Monte sur ton vélo
1982. SORTIE : MAINTENANT. CLASSÉ AVERTISSEMENT. BLU-RAY UNIQUEMENT


Une fois intitulé A Boy’s Life (“la vie d’un garçon”), ce qui devait vous dire tout ce dont vous avez besoin de savoir sur la vraie star du spectacle – le substitut de Spielberg joué par Henry Thomas, Elliott – cette vue à hauteur de genou d’une enfance stagnante et d’un monde suburbain transformé par le doigt luisant de l’alien titulaire garde une touche de magie dans quasiment toutes les scènes, même quand on ne traite pas de vélos volants ou de doigts luisants. Les cyniques ont souvent accusé Steven Spielberg d’être un archi-manipulateur, un marchand de simple sentiment, mais les émotions ici sont complexes même si elles apparaissent comme légères, le film parlant de divorce, de mise à l’écart et de déchéance. Et, comme de nombreux imitateurs l’ont prouvé depuis ces années, elles sont quasiment impossibles à reproduire. La Liste de Schindler a pu avoir fait un meilleur boulot pour mettre à nu son cœur qui bat, à la Mola Ram, mais E.T. demeure le film le plus personnel de Spielberg, et le plus émouvant également.

BONUS Cette nouvelle édition anniversaire en Blu-ray présente un nombre de bonus qui est impressionnant – un documentaire sur la musique magnifique de John Williams, un reportage sur la réunion des acteurs 20 ans après qui est notable pour la surprenante coiffure de Robert MacNaughton – mais qui étaient disponibles sur le DVD 20ème anniversaire. Heureusement, cependant, il y a des raisons puissantes pour sauter sur cette nouvelle édition – les fans de technologie vont apprécier le travail de restauration sur l’image et le son, mais l’attrait principal ici, c’est Spielberg. De manière frustrante, le réalisateur de légende se défile toujours devant les commentaires, mais il participe quand même à une interview sympathique qui balance des scoops intéressants sur sa vie après E.T. (il a diffusé le film à la Maison Blanche pour le président Reagan, qui l’a aimé). La veine principale ravitailleuse, cependant,  vient sous la forme d’un documentaire “making of” en deux parties, florilège d’images sincères sur le tournage qui montrent Spielberg au travail d’une manière que peu l’auront vu auparavant. Que ce soit sa capacité à traiter avec ses jeunes acteurs et les mettre complètement à l’aise (dont venir travailler un jour en robe juste pour les faire rire), ou un merveilleux moment spontané où il – c’est à dire, Steven Spielberg, bordel – sort tout son répertoire de voix débiles, c’est un portrait fascinant. Le voir extraire ces performances qui vous font croire en E.T. plus que la marionnette de Carlo Rambaldi – est hypnotique.

Tout ne parle pas de notre ancien rédacteur en chef, bien sûr – tout comme dans le film lui-même, presque tout ce que Drew Barrymore, qui a alors 6 ans et est jolie comme un cœur, fait ou dit vous fera fondre, tandis qu’il est amusant de voir le véritable embarras de Thomas lors de son premier baiser avec Erika Eleniak. Oh, comme nous aimerions voir un documentaire similaire sur Lincoln.

Chris Hewitt

Film 5/5 Bonus 4/5

Traduction : 31 janvier 2017

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