Los Angeles, 1975. La célébrité de David Bowie ne pourrait être plus grande, mais c’est quasiment un reclus, vivant dans des maisons empruntées d’un régime de lait, et de cocaïne. La paranoïa est effrénée, les projets bizarres s’enchaînent à une vitesse effrayante. Et il y a Station To Station, chef d’œuvre qui propulsera sa carrière au niveau supérieur. Comment ? “Tu laissais ta vie personnelle derrière”, Uncut apprend de la cabale d’amis et de musiciens du Thin White Duke, 35 ans plus tard. “Tu rentrais dans le vide…”

John Robinson

Située sur une colline donnant sur la ville côtière jamaïcaine de Octos Rios, Point Of View n’est pas le genre d’endroit qui encourage les visiteurs inattendus. Depuis 1972, la maison appartient à un homme qui aime l’atmosphère détendue, mais qui aime également l’intimité qu’une propriété sécurisée peut offrir. C’est celle du guitariste des Rolling Stones, Keith Richards. Aujourd’hui, le Riff lui-même n’est pas là – mais il a prété la clé à David Bowie.

Malgré le cadre, à ce moment au début du mois de janvier 1976, Bowie n’est pas capable de se reposer complètement. Dans trois semaines, il commencera une ambitieuse tournée mondiale pour promouvoir son nouvel album, Station To Station : 39 dates en Amérique du Nord, suivies par 30 en Europe. Comme il se doit, il a transporté un groupe dans ce lieu reculé, voire idyllique, pour commencer une période d’intensives répétitions. Dans les années à venir, des acolytes de Joy Division à Editors feront des idées d’“isolement” partie intégrante de leur esthétique, mais en 1976, pour Bowie, le concept était devenu quasiment pathologique. La tournée s’appellera “Isolar” – nom astronomique, le genre qui correspond à une étoile distante.

“Le concept de Bowie était extrêmement simple”, explique Carlos Alomar, qui a joué de la guitare sur l’album et la tournée. “Éloigner les musiciens du téléphone, de leurs proches, de toutes sortes de distractions, et les mettre sur une île où tout ce qu’ils peuvent faire, c’est manger, dormir et jouer de la musique. C’est du rock’n’roll classique”.

Au cours des derniers mois, Bowie a loué la musique de Kraftwerk, en particulier la manière dont ils utilisent le bruit pour “accroître la productivité”. Avec sa nouvelle tournée, il a l’intention de faire à peu près la même chose : Isolar doit offrir un groupe dépouillé, jouant sur une scène nue, avec un simple projet “lumière blanche”. Si l’effet est d’être visuellement frappant, c’est également économique, “Elle va me rapporter une quantité d’argent d’une grosseur obscène, dit Bowie à un reporter, dont j’ai besoin pour monter ma société de production”.

“David était à un moment de sa carrière où il avait besoin de prendre le contrôle des choses, raconte Carlos Alomar. Il s’alignait avec des actrices et des acteurs, donnant des interviews à des magazines qui ne parlaient pas seulement de musique. Il a pu bifurquer dans des directions complètement différentes. Il s’est occupé des affaires”.

s’étant séparé du manager de longue date Tony DeFries, et débarrassé rapidement des services d’une autre, Michael Lippman, au début de l’année 1976, Bowie avait hâte de se charger de ses propres finances. Les derniers mois lui avaient montré, à divers degrés de sérieux, les possibilités qui se tenaient devant lui dans la musique et en dehors : être acteur, réaliser, la photographie, l’art. Maintenant, il avait besoin d’assumer la responsabilité de s’assurer qu’elles se matérialisent.

“L’organisation, c’était que du business”, dit Stacy Heydon, qui jouait de la guitare solo sur la tournée. “Quand on m’a offert le job, on m’a dit que s’il y avait une merde, je dégageais. Ils sont venus dans ma chambre avec une cassette et un magnétophone, et ils voulaient que j’apprenne le concert pour les répétitions du lendemain. Et je l’ai fait”.

“Un grand groupe, fabuleux sur le plan artistique”, se souvient Iggy Pop, qui a rejoint la tournée en tant que compagnon spirituel de Bowie. “De grandes prestations, j’ai beaucoup appris. Et puis de derrière le rideau, j’ai appris beaucoup sur comment fonctionne le grand rock, aussi”.

Lors de ses quasi 70 dates, Isolar marquera le voyage de Bowie de la décadence à productivité, de la couleur vive au monochrome utilitaire. Géographiquement, c’était un voyage des États-Unis continentaux vers l’Europe. Artistiquement, c’était le plus important qu’il n’ait jamais fait.


Même après près de 35 ans (une nouvelle édition de l’album, avec un mix en 5.1, et un concert enregistré au Nassau Coliseum de New York, doit sortir bientôt), il est difficile d’imaginer Station To Station comme un album qui pourrait résoudre les problèmes pour David Bowie. Plutôt, c’est une œuvre de contradictions gênantes : il contient à la fois du chant de crooner à l’Américaine et le ronronnement à l’Européenne, des chants de dévotion et de pratique occulte, d’amour dévoué et de trahison froide. Il se lance un défi avec le bruit blanc, et ne devient sensiblement pas moins complexe depuis lors. “Il capture le malaise spirituel de la décennie”, a écrit Allan Jones de Uncut dans le Melody Maker en 1976, vision qu’il est encore difficile à contredire.

