Le réalisateur James Bobin parle à TF de la suite qui voyage dans le temps Alice de l’autre côté du miroir

RÉALISATEUR James Bobin
AVEC Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway, Sacha Baron Cohen
SORTIE ESTIMÉE 27 mai

“Alice se la joue Terminator pourrait être le speech de cette suite, tandis que notre héroïne titulaire (Mia Wasikowska) rentre dans un miroir pour faire son retour au Pays des Merveilles et – si ce n’est pas assez farfelu – se retrouve à devoir revenir dans le temps pour sauver le Chapelier Fou (Johnny Depp).

“Je pense qu’on peut dire assez fermement que ce n’est pas le livre !” dit le réalisateur James Bobin (les Muppets, le retourOpération Muppets), qui a repris le mégaphone à Tim Burton. “Je veux dire, Lewis Carroll était un piètre mathématicien et il a écrit De l’autre côté du miroir comme analogie d’une partie d’échecs, où Alice devient reine après huit tours – donc huit chapitres. Les chapitres ne sont pas liés, et les personnages vont et viennent sans raison ni accord. Ce film prend une grande quantité de ce livre en ce qui concerne le sentiment et le style, mais la narration est très différente. Le prologue de base, c’est : Alice doit sauver le Chapelier Fou en sauvant sa famille dans le temps”.

Héritant de la majeure partie des personnages et du look de ce monde étrange et sur réel de Burton (qui est resté comme producteur et a “été d’une grande aide, dès le début”), Bobin a néanmoins cherché à planter son empreinte sur le Pays des Merveilles. “Je travaille dans un milieu légèrement différent, il fait remarquer. Mon environnement, c’est en gros la comédie [co-créateur de Flight Of The Concords, il a aussi aidé Sacha Baron Cohen à développer les personnages de Ali G, Borat et Bruno]. Je voulais apporter une touche de concision – voire esprit, certains diront – parce que Lewis Carroll à toujours été l’un des premiers satiristes : Lewis Carroll à Edward Lear au Goon Show à Peter Cook et Dudley Moore, l’Establishment Club, Monty Python…”.

Et ainsi les acteurs originaux Wasikowska, Depp, Helena Bonham Carter (dans le rôle de la Reine Rouge) et Anne Hathaway (Reine Blanche) sont rejoints par – vous l’avez deviné – Cohen dans le rôle du Temps. Bobin rit, disant, “Il est très bon pour jouer les abrutis ! Le Temps est un bouffon, mais il est aussi très puissant, ce qui est une combinaison très dangereuse”.

Un autre changement opéré par Bobin, c’est la préférance des décors physiques à chaque fois que c’est possible. Le film original comprenait des environnements entièrement en effets spéciaux, mais le chef décorateur Dan Hennah s’est tourné vers les illustrations grotesques de John Tenniel dans les livres Alice dans les années 1860 et 1870 pour l’inspiration.

“On a construit un village, Wit’s End, explique Bobin. J’aime que des films comme Chitty Chitty Bang Bang et Oliver ! aient construit de vrais décors à Pinewood et Shepperton. Alors j’étais très enthousiaste à l’idée de construire des décors sur scène et de créer ce véritable sentiment d’une sorte de village Cotswolds croisé à Dubrovnik – quelque part avec un côté historique européen. C’est un lieu marrant pour que les acteurs puissent travailler”.

Et quels acteurs ! Aux côtés des acteurs principaux susmentionnés menés par Depp, de qui Bobin insiste “il peut interpréter mes idées de manières meilleures que je ne pourrais jamais”, il y a des acteurs secondaires et des voix venant du meilleur de la Grande-Bretagne qui incluent Andrew Scott, Michael Sheen, Toby Jones, Timothy Spall, Ed Speelers, Stephen Fry, Matt Lucas, Rhys I fans (dans le rôle du père du Chapelier Fou, Zanik Hightopp) et, bien sûr, le défunt Alan Rickman.

“C’est un terrible honneur”, dit Bobin de Alice de l’autre côté du miroir étant le dernier film d’un véritable grand acteur. “Évidemment il est exceptionnel, une voix incroyable. En tant qu’interprète, c’est une telle chose rare – au moment où tu œuvres la bouche, tu sais exactement à qui elle appartient. Mais il l’a. Elle nous prête de la gravité. Absolem [alias la Chenille Bleue] est la personne sage, mystérieuse et oblique qu’il est dans les livres. Dès le premier film, Alan à absolument mis le doigt dessus. Et il nous guide vraiment dans notre film. Il commence avec lui, et il ramène Alice”.

Une chose est sûre : le dernier travail de Rickman atteignera des millions. Alice au Pays des Merveilles, sorti en 2010, est l’un des 24 films seulement à appartenir au club du milliard de dollars, et son succès à déclenché un déluge de films de fantasy pour enfants qui incluent des succès comme Cendrillon et Maléfique. Alors, y’a-t-il de la pression sur Bobin à atteindre – voire surpasser – le succès du film original ?

“Le premier film a rapporté un milliard de dollars ? Ouais, j’ai entendu. Ça a été mentionné quelques fois, dit-il en riant. Je n’y pense même pas. Mon boulot est de faire le meilleur film possible. Ça n’influence aucune de mes décisions, parce que dès que tu cours après la popularité, tu es voué à l’échec”. Vraiment ? Ou est-ce la réponse politique ? “Tu es toujours conscient du poids, admet Bobin. Mais ce n’est pas que ça. C’est Lewis Carroll. J’ai des mômes qui ont des images d’Alice de la British Library. Comme avec les Muppets, je ressens qu’il y a une énorme responsabilité culturelle. Franchement, tu ressens le poids de ça plus que tout”.

JG

Traduction : 5 mai 2018

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