4/5. Sortie le 1er janvier.
All About Steve

Dans le Funambule, le réalisateur James Marsh documentait un exploit remarquable d’équilibre entre deux grattes-ciels. Son biopic sur le cosmologiste de Cambridge Stephen Hawking offre sa propre sorte de prouesses d’équilibrisme, honorant le cerveau et le corps, la tête et le cœur, la science et la poésie, les détails et les choses universelle, tout cela sans tomber dans les clichés de saison de récompenses d’encouragement contre toute attente. Il joue parfois doucement, mais c’est un portrait poignant, pointu et souvent effrontément espiègle d’un mariage ordinaire d’opposés entretenu sur des décennies dans des circonstances extraordinaires.

Hawking peut être physicien, mais c’est l’alchimie entre deux interprétations énormément agréables radicalement différentes qui pousse son histoire ici. Avec nuance et effect immédiat, Eddie Redmayne (les Misérables) dépasse la promesse précédente en tant que Hawking. Malgré la ressemblance, ce n’est pas qu’une simple imitation. Redmayne apporte une force viscérale à la lutte entre le désir expressif et un corps détruit par la maladie de Charcot. Felicity Jones, quant à elle, transcende les stéréotypes d’épouse patiente. Sa Jane Wilde ancre la timidité songeuse de Stephen et contrebalance son scepticisme à propos de “toute l’hypothèse du dictateur céleste” de la religion. L’amour fleurit (avce une certaine liberté poétique) sous les feux d’artifice une nuit étoilée ; et puis les choses se corsent.

Les espoirs de toute évidence condamnés de Stephen se transforment en succès et célébrité. La carrière et les désirs de Jane, pendant ce temps, sont tordus par le besoin de s’occuper de Stephen et leur famille. Tandis qu’elle meurt d’envie et qu’elle endure, l’élocution de Jones transmet son désir stoïque et réprimé avec une clareté réservée et touchante, surtout quand la tentation surgit via le gentil chef de chœur Jonathan (un Charlie Cox charmeur).

Marsh ne minimise pas les privations et la terreur de la maladie de Hawking, ni n’exagère le potentiel d’encouragement inspirationnel dans sa survie. La bande originale élégante de Jóhann Jóhannsson contient les cordes mélos, assortie à l’impécable orchestration de multiples rôles secondaires (David Thewlis, Harry Lloyd, Emily Watson…).

Les idées complexes ne sont ni simplifiées ni déconcertantes dans le scénario à plusieurs niveaux de Anthony McCarten. La quête de Hawking pour une “simple équation unifiante qui explique tout dans l’univers” fournit un fil rouge flexible ; la religion de Jane et la foi en la musique de Jonathan en font tourner des variations. Pour Hawking, ce fil rouge culmine en un discours sur la vie et l’espoir, accueilli par des applaudissements. Dans des films moindres, une telle scène aurait pu sembler coercitive. Étant donné les appels affinés de Marsh à la tête et au cœur, toute émotivité est bien gagnée.

Kevin Harley


LE VERDICT Biopic tendrement équilibré qui contourne les clichés qui engloutissent les statuettes de récompenses. Intellos + cœur = un gagnant : c’est une simple équation, mais Marsh fait qu’elle se tient.


Classification 12 ans accompagnés d’un adulte Réalisateur James Marsh Avec Eddie Redmayne, Felicity Jones, David Thewlis, Charlie Cox, Maxine Peake Scénario Anthony McCarten Distributeur Universal Durée 123 min

Traduction : 14 juillet 2019