On nomme souvent Station To Station comme “transitoire”, conclusion qui, étant donné son titre, n’est pas un travail complexe de déduction. Vraiment, on décrit mieux l’album de monumental : il commémore la fin de la campagne de David Bowie pour conquérir les États-Unis, rend hommage aux victimes du conflit, mais également pointe vers sa trilogie de LP européens tournés vers la technologie, Low (1977), “Heroes” (également 1977) et Lodger (1979).

Comme Bowie lui-même, Station To Station invite à la fois la question à l’âme noble (les paroles “Here are we, one magical movement / From Kether to Malkuth”, impliquant une familiarité avec les traditions mystiques ésotériques), et une plus prosaïque. (L’album a été réalisé par un homme qui ne voyageait pas en avion, et négociait des distances substantielles en train et en limousine avec chauffeur.) C’était un LP né de pratique obscure et d’écoutes éclectiques, créé rapidement, à partir de différentes traditions, en dehors des zones de confort de chacune.

“Le scénario lui était étranger, et pour moi aussi”, dit Carlos Alomar, qui avait joué sur l’émouvant et funky Young Americans, et qui avait maintenant rejoint Bowie pour sa prochaine œuvre. “Je lui parlais de James Brown. Il me parlait de Thelonious Monk. Je lui parlais de Nina Simone. Il me parlait de Kraftwerk. Le fait qu’il avait plus de tendances européennes était contrebalancé par mes tendances américaines. On s’est éduqués sur nos propres milieux”.

“Je pense que la manière dont Kraftwerk m’a influencé était par l’attitude, m’a dit Bowie en 2000. C’était la position qu’ils prenaient. C’est presque comme s’ils disaient : Il y a un nouvel univers dans lequel on peut exister. Que vais-je y trouver si j’y vais ?”.

L’univers de Station To Station grouillait d’idées, tirant vers différentes directions à la fois, notion qui n’a jamais été aussi mieux illustrée que dans son titre phare. Station To Station commence dans un idiome, passe dans un autre, et se conclut dans un troisième, coupant entre les scènes comme un film d’avant-garde, savourant chaque non sequitur. C’était un album fait par quelqu’un dont l’esprit travaillait à toute vitesse, une personne à l’humeur changeante qui ne pouvait rester longtemps à un endroit – caractéristique qu’il a apportée à chaque aspect de la production.

“On commençait la session photo, puis il disparaissait”, dit Steve Schapiro, qui a pris la photo de la pochette de l’album. “Il revenait avec une autre tenue incroyable. Puis, alors que j’allais la prendre en photo, il disait Non, non attend une minute, il repartait dans la loge et revenait avec quelque chose de complètement différent”.

Ce que Schapiro contribuait à capturer sur pellicule était la naissance d’un nouveau personnage de Bowie. À la différence de Ziggy Stardust, sa dernière création en date avait une généalogie qui était avec surprise terrestre : le look de Buster Keaton, les manières d’un lord anglais, la consommation sidérante de drogue d’un écrivain beat. À la surface, il semblait parfaitement respectable. Mais à l’intérieur, c’était un spécimen psychologique effrayant. C’était le Thin White Duke.

“J’ai écouté Station To Station et je l’ai trouvé excellent, absolument époustouflant, dit Glenn Hughes, ancien chanteur/bassiste de Deep Purple, et ami de Bowie. “Mais j’ai été étonné par comment il pouvait sortir ça, ayant été dans une complète psychose de cocaïne”.

Parce que si le Thin White Duke avait une faiblesse, c’était la cocaïne. C’était vrai, la cocaïne avait aidé à créer Station To Station. Mais parfois au cours des deux dernières années, il avait été difficile de dire qui conduisait le train. Était-ce Bowie, ou la cocaïne – voire même le Duke lui-même ?


Los Angeles, au printemps 1975, et David Bowie mène deux vies. L’une est menée en privée, dans des maisons empruntées sur les collines d’Hollywood. L’autre, cependant, est menée en public, dans les pages de magazines, à ces reporters, pour la promotion de son album Young Americans, Bowie distribue une vague apparemment sans fin de phrases choc controversées, de plans formidables et de charme mortel.

“J’ai roulé ma bosse du rock”, dit-il à Rolling Stone, en avril. “J’ai écrit neuf films”, il informe le magazine Hi! en juin, montrant avec enthousiasme ses storyboards illustrés et ses collages. En juillet, il a consolidé sa position. “J’en ai fini avec le rock”, explique-t-il au Sunday Times. “Maintenant je suis réalisateur de film”.

Peu importe ce qu’il faisait, cependant, il diversifiait son portfolio de talents, Bowie le faisait très rapidement en effet. En avril, l’auteur rock Cameron Crowe a observé alors que Bowie produisait une session d’Iggy Pop, et puis a hâtivement improvisé une de ses chansons. Il a dit plus tard à Crowe, “Je pourrais te donner trois albums inédits de David Bowie là maintenant”. La musique, il semblait, était un endroit trop petit dans lequel le confiner lui et sa productivité – et rien d’autre que la conquête totale des États-Unis le satisferait.

