incertitude religieuse dans le pays à l’époque, elle a géré les soulèvements d’une manière rapide et décisive.

Les rébellions contre Élisabeth
Quand Élisabeth a accédé au trône, elle a immédiatement affronté la menace de rébellion de la part de la noblesse catholique qui n’appréciait pas le fait qu’elle s’écartait des changements faits par sa sœur Marie. Le premier grand soulèvement est arrivé en 1569 quand les nobles du Nord ont pris avantage du retour de Marie Stuart en Angleterre, et ont tenté de la renverser. Le Duc de Norfolk, mécontent d’être écarté par le comte de Dudley, a caressé un complot de mariage avec Marie, tandis que les comtes du Nord ont monté la rébellion. Il a été écrasé sommairement et des centaines de personnes ont été exécutées.

Le Comte d’Essex, le grand favori d’Élisabeth, a tenté une rébellion en 1601 après qu’il ait été destitué de ses pouvoirs dans une tentative de gagner du pouvoir. Conforme à son ego apparemment démesuré, il a surestimé sa popularité personnelle, le mécontentement du peuple pour leur monarque et la capacité de sa reine à pardonner l’un de ses anciens favoris. Quand Élisabeth a été confrontée au défi ouvert, elle a rarement hésité à l’écraser. Elle a compris quand être brutale et quand charmer. Avec les rébellions contre elle, elle était impitoyable et généralement implacable, trouvant rapidement et de manière implacable des punitions aux rebelles et aux traîtres.

Traduction : 29 décembre 2016

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