Depeche Mode | Record Mirror – 7 novembre 1981

Depeche rentre dans la Mode

Depeche Mode : Speak And Spell (Mute MUTE5)

Sunie

Irrésistibles Depeches ! Ils illuminent un paysage terne des charts, mettent du pétillant dans un format plat (“le futurisme”, ma foi), et le costume à carreaux de Davy Gahan met la op dans pop. Et le tout, apparemment, sans même lever le petit doigt.

Leur talent principal repose dans le fait de faire paraître leur art comme simple ; de simple mélodies de synthétiseur, le chant mélodieux mais sans relief de Gahan et une production neutre et sans stratagème, tout cela contribue à atteindre cet effet spontané. Mais une bonne écoute de leur premier LP révèle une intelligence au-dessous de cette simplicité. L’ensemble s’ouvre avec New Life et se referme avec Just Can’t Get Enough, un objet très ordonné. Entre les deux se trouvent huit chansons scintillantes et un morceau instrumental, avec beaucoup de choses à admirer et peu qui déçoivent.

I Sometimes Wish I Was Dead dément son titre précieux avec un swing contagieux et un rythme gentillet, tandis que Puppets est un festin de soul à la Soft Cell avec l’accroche sinistre : “I’ll be your operator, baby – I’m in control…” ; à partir de là, il y a un saut dans le chant footballistique de Boys Say Go, qui évoque des images convaincantes de garçons dansant en boîte de nuit (là où j’ai grandi, les meilleurs ne dansaient jamais avec les filles, seulement entre eux) sans descendre dans le machisme claironnant de “Moi et les Garçons”.

Une ligne classique à la Talking Heads fournit le point de départ de Nodisco (comme dans “this ain’t no party, this ain’t…), dont le rythme de dancefloor évite la banalité grâce au rebond et à la fraîcheur qui imprègne tout le répertoire Depeche.

What’s Your Name saute à juste titre du vinyle pour se proclamer le prochain single. Des chœurs chewing-gum insolents donne un enthousiasme ajouté au refrain terriblement entraînant : c’est un tube monstrueux infaillible. En entendant cette prédiction, un ami a commenté : “Ouais, il est assez débile”, et à sa manière, j’ose dire qu’il a raison. Leurs détracteurs traiteront Depeche Mode de superficiels, je dis, montrez-moi les pieds dansants qui ont jamais remarqué cette sorte de critique.

Photographic sur la deuxième face, c’est comme le meilleur de Numan, mais en mieux, toutes les phrases sinistres, à la fois sur le plan lyrique et musical, mais avec un rythme rapide et dansable au lieu du sérieux que Gazza pose avec une truelle à paillettes. Tora! Tora! Tora! aborde un sujet similaire ; en effet, on doit dire que la deuxième face est en quelque sorte plus fine que la première qui fonctionne toujours.

Cependant, l’instrumentale Big Muff et la douce Any Second Now, avec ses harmonies et ses carillons exquis, sont une piste de grande qualité à suivre vers l’inévitable Just Can’t Get Enough, sublime single dont je ne semble jamais m’en lasser.

En bref : une collection charmante et insolente de morceaux dance fascinants, pétillants et brefs comme devrait être la meilleure pop. Rentrez dans la Mode !

Note : 5 sur 5.

Traduction : 1er novembre 2020

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