“Conquérir l’Amérique, ça voudrait dire conquérir la musique, la mode, les affaires. Il voulait l’impact des Beatles, dit Carlos Atomar. Quand Lennon est venu au studio [pour enregistrer Fame pour Young Americans], il était tellement excité. Il voulait la même chose, voire plus”.

La relation de Bowie avec Iggy Pop semblait être un miroir de l’amitié Bowie/Lennoon, avec Pop devenant pour Bowie à la fois un sparring partner et un outil de recherche pour sa mission américaine. “John Lennon a beaucoup aidé des gens plus sales et plus pauvres que lui à certains moments clé”, dit Iggy aujourd’hui. “Bowie aimait ce que je faisais, et avait un dialogue intéressant avec une sorte d’Américain composite représentateur auquel il pouvait s’identifier. Un petit peu ado maussade, un petit peu Neal Casady, un petit peu Jack Kerouac”.

Certainement, Bowie pouvait parler avec extrêmement de succès à l’Américain composite – Fame est devenu son premier n°1 américain à la fin juillet 1975 – et il avait une grande expérience de leur pays, des clubs de Harlem, aux Sigma Sound Studios de Philadelphie.

Mais s’il voulait fonctionner au niveau supérieur, et être au nexus du business du disque et du film, alors il avait besoin de consacrer ses attentions à une ville en particulier : Los Angeles.

“LA, c’était une plaque tournante”, dit Earl Slick, qui a joué de la guitare principale sur Station…. “Les gens voulaient y faire des disques, y traîner, alors si tu allais au Rainbow sur Sunset Strip, tu y voyais des gens de tous les groupes du monde n’importe quel soir. Et parce que c’était Hollywood, il y avait beaucoup de personnes du business du film et de la télé. Ils étaient très intrigués par nous et nous très intrigués par eux.

“C’était très innocent”, continue Slick. “L’époque étant ce qu’elle était, la scène était qu’on pouvait faire ce qu’on voulait, et il ne semblait jamais y avoir de conséquence”.

“Il y avait beaucoup de coke”, se souvient Geoff “Warren Peace” MacCormack, ami proche de Bowie, et choriste sur Station To Station. “Tout le monde se baladait avec des chaînes autour du cou avec de petites cuillères à coke”.

“C’était cool de se faire un rail avec le président d’une major à l’époque”, raconte Glenn Hughes. “C’était la norme, personne n’avait pigé le pouvoir addictif de la cocaïne. Du genre, est-ce qu’on s’amuse vraiment maintenant ? C’est pas  comme ça que c’est censé être ?”


Avec les économies qui lui ont été imposées par sa séparation d’avec son ancienne société de management, Main Man, Bowie, dans le sillage de Geoff MacCormack, a commencé une période de ce qui était en réalité du couch-surfing haut de gamme. Plus tard, il a squatté chez Michael Lippman, l’avocat du divertissement qui fugitivement est devenu son manager (“C’est génial d’avoir DB à la maison”, a dit Lippman au Sunday Times, “il a plus d’énergie que tous ceux que je connaisse”.), et a trouvé un chez-lui sur Doheny Drive. Au printemps 1975, cependant, il s’est installé dans la maison de Glenn Hughes à Beverly Hills. Tandis que quelques années auparavant des musiciens britanniques comme Ringo Starr, Keith Moon et Ronnie Wood avaient fait la bringue dans les lieux les plus publiques de LA, Bowie et Hughes étaient des animaux bien moins sociaux.

“On n’allait jamais autre part, raconte Hughes. Il était très, très frénétique. J’ai essayé de le suivre, mais il passait du coq à l’âne : je n’avais jamais vécu la paranoïa en prenant de la cocaïne jusqu’à ce que lui et moi soyons réunis. Il semblait la savourer en quelque sorte. Elle faisait presque partie de son maquillage durant cette période”.

“Je ne prenais pas vraiment de drogue à but hédoniste, m’a dit Bowie en 2000. Je ne sortais pas beaucoup. Je n’en sortais pas du tout, et je n’allais pas en club ou quoi que ce soit ; je n’ai jamais fait ça en grande partie? Je ne faisais que travailler. Je travaillais des jours à la suite sans dormir. Ce n’était pas un truc joyeux et euphorique. Je me poussais au plus proche de la folie”.

“Je veux que tu visualises bien ça, dit Hughes. C’était dur. Quand les gens sont dans leur maladie, avec la cocaïne, et c’est de la cocaïne de haute qualité, ce n’est vraiment pas la fête. C’est deux personnes dans une pièce. David ne voulait personne autour de lui quand il faisait sont truc. Quand je l’ai rencontré pour la première fois, à l’hôtel Berly Wilshire, il y avait 30 personnes dans la pièce – mais il s’est par la suite isolé”.

