Blur | Lime Lizard – octobre 1991

Baise et Bouffe

Dinosaures, trous noirs et sexe et compagnie. Le fan de Star Trek Steve Keaton attrape Blur lors de leurs rares visites sur la planète Terre.

Blur n’ont pas écrit les paroles du générique de Star Trek. Ils n’ont pas non plus grimpé l’Everest attachés à une autruche, ni inventé la spatule ni même découvert le fait que si on attache du papier toilette à un étron alors qu’il émerge, on peut, si on le veut, déguiser “l’effet splash” socialement inacceptable. Ce qu’ils ont fait, cependant, 90 concerts après leurs débuts, c’est apparaître sur Top Of The Pops en brandissant un bâton décoré d’une tête de poulet, rappelant ainsi au monde que la vie est effectivement un bol éphémère de cerises le mieux abordé avec la jeunesse, le sexe, une chambre bien rangée et des bâtons décorés d’une tête de poulet.

Nous nous sommes déjà rencontrés à de multiples occasions. Blur et moi, cela remonte loin… loin… loin. (Un brouillard apparaît sur l’écran suivi par un pub du Nord de Londres miteux de plus en plus clair à l’image. Une chenille de rois et reines nacrés apparaît à l’avant-plan pour rajouter de la réalité.) La véritable réalité est ajoutée par l’apparition du public composé de six punks finlandais, deux Irlandais soûls et un chien qui urine sur le dancefloor. C’est le Sir George Robey, terrain notoire pour les détritus. Je regarde un groupe qui s’appelle Blur. Ils sont captivants, la musique est d’une angularité plaisante mais particulièrement fredonnable et, comme je découvre plus tard, ce sont des personnes sympa. Il y a une bulle de pensée au-dessus de ma tête qui dit : “Ils vont complètement échouer !” (Comme mes spéculations étaient/sont plaisamment vides.)

Mais retour au présent, où les récits que je recueille ici semblent justifier les mots de Thomas Wolfe qui a dit : “Derrière les marées de sommeil et du temps / Des poissions étranges se déplacent”. C’est vrai effectivement. Regardons les. Le cadre : un café qui rappelle vaguement l’intérieur du colon de quelqu’un. Le thé est servi et l’interview commence alors que Graham consomme ce qui semble être un œil sur un toast. Je décide au préalable qu’on a assez écrit en suivant l’angle “jeunes hommes d’affaire à succès” et à la place, je tente de rechercher la muse interne. Ce qui suit sont mes impressions subjectives embellies par les réponses d’un test de personnalité extrêmement inutiles. Je vous laisse faire les liens…


Damon est comme Barbara Windsor, une bombe sexuelle plutôt blonde, plutôt audacieuse et plutôt effrontée avec un accent de l’Essex. Quand on lui demande de commenter ses qualités positives et négatives, Graham répond “enthousiasme déchaîné” pour les deux, bien que, après réflexion, il change le négatif pour “a des idées arrêtées”. Je trouve Damon très ouvert dans sa réserve. Contradiction qui se manifeste dans de longues pauses avant de répondre aux questions et des réponses qui sont honnêtes mais trop ambivalentes pour révéler quoi que ce soit. Son proverbe serait probablement “Regarde avant de sauter puis saute bien”. Graham, (qui selon le test considère son corps comme “la putain de lampe d’Aladdin” ou “une bouteille de ketchup”) est comme Sid James, vicelard observateur, qui veut toujours contredire son look d’intello par une giclée de cochonneries. Face à une comparaison à propos de gérer les problèmes, (qui incluent un grizzly), son approche était : “Tire, baise, mange”. Le questionnaire révèle également quelle est sa sexualité : “Comme dix fois les chutes du Niagara, avec une biche morte”.

Cela a pu ou pas être influencé par des informations précédentes. Alex décrit Graham (apparemment un “hypervers” quand il est détendu avec les gens) comme : “une personne très captivante, mais il prend du sucre”. Le proverbe de Graham serait “Pierre qui roule n’amasse pas mousse, mais n’est pas aussi bonne que les Beatles”. Alex, c’est Charles Haughtrey. Mince, maniéré, amusant et ridicule en short. Sa conversation est ponctuée de “comme c’est charmant” et “c’est sympathique”. Sa perception de son corps est : “Flasque conique avec un bouchon”.

Et il semble avoir une fascination pour les anecdotes scientifiques. Par exemple, lors de sa description d’un ruisseau (qui représente la sexualité), il rentre dans de grands détails révélant qu’il contient des “carpes à lune” et il se dispute avec Damon sur la qualité du dit ruisseau : “Il n’est pas aussi merdique que le mien”. Son approche au problème, c’est : “Carresse le”. Mort : “Un pique-nique”. Et est décrit par Dave comme : “Un mec en or mais coincé du cul”. Apparemment : “Il chouine si tu prends plus d’une clope qu’il t’a empruntée la veille”.

Pour moi, il est énormément facile d’aimer Alex et son proverbe serait “Un tien vaut probablement une espèce de genre mathématique”. Dave, un “casque de mineur à l’envers”, est comme Hattie Jacques, sensé, propre et très bon à la batterie. Séponses au test de personnalité sont jonchées de références à l’indécision. Une clé (représentant l’attitude envers les amis) : Dave “Je la prendrais”. Damon : “Non, tu fumerais une clope avant, puis je la mettrais dans ma poche”. Le grizzly (affronter des problèmes) : “Je m’en fous. Je rentrerais à la maison”. Mort : “Une cigarette”.