Tandis que Bowie ne faisait rien pour son bien-être personnel ou sa santé mentale, il se nourrissait toujours d’une certaine manière. Ce qu’il ingérait – un régime de lecture occulte, d’histoire nazie, et de cinéma expressionniste allemand – n’a pu être bon pour Bowie lui-même. Mais c’était une nourriture copieuse pour le Duke vorace et de plus en plus dérangé.

“Au moment où il s’est mis à traîner avec Glenn à LA, dans les collines, les choses étaient assez négatives”, explique Ava Cherry, la petite-amie de l’époque de Bowie et sa choriste. “Il restait debout deux ou trois jours. Après ne pas avoir dormi aussi longtemps, il était fatigué et irritable, et intolérant à la stupidité. Je me rappelle qu’il mettait des films de Fritz Lang, et il était là, Tu ne peux pas arrêter de gigoter ? Tu pourrais apprendre quelque chose là !”.

“Il lisait tout et n’importe quoi, se souvient Glenn Hughes. De la numérologie au fascisme. Il peignait. Il peignait beaucoup sur les fenêtres de ma maison. Au début, ça me faisait chier. Mais c’est devenu partie intégrante de ce qu’on aimait. Je me faisais du soucis pour lui : sa consommation principale était du lait et de la cocaïne”.

En tant que compagne de Bowie pendant la majeure partie de cette période, Ava Cherry se souvient de plusieurs incidents sans équivoque quand la rencontre de la cocaïne et de la magie noire a mené à des moments gênants. À une occasion, Bowie et elle sont allés à une fête chez le réalisateur de Lucifer Rising, Kenneth Anger, et une atmosphère gênante a poussé le couple à partir au bout de 20 minutes. À une autre, elle se rappelle comment la géniale tentative de Ron Wood de pousser Bowie à quitter son isolement et à se socialiser avec d’autres personnes a mal tourné et a mené à une dispute avec Jimmy Page à propos d’un verre de vin renversé.

“Les gens disaient que Jimmy était l’apprenti ou n’importe de Aleister Crowley, se souvient Cherry. David m’a laissé entendre qu’il n’avait pas peur de Jimmy Page, et a commencé à lire tous ces livres sur l’occulte, et il restait assis là pendant trois jours à lire. Évidemment, le bonbon a beaucoup à voir avec ça”.

“Il avait la frousse, dit Glenn Hughes. Quand David a découvert que je vivais à quelques minutes du lieu des assassinats perpétués par Manson, il a caché tous les couteaux chez moi. J’avais des armes qui ont été déplacés. J’avais de la peine pour lui. Toute cette période à LA était très sombre”.


Aussi paranoïaque et perturbée qu’elle était, cependant, la vie de Bowie aux États-Unis n’était pas sans continuité. En 1974, une équipe de cinéma britannique avait suggéré un film documentaire qui suivrait les succès américains de Bowie, mais le sujet s’était rapidement lassé du projet – laissant le réalisateur Alan Yentob assembler un film à partir d’images live et de scènes étendues de Bowie voyageant en voiture. Aussi peu prometteur que cela semblait, Cracked Actor tirait un merveilleux portrait d’une star paranoïaque et désarticulée, et a été essentiel dans la détermination de ce qu’il allait faire ensuite. Dans une scène, Bowie a été filmé en train de se faire conduire dans le désert californien, où il a aperçu un musée de cire. “Un musée de cire dans le désert, a réfléchi Bowie. On penserait qu’il fondrait”.

En tant que métaphore du projet suivant en 1975 de Bowie, jouant le personnage principal du film de Nic Roeg, l’Homme qui venait d’ailleurs, c’est difficile à battre. Impressionné par l’altérité de Bowie dans Cracked Actor, le réalisateur Nic Roeg a arrangé une rencontre avec la star via une amie de Ava Cherry – la regrettée mannequin glamour / actrice Claudia Jennings. La passion de Roeg a impressionné Bowie, tout comme l’opportunité de développer sa propre carrière.

“Il avait parlé de faire des films, se souvient Cherry, mais je ne pense pas que quelqu’un lui ait offert de scénario sérieux avant Nic Roeg. Il voulait être une star de cinéma parce qu’il admirait des musiciens qui avaient joué la comédie, les Frank Sinatra. C’était une progression naturelle pour lui. Mick [Jagger] avait fait des films. Ils étaient amis, il voulait faire des films, aussi”.

Le tournage a commencé au Nouveau Mexique en juillet et a duré trois mois, produisant un film immanquablement beau et extrêmement étrange. Le fan de cinéma lambda a vu une prestation de Bowie qui était étrange et émouvante par occasions. Le fan de Bowie a vu toute l’altérité à laquelle il avait répondu auparavant dans la musique de la star rendue explicite à l’écran.

On avait permis à Bowie de décider du “look” de son personnage, Thomas Jerome Newton, mais le dialogue entre l’Homme qui venait d’ailleurs et Bowie a continué par ailleurs pendant l’année suivante : l’art de la pochette de Station To Station et Low provenait de clichés du film. Le film a utilisé la même voiture dans laquelle Bowie avait voyagé durant la période de Cracked Actor, et a même casté son chauffeur, Tony Mascia, dans un rôle parlant. La relation entre la vie et l’art était déroutante, mais de manière agréable.

“J’étais très impressionnée, raconte Ava Cherry. Je ne savais pas quel acteur il était. C’était l’alien, comme il l’était dans la vraie vie. Je me souviens qu’il m’a dit, Tu vois comment on peut influencer les masses ? Et c’était vrai. Quand il a fait ce film, ses fans étaient là, Peut-être qu’il est vraiment un alien… Je ressentais de la sympathie pour cet homme de l’espace. C’était comme une parodie très étrange de David”.

“De nombreux acteurs et d’artistes sont simplement eux-mêmes en gros”, explique Steve Shapiro, qui avait été employé pour tourner un reportage pour le film. “Leur personnalité est intrigante, tu compatis pour eux, tu es attiré par qui ils sont. C’est quelqu’un qui a créé toutes sortes de personnages constamment, avec une grande imagination, du point de vue des choses qu’il est devenu”.

“Je devine que la psychose faisait partie de la préparation pour le film, dit Glenn Hughes. Qu’il le savait ou pas. L’un de mes dealers est allé le voir là-bas. Je sais que mon gars y est allé… J’imagine qu’ils ont dû se faire un trip”.

Peu importe sa motivation, l’Homme qui venait d’ailleurs a relancé une période de productivité intense pour Bowie. Des années plus tard, il confessera que le “travail” qu’il a fait pendant la majeure partie de l’année 1975 était de faire une fixation sans cesse sur des détails mineurs et sans importance. Désormais, cependant, sa créativité puissante s’épanouissait pour de bon. En octobre 1975, Bowie a fini de filmer au Nouveau Mexique. Moins de huit semaines plus tard, son nouveau single, Golden Years, entrant dans le Top 10 américain.


En octobre 1975, Earl Slick, l’alter-ego d’un guitariste new yorkais facile à vivre nommé Frank Madeloni, s’était habitué à la relation de travail en pointillés qu’il avait avec David Bowie. Son audition pour faire partie du groupe de tournée de Bowie pour Diamond Dogs avait été de jouer sur des morceaux en studio, et puis de prendre un verre avec la star. Après avoir joué sur Young Americans, il n’avait pas entendu grand chose de son employeur, alors il avait repris sa carrière solo. Il a ensuite reçu un coup de téléphone pour se présenter aux Cherokee Studios, à LA, pour commencer à travailler sur un nouvel album de David Bowie, travail qui ne pouvait s’empêcher de réfléchir la vie et les habitudes de son auteur.

“Tout le reste autour de toi semblait avoir disparu, raconte Slick, aujourd’hui. Ta vie personnelle, tout. David est bon à créer ça. Tu es là [en studio], et c’est ce que tu fais, point. On est rentrés dans le vide”.

Comme c’est peut-être inévitable, étant donné les circonstances, certains participants restent vagues sur les détails de comment Station To Station a été réalisé. Carlos Alomar et Earl Slick, les deux guitaristes du disques, revendiquent le riff de Golden Years, corruption subtile de la composition de 1967 Funky Broadway par Dyke & The Blazers, tube de Wilson Pickett. Le producteur Harry Maslin ne souhaite pas violer les confidences qu’il a avec ses clients pour discuter de l’album. Une personne pense que les morceaux ont été grandement improvisés sur place ; une autre que les chansons étaient en place, et que tout ce qui restait à déterminer étaient les arrangement. Le claviériste du E Street Band, Roy Bittan, était là soit sur ordre du manager par intérim de Bowie, Pat Gibbons, ou parce que Earl Slick avait joué une fois dans un groupe avec lui à New York. Une preuve anecdotique suggère que le studio a accueilli des invités comme Ronnie Wood et Bobby Womack. Selon le propriétaire des Cherokee Studios Bruce Robb, Sinatra est passé durant une pause de l’enregistrement de Trilogy au même endroit pour écouter les enregistrements.

Ce qui est certain, c’est que pendant deux mois, Bowie, Alomar, Slick, et Bittan, avec le batteur Dennis Davis, et le bassiste George Murray, sont rentrés dans les Cherokee Studios, et ont tenté de redessiner la carte de Bowie. Le temps n’était pas une considération. L’argent pas une objection. La technologie un atout, pas un obstacle.

“Bowie nous a jetés dans le grand bain, dit Carlos Alomar. Il nous disait qu’on pouvait faire tout ce qu’on voulait. Faire le son d’un train ? On a tout le temps dont on a besoin…

“Il savait qu’il aimait la direction de Kraftwerk, continue Alomar. Lui ayant la tolérance pour nous permettre de faire ça… me permettant de faire une introduction à une chanson qui dure quatre minutes. Ce n’était pas parce que je voulais le faire. Kraftwerk lui a montré que c’était possible. C’était Bowie dont la tolérance à toute musique et technologie nous a permis de faire ça”.