Mais il n’est pas idiot. Son ruisseau sexuel se transforme d’une “rivière” en “deux lacs joints pour former un énorme lac”. Damon le décrit comme “généreux mais soumis”. Mais encore une fois, Damon considèrerait Captain Mainwaring comme quelqu’un de soumis. En réalité, Dave est plus comme Jim Dale, mais Hattie Jacques est plus amusante. Proverbe : “Trop de cuisiniers me sauvent”. De toute manière, tout en ruminant sur le fait que les canaries perdent un cinquième de leur cerveau en hiver pour le récupérer en entier au printemps, j’essaie de tirer de cette masse de données de personnalité des conclusions cohérentes en ce qui concerne le psyché du groupe, j’échoue et j’ai recours à des investigations plus poussées concernant l’échelle de Blur vers le succès. Je demande à Dave (le pessimiste du groupe selon le questionnaire) s’il a toujours été aussi confiant dans la destinée ultime de blur que le reste du groupe (tous optimistes). “Ouais, j’ai laissé tomber mon boulot extrêmement lucratif”. Damon : “Tu as laissé tomber le boulot qui te rendait fou”.

La nature de cet emploi n’est pas révélée, même si je soupçonne que s’il était plus lucratif que son emploi présent, ce devait être président de ICI. Une plus longue discussion révèle que Dave est le seul membre du groupe qui n’est pas dans une relation à plein temps. Je m’émerveille devant la résistance nécessaire pour entretenir une telle chose avec leurs niveaux actuels d’adulation.

Damon : “On est trop bourrés pour baiser de toute manière”.

Graham : “Mais, ouais, la confiance part en couilles”.

Il y a un silence embarrassant tandis que les visages fixent leurs thés et marmonnent à propos de relations, du succès, de la tension et d’autres choses du même genre. De quoi, alors, en l’albsence de sensualité, parlons-nous ?

“Ne connaître aucune règle que son propre caprice déchaîné” – suggère Alex, devant les grands regards d’étonnement du groupe, et de la clientèle du café, qui ne sont pas habitués à de telles perle à 11h30 du matin à Camden. Je tue le ton en mentionnant à manger puisque je trouver qu’il est temps de se mettre au travail et de poser les questions qui sont vraiment intéressantes.

Comme le disent les Indiens tipi : “Empreinte de sabot en demi-lune, pas cheval / Le bison rend visite en hiver / Beaucoup viennent, on les voit à la porte / Nous n’avons pas d’inquiétudes”.

Si Blur était de la nourriture, ce serait quoi ?

Graham : “Un œuf au plat en toast”.

Dave : “Un truc aux légumes aigre doux”.

Damon se perd dans ses pensées et considère une soupe ; il n’est pas décidé sur le goût, mais il est certain que les parties constituantes sont “de gros morceaux”. Alex, après avoir décidé que son premier choix de fricassée était peu approprié, lâche “Un biscuit Rich Tea”.

Et, quand on lui demande d’éclaire, il déclare : “Quelque chose que vous ne mangez que si vous avez vraiment faim”.

Et puis il paraît mystérieux.

Damon : “Alex est un homme très étrange”.

Je m’avance qu’il n’est pas aussi étrange que “les frères écossais”, jumeaux siamois éduqués et artistiques qui vivaient à la cour de Jacques III, et qui avaient souvent des désaccords intellectuels et qui “en venaient aux coups, leurs quatre bras se débattant, entravés en quelque sorte par les bras collés qui les gênaient mutuellement”.

Mais je ne réussis pas à mentionner cela, à cause de personnes criant “Non ! Un gâteau !” et “Rissoles !”.

La mêlée se termine avec la prochaine tentatives d’indiscrétion. Qu’est-ce qui vous decevra le plus chez vos enfants ?

Graham : “Qu’ils s’intéressent aux ordinateurs”.

Damon : “Qu’ils manquent de générosité d’âme”.

Et, dans une attaque sauvage et inutile sur (ce que je considère comme) ma tenue d’été plutôt élégante :

Dave : “Qu’ils portent des shorts à 30 ans”.

Alex est tout d’abord perplexe. “Rien vraiment”.

Poussé par cela et l’affirmation de quelqu’un qu’il pourrait regretter des non fumeurs : “Ouais, qu’ils soient des connards”.

Eh bien, je suppose que ce n’est pas quelque chose qui les concerne vraiment pour le moment. Souvenez-vous : “Un enfant bouilli est un enfant gâté”.

Sur le sujet de la jeunesse, je pense tout à coup à Lesley Judd. Me reprenant rapidement, je me demande quelles cinq choses Blur mettraient dans une capsule témoin (comme celle enterrée sous les tombes des chiens dans le jardin de Blue Peter) pour capturer exactement leur époque sur cette planète aujourd’hui.

Dave : “Une pièce de 10 pence, un bout de corde, un mouchoir blanc propre, le numéro de téléphone de ma mère et un exemplaire de The Economist”.

Damon : “Une photo de tous ceux que je connaisse, un gland, une cloche, des perles et mon avocat”.

Alex a perdu tout intérêt pour cette planète et quand on lui demande en quoi il croit, il commence à divaguer : “Le cosmos, les trous noirs, les trous blancs, les trous noirs chromatiques (?) non rotatifs”.

A-t-il envisagé l’existence de groupes sur d’autres planètes ?

“Ouais, mais ils ne sont pas aussi bons que ceux d’ici”.

Quelle preuve a-t-il pour déclarer cela ?

“Eh bien, notre atmosphère est particulièrement propice à la conduction du son. Également, la forme de la guitare a évolué d’une manière incomparable au reste du cosmos selon ma propre expérience”.

Alex a beaucoup d’idées. Je vous laisse avec une, avec mes souhaits les plus tendres pour la continuité de leur succès, et sa santé mentale.

“En gros, tout tourne. On est constitués à 80% de dinosaures”.

Blur veut dire Blur veut dire Blur veut dire…

Traduction : 20 janvier 2021 – selon le scan de Damon Albarn Unofficial

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