“Ce n’est pas du genre, Quand est-ce qu’on va finir par faire ça ?, ni, Comment sera le single ?, se rappelle Earl Slick. “On ne pensait pas trop à ce qu’il se passait chez la maison de disques. Le plus de temps que j’ai passé en studio avec David, c’était sur Station. Il avait fait la base d’une chanson, mais tous les riffs, les nuances ont été rassemblés en studio. Il avait les paroles et les mélodies, mais ensuite Carlos y mettait son cachet, j’y mettais mon cachet”.

L’ordre du jour à Cherokee était informel, mais productif : les chansons étaient travaillées de manière extensive, et seule une prise était alors tentée. Le boulot de Harry Maslin (Slick : “Le sain d’esprit”) était de rester vigilant et au top 24 heures sur 24, pour maximiser le potentiel de ce qui était créé. Sur le titre éponyme, il y avait une étrange réunion d’expérimentation free jazz – et au bout du compte, une discipline rigide.

“On avait quelques amplis Marshall, et on les utilisait en retour, avec toute la merde qui passait, explique Earl Slick. C’était quelque chose qu’on n’aurait jamais pu faire avec personne d’autre – alors c’était cool. On a créé cet arrangement, et on a joué cette chose directement dedans”.

Comment exactement on est arrivé à l’alchimie, cependant, c’est quelque chose d’un petit peu plus difficile à déterminer. Bowie, semble-t-il, était un composite de main encourageante et dirigeante et de présence vaporeuse et inspirante. Mais quant à révéler ses pensées, discuter de ce qui l’a mené à cette œuvre ? Cela, le chanteur ne l’a jamais confié.

“Bowie travaillait dans son propre vide quand on en venait à des choses créatives, explique Carlos Alomar. Je ne me suis pas impliqué dans ses paroles, ses intentions, la direction, le concept. Mon rôle était de lui offrir une palette, pour qu’il puisse créer un troisième élément”.

“J’ai une mémoire distincte de ce que c’était d’être là-bas, dit Earl Slick. Mais les détails ont disparu. Si tu repenses à des choses de ta vie qui comptent pour toi… tu ne peux peut-être pas te rappeler de tous les détails, mais tu as toujours ce sentiment. C’est ce que j’ai de Station To Station”.

“Bowie n’informait que les personnes directement concernées, dit Carlos Alomar. La politique qu’il a introduite était Je suis là, mais je ne suis pas ouvert aux commentaires. Il est là – mais il ne rend seulement disponible ce qu’il souhaite que nous sachions”.

À la fin des sessions Station To Station, Bowie s’est, cependant, exprimé sans équivoque à Glenn Hughes.

“Il m’a dit qu’il pensait que son démon l’avait rattrapé, raconte Hughes. Il m’a dit qu’il devait se remettre les idées en place. Il devait partir de LA”.


Pour Stacy Heydon, c’était un soir de janvier plus bizarre qu’à l’accoutumée. Il est allé se coucher dans son appartement de Toronto musicien de studio, qui gagnait sa vie à écrire des jingles pour des restaurants et des magasins de chaussures du coin. Il s’est réveillé avec un coup de fil au petit matin lui demandant de venir auditionner comme guitariste solo de David Bowie. Comme on pourrait s’y attendre, il a pensé que c’était une blague. “Mais ils ont dit, Si vous ne nous croyez pas, appelez Air Canada. Vos billets sont au guichet. Nous avons besoin de vous ici pour une répétition demain à 14h, se souvient Heydon. Je suis là, Où ? Et ils ont répondu, En Jamaïque”.

Heydon est monté dans l’avion, et une limousine qui l’attendait à son arrivée l’a emmené dans une résidence fermée au sommet d’une colline. Alors qu’il passait ce qu’il a découvert plus tard être la porte d’entrée de Keith Richards, et qu’il rentrait dans le salon de Richards, il faisait face à un groupe qui se préparait pour l’action. À la guitare, la basse et la batterie se trouvaient Alomar, George Murray et Dennis Davis. Au clavier se trouvait l’ancien membre de Yes Tony Kaye, lui-même fraîchement débarqué de la veille, le tour manager Eric Barrett l’ayant approché tandis que Kaye célébrait son anniversaire au Rainbow.

“Et il y a cette débauche d’homme, qui pèse 54 kg tout mouillé, avec trois couleurs différentes dans les cheveux”, raconte Heydon, alors joueur de hockey enthousiaste. “C’était un choc culturel pour moi. Me voici dans cet environnement différent où des hommes se peignent les ongles. Il a juste dit, Tu dois être Stacy. Je suis David”.

Ce qui avait lieu à Ochos Rios était le début d’un dramatique processus de désintoxication. Au cours des huit semaines depuis la fin des sessions d’enregistrement de Station To Station, il y avait eu ample raison pour suspecter que c’était nécessaire. Dans l’émission Soul Train, début novembre, Bowie avait répondu à des questions de la part du public du studio, mais quand on l’a interrogé sur l’Homme qui venait d’ailleurs, il avait semblé très bizarre effectivement. Quel personnage jouait-il ? “Tous les trois !”, a-t-il répondu. Durant une interview difficile avec Russell Harty pour la BBC le 28, il était apparu distrait et ergoteur. Dans l’émission de Dinah Shore, Dinah!, il avait pris des leçons de karaté avec Henry Winkler.

Pas tout le monde a été affecté de manière positive par le changement d’attitude au sein du cercle de Bowie. Earl Slick, pilier des groupes de Bowie et de ses enregistrements depuis deux ans, a été victime du régime managérial évoluant de la star. “Il y avait des choses qui se passaient qui ne venaient pas de David, raconte Slick aujourd’hui. Elles m’ont causé beaucoup de stress et m’ont énervé. J’avais un contrat avec une maison de disques alors j’ai dit, Je n’ai pas besoin de David Bowie, et j’ai choisi de ne pas y adhérer. Ce n’est pas la chose la plus maline que j’ai faite de ma vie”.

Pendant ce temps, à Ochos Rios, le groupe nouvellement baptisé “Raw Moon” a continué à se préparer pour la tournée. Bien que le temps était compté, et que le début de la tournée n’était qu’à deux semaines, l’humeur s’est progressivement détendue. Le groupe est même allé à Kingston, enregistrant une version de la composition Pop/Alomar/Bowie Sister Midnight dans un studio là-bas.

“Le matin, on allait à la plage, à nager, se souvient Alomar. On a donné de l’argent au concierge pour nous acheter de la bouffe. On voulait manger ce qu’ils mangeaient – du bouc, des litchis, du poisson. C’était l’environnement culturel. Après le dîner, il n’y avait rien de mieux que de jouer de la musique toute la nuit”.

Le Thin White Duke rencontrera ses premiers clients payants à Vancouver, en Colombie britannique, le 2 février 1976. Avant son arrivée, aucune première partie ne divertira le public, mais un enregistrement de Radioactivity de Kraftwerk sifflant dans les haut-parleurs. Ainsi commençait le processus de désorientation, le public était alors invité à regarder les 20 minutes déroutantes d’un film surréaliste, Un Chien Andalou de Buñuel et Dalís.

Toute cette découpe d’œil du film, cependant, ne pouvait se comparer à ce qui allait arriver par la suite. Stacy Heydon se pliait devant ses deux amplis Marshall jumeaux, leur tirant une pluie de larsen, tandis que Tony Kaye commençait le matraquage métronomique de Station To Station. Et finalement, dans une simple lumière blanche, avec les cheveux lissés en arrière et un paquet de Gitanes sortant de la poche de son gilet, un nouveau Bowie émergeait.

Enfin, pas entièrement nouveau. Si on pouvait cajoler le Duke pour qu’il se comporte bien par occasions, il y avait, cependant, toujours des opportunités pour nous rappeler qu’on ne pouvait complètement l’apprivoiser. En arrivant en Angleterre en train au début du mois de mai pour six concerts à ce qui s’appelait encore le Wembley Empire Pool, un appareil photo du NME a capté Bowie en plein salut, offrant apparemment un salut nazi à une grande foule dans la gare de Victoria. Bien que finalement repentant sur ce point, jusqu’au moins septembre, il parlait toujours de fascisme dans les interviews.

“Allons-nous dire que David n’était pas conscient de la publicité ou de la controverse ? demande Carlos Alomar. Notre publicitaire nous montrait les articles. Et il disait, Regarde celui-là ! Et puis c’était, direction la prochaine ville”.

Ainsi, malgré tout le poisson frais et toutes les litchis que pouvait offrir Ocho Rios, quand le groupe est parti sur la route, il y avait la chance pour un étranger relatif de voir exactement comment était le style de vie de Bowie. Ce qui était offert dans son camp à ce moment s’arrêtait loin de la réforme – et offrait des étapes plus graduelles et montantes vers le rétablissement.

“La première fois de ma vie que j’ai vu de la cocaïne, c’était la première date de la tournée, raconte Stacy Heydon. Je pouvais dire depuis la première fois que j’ai vu David qu’il avait quelques problèmes avec les drogues. Mais quand on en venait à jouer, c’était comme aller à la messe. Aucun d’entre nous n’a roulé le public. David prenait soin de son public”.

Avec seulement trois jours restant avant le début de la tournée, les membres du groupe Raw Moon sont rentrés chez eux, puis sont allés à Vancouver pour la répétition générale. Bowie, pendant ce temps, a embarqué sur un bateau, et a mis le cap sur le Canada, pour commencer ce qui deviendra la phase la plus influente de sa carrière.

“J’étais dans un état fragile à cette époque”, m’a-t-il dit en 2000. Il était temps de sortir de cet horrible style de vie dans lequel je m’étais mis, et de me soigner. Il était temps, a-t-il déclaré, de me remettre sur pieds”.


Reportage additionnel : Joan Uhelszki ; Ava Cherry enregistre actuellement avec Sly Stone, et son album Astro-nettes de 1973 a été ressorti sur Lemon Records


From Station To Station: Travels With Bowie 1973-1976 est un livre relié à la main en édition limitée à 2000 exemplaires. Chaque exemplaire est signé par Geoff MacCormack et David Bowie. Disponible sur www.genesis-publications.com.


Les effets secondaires de la cocaïne ?

Les projets de Bowie de 1975-6 qui ne se sont pas vraiment matérialisés

Bowie
Long film de Ken Russell, dans lequel DB jouera son propre rôle, écrit par William Burroughs. “Le scénario est insensé, explique Bowie au Sunday Times, mais les costumes sont sympa…”

L’autobiographie
“Vince était un Américain qui est venu en Angleterre”, l’extrait alléchant publié dans Rolling Stone ne va pas plus loin que cela, malheureusement. Quant à une autobiographie de Bowie ? Nous attendons toujours…

L’Aigle s’est envolé
DB a été préparé pour apparaître aux côtés de Michael Caine dans ce film sur une tentative d’assassinat sur Hitler. Il devait jouer, cela ne vous surprendra pas entièrement, un nazi. Finalement sabordé par des conflits d’agenda.

La pochette de Young Americans par Norman Rockwell
DB tente d’employer l’artiste/illustrateur, qui a alors 82 ans, pour peindre la pochette de Young Americans. L’agenda s’avérera être un problème. “J’ai appelé sa femme et elle m’a dit, Je suis désolée, mais Norman a besoin de six mois pour finir un tableau”, a raconté Bowie à Playboy.

L’Oiseau bleu
Une grande admiration mutuelle entre les deux lors de fêtes à LA a mené à la suggestion que Bowie et Elizabeth Taylor apparaissent ensemble dans ce film. “C’est un film pourri, et un rôle pourri”, Bowie a déclaré au NME en août 1975. “Tout le film pue et je l’ai refusé.

Scénario n°1
“J’ai écrit neuf scénarios”, a dit DB au Sunday Times en 1975. Le premier, suggère-t-il, comprendra Terence Stamp, qui en ce moment fait “quelque chose d’intellectuel avec Pasolini”.

Bande originale de l’Homme qui venait d’ailleurs
“Je la fais avec un ami, Paul Buckmaster”, a répondu Bowie au public de Soul Train. Après plusieurs sessions, et comme s’est une fois rappelé Buckmaster, de la consommation “honteuse” de drogues, rien de sortable n’émerge.

Scénario n°2
“Maintenant, je suis un réalisateur de films”, a déclaré Bowie au magazine The Sunday Times après une longue nuit dehors. Le premier film que réalisera Bowie sera l’une de ses propres créations, avec lui-même et Iggy Pop. “Et Joan Stanton, dit Bowie au NME. Je n’ai pas encore de titre pour ça. C’est très violent et déprimant”.


Le bon côté des voies

Station To Station : chanson par chanson, par les gens qui l’ont fait…

Station To Station!
Le morceau le plus révélateur et expérimental de l’album : mi bruit européen, mi rock américain. “On avait six amplis enchaînés entre eux, chacun avec un effet différent, avec un micro devant eux pour voir comment ça sonnerait, explique Carlos Alomar. “Ça a commencé par moi et David en studio, dit Earl Slick. On avait quelques amplis Marshall et on faisait du larsen”.

Golden Years
L’une des meilleures chansons de Bowie de l’époque, et un grand tube américain. Geoff MacCormack contribue un arrangement vocal : “Je ne suis pas un musicien essentiel à ses projets, déclare MacCormack. Mais je m’entend sur Golden Years”. Slick : “Sur Golden Years, il n’y avait pas de riff. J’ai proposé quelque chose que j’ai volé d’une chanson des années 1960 intitulée Funky Broadway. Je pense que ça doit venir de là…”.

Word On A Wing
“Quelle meilleure manière pour un homme de remercier d’avoir réussi quelque chose dont il rêvait d’atteindre, qu’un hymne ?” a dit Bowie au Melody Maker. Si Station To Station est divisé entre l’Europe et les États-Unis, c’est la tradition américaine – sonnant comme si elle serait chez elle dans le livret de chansons de Nina Simone.

TVC15
Chanson rock vieille école, inspirée soi-disant par un rêve dans lequel Iggy Pop a vu sa petite-amie dévorée par un poste de télévision. “C’est excentrique et débile – assez l’opposé de Word On A Wing”, dit Carlos Alomar. “David a demandé, Tu connais des joueurs de piano ? raconte Earl Slick. Le groupe de Springsteen venait d’arriver dans mon hôtel, alors j’ai répondu, Merde, peut-être que Roy Bittan pourrait venir…”.

Stay
L’un des morceaux les plus funky – fait que Carlos Alomar attribue à l’héritage partagé de lui, Dennis David et George Murray, qui avaient joué ensemble, plus notamment dans Roy Ayers Ubiquity. “C’était le début de l’un des trios les plus puissants avec qui je n’avais travaillé, dit Alomar. Non pas que j’ai jamais travaillé deux fois avec le même groupe…”.

Wild Is The Wind
La reprise de Bowie de Across The Universe sur Young Americans avait été assez grandiloquente. Cette reprise de la composition de Dimitri Tiomkin est réalisée de manière plus sensible – Sinatra, lui-même pas mauvais interprète de morceaux d’autres personnes, était fan. “C’est le phrasé, principal, qui l’inquiète le plus”, dit le producteur Harry Maslin en 1976.

Traduction : 1er mai 2018

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